ANALYSE DU VERSET 62 DE LA SOURATE NAML (par Sayed Ammar Nakshwani)

« ‘Amman Yujibu Al-Mudtarra ‘Idha Da`ahu Wa Yakshifu As-Su’a » est l’un des douas les plus récités dans nos communautés aujourd’hui. Ce doua constitue le début du verset 62 de la Sourate an-Naml[1] et est traduit par « N’est-ce pas Lui qui répond[2] à l’angoissé[3] quand il L’invoque, et qui enlève le mal ? » Même si nous récitons beaucoup ce verset, très peu d’études et d’analyses ont été faites sur ce ayat. Très souvent, à la fin d’un majaliss ou d’un takrir, toute l’assemblée récite en chœur ce doua. Le but est que si quelqu’un parmi l’assemblée a un problème quelconque, nous demandons tous à Allah swt de résoudre ses problèmes car Il est le Meilleur de ceux qui répondent aux invocations de ceux qui sont désespérés.

Tous les individus, qu’ils soient monothéistes, polythéistes ou même athées, ont joint leurs mains en supplication un jour dans leurs vies. Que ce soit à la fin d’un match de football, à un mariage, à un enterrement ou encore aux derniers instants de la vie d’une personne hospitalisée, nous voyons des êtres humains demandant des douas. L’invocation fait partie de la nature humaine. Même celui qui ne croit pas en Dieu joint ses mains en prière. Lorsque nous nous tournons vers les différentes religions, elles enseignent à leurs adeptes de ne jamais abandonner l’invocation. Par exemple, de nombreuses invocations sont récitées dans les églises ; le Judaïsme accorde une très grande importance à l’invocation : lorsque vous demandez à un rabbin juif si vous pouvez débrancher l’appareil d’une personne qui est dans un état végétatif, il vous répondra négativement et vous expliquera qu’il est fort possible que Dieu réponde aux prières de ceux qui Lui demandent[4] ; les Bouddhistes insistent sur le fait qu’il est important de comprendre les invocations qu’ils récitent afin de voir leurs vœux être exaucés.

Nous allons répondre aux questions suivantes :

1 – Que signifie exactement ‘Amman Yujibu ? Pourquoi une série de versets commencent par « amman » ?

2 – Les Arabes récitaient-ils des invocations ? Et si oui, pourquoi ce verset s’adresse-t-il à eux ?

3 – Pourquoi un certain nombre de mes douas ne sont pas acceptés alors que je récite ce verset ?

4 – Quelles sont, dans l’école d’Ahloul Bayt, les invocations connues comme des douas pour les désespérés ?

5 – Qui est le désespéré dans ce monde actuellement ?

Dans la plupart des Qouran, ce verset est traduit par : « Qui répond à la personne désespérée quand elle a un problème et pour enlever tout le mal ? » Les versets 61 à 64 de la Sourate an-Naml commencent tous par ‘Amman. Ils invitent les Arabes à réfléchir sur la création d’Allah swt. Ces versets invitent les Arabes à répondre à ces questions : Qui a créé les cieux et la terre ? Qui vous a envoyé la pluie ? Qui vous a accordé la subsistance ? Qui s’est occupé de vous quand vous étiez en difficulté ? etc.

Les Arabes avaient tous l’habitude de réciter des douas. Ils rendaient visite à leurs idoles et joignaient les mains en doua[5]. Quand ils avaient un problème quelconque, ils demandaient de l’aide à leurs divinités. Et comme ils voulaient savoir si leurs idoles répondaient à leurs douas, ils apportaient un bol avec 3 morceaux de papier. Sur l’une des feuilles, il était marqué « faites-le », sur la seconde, il était écrit « ne le faites pas » et sur la troisième il était marqué « c’est ni bon, ni mauvais ». C’était un peu le même principe que le istekhara aujourd’hui. L’Arabe ayant un problème demandait à l’idole « Dois-je faire telle chose ? » et puis il prenait un des papiers au hasard, remerciait l’idole d’avoir répondu à son doua et il agissait selon ce qui était marqué sur la feuille. S’il tombait sur la feuille marquée « faites-le », il agissait ainsi. C’était une pratique courante chez les Arabes.

