MAJALISS DAMES DU 13 DECEMBRE 2010 JOURNÉE DU 7 MOHARRAM (Mouliani Tahera Kassamali)

· Dans le verset 2 de la Sourate Al-Anfal (n° 8, Le butin), l’on trouve une description du moemine. Allah swt dit que seul est moemine[1] celui

 Dont le cœur s’attendrit lorsqu’on fait le zikr d’Allah swt. Il est attiré par le zikr d’Allah swt. Il a une grande envie d’assister aux majaliss et aux darss. Il a envie d’être présent partout où on parle d’Allah swt.

 Dont la foi augmente quand on récite le Saint Qouran. Quand il entend le tilawat-e-Quran, son cœur tremble et il est interpellé[2].

 Qui a une confiance totale en Allah swt

· Si nous voyons que ces caractéristiques ne se trouvent pas en nous, cela veut dire que notre âme est malade et dans ce cas, nous devons trouver le remède à notre maladie. Nous contrôlons notre corps et notre esprit ; nous sommes les médecins qui avons les médicaments nécessaires.

· Revenons au testament d’Imam Ali A.S. à Imam Hassan A.S. dans le Nahjoul Balagha. Imam A.S. dit qu’il a tellement lu et réfléchi sur les personnages historiques, sur les personnes qui sont passées, qu’il connait tellement de choses sur eux que c’est comme s’il avait vécu avec eux. Amiroul Moeminine montre qu’il apprend grâce aux qualités des personnes passées et que ces qualités lui permettent d’avancer. Les défauts des autres lui montrent ce qu’il doit éviter[3].

· Chaque personne peut nous enseigner quelque chose. L’homme est tel un jardin qui comprend aussi bien de belles fleurs que de mauvaises herbes et des feuilles mortes. Tout dépend quel insecte nous voulons imiter : souhaitons-nous nous attarder sur les fleurs qui sentent bon comme les abeilles ou nous intéresser aux saletés, aux mauvaises choses tels des mouches ?

· Le Tarikh – l’histoire – est très important car il nous apprend beaucoup de choses.

Pourquoi l’Islam a-t-il beaucoup insisté sur le Tarikh ? Pourquoi ya-t-il autant d’histoires dans le Saint-Coran ?

La réponse se trouve dans le dernier verset (verset 111) de la Sourate Youssouf (n° 12).

· Les histoires sont tellement attractives[4] et permettent de visualiser les événements[5]. Elles procurent du plaisir. Selon le verset 111 de la Sourate Youssouf, l’histoire est un darss[6] pour les gens qui comprennent. Ce n’est pas une histoire forgée par le Saint-Prophète saw MAIS elle témoigne ce qui est passé. C’est un témoignage. C’est une explication détaillée et une miséricorde, une bénédiction[7].

· Nous savons tous que l’histoire se répète. C’est pour éviter que les erreurs ne se répètent qu’il est important de bien comprendre et d’étudier les événements et les personnages du passé. Ce qu’on voit aujourd’hui se faisait avant.

· Un grand savant compare notre regard sur l’histoire à une personne qui se trouve dans une gare. Le train passe devant lui ; quelques wagons sont passés, d’autres défilent encore devant lui. Notre position dans l’histoire est de même : certaines personnes sont passées, d’autres sont à venir.

· Dans le sermon n° 192 du Nahjoul Balagha, Imam Ali A.S. nous recommande d’apprendre des kaffirs et des moushriks d’avant ainsi que des moemines qui sont passés. « Prenez la vie des croyants comme des exemples pour vous » nous dit-il.

· J’aimerais vous parler aujourd’hui d’un compagnon du Saint-Prophète saw : Mous’ab bin Oumayr. Il est né à Makka et il était très riche. A l’époque de Mouhammad saw, il y avait aussi des vêtements de marque. Mous’ab bin Oumayr appartenait à une famille très aisée et portait les plus beaux vêtements qui existaient[8]. Au début de l’Islam, le Saint-Prophète se réunissait avec ses compagnons et les musulmans qui étaient très peu nombreux chez Arkam. Il diffusait le Message de l’Islam en toute discrétion. Un jour, Mous’ab assista à une de ses réunions et il fut tellement attiré par les paroles de Mouhammad saw qu’il devint musulman. Néanmoins, il cacha aux autres sa conversion à l’Islam. Un jour, tandis qu’il priait dans sa maison, quelqu’un l’aperçut et alla le dénoncer. La mère de Mous’ab était très puissante et très cruelle. Quand elle sut que son fils était devenu musulman, elle l’attacha à l’aide d’une corde et l’enferma dans sa propre maison de telle sorte que Mous’ab était prisonnier chez lui. Lorsque les musulmans entamèrent le 1er Hijrat[9] de l’Islam[10], ils envoyèrent un message à Mous’ab bin Oumayr qu’ils viendraient dans la nuit pour le relâcher avant de l’emmener avec eux en Ethiopie. Mous’ab bin Oumayr devint un des compagnons fidèles du Saint-Prophète saw qui l’envoya pour instruire les habitants de Madina[11]. C’était le premier professeur de l’histoire de l’Islam.

Les parents de Mous’ab bin Oumayr ont rompu les liens familiaux avec lui de telle sorte que Mous’ab devint très pauvre. Il était si malheureux qu’il n’avait qu’un seul vêtement. Il fut martyrisé à la bataille d’Ohod. Le Saint-Prophète saw pleurait lors de son décès et ce verset fut révélé en son honneur :

« Il est, parmi les croyants, des hommes qui étaient sincères dans leur engagement envers Allah. Certains d’entre eux ont atteint leur fin et d’autres attendent encore et ils n’ont varié aucunement dans leur engagement. » (Sourate Ahzab, n° 33, Les coalisés, verset 23)

Certains commentateurs disent que ce même verset fait l’éloge d’Imam Houssain A.S. et de ses compagnons. Notre 3ème Imam A.S. récitait ce verset le jour d’Ashoura en regardant ses compagnons tués dans le sentier d’Allah swt.

[1] Le terme « Innama » est restrictif, il signifie uniquement, seulement
[2] Nous avons souvent entendu parler de non-musulmans qui sont attirés par le Saint-Coran et sa récitation.
[3] « Ô mon fils, bien que je n’aie pas atteint l’âge de ceux qui m’ont précédé, j’ai néanmoins étudié leurs actes, médité sur leur histoire et suivi leurs traces jusqu’à devenir comme l’un d’eux, je dirai plus : j’ai l’impression d’avoir vécu la vie de chacun d’eux du premier au dernier. » (Article 14 de la lettre d’Imam Ali A.S. à son fils Hassan A.S., Nahjoul Balagha – La voie de l’éloquence, traduit par Sayyid Attia abul Naga, Ansariyan Publications, Iran, 1989, page 663)
[4] Certains d’entre nous ici se rappellent que lorsqu’ils étaient enfants, ils se cachaient sous les draps pour lire une histoire alors qu’ils étaient supposés dormir.
[5] Nous avons l’impression de voir un film devant nous quand nous lisons une histoire, un récit.
[6] Une leçon
[7] Rahmat
[8] On les appelait vêtements yamani
[9] Emigration
[10] Vers l’Abyssinie, l’actuelle Ethiopie
[11] Avant que le Saint-Prophète saw ne s’y rende lui-même 

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Date

21 mai 2020