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Shia 974 ( Chiite à l'Ile de la Réunion )
L'Histoire de l'Islam

 

HISTOIRE DE L’ISLAM

 

De la période antéislamique jusqu’à la mort du prophète (ç)

que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille

 

MAHDI PISHVAYA’I

 

SOMMAIRE

 

L’histoire en tant que science humaine ne donne un sens que lorsqu’il traite des réalités de celui-ci dans le temps. Supposons que l’histoire est une toile dont le fond représente le temps, la peinture la diversité des événements, le tout régit par les us, les coutumes et les causes symbolisés simplement par la chaîne de trame. En sa qualité d’artiste averti, l’homme, acteur et metteur en scène est pourvu d’ingéniosité et de talent pour donner aux événements plusieurs colorations. Ainsi, il se doit de connaître l’ère dans laquelle il se trouve pour tirer ne fusse ce peu des leçons de l’ensemble de ces événements afin d’apporter un plus à l’évolution de l’humanité. Avant de se matérialiser dans une nation, l’histoire part de l’individu en tant qu’élément clé de la société pour valoriser les épopées d’une nation ou d’une race quelconque. L’histoire d’un peuple n’est pas un produit de consommation délimité par une date de péremption. Quand bien même elle traite du passé, l’histoire est écrite pour ceux qui viendront demain.

Dans une lettre d’accréditation à Malik ibn Ashtar - après son investiture comme gouverneur de cette contrée - Ie Commandeur des croyants Ali ibn Abou Talib fait savoir à son commis qu’avec l’appui du temps et des événements, « les exemples du passé dans un rapport de similitude avec ceux du présent demandent un temps d’arrêt pour tirer des leçons susceptibles d’aider à la bonne gouvernance. Malgré le fait que Malik semble manifestement être l’interlocuteur principal d’imam Ali, sa pensée montre que le rayonnement d’une nation dépend sans doute des leçons qu’elle a su tirer du passé. D’où l’histoire parait comme un livre volumineux à travers lequel on peut appréhender la vie de l’homme - individuellement ou socialement - et mieux planifier l’avenir.

Monsieur Mahdi Pishwayô’i a voulu présenter cet ouvrage qui traite de l’histoire de la dernière révélation divine en cinq parties regroupant quinze chapitres. Ainsi, il s’est efforcé à caque fois de plonger dans des bases nouvelles et diverses pour illustrer plus amplement les événements de l’époque prophétique. Les références coraniques et les hadiths crédibles ont été extraits sous forme de rapport. L’une des particularités de cet ouvrage réside dans les analyses que l’auteur apporte en fonction des thèmes. Le centre de programmation et de la diffusion des textes pédagogiques de l’université islamique d’Arak espère que les professeurs et les étudiants tireront profit des fruits de recherche de ce grand écrivain. Nous n’oublions pas de présenter tous nos hommages  et nos sincères remerciements à tous ceux qui ont mis la mai dans la pâte pour la réalisation de ce chef d’œuvre.

Bureau de représentation du guide spirituelle dans les universités,

Centre de production et de diffusion des œuvres pédagogiques de l’université d’Arak.

Nous adressons infiniment des louanges à Dieu le Seigneur des mondes et des prières sur sont prophète (ç) et les membres de sa famille. Ce livre est véritable chef d’œuvre enseigné dans les institutions depuis près de dix ans. Grâce à son contenu il a apporté des réponses sur certaines questions qui jusqu’ici semblaient ne pas trouver de résolution. La composition de ce livre est basée sur l’agencement de certains points allant vers le centre d’intérêt des enseignants et des étudiants :

1- La première section traite en gros de la situation géographique de la péninsule d’Arabie avant l’avènement de l’islam. Situation tout à fait indispensable car on ne saurait mieux comprendre le problème de cette région du monde caractérisée par l’ignorance et l’obscurantisme. Surtout lorsqu’on sait que plus part des événements survenus dans l’histoire de l’islam tiennent leur racine des facteurs allant de la période  préislamique.

2- La diversité des sources de références offre au lecteur épris de recherche de pouvoir se lancer facilement dans des investigations pour tirer plus de détails possibles. Si bien que s’il n’arrive pas à mettre la main sur toutes les sources de base, qu’il arrive au moins à se consoler sur ce qui sera à sa disposition.

3- Très souvent on renvoie à la fin certains points historiques qui nécessitent beaucoup d’explications et dont on a omis d’en parler dans le vif du sujet en raison de la densité des thèmes à abordés.

 

PREMIERE SECTION

RESENTATION GENERALE

CHAPITRE I : LA PENINSULE ARABE- SITUATION GEOGRAPHIQUE-POPULATION- CIVILISATION

CHAPITRE II : ATTRIBUTS ET MŒURS ARABES

CHAPITRE III : RELILGIONS ET DOCTRINE PREDOMINANTES DANS LA PENINSULE D’ARABIE ET SES ENVIRONS

 

 

CHAPITRE I

 

LA PENINSULE ARABIQUE : GEOGRAPHIE - SOCIETE - CULTURE

 

La péninsule Arabique encore connu sous le nom de « péninsule Arabe » passe pour être de loin la plus grande péninsule située dans la partie Sud- ouest d’Asie. Avec une forme trapézoïdale, la péninsule arabique s’étend du Nord-ouest au Sud-ouest et couvre environ une  superficie de 3200000 Km². Le Royaume d’Arabie Saoudite occupe  4/5 de ce vaste territoire. Le reste se départage entre une série de petits Etats à l’instar du Yémen, Amman, Les Emirates Arabes Unies, Le Qatar, le Bahreïn et le Koweït. Elle se limite au Sud par le golfe D’Oman, le détroit d’Ormuz ; la mer d’Oman, l’océan indien et la mer d’Oman. A l’Ouest, elle est limité par la Mer Rouge et l’Est par le golf d’Oman, le golf persique, l’Euphrate et l’Irak. Au Nord s’étend le vaste désert qui aboutit d’une part sur la vallée de Fourat et d’autre par sur la Syrie. L’une des caractéristiques de cette région demeure le fait qu’elle est dénuée de limites naturelles comme les montagnes et les fleuves. Toutefois, les anciens géographes étaient partagés sur les limites nord de cette région.

Malgré le fait que la péninsule d’Arabie soit entourée des eaux par le golf persique, la mer d’Oman, la mer Rouge et la mer Méditerranée, seule la partie sud est plus ou moins arrosée. Le reste de terre sèche bouillonne dans un climat aride et fait de cette partie du globe l’un des endroits les plus chaud. Une chaleur qui empêche le passage d’une rivière ou d’un quelconque cours d’eau. Cependant, on observe quand même des vallées qui se noient facilement dans les inondations. Les causes de l’aridité de cette région résident dans la présence d’une chaîne montagneuse qui prennent naissance du mont Sinaï jusqu’à la lisière de la mer Rouge, formant une chaîne de collines qui contournent le golf persique par le Sud-ouest. Raison pour laquelle trois parties de l’Arabie sont entourées de collines qui empêchent la pénétration des courant marins. On peut par ailleurs noter ce relief de plateau en forme de pente douce vers le golf persique qui domine la mer Rouge d’un bourrelet montagneux vigoureux. L’étendu des eaux en mouvement est si limité que la chaleur et la sècheresse imposent des variations climatiques marquées par une piètre pluviosité qu’on observe en l’Afrique et en l’Asie.

 

REPARTITION DE LA PENINSULE ARABIQUE

 

Les géographes, Arabes comme non Arabes, découpent souvent la péninsule d’Arabie selon le relief ou selon les tribus et les races. Certains savants contemporains le divisent en trois parties :

1- Le désert d’Arabie qui est la partie centrale.

2- le Hijaz qui couvre la partie nord.

3- Le Yémen qui marque la partie sud.

 

REPARTITION  CLIMATIQUE

 

Ces dernières années, la péninsule arabique a connu un découpage - répondant à notre attente en tout cas - basée sur la situation climatique (végétation, le sédentarisme…). Cette répartition a eu un impact considérable sur la vie des habitants de cette région, tant sur le plan individuel que collectif, avant comme après l’avènement de l’islam. La péninsule arabique est influencée par une situation dont l’alternative contradictoire permet de distinguer la configuration sociale : la présence ou le manque d’eau. Les populations du Yémen concentrées dans le Sud sont différentes de celles du Nord.

