COMPTE-RENDU DU MAJALISS DE SHEICK MOUDJTABA DIMANCHE 23 JANVIER 2011 / NUIT DU 19 SAFAR 1432

Nous avions parlé du dernier ayat de l’Ayatul Kursi.

Notre aql[1], nos « bayaan »[2] ont une limite alors que les paroles d’Allah (swt) sont sans limite.

Comment peut-on acquérir le « Hidayat » des Ahlul Bayt sans être pris dans le piège de Shaytan ?

Par exemple, lorsque nous voudrons accomplir le zyarat de nos massoumines, Shaytan fera tout pour qu’on n’y parvienne pas, ils nous égarera.

[Rappelons nous de l’exemple de Nabi Ayyub, sa maladie et sa patience étaient un challenge entre Allah et Shaytan.

Ce dernier dût aussi se résigner devant les prosternations de notre 4ème Imam Zaynoul Abidine à qui il dit « Anta Zaynoul Abidine » : Tu es la parure de ceux qui prient ! ]

La question est donc comment consolider notre spiritualité ?

Cette spiritualité est comme la batterie d’un téléphone, il faut qu’elle soit souvent chargée. Le seul remède pour nous est donc de charger notre batterie « rafraîchissant » notre Iman[3].

[À propos de Salman Farsi[4] qui était un fervent croyant, le Saint-Prophète avait un jour clamé que « Salman est des nôtres ». Comment cela se fait-il ? Car Salman chargeait sa batterie avec Imam Ali (as)]

Dans l’Islam, il est très recommandé d’accomplir le zyarat de nos Massoumines.

On dit toujours « Assalamou alayka … », qui, quand on le dit entre nous signifie « Que la paix soit sur vous ». Mais ce n’est pas le cas pour nos Aimmahs.

« As-Salam » est l’un des 99 noms d’Allah, qui veut dire « Celui qui protège », « Celui qui donne la paix ».

Il a transféré ce « siffat »[5] aux Ahlul Bayt, donc quand nous allons les voir, ce n’est pas « que la paix soit sur vous », mais « que la paix soit sur moi grâce à vous ».

Qui part en Zyarat ? Ceux qui sont « appelés ». Mais qui sont appelés ? Ceux qui ont le désir de rencontrer les Imams.

On a demandé a l’Ayatolllah Mar’ashi Najafi de faire une recommandation.

Il demanda : « Vous venez en zyarat, certes, mais comment accomplissez vous le zyarat ? »

On aurait répondu simplement à un inconnu mais il s’agissait là d’une grande personnalité, on lui pria donc de nous dire quelle serait la réponse idéale selon lui.

Il fit donc un petit discours dans lequel il mentionna les points importants du zyarat :

 « N’y allez pas seulement pour que l’on exauce vos prières. Allez-y par amour pour les Massoumines, avec cette soif de pouvoir les rencontrer. Dites leur qu’aujourd’hui vous êtes venus par simple amour pour eux, et que vous espérez que vous aurez la chance de leurs visites dans votre tombe ».

Aussi, c’est surtout dans ces moments-là que Shaytan cherchera à vous perturber : Problème de billet, de transport, l’hôtel n’est pas bon, l’électricité ne fonctionne pas, vous avez perdu vos chaussures…

Selon l’Ayatollah, il y a 3 signes qui montrent que votre zyarat a été accepté :
1 – La pluie
2 – Des larmes dans vos yeux
3 – Des difficultés comme évoquées ci dessus, et dans ces moments, être capable de se dire : quelques soient les problèmes, tout ce qui compte c’est l’acceptation de mon zyarat.

Imam Houssain A.S. a obtenu 3 cadeaux de la part d’Allah swt :
1 – La Terre de Karbala est un remède (Khaaqé Shifa)
2 – Les vœux sont exaucés dans le « Tahtoul Kouba ».
3 – Ses descendants sont des Aimmah.

[Un jour, un homme alla au « Tahtoul Kouba » de Imam Hussain et demanda à Allah de lui accorder une « Hour » dans ce bas monde. Quelques temps après, il se maria, mais il avait oublié cette demande.

Sa mère décéda, mais il vit que sa femme restait toujours aussi souriante, s’habillait bien, se parfumait. Il lui fit la remarque pendant trois jours, qu’ils étaient en deuil et qu’elle devrait éviter de faire tout cela mais elle continua à le faire.

Il s’énerva alors et décida de lui donner le divorce. Avant de partir elle lui dit : « Tu avais demandé une femme semblable à une Houri dans le Tahtoul Kouba de Imam Hussain alors Allah m’a envoyé. Et si je me préparais de la sorte durant ces jours de deuil, c’est parce que Bibi Fatemah ahs était présente aux funérailles de ta mère. »

L’homme se rendit compte de son erreur mais il était trop tard, on oublie certes les demandes qu’on formule à notre Seigneur mais Lui ne les oublie pas.

Il y a beaucoup de miracles dans le mausolée de Hazrat Abbas. Il y a deux catégories :
1- Mojizo : miracle. C’est quand quelque chose change d’état. Comme une canne qui se transforme en serpent, ou un mort en vivant.
2- Karaamat : quand il y a de la lumière dans les zaris, ou que de l’eau coule des Alam.

Il y a une anecdote dans le livre de Zichan Haider Djawad : L’Ayatollah Marashi Najafi avait un élève qui priait depuis de longues heures dans le mausolée de Hazrat Abbas avec une grande sincérité. Il était là depuis très longtemps mais son vœu n’était toujours pas exaucé.

C’est alors qu’arrive un homme avec son fils qui était paralysé et condamné, il commença à faire doah en ce qu’on appelle « la langue du marché », c’est-à-dire qu’il s’adressait directement à Imam sans aucune formulation au préalable.

Au bout de 5 minutes, son enfant retrouva la santé.

Sur le coup l’étudiant fut outré et décida d’aller voir son professeur.

Il arriva et l’Ayatollah lui tendit directement 2 bourses d’argents, l’une pour qu’il puisse acheter une maison, l’autre pour qu’il puisse accomplir le pèlerinage.

Il s’agissait justement des 2 doah qu’il avait formulés au mausolée. L’Ayatollah lui répondit : C’était le souhait de Hazrat Abbas que tu reçoives ta récompense de mes mains.

On voit ici l’importance des Ayatollah, et que parfois on a ce qu’on demande, c’est juste que ça n’arrive pas toujours sous la forme que nous espérions.

Quand les gens venaient voir le Saint-Prophète pour qu’il exauce leurs prières, le Prophète prenait toujours le nom d’Imam Ali (as) comme intermédiaire (vassilo).

D’autres compagnons du Prophète qui se trouvait là étaient jaloux, et se disaient que le jour où Ali tombera malade, le Prophète prendra le nom de l’un d’entre nous.

Un jour l’Imam Ali était malade, il vint voir le prophète qui dit « Ô Allah, par Ali, redonne la santé à Ali ! » Et il rajouta : « Même quand les prophètes ont un problème, ils prennent Ali comme intermédiaire pour l’acceptation de leurs demandes.


[1] Intelligence
[2] Sermons, paroles
[3] Foi
[4] Salman avait atteint le 10ème niveau de piété
[5] Cette qualité, ce talent 

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21 mai 2020