Vous vous souvenez qu’Abou Zharr-e-Ghiffari appartenait à une tribu qui aimait beaucoup demander des douas aux idoles. Les membres de la tribu remerciaient les idoles d’avoir répondu à leurs invocations en leur apportant du lait en guise de cadeau. Abou Zharr explique qu’il a vu un jour un renard boire tout le bol de lait offert à une idole et qu’il a ensuite uriné sur l’idole. En voyant cela, Abou Zharr fut dégoûté par la religion des membres de sa tribu et il devint musulman.

De même Bilal-e-Habashi était le chef du temple des idoles, il avait les clés du temple. Bilal raconte qu’il trouvait les pratiques de ses compatriotes très étranges. En effet, ils demandaient des douas à des idoles qui ne pourraient même pas se défendre si on essayait de les casser avec une hache.

Suite à ces pratiques des Arabes, le Saint-Qouran répond par ce verset : « Y a-t-il meilleur qu’Allah pour répondre à l’invocation du désespéré ? » Lorsque je demande quelque chose à quelqu’un, il va me répondre favorablement s’il est de bonne humeur ; sinon, il ne m’aidera pas. Allah swt veut que les Arabes réfléchissent et répondent aux questions sur la création. Il veut qu’ils se rendent compte que ces idoles faites de pierre et de bois n’ont pas créé l’univers et elles ne peuvent pas les aider. Le problème que l’Islam a envers les adorateurs d’idoles n’a rien à voir avec les personnes ! Ces personnes peuvent être très respectueuses et avoir un bon comportement. Le problème que l’Islam a est dû à la stagnation de leurs pensées. Ces versets montrent que le meilleur razzak[6] est Allah swt. Et croyez-moi si nous étions chargés de la distribution de la subsistance, nous aurions détruit cette terre ! Parfois, Allah swt donne beaucoup à des non-Musulmans comme Bill Gates et Warren Buffett car ils sont très généreux et donnent beaucoup en charité. Ils servent l’Humanité.
Quelqu’un demanda à notre 6ème Imam A.S. pourquoi nous adorons Allah swt ? Imam A.S. répondit que cela fait partie de notre nature innée. Il demanda à l’homme : « Si vous êtes sur un bateau naufragé qui est secoué par la force du vent, quel est le premier cri qui sortirait de votre for intérieur ? » Il répondit : « La première chose qui sortirait de ma bouche serait « Ô mon Dieu, aide-moi ! » » Imam A.S. répliqua « Exactement ! » Même si un athée est sur le point d’écraser sa voiture, qu’est-ce qu’il dira durant ce moment de détresse ? Il dira « Ô Dieu, aide-moi ! » Pourtant, il ne croit pas en Dieu, il dit que Dieu n’existe pas ! Et pourtant c’est le cri qui sort de son for intérieur, c’est un appel inné. Cela répond à la question « Y a-t-il meilleur qu’Allah pour répondre à l’invocation du désespéré ? »

Certaines personnes disent : « Nous comprenons que ce doua est très intense. Nous récitons nous-mêmes de nombreuses invocations mais pourquoi est-ce que nos vœux ne sont pas exaucés ? » J’ai des gros problèmes, je suis désespéré, je suis un « muztarr », je prie au milieu de la nuit, j’implore Allah swt mais j’ai comme l’impression qu’Il ne m’écoute pas !

Il y a des conditions à respecter lorsque nous demandons à Allah swt :

1) Nos Aimmah A.S. nous enseignent de commencer par réciter le salawat sur notre Saint-Prophète saw et sa Famille. Notre Saint-Prophète saw a dit : « Celui qui récite un doua sans commencer par le salawate, son doua est recouvert d’un voile entre Allah swt et cette personne. Au moment où vous récitez le salawate, ce voile est retiré. Il n’y a plus rien qui empêche ce doua d’arriver jusqu’à Allah swt. » Je me rappelle que la source des bienfaits que j’ai est Allah swt et je me souviens du fait que je n’aurais pas été là sans Mouhammad saw et ses descendants.

2) Nous devons prier pour les autres avant de prier pour nous. Certains d’entre nous sont très égoïstes ; ils ne pensent qu’à eux-mêmes. Cette religion est une religion de fraternité et d’unité. Regardons les douas qui nous sont enseignés par nos Massoumines A.S. Ils comportent toujours des douas pour les croyantes et les croyants[7], pour les musulmanes et les musulmans[8]. Remplaçons les « je » et « moi » de nos douas par des « nous » ! Au lieu de dire : « Ô Allah, donne-moi telle et telle chose », disons « Ô Allah, accorde telle et telle chose à tous les musulmans et aide-nous ».