 

A- LE SUD DE LA PENINSULE

 

Lorsque nous observons la carte géographique de cette région d’Asie, nous constatons que l’extrême Sud-ouest de la péninsule d’Arabie offre une forme presque triangulaire dont le flan Est débouche sur la mer d’Arabie et le flan Ouest sur la mer Rouge. Si on fait passer une ligne imaginaire de Zouhran (à l’Ouest) jusqu’à Hadramaout (à l’Est) on obtiendra un troisième flan. Au milieu de tout ceci s’étend une région jadis nommée le Yémen. Elle est réputée grâce à la présence abondante de l’eau et à une pluviosité suffisante comme la zone la plus agricole. D’où une forte concentration démographique contrairement à la situation qu’on connaît au Nord et au centre de la péninsule.

Par ailleurs, cette densité démographique pose un problème d’habitat fixe. Conséquence : les villes et les villages poussent partout comme des champignons. Ce regroupement de peuples de différents horizons crée un brassage de culture et de mœurs qui demande une organisation appropriée afin de rendre la vie facile et pratique à tous. Et qui dit loi dit présence d’une autorité. Cet qui nous permet de conclure que des siècles bien avant Jésus-Christ, existaient des nation berceuses de civilisations dans la péninsule arabique. Voici quelques exemples de ces nations :

1- Les Ma’îne : une nation qui a vécu de 1400 en 850 av JC jusqu’à la création de l’empire Saba.

2- Les Hadramaout : ils ont existé de 1020 en 65 ap JC. Ils ont disparu avec l’envahissement des Saba.

3- Les Sabéens : ils ont régné en maître incontesté de 850 en 115 av JC, jusqu’à ce que les Himyari viennent les dominer.

4- Les Qatabane dont la civilisation a brillé de 865 en 540 av JC. Ils connurent la gloire jusqu’à ce que les Sabéens et les Ridan viennent les conquérir.

5- Les Sabéens, les Ridan les Hadramaout ont évolué sous une dynastie de monarques connus sous le titre de Toubba (115-523 av JC). Ils avaient pour capitale Zafar.

 

UNE BRILLANTE CIVILISATION AU SUD DE L’ARABIE

 

Les historiens sont tous d’avis que la civilisation est la plus brillante de la sous région. Hérodote, un grand historien grec du Vème  siècle av J-C  décrit les somptueux vestiges de cette civilisation : des grand châteaux en passant par les portail au style arabesque. Des assiettes en or et argent, des lits en acier de grande valeur font la fierté de ce chef d’œuvre architectural. Certains historiens parlent même des palais à plusieurs étages appelés « Ghoumdân » composés de cent pièces au plafond fait en miroir en en verre. Satra Abou, un grand voyageur romain qui un siècle plutôt est passé par cette région ne tarie pas d’éloges comme Héroute sur la civilisation yéménite : « la ville de Ma’rib était une ville étrange. Le plafond de ses palais était majestueusement décoré d’ivoire et décorer de stèle et de pierres précieuses. Bref La cité de Ma’rib offrait une vue qui ne laissait personne indifférent ».

  Les chroniqueurs islamiques tels que Mas’udï (auteur des prairies d’or mort en 346 hégire) et Ibn Roustan évoquent la splendide civilisation des Amrân et leur développement avant l’avènement de l’islam. Le fruit de recherches des archéologues du 19ème  et du 20ème siècle a permis à l’aide de documents d’en savoir plus sur l’histoire de cette riche région. Les quelques vestiges restant des cités d’Adan, San’â, Ma’rib et Hadramaout sont des témoignages vivants de la grande civilisation arabe du Sud. Entre autres marques de cette civilisation, nous avons le grand barrage de historique de Ma’rib   Ce barrage réalisé avec une ingéniosité remarquable qui prouve que les ingénieurs de cette époque avaient une connaissance avancée en géométrie grâce à laquelle ils eurent du succès en agriculture.

En marge de l’agriculture, les Yéménites pratiquaient aussi le commerce. Grâce à sa position au cœur d’autres civilisations, le Yémen par Sablon était l’axe du commerce entre l’Est et l’Ouest. Ils achetaient en gros les camelots en provenance de l’Inde par l’océan indien et les acheminaient vers les régions telles que L’abyssine, l’Egypte, Finiqiyya, la Palestine. Les Arabes à leur tour par les pistes caravanières du désert écoulaient ces produits vers d’autres horizons. Ils ont ainsi eu le contrôle du marché de l’Extrême-Orient durant des années, jusqu’à ce que les difficultés de la traversée de la mer rouge poussent les fournisseurs à découvrir une voie terrestre reliant le Yémen à la Syrie en passant par le long de la côte à l’Ouest de  la Mecque. Cette route passait par Petra et aboutissait au Nord sur l’Egypte, la Syrie et l’Irak.

 

DESTRUCTION DU BARRAGE DE MAR’IB

 

Suite à la corruption et de la dépravation des mœurs entre les sudistes, l’étoile brillante de la civilisation yéménite commença à s’éteindre progressivement si bien que les rois de cette région se virent dans l’incapacité de continuer à assurer les travaux de réaménagement du barrage de Mar’ib. Il finit par céder sous la pression hydraulique et provoqua une inondation dont la conséquence immédiate fut la destruction des nombreux champs qu’irriguaient les eaux du barrage. Le manque d’eau à forcer les populations à l’émigration. Le Coran a évoqué le peuple Sabéen à travers l’histoire de la reine de Sava et la lettre que le prophète (ç) Souleymane lui adressât : « Mais elle n'était restée (absente) que Peu de temps et dit: ‹J'ai appris ce que tu n'as point appris; et je te rapporte de Saba une nouvelle sûre: J'ai trouvé qu'une femme est leur reine, que de toute chose elle a été comblée et qu'elle a un Trône magnifique ». (Sourate Naml : 22-23). Et aussi : « Il y avait assurément, pour la tribu de Saba un signe dans leurs habitats; deux jardins, l'un à droit et l'autre à gauche. « Mangez de ce que votre Seigneur vous a attribué, et soyez Lui reconnaissants: une bonne contrée et un Seigneur Pardonneur ». Mais ils se détournèrent. Nous déchaînâmes contre eux l'inondation du Barrage, et leur changeâmes leurs deux jardins en deux jardins aux fruits amers, tamaris et quelques jujubiers. Nous les rétribuâmes ainsi pour leur mécréance. Saurions-Nous sanctionner un autre que le mécréant? Et Nous avions placé entre eux et les Cités que Nous avions bénies, d'autres Cités proéminentes, et Nous avions évalué les étapes de voyage entre elles. ‹Voyagez entre elles pendant des nuits et des jours, en sécurité. Puis ils dirent: ‹Seigneur, allonge les distances entre nos étapes›, et ils se firent du tort à eux mêmes. Nous fîmes donc d'eux, des sujets de légendes et les désintégrâmes totalement. Il y a en cela des avertissements pour tous grand endurant et grand reconnaissant ». (Sourate Saba : 15-19)

Hamza Isfahani date la chute de ce barrage à 400ans avant l’islam, Abou Reiham Biruni à près d’un siècle, tandis que Ya’roub Hounami situe la chute de ce barrage à l’époque de la domination d’Abyssine que les chroniqueurs essaye de situer au VI  

Siècle entre 542-570. Dans tous les cas, la chute de ce barrage a été progressive. Le Saint Coran souligne cet évènement dans deux passages sous le nom du peuple de Tuba : «Et leur apportâmes des miracles de quoi les mettre manifestement à l'épreuve ». (Sourate Dukhân : 33). Et aussi : « Avant eux, le peuple de Noé, les gens d'Ar-Rass et les Tamud crièrent Au mensonge, de même que les Aad et Pharaon et les frères de Lot, et les gens d'al-Aïka et le peuple de Tuba. Tous traitèrent les messagers de menteurs. C'est Ainsi que Ma menace se justifia ». (Sourate qaf : 12-14)

 

CONSEQUENCE DU DECLIN DE LA CIVILISATION YEMENITE SUR LA SITUATION D’ARABIE

 

La décadence des nations sud cette engendrer   une situation complète dans la péninsule d’Arabie. L’agriculture qui faisait la prospérité de l’Arabie grâce au barrage d’irrigation effondré devint impraticable à cause de la sécheresse ce qui fut à l’origine du départ d’une bonne partie de la population du sud. Les premiers, une tribu Yéménite des Azd se sont installés à Heiriya (Irak) et fondèrent la nation de «  Loukhmiyan ». «  Les Jaffna » s’installèrent en Syrie au sud de la Jordanie. La dynastie Ghassanid est issue du gouvernement fondé après leur installation. Les Aos et les Khazraj  élirent Yathrib (actuelle Médine) comme terre d’asile, tandis que les Khoura’or occupèrent la Mecque, les Bajila, les Khas’am et d’autres minorités tribales se contentèrent de la région de Sarwat.

