Bilan du Madressa par Akbar bhay Jivan : 

·       263 élèves en tout dont 190 au Nord

·       73 enseignants en tout dont seulement 10 hommes

·       Certains programmes communs (aux 4 centres)


Dr Sibtain Panjwani se présente. Je me suis mis à analyser la situation de notre communauté. J’ai mis en place le « awakening project ». Je me rends compte que nos 3 institutions s’affaiblissent (cf séminaire d’hier).


Mes objectifs pour le Madressa ne concernent pas le contenu, les programmes. Je voudrais vous partager aujourd’hui mes réflexions. Je voudrais que nos leaders, nos volontaires, notre communauté réalisent que les ressources que nous avons mises en place concernant le Madressa sont minimes. 

70 à 80% des enseignants de Madressa à travers le monde sont des femmes.

De plus, nos jeunes filles étudient plus et sont plus à l’avant. L’Islam demande de mettre en avant les possibilités et les compétences de chacun, même si c’est une femme. 


Pour plus de détails sur mon projet : http://awakeningproject.page.tl

Page Facebook → the awakening project for KSIMC


Nous avons tendance, en tant que parents, à négliger le Madressa et à nous intéresser davantage à l’éducation laïque. 

Il est important qu’en tant qu’enseignants, nous partagions notre expérience et notre connaissance. 

Mon objectif est que nous nous réveillions, que nous prenions conscience des défis qui sont les nôtres en ces temps modernes. 


Nous partons d’un principe de base : « La valeur de chaque personne réside dans le bien qu’il fait. » (Imam Ali A.S.)

Un professeur palestinien qui enseignait à Harvard voulait organiser un forum au Moyen-Orient. Il recherchait un principe dans tous les livres. Il voulait que ce principe aide les élèves dans ce monde et dans l’au-delà. Il ne trouva rien dans les nombreux livres qu’il lut. Finalement, il trouva ce principe d’Imam Ali A.S. 


5 principes que nous avons tous → Corps / intelligence / beauté / spirituel / moral

Nous devons exploiter ces principes, les trouver dans nos élèves. 


2 enfants, Hassan et Houssain, se disputent. Chacun se lance le défi de faire le tour du monde en 3 fois. Hassan monte à cheval et fait le tour du monde à 3 reprises. Houssain, quant à lui, fait le tour de ses parents à 3 reprises et considère qu’il a gagné. Lorsque Hassan revient, il ne comprend pas pourquoi Houssain lui dit que c’est lui qui a gagné. Il explique : « Tu as fait le tour du monde tandis que moi, j’ai fait le tour de MON monde. »


→ Chacun a sa conception de son monde. Lorsque nous avons une classe de 20 élèves devant nous, nous avons en fait 20 visions différentes du monde, 20 mondes différents. 

Nous considérons que nos enfants sont comme des sacs vides que nous devons remplir. La vraie définition de l’éducation est que nous tirions, nous exploitions les capacités de l’enfant.

Prenons l’exemple des graines des pommes. On les voit à peine. Quand on les mâche, ils sont très amers. Mais si nous les plantons, cela va donner de beaux arbres qui vont donner des pommes pendant plus de 50 ans.

Nous devons être comme des jardiniers qui arrosent leurs plantes, vérifient l’intensité du soleil et sont aux petits soins envers leurs plantes.

Nous devons récolter des plantes rares dans nos enfants, de telle sorte qu’ils puissent apporter la révolution dans ce monde. Nous pouvons sortir des Ghandis.


Nous avons 3 objectifs : 

–         Identifier les défis-clés de l’éducation occidentale et définir comment ceux-ci affectent le Madressa

–         Définir l’éducation spirituelle selon les enseignements des Ahloul Bay A.S., en particulier la lettre 31 du Nahjoul Balagha

–         Trouver des directives pratiques afin de mettre en place l’éducation spirituelle dans les Madressas

Commençons par les définitions pour être sûrs que nous parlons des mêmes choses.

Qu’est-ce que le Madressa ? Qu’est-ce que l’éducation spirituelle ? Qu’est-ce que le Nahjoul Balagha ?


Prenons en considération cette question : Comment nous souhaitons que notre enfant soit à l’âge de 21 ans, à la sortie du Madressa ? D’après notre réponse, nous devons adapter notre éducation.

Éducation spirituelle → Comment peut-on se rapprocher, rapprocher notre âme d’Allah swt ?


Nous avons 4 défis en ces temps modernes :

–         Le défi du contrôle du savoir (notre savoir n’est pas neutre / il est contrôlé par différentes institutions)

–         Le défi de l’islamophobie (nous devons préparer nos enfants pour qu’ils puissent affronter les critiques et les questions des personnes qui développent la haine envers l’Islam)

–         Le besoin d’une éducation spirituelle

–         Les défis venant de l’intérieur


1.    Contrôle de l’Éducation

L’éducation est maintenant commercialisée : les grandes entreprises, les consultants contrôlent l’éducation.

Notre enfant qui sort de l’université est attiré par les grandes entreprises, les consultants et les banques d’investissement qui leur proposent des postes alléchants. Ces institutions ont plus de pouvoir que les gouvernements. Notre enfant oublie alors les objectifs qu’il s’était fixé (la religion, la vie spirituelle, la famille) et focalise toute son attention sur ce nouveau travail qui est un défi pour lui. 

La connaissance est un pouvoir.

Les médias décident à notre place : ils déterminent qui est bon et qui est mauvais.

Les cerveaux de nos enfants sont contrôlés par ces institutions.

Nous, les khojas voyons 9 ans devant nous ; les occidentaux pensent 99 ans devant eux tandis que les juifs voient 999 ans devant eux. 


2.    Le défi de l’islamophobie

Je suis allé à Paris dernièrement. Lors d’une conférence, les jeunes m’ont fait part du fait que les gens autour d’eux attaquent l’Islam.

Le professeur Ameli d’Iran fait des recherches pour déterminer le taux d’islamophobie → sur plus de 23 872 ouvrages et articles, 3191 articles parlent à l’encontre de l’Islam (13,4%). 11 563 écrits (48,4%) parlent de l’Islam de manière négative. Ils disent qu’avant, l’Islam était très développé et était grandiose mais aujourd’hui, l’Islam n’a pas sa place. L’Islam est arriéré.

Aujourd’hui, lorsque notre enfant prend un livre à la bibliothèque, un livre sur 2 est à l’encontre de l’Islam.

→ Nous devrons montrer à nos élèves que l’Islam est une force. 


3.    Nécessité d’une éducation spirituelle

L’UCLA a mené des recherches (2003-2010) – sur la spiritualité dans l’éducation supérieure

·       74% des étudiants sont en quête d’un but dans la vie (ils ne savent pas quelle est la signification de la vie)

·       74% des universités devraient jouer un rôle dans cette quête

·       81% des professeurs se considèrent comme des personnes spirituelles

·       69% sont à la recherche d’opportunités de développement spirituel

→ La spiritualité est essentielle dans la vie des étudiants.

→ Notre défi : Quelle sorte d’éducation spirituelle ?


4.    Les défis venant de l’intérieur

Je vais revenir là-dessus durant un autre séminaire.


Compte-rendu réalisé par l’équipe de http://www.shia974.fr