3) Lorsque vous êtes désespérés, vous suppliez, vous êtes comme un mendiant. Lorsque nous demandons nos douas, ressemblons-nous à des « mouztarr » ? Imaginez que vous êtes en difficulté financière et que vous pouvez obtenir de l’aide d’une institution. Lorsque vous allez voir la personne pour lui persuader que vous méritez cette aide, est-ce que vous ne la supplirez pas ? Ne serez-vous pas tel un mendiant ? Imam Ali A.S. dit dans le Doua-e-Komayl : « Ô Allah, c’est vers Toi que je dirige mon visage et c’est vers Toi que j’étends mes mains ! » Lorsque je demande des vœux, je dois étendre les mains. Un mouztarr tend ses mains vers Allah swt et Lui dit : « Ô Allah, regarde-moi ! »

4) Mettons notre main sur le cœur et répondons à cette question : est-ce que nous méritons qu’Allah swt exauce nos vœux après la façon dont nous nous comportons envers Lui ? Certaines personnes sont très arrogantes envers Allah swt. Lorsqu’Allah swt leur demande quelque chose, ils ne veulent rien donner, ils veulent continuer à désobéir Allah swt en commettant des péchés mais ils attendent d’Allah swt qu’Il réponde immédiatement à leurs invocations ! Lorsqu’Allah swt nous demande quelque chose, nous Lui répondons « Nous ne sommes pas encore prêts ! Nous viendrons vers Toi quand nous serons prêts ! » C’est pour cela qu’Imam Ali A.S. dit dans le Doua-e-Koumayl : « Ô Allah, pardonne-moi ces péchés qui bloquent mes douas, qui empêchent mes vœux d’être exaucés, qui forment un voile entre Toi et moi ! » Réfléchissons ! Par exemple, je demande à Allah swt de faire en sorte que ma fille se marie. Pourtant ma fille ne porte pas le hijab, c’est-à-dire qu’elle désobéit à Allah swt. Et moi, je veux qu’Allah swt m’aide à ce qu’elle trouve un bon époux. Chacun de nous, y compris moi-même, savons qu’il y a un certain péché que nous devons arrêter de faire et pourtant nous continuons à commettre ce péché-là. Lorsque nous demandons un doua à Allah swt, Il nous dit : « Je ne te demande que cette petite chose mais tu continues à commettre ce péché ! Qu’est-ce que Je ne t’ai pas donné ? Est-ce que Je ne t’ai pas donné la santé, la richesse, l’éducation etc. ? Et en contrepartie, lorsque Je te demande d’arrêter cet acte, tu le fais toujours ! »

Malgré nos désobéissances à Allah swt, Il est Miséricordieux envers nous. Ceux d’entre vous qui sont allés à Arafat durant le hajj savent qu’Allah swt dit : « Vous êtes considérés comme des criminels si vous doutez que Je ne vous pardonnerai pas en ce jour ! » Nous sommes tellement arrogants envers Allah swt, pourtant Il nous pardonne !

5) Une des raisons pour lesquelles nos douas ne sont pas acceptés est qu’Allah swt aime beaucoup nous voir Lui demandant des douas. Aussi, Il n’exauce pas rapidement nos vœux afin que nous retournions à Lui et que nous continuions à lui demander des douas. Certains demandent : « Pourquoi est-ce qu’Allah swt ne répond pas à mes demandes ? Est-ce parce que je suis une mauvaise personne ? » Non ! Peut-être qu’Il vous aime tellement dans cet état qu’Il n’exauce pas vos vœux afin que vous continuez à lui demander et que vous vous rapprochiez encore plus de Lui !

Lorsque nous regardons l’école d’Ahloul Bayt A.S. nous voyons qu’il y a de nombreux douas très beaux et très puissants. Nos Massoumines A.S. adoraient les douas. Ils adoraient invoquer Allah swt.