 

LE NORD DE LA PENINSULE ARABE (LE HIJAZ)

 

En dehors des bandes montagneuses et côtières, le Hijaz s’étend sur une steppe aride caractérisée par une pluviosité plutôt irrégulière. Ce climat chaud et sec à une influence important sur ces habitants qui vivent dans les conditions beaucoup plus différentes que les voisins du sud. L’absence des pâturages les oblige à se contenter d’un élevage plus simple constitué de petits troupeaux et des chameaux capables de tenir à l’épreuve de la sécheresse. Ils tirent leurs aliments et leurs vêtements essentiellement du chameau. A cause d’une vie  nomade qu’exigeait l’existence de ces troupeaux, les arabes du Hijaz vivaient au rythme des immigrations extensives qui les empêchaient d’asseoir un système politique, contrairement aux Arabes sédentaires du sud. Raison pour laquelle les Bédouins du Hijaz vivant sous les tentes n’ont pas fondé de civilisation. En dehors de la Mecque (épicentre de l’avènement de l’islam pour des raisons que nous évoquerons plu tard et point de départ d’une civilisation sans précédente), le Hijaz n’avait rien de convoitant pour les empires environnants tels que : Rome, l’Egypte ou la Perse Antique.

Les habitants du Hijaz étaient coupés du reste du monde à cause de l’étendu du désert où ils vivaient. Cet obstacle naturel semble être le seul motif pour lequel ni les explorateurs encore moins les conquérants n’ont pas pensé fouler ces terres. Les grands conquérants tels que : Ramsès II et Elius Galious (au temps d’Auguste l’empereur de Rome) n’eurent trouvé guère intéressant rivaliser pour la domination des zones pareilles. Même chose pour l’empereur d’Iran. Ce qui laissa les Bédouins continuer leur vie primitive. Un historien dit à cet effet : «  lorsque Domitrius le général grec (après Alexandre) entreprit la conquête de l’Arabie, il croisa à Petra des Bédouins qui lui demandèrent : « Général ! Dites-nous pourquoi vous venez nous livrer la guerre alors que nous vivons dans une région qui nous fournit pratiquement rien comme moyen de vie. Nous avons préféré cet endroit chaud et sec pour ne pas être assujetti. Nous avons apportés ses présents en rançons pour nos vies ;  acceptez -les, et  retournez chez vous. Ainsi nous resterons  un peuple ami avec vous. Mais, si vous tenez tellement à nous encercler, rejetez donc notre plan de paix et oubliez dès lors que vous avez eu à vivre dans l’aisance car vous ne serez pas à la hauteur de cette vie difficile à laquelle nous sommes habitués depuis l’enfance. Ou alors emmenez quelque uns d’entre nous au cœur de votre civilisation et vous réaliserez qu’ils ne peuvent pas mener une vie d’esclave. Ayant compris la situation, Domitrius opta accepter la rançon et renonça à  une guerre dont l’issue ne devrait lui engendrer que des problèmes ». Un autre savant affirme : «  La péninsule arabe est une région dont la terre présente un disfonctionnement entre elle et l’homme. Si les pays comme l’Inde, la Grèce, l’Italie, l’Angleterre et les Royaumes- Unis ont connu les plus importants flux migratoires de l’histoire, c’est  tout simplement à cause des potentialités que regorgeaient leurs  terres. Nous ne voyons aucun motif susceptible d’attirer les conquérants dans l’histoire de l’Arabie. Ainsi, elle est restée intouchable tout au long des siècles ».

 

LES TRIBUS NOMMADES DU DESERT

 

Les Arabes bien avant l’islam, vivaient dans le désert regroupés dans les clans et les tribus. Les Bédouins menaient une vie au rythme d’un élevage archaïque auquel ils ses donnaient au quotidien pour survivre. Ils s’abritaient sous des tentes précaires faites de peau de chèvres ou de chameau. Leur séjour en un endroit était fonction des Oasis et des prés qu’ils trouvaient. Et chaque fois que la source tarissait et les réserves en herbes pour les piètres bétails s’amenuisaient, ils se voyaient forcer à l’exode. Le désert domine sur les Bédouins, les chameaux, les dattiers par une étendue caillouteuse. La sécheresse, la chaleur, les pistes qui se brouillent constamment sous les dunes de sable et le manque d’aliments, les ennemis déclarés de l’homme du désert les jours ordinaires, sont favorable à ce dernier contre les danger car il les protège d’une éventuelle d’évasion étrangère. La rudesse du climat a fait du Bédouin un être qui pense beaucoup plus à la survie qu’à l’émancipation. D’où le manque d’éveil et de créativité dans leurs mœurs. Les Bédouins ne sont ni doués en agriculture, encore moins en artisanat. Ils n’avaient rien à envier aux citadins des villes qu’ils considéraient avec mépris, au profit d’une vie nomade à laquelle ils étaient adaptés.

Une vie quasi naturelle où aucun nuage ne s’interpose entre le ciel et la terre, pas de facteur pouvant adoucir de temps en temps le climat. Et lorsque la pluie intervient, elle fait ses preuves par une inondation. Bref, un règne où chacun est libre d’agir comme il veut. Raison pour laquelle les enfants du désert mènent une vie de liberté, sans aucune contrainte agricole pour le forcer à se stabiliser, ni une activité artisanale pour l’occuper au quotidien. Exempte des vacarmes de villes et de ses lois, le Bédouin aimait une vie de liberté et d’autonomie. Il pouvait s’il le veut s’en prendre à qui que ce soit et se battait de toute ses forces pour être vainqueur. Sauf deux choses pouvaient le pousser à l’humilité : le culte des idoles avec ses séances de poésie, les coutumes, les traditions et le respect de bienséance qu’exigeait la tribu. Certes, la conviction du Bédouin en sa tribu et ses coutumes était une chose qui passait avant tout. Lamins, un chroniqueur oriental déclare : « Les Arabes vivaient déjà sous un model de démocratie et de liberté primitive. Une démocratie sans limite ni règle. Ils s’en prenaient à tout peuple qu’ils voulaient et arrachaient ainsi leur autonomie. Ce qui explique la base des crimes et des exactions qu’on observe dans l’histoire de l’Arabie ». (Fajrul islam de Ahmad Amin, p 46).

 

LE REGIME TRIBAL

 

Avant l’islam, les Arabes du Hijâz n’avaient aucun système politique, contrairement aux Iraniens ou aux Romains sous régime impérial centralisé caractérisé par des lois et un contrôle générale du territoire. Le Hijâz en particulier et le Nord de l’Arabie en général ne connaissaient ni de gouvernement, encore moins de système de gestion politique centralisé. Les habitants de cette région vivaient dans les regroupements tribaux. Leur vie et leur comportement étaient le reflet des exigences claniques qui faisaient l’identité de chaque individu. La grandeur d’un sujet était fonction de la grandeur de sa tribu. Chaque tribu équivalait à un Etat et les rapports diplomatiques entre les Etats étaient comparables à ceux de nos jours.

