Le majalis d’Azadari constitue l’un des principaux moyens de préserver vivante la mission de l’Imam Houssayn (a), de raviver son amour dans le cœur des croyants et de transmettre son message aux générations futures.
Les rassemblements de deuil, les pleurs pour Aba Abdillah (a), les poésies et les expressions de tristesse que nous manifestons ne sont pas de simples traditions culturelles ; ils trouvent leur origine dans les enseignements des Ahl al-Bayt (a), qui nous ont encouragés à maintenir vivant le souvenir de Karbala.
Cependant, ces enseignements s’expriment toujours à travers une culture. Chaque communauté développe donc ses propres rituels et ses propres formes d’Azadari. Ainsi, lorsqu’on cherche à préserver la mission de l’Imam Houssayn (a), il est également nécessaire de préserver les cultures et les rituels qui permettent à cette mission de s’exprimer.
Il ne suffit pas de vouloir conserver les principes de l’Islam tout en rejetant systématiquement les traditions qui les véhiculent. Supprimer totalement une culture ou un rituel risque parfois d’affaiblir l’enseignement lui-même. La véritable démarche consiste plutôt à analyser ces pratiques, à identifier les éventuelles déformations et à corriger uniquement ce qui s’est éloigné de l’esprit authentique de la religion.
Il est naturel que des changements apparaissent au fil des générations. Chaque génération hérite d’un patrimoine religieux et culturel qu’elle examine à son tour. Certaines pratiques sont conservées, d’autres sont adaptées ou abandonnées. Ce processus est normal et fait partie de la vie d’une communauté.
Toutefois, il ne faut pas tomber dans l’excès consistant à rejeter tout ce que les générations précédentes nous ont transmis. De nombreux trésors se trouvent dans l’héritage légué par nos parents et nos grands-parents. Les nouvelles générations doivent apprendre à apprécier les sacrifices et les efforts de ceux qui les ont précédées.
Je m’adresse aux jeunes : votre désir de réforme et de renouvellement est précieux, mais il doit s’accompagner de gratitude et de respect envers les générations précédentes. Imam Ridha (a) nous dit de respecter les aînés de la communauté. Ce que nous possédons aujourd’hui est le fruit du travail de ceux qui nous ont précédés. Nous nous tenons, en quelque sorte, sur leurs épaules.
Je m’adresse maintenant aux aînés de la communauté. Je vous remercie pour vos efforts et je vous invite à reconnaître que les jeunes vivent dans un contexte différent, avec des besoins, des questions et des préoccupations qui leur sont propres. Il est donc nécessaire de leur laisser de l’espace, de leur permettre de participer et d’apporter leur contribution à la vie communautaire.
Un hadith attribué à l’Imam Ali (a) rappelle qu’il ne faut pas imposer aux jeunes les habitudes et les coutumes des générations précédentes, car ils ont été créés pour une époque différente. Cela ne signifie pas qu’il faut rompre avec le passé, mais qu’il faut trouver un équilibre entre héritage et adaptation.
Une communauté rassemble des personnes d’âges, de sensibilités et de profils différents. Certains privilégient l’émotion, d’autres la réflexion intellectuelle ; certains sont attachés à certaines pratiques, d’autres souhaitent les réexaminer. L’Islam nous enseigne à gérer ces différences sans qu’elles deviennent des causes de division.
Les divergences d’opinion ne doivent jamais conduire au manque de respect ou à la création de factions au sein de la communauté. Nous devons rester unis sous la bannière de l’Imam Houssayn (a), de la wilayah de l’Imam Ali (a) et de l’obéissance à Allah (swt).
Abordons la question de la profondeur du Azadari. Le véritable objectif du Azadari est de préserver et de transmettre le message de l’Imam Houssayn (a). Je vous invite à réfléchir à la question suivante : notre Azadari actuel transmet-il réellement le message de Karbala ?
Selon mon analyse, une grande partie de la culture indo-pakistanaise du Azadari met davantage l’accent sur le récit des événements historiques et des souffrances de Karbala que sur l’explication de leur message et de leur application dans le monde contemporain.
Les poésies, les marsiyas et même certaines décorations décrivent souvent ce qui s’est passé il y a environ 1400 ans, mais expliquent moins comment les enseignements de Karbala peuvent guider nos choix aujourd’hui.
À l’inverse, j’ai observé que certaines traditions poétiques arabes et iraniennes cherchent davantage à établir un lien entre les événements historiques de Karbala et les défis contemporains. Elles mettent en lumière les leçons morales, sociales et spirituelles qui peuvent être appliquées dans la vie quotidienne.
J’encourage les poètes, les orateurs et les organisateurs de majalis à intégrer davantage le message de Karbala dans leurs productions, leurs programmes et leurs initiatives. Plus l’accent sera mis sur le message authentique de l’Imam Houssayn (a), plus les éléments faibles ou déformés disparaîtront naturellement.
Cette approche permet d’améliorer la qualité du Azadari sans créer de polémiques inutiles. Elle repose sur la réflexion, le respect mutuel, la logique et une émotion saine.
En conclusion, je vous rappelle que tout changement demande du temps. Les réformes les plus durables sont celles qui s’opèrent progressivement, dans la bonne direction et avec sagesse. Je pense personnellement que de nouvelles poésies, de nouvelles décorations et de nouvelles initiatives peuvent émerger à partir d’une compréhension plus profonde du message de Karbala.
Massaeb
J’aimerais parler aujourd’hui de la loyauté exceptionnelle des compagnons de l’Imam Houssayn (a).
La veille d’Achoura, l’Imam réunit ses compagnons et leur annonce que les ennemis ne cherchent qu’à le tuer lui. Il leur donne alors la permission de quitter le camp sous le couvert de la nuit. Mais ses compagnons refusent unanimement de l’abandonner. L’un d’eux déclare que même s’il n’avait plus d’épée pour combattre, il lancerait des pierres pour défendre son Imam jusqu’à son dernier souffle. Cette fidélité absolue constitue l’un des plus grands exemples de loyauté de l’histoire islamique.
Le jour d’Achoura, alors que l’Imam Houssayn (a) accomplit la prière, Sa’id ibn Abdillah al-Hanafi se place devant lui afin de le protéger des flèches ennemies. Les projectiles pleuvent de toutes parts. Sa’id reçoit les flèches sur son front, sa poitrine et son corps jusqu’à tomber grièvement blessé. Dans ses derniers instants, il ne se plaint ni de sa souffrance ni de sa mort imminente. Sa seule préoccupation est de demander à l’Imam : « Ai-je accompli mon devoir envers vous ? »
L’Imam Houssayn (a) lui annonce alors qu’il sera auprès de lui au Paradis.
Compte-rendu réalisé par l’équipe Shia974 ✨