La différence entre notre école et les autres concernant les douas, c’est qu’aucune autre école n’a de douas aussi puissants que les nôtres. Allez dans n’importe quelle école de pensée islamique et demandez à ses adeptes de vous montrer les douas laissés par les compagnons (ashab) du Saint-Prophète saw. Lisez-les. Vous ne trouverez pas un seul doua qui équivaudrait à une seule ligne d’un doua d’Imam Zainoul Abidine A.S. ! Je vous lance un défi ! Trouvez-moi un doua d’une autre école qui serait supérieur à une seule ligne d’un doua écrit par notre 4ème Imam A.S. ! Le peu de douas qu’ils ont sont creux ! Dans l’école d’Ahloul Bayt, il y a un certain nombre de douas qui sont considérés comme les douas du désespéré. Lorsque vous êtes dans un état de désespoir, lorsque vous êtes angoissés, récitez ces douas.

Le premier est le doua-e-Arafat d’Imam Houssain A.S. Bishr et Bashir Assadi, les fils de Ghalib-e-Assadi, racontent que la nuit d’Arafat, nous avons vu Aba Abdillahil Houssain faire les cent pas dans un état de désespoir et nous l’avons vu réciter le doua-e-Arafat comme une personne affamée qui mendierait de la nourriture. Si vous êtes endettés, lisez ce doua, vos dettes seront réglées ; si vous voulez que votre fils ou votre fille se marie, récitez ce doua. Ce n’est pas seulement un doua à réciter le jour d’Arafat, vous pouvez le réciter n’importe quand.

Le second doua est le doua-e-Moujir. Celui qui récite le doua-e-Moujir 3 fois dans un mois, Allah swt supprimera tous ses péchés même s’ils sont aussi nombreux que les gouttes de pluie tombant du ciel ou les grains de sable dans le désert ou encore les feuilles qui tombent des arbres.

Le troisième doua est le Jawshane Kabir. Pourquoi ce doua a-t-il été révélé ? Notre Saint-Prophète saw était sur le champ de bataille et son armure était extrêmement lourde et le rendait mal à l’aise. Il souffrait et était dans un état d’angoisse. Jibraïl A.S. vint dire à Rassoulallah de réciter le Jawshan-e-Kabir qui sera le meilleur doua pour sa oummah[9].

Si vous êtes malades ou êtes paralysés, lisez le doua-e-Mashloul. Dans la vie, il n’y a pas de meilleure subsistance[10] que la santé. Nous apprenons chaque jour qu’untel a perdu telle faculté, qu’untel est atteint de telle maladie. Pourquoi le doua-e-Mashloul a-t-il été révélé ? Parce qu’un jeune homme avait été grossier envers son père. Le doua-e-Mashloul est un moyen pour ceux qui ont perdu leur père de réfléchir sur la façon dont ils ont traité leur père. Ce jeune homme raconte : « Mon père n’arrêtait pas de me dire « Pourquoi est-ce que tu ne deviens pas religieux ? » mais je ne l’écoutais pas ! Un jour, tandis que je prenais de l’argent du tiroir, mon père m’a aperçu ; quand il m’a vu, il m’a demandé d’arrêter et j’ai poussé mon père ! Lorsque j’ai poussé mon père, un cri est sorti de sa bouche, il dit « Je demanderai à Allah swt de te punir pour ce que tu m’as fait ! » Allah swt accepta les douas de mon père et je devins paralysé. Je suppliais mon père de me pardonner. Un jour, il me dit « Si tu m’accompagnes pour le hajj, je demanderai à Allah swt de te pardonner ! » Durant le trajet pour le hajj, mon père est décédé. Je me rendis au hajj et j’étais dans un état de désespoir, je demandai à Allah swt de m’aider et de venir à mon secours. Tout à coup, Imam Houssain A.S. vint me voir et me demanda quel était mon problème. Je lui racontais toute l’histoire. Il me rassura et me dit qu’il irait voir son père Amiral Moeminine. Imam Ali A.S. dit à son fils Houssain A.S. de me demander de réciter ce doua. C’est ce que j’ai fait et durant cette nuit, j’ai vu dans mon rêve Rassoulallah ; il toucha la partie de mon corps qui était paralysée et lorsque je me levais le lendemain matin, je n’avais plus rien ! »