 

LE PACTE DE RACE

 

La nationalité et l’appartenance à une même obédience religieuse  n’étaient pas les critères d’identification chez les Arabes. Une tribu était un groupuscule de familles. Le pacte de race et d’appartenance familiale restait l’unique base qui permettait d’entretenir des relations sociales. Les habitants savaient qu’ils entretenaient des liens de sang les uns des autres. Une cellule familiale se reconnaissait par une tente et le regroupement de plusieurs tentes traduisait la présence d’une tribu. Même la formation d’une nation partait toujours d’un arbre généalogique précis comme la tribu des Juifs. La manière de disposer les tentes pouvaient donner un regroupement de plus d’un millier de personnes qui émigraient ensemble chaque fois avec leur bétail.

 

LE CHEF DE TRIBU

 

Le chef ou le représentant de la tribu était désigne sous le nom de « Sheikh ». Les Sheikh étaient en général les hommes les plus âgés de chaque tribu. Une sorte de gérontocratie qui était signe de sagesse, d’expérience. Des hommes réputés pour leur honneur, leur courage ou leur héroïsme dans l’art de défendre les intérêts de la tribu. Il arrivait souvent que chef soit issu d’une aristocratie dont la bourgeoisie attribuait noblesse et autorité. Le chef de tribu n’avait pas de pouvoir despotique dans les affaires judiciaires, les guerres et bien d’autres actions.

Une consultation avec les notables était une méthode parlementaire qui siégeait pour décider sur les affaires de la tribu. Ce sont ces mêmes notables qui désignaient le chef de tribu. Et la durée du mandat du chef dépendait de l’agrément du conseil des notables. Le respect des traditions était de vigueur y compris pour le chef. Après le décès du chef de tribu, son fils ou très souvent un autre vieux qui a les mêmes caractéristiques que lui était investi des tâches de chef. L’islam s’est opposé farouchement contre ce système qu’il réussit à faire disparaître au profit d’une société unie autour de l’idéologie islamique et de la foi. Dès lors « la fraternité religieuse » prit la place de « la fraternité de sang ». D’où le renversement du système tribal par le système communautaire basé sur la foi : « Les croyants ne sont que des frères. Etablissez la concorde entre vos frères, et craignez Allah, afin que Miséricorde vous soit faite ».(sourate Houjerât : 10)

 

LE FANATISME TRIBAL

 

Le fanatisme et le nationalisme sont les doctrines dominantes dans le système tribal. On appartient obligatoirement à une tribu à laquelle on doit fidélité et soumission. Le sentiment extrémiste chez les Bédouins peut être comparable qu sentiment patriotique d’un sujet par rapport à son pays d’origine. C’est-à-dire qu’il est prêt à tout faire pour sa tribu au prix de sa propre vie. Les bédouins étaient toujours prêts à défendre les leurs quelle que soit la raison.

Pour eux, voler au secours de son frère ou de son cousin était la moindre des choses au nom de ce slogan : « aide toujours ton frère. Peut importe qu’il soit pervers ou pas ». Un poète Arabe laissait sous entendre dans ses vers : « Lorsque leurs frères étaient en difficulté sollicitaient assistance, ils le faisaient sans poser de question ». (Fajrul islam Ahmad Amin, p 10). Toute la tribu se sentait offenser si un membre était humilié. Et tous les moyens entraient en jeu pour venger l’honneur de la tribu. Une fois de plus l’islam fit face à ce fanatisme aveugle pour la tribu, la jugeant barbare et illogique : «Quand ceux qui ont mécru eurent mis dans leurs coeurs la fureur, [la] fureur de l'ignorance... puis Allah fit descendre Sa quiétude sur Son Messager Ainsi que sur les croyants, et les oblige à une parole de piété, dont ils étaient les plus dignes et les plus proches. Allah est Omniscient ». (Sourate Fath : 26). Le prophète (ç) de l’islam déclare par ailleurs : « N’est pas musulman tout extrémiste et quiconque agirait par fanatisme tribal ». Il dit aussi : « Quiconque invite au fanatisme et au tribalisme ne fait pas partie des miens ». Et enfin il affirme en réaction à la citation « aide ton frère peut importe qu’il soit oppresseur ou opprimé » : « Assister un opprimé est une évidence. Mais comment pouvons-nous aider celui qui commet des injustices si ce n’est l’empêcher de commettre les injustices ».

 

REVANCHE TRIBALE

 

Puisqu’il n’existait aucun système pouvant garantir la justice et le droit des autres, toute personne victime d’injustice avait le droit de prendre sa revanche sur son agresseur. Et si jamais il n’arrivait à mettre la main sur lui, toute personne appartenant à sa tribu qu’il rencontrait en payait les frais. C’était devenu une habitude que la tribu porte sur le dos les bévues des membres. Parce que les membres entretenaient les liens de sang et de famille, il était du devoir de chacun d’intervenir en cas de nécessité pour aider un membre en danger, qu’il ait raison ou tort. L’action d’assistance commençait par le clan auquel appartenait la victime ou le coupable.  Et la tribu n’entrait en scène que si celui-ci n’arrivait pas à résoudre le problème à son niveau.

Si un membre venait à être tué, ses proches parents étaient les premiers à réclamer son sang. Tous s’apprêtaient à donner leur vie pour venger leur frère car la tradition stipulait : « il n’y a que du sang pour laver le sang ». Le crime n’avait pour compensation que la vengeance. Il fut demandé à un Arabe : « Es-tu prêt à pardonner à celui qui t’a offensé sans penser à te venger ? Je serai heureux d’obtenir ma vengeance, même s’il faut aller en enfer après, répondit-il ».  

 

RIVALITE ET AFFRONTEMENT D’ORGUEIL

 

Les rivalités et les affrontements entre les tribus faisaient partie des mœurs Arabes à cette époque. Certains facteurs propres à la tribu étaient l’objet de fantaisie et d’orgueil qu’on brandissait contre d’autres tribus. Les facteurs tels que la bravoure dans les champs de bataille, la magnanimité, la loyauté, la richesse, le grand nombre de progénitures et l’appartenance à une tribu demeuraient les critères de valorisation qu’une tribu brandissait avec fierté aux autres. Un passage coranique évoque cette situation en ces termes : «Et ils dirent: ‹Nous avons d'avantage de richesses et d'enfants et nous ne serons pas châtiés›. Dis: ‹Mon Seigneur dispense avec largesse ou restreint ses dons à qui il veut. Mais la plupart des gens ne savent pas›. Ni vos biens ni vos enfants ne vous rapprocherons à proximité de Nous. Sauf celui qui croit et oeuvre dans le bien. Ceux-là auront une double récompense pour ce qu'ils oeuvraient, tandis qu'ils seront en sécurités, aux étages supérieurs (du Paradis) ». (Sourate Saba : 35-37).

Un jour, Kasrâ, l’empereur de l’Iran demanda à Nou’mân ibn Manzour : « y a-t-il parmi les tribus arabes une qui est plus respectée et honorée par rapport aux autres ? Si ! Répondit-il. Quelle est la base de leur réputation ? La tribu qui a eu à gouverner à travers trois chefs issu successivement de leur famille, et que le quatrième provienne de la même famille ». (Alousi, t1, p281). Avant l’islam, les Arabes vantaient leur tribu rien que par le surnombre qu’une tribu pouvait avoir sur les autres. Ils se lançaient des défis au cours desquels ils passaient leur temps à compter les leurs, y compris les morts au cimetière. Deux tribus se mirent au cours d’un challenge à compter les leurs pour montrer au groupe d’en face qu’ils étaient les plus nombreux. Le décompte des vivants donna presque la même chose de part et d’autre. Déterminées à vouloir l’emporter sur l’adversaire, ils se mirent à compter les morts au cimetière. Le saint Coran en parle en ces termes : « La course aux richesses vous distrait. Jusqu’à ce que vous visitiez les tombes (pour compter les morts). Certes! Vous saurez bientôt! ». (Sourate Takasur : 1-3).

