Majaliss de Zakira Shyrose Dhalla – 2 Moharram 1436 Tananarive

« Innallaha youhibbout tawwabin »

Allah swt est fier d’une personne qui Lui demande pardon.
L’Imam as dit qu’il ne faut pas défendre, chercher des excuses à une personne qui commet un péché, donc c’est encore plus important de ne pas se justifier lorsque nous péchons.

L’amour d’Allah swt est telle une corde sur laquelle on s’accroche de toutes nos forces pour ne pas tomber d’une falaise. Et l’istghfar est la force qui nous permet de nous accrocher à cette corde. Car lorsque nous commettons un péché, nous nous sentons coupable face au Créateur, et instinctivement nous nous éloignons de Lui en raison de cette culpabilité, et plus nous nous éloignons de Lui, plus nous L’oublions, plus nous sommes susceptible de pécher. Ce qui au final nous entraîne dans un cercle vicieux.

« Don’t burn your bridges » ==> Il faut toujours garder sa relation avec Dieu, quelques soient nos péchés.

Un des degrés élevés de piété est la piété de celui qui pense que tout est gounah[1] sauf ce qui a un lien avec Dieu. Par exemple, cette personne pensera que c’est un péché de faire autre chose à l’heure de la prière, à ce moment là, peu importe à quel point l’activité qu’elle sera en train de faire est importante, mais elle pensera avoir commis un péché si elle ne se rend pas sur son tapis de prière immédiatement.

Et un degré encore plus élevé de piété est celui de ceux qui, quand ils ont ne serait-ce qu’un atome de doute à propos de la légitimité d’un acte, ou d’un objet, ils s’en abstiendraient.

Tandis que nous, nous cherchons toujours un échappatoire, nous négocions toujours face à telle ou telle loi islamique qui n’est pas en faveur avec nos désirs !

Lorsque nous suivons un régime pour garder la ligne, on a bien conscience qu’un morceau de gâteau dégusté en moins de deux minutes nous vaudra une heure, si ce n’est plus, de course sur le tapis. Nous pouvons passer des mois à façonner notre corps à  force de régime et de sport, et ces efforts sont susceptibles d’être anéantis par une sucrerie de trop.

De même, nous pouvons parfois passer des jours à jeûner, à prier, tout le mois de Ramadan et les jours de deuil à façonner notre âme, et l’éduquer. N’anéantissons pas tous ces efforts en commettant des péchés de trop, en regardant une scène qu’il ne fallait pas, en écoutant des paroles illicites, etc…

Le Saint-Prophète saw disait que la personne qui passe les nuits de Qadr, les mois de Moharram, Rajab, Shaban et Ramdhan à prier et à invoquer son Seigneur mais qui pourtant se laisse aller dans les péchés est similaire à l’enfant qui passe des heures à créer une tour, mais qui la détruit en quelques secondes, puis la reconstruit pendant des heures.

Ne soyons pas nos propres destructeurs, ne détruisons pas de nos propres mains nos efforts !!

Allah swt dit : O fils d’Adam, je reçois  tous les jours des nouvelles de tes péchés, et pourtant Je ne t’envois que des Bénédictions de Ma part, vois à quel point tu es un esclave vil, tandis que Je suis un Maître Bon, tu fais des gounah qui Me font honte et pourtant toi tu n’as pas honte de Moi, tu as peur des stratégies de tes ennemis, et pourtant tu n’a pas peur de Ma colère…

Il faut intensifier ses demandes de pardon, mais ne pas le faire machinalement, comme un tasbih.

Les péchés sont des fardeaux qui courbent notre dos, comme le temps courbe le dos des personnes âgées.
Les portes du pardon sont continuellement ouvertes, à nous de franchir le seuil.

Il ne faut jamais penser que c’est trop tard, qu’on a laissé trop de péchés entre nous et Dieu, car cette pensée est un signe de koufr[2].

Car Allah swt ne nous tient pas rigueur du même péché deux fois, une fois que c’est pardonné, c’est oublié, c’est comme dans la cour de justice, on ne peut être jugé pour le même crime deux fois.

Si on commence petit à petit à enlever les pierres d’une montagne, elle rapetissera, certes lentement, mais sûrement. Nous aurons alors une page vierge afin de réécrire notre histoire. Dieu nous verra alors en tant qu’une nouvelle personne, contrairement à nous, qui ne changeons pas notre regard envers une personne qui a péché par le passé, même si cette personne a complètement changé.

Les différentes étapes de la demande du pardon :
 Le regret
 Décider de ne plus faire ce péché
 Rendre le haqq des autres (dans le cas du mensonge, médisance, prendre ou voler  un objet gasbi)
 Pleurer sans limite

Ali ibne Hamza raconte qu’un jour un homme est venu auprès de Imam as et lui a dit qu’il était l’un des hommes de  pouvoir de Bani Oumeyya, et qu’il a pris beaucoup des biens des musulmans pour lui-même alors qu’il était partisan de l’Imam Ali as.

Il demanda alors une expiation de ses péchés auprès de Imam car il regrettait beaucoup et avait pris la résolution de ne plus jamais le refaire.

Imam as lui répondit alors qu’il n’y avait qu’un seul moyen de se faire pardonner, mais qu’il n’était pas capable de prendre cette voie.

L’homme insista. L’Imam lui dit qu’il devait rendre aux personnes chaque centime qu’il a pris aux musulmans. Toutes les possessions de cette personne ont été volées, il dut alors tout donner, il devint un sans-abri errant dans la ville, et n’avait même plus de vêtement sur lui (Ali ibne Hamza cotisa avec l’aide de quelques amis pour lui donner de quoi porter et  de quoi manger). Et cet homme pleura tant et tant pour le pardon de ses péchés qu’il en mourût. A son dernier souffle il dit à Ali ibne Hamza : « je suis en train de voir ce que Imam m’avait promis, il a vraiment tenu sa parole, il me disait que j’obtiendrai le paradis, et c’est ce que je vois en ce moment devant moi… »

[1] Péché
[2] mécréance

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Orateur

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Date

13 mai 2020