Lorsque nous lisons ce verset, nous nous arrêtons à « Wa Yakshifus-su’a ». Nous disons uniquement « ‘Amman Yujibul-Mudtarra ‘Idha Da`ahu Wa Yakshifus-Su’a ». Or, le verset ne s’arrête pas là. Il continue. Voici la suite du verset : « et il fera de vous son calife sur la terre, génération après génération. Y a-t-il donc une divinité avec Allah? C’est rare que vous vous rappeliez! » Dans son commentaire sur ce verset, notre 6ème Imam A.S. explique qu’Allah swt révéla ce verset pas seulement en guise de réponse aux Arabes qui demandaient les douas aux idoles ; ce verset fait également allusion à Imam Mahdi A.S. Le vrai « mouztarr » est l’Imam de notre temps. Il est celui qui est en détresse. Il accomplira 2 rakats près du Makaame Ibrahim[11] et demandera à Allah swt de le soulager de son désespoir. Allah swt viendra à son secours, lui donnera la victoire et fera de lui le calife d’Allah swt sur la terre. En toute honnêteté, y a-t-il sur la terre aujourd’hui quelqu’un de plus désespéré qu’Imam-e-Zamana ? Interrogeons-nous : honorons-nous vraiment notre Imam ? L’aimons-nous réellement ? Agissons-nous comme ses vrais partisans ? Il existe très peu de personnes qui associent Imam A.S. à leur commerce ou affaires. Je connais seulement un homme à Londres qui a pris Imam-e-Zamana comme associé dans son travail. Allah swt l’a béni en lui accordant la subsistance. Quand je lui ai demandé « Comment avez-vous réussi ? », il m’a répondu « Imam A.S. est mon partenaire dans mes affaires. Un certain nombre de parts de mon entreprise appartiennent à Imam A.S. et cela me rappelle qu’Imam A.S. est avec moi et me met en garde de faire attention à ce que de la subsistance haraam n’entre pas dans ma vie et surtout dans celle d’Imam A.S. Comment pourrais-je oser donner de l’argent haraam à mon associé, Imam Mahdi A.S. ? Toutes les bonnes œuvres que nous accomplissons, tout le tabligh que nous faisons aussi bien au sein de notre communauté qu’en dehors, tout ce que nous entreprenons pour faire en sorte que les gens connaissent qui était Houssain, quelles belles phrases a prononcé le Prophète de l’Islam etc. tout ce travail est pour un Imam désespéré, qui demande « Où sont mes compagnons ? Où sont mes partisans ? » Imam A.S. écrit dans sa lettre à Cheick Moufid : « Si mes Shias voulaient vraiment que je revienne[12], je serais revenu ! » Nous rendons-nous compte à quel point notre Imam est désespéré ? Un de nos Oulamas raconte avoir vu Imam-e-Zamana dans son rêve. Il dit qu’il a remarqué des bleus[13] sous ses yeux et qu’il s’est rendu compte qu’il avait beaucoup pleuré. Il a alors regardé Imam A.S. et lui a dit : « Ô l’angoissé des Ale Mouhammad, qu’est-ce qui vous fait pleurer autant ? » Imam A.S. répondit : « Est-ce que cette tragédie-là n’est pas suffisante ? La tragédie de Karbala est si difficile à supporter ! Et en plus de cela, le comportement de mes Shias augmente ma tristesse et ma douleur ! » Réfléchissons ! Notre Imam A.S. n’est-il pas assez angoissé pour que nous commettions des mauvaises actions qui le rendent encore plus malheureux ? Dans le doua-e-Noudba, nous disons : « Cela me fait mal de voir toutes les autres créations mais de ne pas vous voir ! »

Dans le Ziarat-e-Nahiya, Imam-e-Zamana A.S. avoue que lorsqu’il pleure sur la tragédie de Karbala, ses larmes deviennent du sang. Vous vous souvenez que le Prophète Yakoub A.S. a tellement pleuré suite à l’éloignement de son fils le Prophète Youssouf A.S. qu’il a perdu sa vue. Notre Imam A.S. n’a pas perdu la vue mais il affirme que ses larmes se transforment en sang quand il se remémore l’événement de Karbala.

 

Source : Majalis de Sayed A. Nakshawani, Moharram 2012


[1] Les fourmis, n° 27
[2] Qui y a-t-il en dehors d’Allah pour répondre
[3] Celui qui est désespéré
[4] Voir https://shia974.fr/lislam-et-leuthanasie-par-sayed-ammar-nakshawani
[5] Exactement comme font encore les hindous en Inde.
[6] Celui qui donne le rizk, la subsistance
[7] Moemenine wal moemenate
[8] Mouslimine wal mouslimate
[9] Communauté
[10] Rizk
[11] La station d’Ibrahim A.S. près de la Sainte-Kaaba
[12] Réapparaisse
[13] Hématomes

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Orateur

Date

25 mai 2020