 

L’IMPORTANCE DE LA GENEALOGIE

 

L’un des critères de valeur en vigueur chez les Arabes de l’époque de l’obscurantisme demeure les liens de parenté et l’ascendance. Tous les autres motifs de dominations tournaient surtout sur ce pivot : « Dis-moi de quelle famille tu es et je te dirai qui tu es ». Par exemple, si quelqu’un était de père arabe et de mère étrangère, on le désignait par l’expression A’jam (c’est-à-dire intrus). Et il faisait l’objet de toutes les moqueries. On l’apostrophait par le terme péjoratif de « Hajîn » (c'est-à-dire quelle chose issue d’un mélange). Le patronyme « Mouzara’a » était collé à celui dont la mère était arabe et le père étranger. Ainsi, l’appartenance à la tribu comptait beaucoup pour les Arabes. Un comportement tout à fait raciste et discriminatoire. Les Arabes étaient trop jaloux de leurs ascendances. Nou’man ibn Mounzar répondant au monarque perse dit : « Les autres communauté ont du mal à situer leur ascendance, sauf les Arabes. Contrairement aux autres, si on demande à un Arabe d’où il vient, il vous le dira. Il sait reconnaître les intrus des autochtones. Il sait se démarquer aussi des tribus auxquelles il n’appartient pas.

Il n’est pas donc étonnant de constater que les Arabes sont les experts en généalogie, une science dont les contours incertains conduisent généralement ç des spéculations. Le penseur Alousi sur l’étude des Arabes affirment : « L’Arabe de l’époque de l’obscurantisme  accordaient une importance particulière à la connaissance de sa généalogie, car c’était le seul lien d’identité et d’épanouissement pour lui. Il avait terriblement besoin de connaître les siens pour pouvoir faire face aux agressions des récurrentes des autres tribus éparpillées dans le désert. Le seul moyen de rester hors de l’emprise de domination des autres était s’unir avec les siens pour se défendre et rester libre et redoutable.

Il a fallu que l’islam vienne briser ce système. Quand bien même le saint Coran a été révélé entre les Qorayshites et les Arabes, il s’adresse à tout le monde, aux gens, au peuple. Et lorsqu’il s’agit de préciser l’attitude à adopter face à une situation, il s’adresse aux croyants. Selon le saint Coran, la diversité des races n’est qu’un problème naturel dont la philosophie s’enracine dans le désir de se connaître les uns des autres. Il n’y a que la fois comme critère de supériorité entre les hommes : « Ô hommes! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des Nations et des Tribus, pour que vous vous entre connaissiez. Le plus noble d'entre vous, auprès d'Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Grand- Connaisseur ». (Sourate Houjerât : 13). Le prophète (ç) a combattu cet esprit de discrimination pendant toute sa mission :

1- La forteresse des Qorayshites qui se disaient les meilleurs a été démystifiée après la conquête de la Mecque lors de laquelle le noble prophète (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille tint ce discours : « Ô Peuple ! Dieu ne connaît pas l’orgueil et la vantardise en vogue à l’époque de l’obscurantisme comme base de supériorité des uns sur les autres. Sachez que vous êtes tous descendants d’Adam et qu’Adam a été crée de la terre. Le meilleur des serviteurs de Dieu est le pieux et le plus soumis d’entre vous. L’Arabe n’est le père de personne, si oui une langue de communication. Celui qui n’a pas pu être propulsé par ses œuvres ne peut en aucun cas compter sur son appartenance à une tribu ou à une race pour se faire distinguer. (Kalini, Raodhat ul minal Kâfi, p 21-137-138).

2- Lors du pèlerinage d’adieu, le prophète (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille fit un rappel sur des thèmes dont l’importance était jugée nécessaire : « Aucun Arabe n’a de faveur ni de noblesse sur un non Arabe, si ce n’est sur la piété » (Tahful Ouqôul de Hassan ibn Ali ibn Sha’ba, p 34).

3- Venant au secours de Salomon le perse pris au dépourvu par les propos zélés des Qorayshites qui vantaient leur appartenance à sa tribu, le prophète (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille déclara : « Ô vous les Qorayshites ! Quelqu’un ne vaut maintenant que par sa religion. Votre personnalité est liée à votre création et votre identité réside dans votre manière de penser et de percevoir ».

 

LES GUERRES TRIBALES

 

Si les crimes étaient perpétrés parmi les Arabes, les plus concernés étaient les proches parents des criminels. Et comme très souvent la tribu soutenait le meurtrier, l’esprit de vengeance générale se créait et des guerres fratricides se livraient entre les tribus opposées. Ces guerres naissaient très souvent des futilités d’ordre partielles et duraient parfois des années. Nous avons l’exemple de la « guerre de Basous » entre les clans Bakr et Taghlib qui appartenaient tous deux de la tribu de Rabi’a qui a durée presque quarante ans. La cause principale des affrontements fut l’intrusion du chameau d’une dame nommée Basous dans le territoire autrui. Cette intrusion orchestra l’assassinat du chef du clan Taghlib.

Il en est de même pour les guerres sanglantes de « Dâhis », « Gheyrâ », entre Qays ibn Zouheir - chef de bani Abas et Houzeyfa ibn Badr - chef de tribu Fazâra, engendrées par une stupide course hippique ? En effet « Dâhis et Gheyra sont les noms des chevaux qui étaient en compétition. Le premier appartenait à Qays et le second à Houzeyfa. Qays fut le premier à déclarer que son cheval avait gagné la course. Houzeyfa protesta disant que c’est son joker qui était sorti vainqueur de la compétition. Tel fut le petit motif qui mit le feu à la poudre, prélude à une longue et sanglante guerre. De tels événements étaient surnommés « jours des Arabes » et ont été couchés par écrits dans plusieurs livres d’histoire.

Certes, il arrivait souvent qu’avec le don de quelques chameaux en guise de dédommagement, la partie victime. Les notables de chaque tribu étaient chargés de régler les conflits. Et très souvent la partie d’en face n’acceptait les résolutions du traité que lorsqu’elle n’en pouvait plus d’une guerre interminable. Les affrontements s’évitaient souvent par le transfert du criminel à la tribu victime pour être jugé. Des décisions carrément humiliantes pour la tribu qui préférait très souvent obtenir le droit de juger eux-mêmes leur frère fautif. Les mœurs et la morale chez les Arabes se résumaient en la protection de la dignité de la tribu à travers toutes ses actions. Ce genre de règles et coutumes avait plus ou moins influencé certaines villes du Hijâz telles que la Mecque, Médine. Les habitants de ces villes avaient presque les mêmes comportements que leurs confrères du désert. Même esprit de liberté, n’obéissant aux ordres de personne, le culte du tribalisme et de l’orgueil. Grâce à la Ka’ba et aux activités commerciales qui s’y déroulaient, la Mecque faisait l’objet d’un respect particulier de la par des populations. Ce qui donnait à la cité une certaine paix. Avec ses principes de justice, l’islam est venu renverser cet ordre social par une société où les gens sont égaux et où on ne doit assister que celui qui le mérite vraiment. Le respect de la justice doit toujours être le mot d’ordre du musulman, quand bien cela soit en sa défaveur ou celle de se ses parents : « Ô les croyants! Observez strictement la justice et soyez des témoins (véridiques) comme Allah l'ordonne, fût-ce contre vous mêmes, contre vos père et mère ou proches parents. Qu'il s'agisse d'un riche ou d'un besogneux, Allah a priorité sur eux deux (Et Il est plus Connaisseur de leur intérêt que vous). Ne suivez donc pas les passions, afin de ne pas dévier de la justice. Si vous portez un faux témoignage ou si vous le refusez, [sachez qu'] Allah connaît parfaitement  ce que vous faites ». (Sourate Nisâ : 135).

