MAJALISS DAMES DU 18 DECEMBRE 2010 JOURNEE DU 12 MOHARRAM (Mouliani Tahera Kassamali)

· Lorsque le Saint-Prophète saw alla à Médine (Hijrat[1]), chacun voulait qu’il aille chez lui. Pour ne vexer personne, Mouhammad saw dit qu’il irait là où son cheval s’arrêterait. Le cheval s’est arrêté chez Abou Ayyoub al-Ansari qui était très pieux. Le Saint-Prophète saw a dit que son épouse fait partie des Ahloul Akhérat.

· Continuons d’avancer dans notre discussion sur les élus d’Allah swt. Un des critères des moemines est qu’ils font le jihad dans la voie d’Allah swt. Il s’agit ici du jihad-e-Akbar c’est-à-dire la lutte contre le nafs.

· J’aimerais vous parler aujourd’hui du Mounajat-e-Shakkin[2] qui se trouve dans Sahifae Sajjadiyya[3]. Mais avant cela, laissez-moi vous montrer quel trésor est le Sahifae Kamila[4]. Massouma Dayana est une personne qui s’est convertie du Christianisme. Un jour, quelqu’un lui offrit un exemplaire du Sahifae Kamila. En le lisant, elle était très séduite par les paroles qui s’y trouvaient. Elle fit donc des recherches sur son auteur Imam Zainoul Abidine A.S. et sur le chiisme en général. Elle se convertit alors au chiisme. Quand elle vint nous rencontrer, elle nous dit : « Pourquoi ne propagez-vous pas le Sahifae Kamila ? Quelqu’un comme moi ne savait pas qu’un tel livre existait. Je regrette d’avoir passé 30 années de ma vie dans l’ignorance et la dérive.

· Revenons au Mounajjat. Notre 4ème Imam A.S. dit qu’il se plaint de 4 choses :

 Je me plains de mon nafs qui m’induit en erreur, qui me dit que le péché est insignifiant. Rappelons-nous que pour le mounaffiq, le péché est tel une mouche posée sur son nez qu’il enlève d’un simple coup de main tandis que pour le moemine, le péché est comme un fardeau très lourd sur son dos.

 Imam A.S. dit ensuite : « Je me plains de Shaytan ». Dans les versets 16 et 17 de la Sourate Anfal (n° 7), Allah swt dit : « Puisque Tu m’as mis en erreur, dit [Satan], je m’assoirai pour eux sur Ton droit chemin, puis je les assaillirai de devant, de derrière, de leur droite et de leur gauche… »

Ayatoullah Makarim Shirazi explique dans son Tafssir-e-Namouna ce que signifie « de devant, de derrière, de leur droite et de leur gauche ». Shaytan nous attaque par devant c’est-à-dire qu’il nous empêche d’avancer, qu’il nous dit de ne pas nous inquiéter du Jour du Jugement et de ne pas penser à la mort et à l’au-delà. Il nous assaille par derrière car il nous attire vers le monde et nous invite à nous concentrer sur cette vie terrestre.

Un jour, les compagnons du Saint-Prophète saw lui demandèrent : « Pourquoi n’avons-nous aucune envie de mourir ? » Mouhammad saw leur répondit : « Si vous aviez préparé des bagages pour l’au-delà, si vous aviez construit des maisons là-bas, vous auriez envie d’aller les retrouver. »

Un groupe de personnes vinrent un jour chez Imam Ali A.S. et virent qu’il n’y avait même pas de meubles dans sa demeure. Ils lui demandèrent : « N’avez-vous pas de lits, armoires, chaises etc. ? » Notre Imam A.S. répondit : « Si, j’en ai ! » Ils répliquèrent : « Mais nous ne les voyons pas ! » Il sourit alors et dit : « Je les ai envoyés devant, dans ma prochaine demeure qui sera éternelle ».

Dans le khoutba[5] n° 7 du Nahjoul Balagha, Imam Ali A.S. nous dit que Shaytan est tellement entré dans notre cœur qu’il a pondu des œufs sur nos genoux. Les œufs éclosent et des petits Shaytan en sortent. Puis, ces petits Shaytan se déplacent à genoux et se répandent dans tout notre corps.

 Notre 4ème Imam A.S. se plaint de son cœur endurci qui n’accepte pas les hidayats[6].

Le hidayat est comme la pluie. De la même manière que la pluie ravive les fleurs et les plantes, le hidayat fait revivre notre âme morte.

Dans le verset 73 de la Sourate Baqara (n° 2), Allah swt dit : « Puis, et en dépit de tout cela, vos cœurs se sont endurcis; ils sont devenus comme des pierres ou même plus durs encore; car il y a des pierres d’où jaillissent les ruisseaux, d’autres se fendent pour qu’en surgisse l’eau, d’autres s’affaissent par crainte d’Allah… »

 Enfin, Imam Zainoul Abidine A.S. dit dans son Mounajaat : « Je me plains de mes yeux dont les larmes ne sortent pas ». Le fait que nous n’avons pas envie de pleurer par crainte d’Allah swt et au gham-e-Houssein montrent que notre cœur est endurci. Quand notre cœur est tendre, il est prêt à accepter nos défauts et nos erreurs ; nous avons l’impression que nous sommes concernés par ce qui se dit dans les majaliss tandis que lorsque notre cœur est dur, nous pensons que ça concerne les autres.

 

[1] Émigration
[2] « Entretien Intime de ceux qui se plaignent », Entretiens Intimes avec Dieu, Editions B.A.A., pages 37-40
[3] Recueil d’invocations (douas) écrit par Imam Zainoul Abidine A.S.
[4] Autre nom du Sahifae Sajjadiyya
[5] Sermon
[6] Les sermons, les majaliss, les recommandations 

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21 mai 2020