 

PILLAGE ET CRIME

 

Par rapport aux autres Arabes ne faisant pas partie de son clan, le Bédouin est pratiquement sans sentiment. Le model de vie chez les Arabes de l’époque correspond au comportement nationaliste additionné à la loi du plus fort face à ceux qui n’était ni de sa famille, encore moins de sa tribu. Ses intérêts et ceux de sa tribu passaient avant tous. L’un d’eux en pleine ère islamique s’exprimait ainsi lors d’une invocation : « Seigneur ! Pardonne-moi, pardonne aussi à Mouhammad (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille ! En dehors de nous ne pardonne à personne d’autre ». (Boukhâri, T 8, Kitab Adab, chap 549, hadith 893 et avec de légers changements on a aussi Sunanu Abi Daoud, T4, Kitab Adab, p 549). Le déficit de moyen de survie dans le désert les poussait à des actes de pillage et à des exactions. Les Arabes n’avaient pas ce que les autres peuples avaient  Et pour obtenir certaines choses ils se lançaient dans des razzias et considéraient les victoires qu’ils remportaient comme signe de grandeur et de noblesse. Gustave Lebon, Pishin, p63

Les défis inter tribaux tournaient parfois en conflits sanglants. L’inimitié, les intrusions dans les pâturages et la convoitise du poste de chef étaient aussi génératrices de conflits à long terme tantôt entre deux tribus ou entre des familles au sein d’une même tribu pour le pouvoir. Lorsque l’aîné de la famille disparaissait, ses enfants et ses frères manifestaient tous le désir de prendre les rennes de la tribu. Un problème qui faisait régner une ambiance de discours apologiques pour se vanter d’une part, et des propos humiliants pour rabaisser l’adversaire d’autre part. On évoquait les récits héroïques du passé pour se donner le mérite et attisait ainsi les flammes de la haine et d’adversité. Bref tous les moyens étaient bons pour effacer l’autre.

Le règne de la barbarie et le manque de civilisation passaient pour être les causes des invasions non justifiées. Selon Ibn Khaldoun, les Bédouins étaient un peuple sauvage qui la terreur comme mœurs irréversible dans leurs coutumes. (Hassan Ibrahim Hassan, Pishin, T1, p 38).

Ils pouvaient facilement s’en prendre à une principauté pour obtenir des pierres dont ils avaient besoin pour construire leurs fourneaux. Ils détruisaient alors  des grands palais tout simplement pour avoir des pierres et les poteaux pour leurs tentes. Dépouiller autrui n’avait pas de règles pour eux et était fonction de leurs besoins. Ils s’en prenaient aisément à une caravane, massacrant tous ses membres s’il le fallait pour voler leurs camelotes. Le pillage était une source de revenu ordinaire pour les Bédouins. Après une attaque, ils emportaient les butins comme les chameaux et faisaient prisonniers les femmes et les enfants des victimes. Ils gardaient ainsi des personnes bouillonnant de vengeance au sein de leur clan. Dès la première occasion, ceux-ci se révoltaient et renversaient la vapeur. Lorsqu’ils ne trouvaient pas des gens à attaquer, les membres des clans d’une tribu s’affrontaient entre eux. Qâtami un, un poète de l’ère omeyyade déclare dans un poème : « Nous avons pour travail le pillage et les attaques sur nos voisins et nos ennemis. Et si nous ne trouvons personne en dehors d’un frère, nous l’attaquions ».

L’un des conflits historiques ayant atteint des proportions inimaginables à Médine fut le conflit entre les tribus Aos et Khazrajs. Cette atmosphère de tension permanente avait paralysé la vie des Arabes. Allah évoque dans le saint Coran cette situation inhumaine qu’Il a substituée par l’esprit de fraternité : « Et cramponnez-vous tous ensemble Au ‹Habl› (câble) d'Allah et ne soyez pas divisés. Rappelez-vous le bienfait d'Allah sur vous. Lorsque vous étiez ennemis les uns des autres, C'est Lui qui réconcilia vos cœurs, puis, pas son bienfait, vous êtes devenus frères, alors que vous étiez Au bord d'un abîme de Feu. C'est Lui qui vous en a sauvés. Ainsi, Allah vous montre ses signes afin que vous soyez bien guidés ». (sourate Ali Imrân : 103).

 

LES MOIS SACRES

 

Les seuls moments au cours desquels la paix régnait dans la péninsule étaient durant les mois sacrés de Zoul Qa’da, Zîhijja, Mouharram et Rajab. Ce moment de trêve est une tradition qu’ils observaient en la mémoire du prophète (ç) Abraham et son fils Ismaël. Une sorte de tradition sacrée qui s’enracine dans les enseignements d’Abraham et qui fermait chaque année le robinet de sang qui coulait dans le désert. (Sayyed Allamah Houssein Tabâtabâ’i dans TAfsir Al Mizâne, T9, p 272). Tous profitaient pour pratiques un peu de commerce et visiter la Ka’ba. Et si par mégarde un conflit explosait au cours de ces mois, on le considérait comme un sacrilège ou (« Harbul Fijâr »).

 

LA FEMME DANS LA SOCIETE ARABE

 

L’une des manifestations de l’obscurantisme et des superstitions de tradition chez les Arabes de l’époque avant l’islam est la condition de la femme. La femme n’avait pas de valeur humaine dans la société arabe. Sans droits ni considérations, la femme était comptée comme un bien proportionnellement équivalente à un cheval, un bijou ou un morceau de tissu. La présence de la femme et de la fille était un frein à l’honneur et à la primauté. (Sayyed Allamah Houssein Tabâtabâ’i dans Tafsir Al Mizâne, T2, p 267).

Les femmes n’avaient pas droit à l’héritage. Selon eux, ne pouvaient hériter que eux qui tiennent l »épée pour défendre la tribu (les garçons) (Abou Abbas Moubrad ; Al Kâmil fi lounga wa Adab, T1, p 393). Les femmes étaient des marchandises qu’on transférait çà et là par les liens de mariages ou pour la servitude (Kouleini, Al Kâfi, t6, p 406). Les chroniques historiques démontrent qu’après la mort de l’époux, son fils aîné pouvait s’il le désirait prendre pour épouse la femme de son père. Pour cela, il suffisait qu’il place une étoffe sur sa tête pour annuler son statut de belle-mère et faire d’elle en même temps son bien dont il pouvait disposer à sa guise. Soit il l’épousait sans la doter, soit il la donnait en mariage à quelqu’un et prenait la dot, soit il la gardait sans lui donner la permission de se marier jusqu’à la mort. Et une fois morte, il s’emparait de tous ses biens. Epouser la femme de son père était tout à fait normal et légitime. Le saint Coran est venu interdit cela. Les exégètes racontent que lorsque le fils d’un homme nommé Abou Qays ibn Aslat voulait se parier avec l’une des femme de son père décédé, Dieu fit descendre ce verset :  « Ô les croyants! Il ne vous est pas licite d'hériter des femmes contre leur gré. Ne les empêchez pas de se remarier dans le but de leur ravir une partie de ce que vous aviez donné, à moins qu'elles ne viennent à commettre un péché prouvé. Et comportez-vous convenablement envers elles. Si vous avez de l'aversion envers elles durant la vie commune, il se peut que vous ayez de l'aversion pour une chose où Allah a déposé un grand bien ». La polygamie sans limite était aussi de coutume dans la société arabe (Sayyed Allamah Houssein Tabâtabâ’i, Tafsir Al Mizane, t2, p 267).

 

LA TRAGEDIE DE LA FEMME

 

L’une des traditions les plus inhumaines était l’inhumation de leurs filles vivantes. Puisque la femme ne pouvait participer aux batailles dans cette société loin de la civilisation et défendre sa tribu, elle pouvait tomber entre les mains de l’ennemi après une guerre pour être utilisée comme pondeuse. S’il le fruit de l’accouchement est une fille, c’est un signe de déshonneur et doit disparaître à tout prix. Par manque de moyen de survie, ils fuyaient la misère en enterrant leurs filles vivantes afin de réduire le nombre de consommateurs sous leurs charges. (Safinatul Bahar de Sheikh Abbas Qoumi, t1, p197).

 Le saint Coran évoque cette pensée irrationnelle en ces termes : « Et lorsqu'on annonce à l'un d'eux (l’accouchement) d’une fille, son visage s'assombrit et une rage profonde [l'envahit]. Il se cachait des gens, à cause du malheur qu'on lui a annoncé. Doit-il la garder malgré la honte (et les moqueries) ou l'enfouir dans la terre? Combien est mauvais leur jugement! » (Sourate Nahl, 58-59).

La littérature arabe a eu le reflet de ce comportement. On disait par exemple à un homme qui venait d’avoir une fille : « Que Dieu te protège de la honte de sa naissance, te fournisse les moyens pour l’élever et fait de la tombe son foyer ». un poète clame : « Pour chaque père ayant une fille qu’il aime comme lui-même, il y existe trois sortes de gendres : une maison sous laquelle il peut la laisser, un homme qui peut la garder en la prenant pour épouse et une tombe qui peut la couvrir. Certes, le plus approprié est la tombe » (Aicha Abdou Rahmane bint Shâti ; Maosoû’a Ali Nabi, p435).

Un homme nommé Abou Hamza a eu de sérieux problèmes avec sa femme car celle avait mis au monde une fille. Il avait quitté le domicile pour aller se réfugier chez son voisin. Sa femme chantait ces vers lorsqu’elle berçait son petit bébé : « Que se passe-t-il pour que tu ne vient plus vers nous Abou Hamza, préférant habiter chez le voisin. Tu es fâché parce que je n’ai pas accouché d’un garçon. Par Dieu ! Je n’y suis pour rien. Nous recevons ce qu’on nous donne » (Al Bayân wa tabyîne de Jâhiz, p 127-128). Le message touchant des propos de cette femme est un cri de détresse contre ce système social : « La tragédie de la femme ».

La tribu Bani Tamîm est la première tribu qui a commencé à enterrer les filles vivantes. Parce que cette tribu ne voulait pas payer l’impôt à Nou’mâne ibn Mounzar, une guerre éclata et se solda par l’emprisonnement des filles et des femmes de Bani Tamîm. Lorsque les délégués de la tribu Tamîm se rendirent chez Nou’mâne pour libéré leurs prisonnières, ce dernier laissa aux femmes de choisir si elles voulaient rentrer chez eux ou rester. La fille de Qays ibn Asim, le chef de la tribu, qui était parmi les prisonnière et mariée avec l’une des soldats ne voulut rentrer chez eux. Qays ne pu supporter cela et décida tuer toutes ses filles. Il accomplit sa décision lugubre et donna le coup d’envoi. Tous ceux qui n’étaient pas fiers des personnes de sexe féminin de sa famille se permettaient de les ensevelir vivant sous terre. Les tribu telles que les Qays, les Asad, les Hazil et les Bakr ibn Wâ’il se lancèrent dans ce crime à sang froid. (Alous, id, t1, p324).

En fait, cette coutume n’avait pas une ampleur générale dans la société et n’était pas pratiquée par certaines personnes qui la condamnaient. Nous avons par exemple la noble tribu d’Abdou Moutallib le grand-père du noble prophète (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille. Des gens tels que Zayd ibn Oumar et Sa’sa ibn Nâhiya ont sauvé et adopté des filles des pères qui voulaient en découdre avec leurs progénitures filles pour fuir la pauvreté. (Alousi, id, t3, p45). Ils donnaient parfois des chameaux aux parents des filles condamnées à l’enterrement vif pour les rançonner. (Qisasul Arab de Mouhammad (ç) Abou Fadhl ibn Ibrahim, t2, p 31). Les témoignages historiques montrent que l’enterrement des filles vivantes se pratiquait chez les Arabes :

1- Sa’sa ibn Nâhiya déclare pendant l’époque islamique : « j’ai sauvé près de 280 fille d’un enterrement vif à l’époque de l’obscurantisme.

2- Qays ibn Asir avoue avoir tué douze ou treize de ses filles après l’événement que nous avons rapporté ci-dessus.

3- Lors de sa première rencontre avec les Médinois, le prophète (ç) déclara dans le célèbre discours de Ouqba insistait sur ce point que les Arabes devaient éviter d’enterrer leur fille vivantes.

4- L’une ces clauses de l’allégeance que le prophète (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille obtint des femmes de la Mecque après la conquête sous ordre divin fut l’interdiction de tuer leurs progénitures.

5- Le saint coran évoque cette situation dans plusieurs de ses passages. Ce qui montre que cet acte était une tragédie sociale : «Et ne tuez pas vos enfants par crainte de pauvreté. C'est Nous qui attribuons leur subsistance, tout comme à vous. Les tuer, C'est vraiment, un énorme pêché ». (Sourate Irsâ : 31)

 

«Et C'est Ainsi que leurs divinités ont enjolivé à beaucoup d'associateurs le meurtre de leurs enfants, afin de les ruiner et de travestir à leurs yeux leur religion. Or Si Allah voulait, ils ne le feraient pas. Laisse-les donc, Ainsi que ce qu'ils inventent ». (Sourate An’âm : 137

 

«Ils sont certes perdants, ceux qui ont, par sottise et ignorance tué leurs enfants, et ceux qui ont interdit ce qu'Allah leur a attribués de nourriture, inventant des mensonges contre Allah. Ils se sont égarés et ne sont point guidés ». (Sourate An’âm : 140)

 

« Dis: ‹Venez, Je vais réciter ce que votre Seigneur vous a interdit: ne Lui associez rien; et soyez bienfaisants envers vos père et mère. Ne tuez pas vos enfants pour cause de pauvreté. Nous vous nourrissons Tout comme eux. N'approchez pas des turpitudes ouvertement, ou en cachette. Ne tuez qu'en toute justice la vie qu'Allah a fait sacrée. Voilà ce qu’ [Allah] vous a recommandés de faire; Peut-être comprendrez-vous ». (Sourate An’âm : 151

 

« Et qu'on demandera à la fillette enterrée vivante. Pour quel péché elle a été tuée ». (Sourate Takwir : 8-9).   

 

 

CHAPITRE II

 

ATTRIBUTS ET MŒURS ARABES

 

ATTRIBUTS CONTRADICTOIRES

 

Malgré son caractère sauvage et aversif, on note quand même chez l’Arabe un certain sens de l’honneur, de l’hospitalité, de la magnanimité et de courage. Ils savaient respecter scrupuleusement leur engagement. Mourir était préférable pour un Arabe que de briser les promesses qu’il a faites dans un contrat avec autrui. Cette loyauté semble être le meilleur caractère notable chez les Arabes. Difficile à comprendre surtout lorsqu’on parle d’un peuple évoluant loin des civilisations dans une région aride. Ces même Bédouins qui vivent sous la loi de la jungle d’une part, et cultive le sens de la loyauté absolue d’autre part. De même il brûle de revanche, pour une cause insignifiante, de même il sait faire de preuve de bienséance lorsqu’il à une hôte sous sa tente. Le comportement qu’il affiche face à un sans abri ou à un exilé (peut importe s’il s’agit de son ennemi) qui demande refuge auprès de lui, est comparable à celui qui affiche face à un membre de sa famille. Le sens de l’héroïsme, l’esprit de gratitude à la limite de l’exagération, l’engagement dans le désir de participer à une vendetta pour la réparation d’une violation et le patriotisme exacerbé pour sa tribu son des caractères appréciables chez les Bédouins.

 

LES BASES DE NOBLE CARACTERES AU SEIN DES ARABES

 

Il est vrai que pour une petite intrusion dans leur pâturage ou leur point d’eau, les Bédouins se lançaient dans une guerre sanglante. Mais d’une par ils avaient clairement conscience de la rudesse du milieu naturel dans lequel ils vivaient et avaient compris que l’assistance mutuelle est le seul moyen pour se dresser à cet obstacle naturel. Ainsi ils paraissaient très réceptifs et accueillants envers les nécessiteux à qui ils donnaient avec joie l’hospitalité. Refuser l’hospitalité à quelqu’un de passage dans une région qui n’avait de salles d’accueil ni de point de repos pour les caravanes était un manque de moralité condamné par tous. Les poètes de cette époque équivalents à nos journalistes d’aujourd’hui faisaient les éloges de cet esprit d’hospitalité chez les Arabes à travers les vers.

Notons surtout que ce ses qualités observées parmi les Arabes (de même qu’on verra dans les enseignements de l’islam) ne partaient pas du sens de l’humanisme inné, mais plutôt d’un certain nombre de facteurs socioculturels propres à l’époque de l’obscurantisme tels que la vantardise et l’orgueil. Car le courage et la détermination pour vivre étaient  les seules choses nécessaires pour survivre dans cet environnement sans gouvernement. La quête de célébrité, la renommée, l’espoir d’accession au pouvoir ; la crainte des critiques des poètes, l’inquiétude face à  l’avarice sont entre autres les raisons pour lesquelles l’Arabe faisait preuve de gentillesse, d’assistance et de loyauté dans ses engagements. Ces attitudes servaient de propagande dans une région dominée par les conflits et les rivalités. On acquerrait la noblesse par ces qualités. Ne peut mieux comprendre cela que celui qui connaît l’histoire de l’islam.

 

IGNORANCE ET SUPERSTITIONS

 

Les Arabes du Hijâz qui vivaient beaucoup plus dans le désert manquaient de culture et de philosophie pour saisir certaines réalités de la vie. Ils ne comprenaient pas logiquement les causes de certains phénomènes naturels. L’analyse des rapports de cause à effet leur manquait. Lorsque quelqu’un tombait malade et gémissait par exemple, les siens lui recommandaient des médicaments pas trop précis pour soigner le malade. Tout ce qu’ils savaient du remède, c’est que les autres membres de la tribu s’en servent pour soigner leurs maux. Il pensait par exemple que le sang du chef était efficace pour guérir de la rage dont le chine est le vecteur.

Ils considéraient d’ailleurs la maladie comme un envoûtement provenant d’un esprit malsain qui se serait installé dans un corps. Ils s’efforçaient alors à l’enlever avec des séances d’exorcisme. Lorsque quelqu’un était atteint de démence on accrochait les déchets et les ossements du mort sur son cou pour guérir de la folie. Ils croyaient aussi en l’existence de l’ogre et du monstre. Selon eux, les monstres se manifestaient le plus souvent la nuit dans des endroits tranquilles ou se plaçaient sur la route des gens pour les effrayer. Si, lorsqu’ils traînaient le bétail à l’abreuvoir, la femelle ne buvait pas, ils croyaient que c’était à cause de la présence d’un démon sur les cornes du mâle empêchant la femelle de boire. Et pour déposséder le mâle de cet esprit, ils frappaient des coups sur le visage du pauvre bœuf. Tels sont les actes comiques auxquels les Bédouins se livraient.

Ils n’avaient aucun doute sur ces superstitions. Car pour eux l’analyse de moindre détail, des symptômes et des méthodes se soin particulier à la médecine n’avait pas de sens pour eux. Cependant on notait dans la littérature arabe une pensée qui laissait traduire le lien entre l’effet et la cause, malgré le manque l’esprit d’analyse et de méditation. Tout simplement parce que les superstitions les rendaient si aveugles qu’ils n’arrivaient pas comprendre la réalité des phénomènes. Il faut parcourir les livres d’histoire et de littérature pour réaliser la puissance des superstitions et des mythes dans les mœurs arabes avant l’islam.

 

LES ARABES, LA SCIENCE ET L’ART

 

Certains savants se sont battus pour prouver que les Bédouins avaient aussi un intérêt pour les sciences telles que la médecine, l’astrologie, la physiognomonie. Une aberration car leurs connaissances par rapport à ces sciences manquaient de cohérence et de règles. Ils avaient juste de bribes de connaissances résultant des perceptions et des conceptions captées des vieux et des vieilles de la tribu. On ne saurait qualifier de science ce genre de connaissances. Par exemple, leurs connaissances sur l’astrologie se résumaient en de simples astuces leur permettant à l’aurore comme au crépuscule de connaître le temps grâce à la présence momentanée de certains astres. Et pour ce qui est du charlatanisme médicale arabe, Ibn Khaldoun dit : « leurs expériences médicales étaient basées sur des de simples pratiques sur certaines personnes et se le transmettaient de génération en génération à travers les personnes du troisième âge. Des personnes trouvaient guérison pas par expertise ni respect des règles de la déontologie ». La médecine de Hârith ibn Kalda appartient à cette catégorie de connaissances.

 

UN PEUPLE ANALPHABETE

 

Selon les termes du saint Coran, les peuples Arabes sont connus pour leur manque d’instruction. C’est-à-dire que depuis leur naissance ils sont restés tel quel. Pour n’avoir jamais été à l’école, le Bédouin n’a aucune connaissance sur le livre, comme le signifie Belazouri : « Lors de l’avènement de l’islam, il n’y avait que sept personnes dans la tribu Qorayshites, onze personnes à Médine (entre les deux grandes tribus Aos et Khazraj qui savaient lire. Pourtant les Qorayshites entretenaient des activités nécessitant des registres pour les inventaires de leurs activités commerciales. Il est très surprenant qu’avec un tel niveau d’analphabétisme d’aucuns arrivent à dire que les Arabes manipulaient certaines sciences.

 

LA POESIE

 

La seule chose qui faisait la fierté des Arabes avant l’islam était leur engouement pour la poésie et la rhétorique dans l’éloquence. Le poète se définissait comme le griot, le sage, le journaliste et le messager de la tribu qui maîtrise bien les ascendances. On utilisait les vers poétique pour annoncer la guerre à une tribu. Les caravanes de littérature choisissaient surtout les marches pour les démonstrations. Les poètes rivalisaient dans leur génie pour se faire le mérite de meilleur poète. Objet de fierté pour la tribu qui se voyait distinguer par l’affichage des œuvres poétiques de leur champion sur la Ka’ba. « Les sept accrochés » sont les plus grands poèmes jamais produits dans la péninsule arabique. Il s’agit de sept poèmes les plus esthétiques qui sont restés longtemps accrochés à la Ka’ba. La beauté expressive de la poésie arabe n’avait rien avoir avec l’influence d’une quelconque civilisation ou la musicologie. Les thèmes et les sources d’inspiration de cette poésie provenaient beaucoup plus de l’amour, les boissons alcooliques, la femme, l’épopée et les sujets d’ordre tribaux. Elle tenait surtout sa beauté sur les mots et les expressions.

 

LES ARABES ET LES CIVILISATIONS VOISINANTES

 

Comment admettre que les Arabes soient entourés de deux grands empires civilisés comme l’Iran et la Rome et demeurés ainsi en arrière, alors qu’ils entretenaient des relations commerciales ensemble. Pour mieux comprendre cela, il faut rappeler que la situation géographique et le manque d’intérêt géopolitique digne de ce nom pour vouloir explorer une région désertique sont les raisons pour lesquels non seulement l’Arabe n’a pas été aussitôt colonisé, mais aussi n’a pas profiter des bienfaits de la civilisation.

Toutefois, les Arabes auraient profité de la civilisation à travers le commerce, les principautés vassales à l’Iran et Rome (Ghassan et Heirah) et la présence des Juifs et des Chrétiens. Certains chroniqueurs exagèrent sur le rôle de ces  facteurs dans la vie des Bédouins. Ils sont d’avis par exemple que les relations perse arabe et arabe romaine ont imprégner les Arabes de la civilisation de ces deux empires. Car au cours des voyages commerciaux qu’ils effectuaient, les Arabes ont pu comprendre à quel point les Iraniens et les Romains étaient émancipés et la grande différence qu’il y avait entre les eux et ces peuples. Tout comme on peut le remarquer dans les vestiges de la littérature de l’époque avant l’islam. Les contes et légendes iraniens et romains ont été colportés par les voyageurs et les commerçants iraniens. Cette littérature a eu des effets sur la vie des Arabes.

Le va et vient des personnalités du Hijâz entre ces deux pays n’a certes pas apporté quelque chose aux Arabes. La littérature persane et romaine arrivait à peine aux Arabes. Et quand bien même ils transmettaient quelque chose  des autres, on constatait qu’il y avait toujours des déficits. Certains proverbes de Souleymane et des récits romains et perses sont truffés de invraisemblance. Bref, les Arabes n’avaient pas une connaissance structurée à cause des facteurs tels que :

1-  Sa position géographique (les montagnes, les mers, les déserts) qui l’isolaient pratiquement de ses voisins.

2- Le grand écart existant entre le savoir vivre social arabe d’une part et les sociétés organisées de la Rome et de la Perse d’autre part.

3- le degré d’analphabétisme entre les arabes obligeait alors ceux qui avaient retenu quelque chose de contes et des proverbes perses et romains à user des méthodes moins contraignantes pour leur permettre de garder facilement à l’esprit les récits qu’on leur transmettait. Les Arabes n’ont pu garder des iraniens et des romains que quelques mœurs et du matériel.

La présence des Juifs à apporté un petit plus aux Arabes dans ce sens qu’après les invasion dont ils ont été victime après Moïse que la paix de Dieu soit dur lui, plus particulièrement la destruction de Jérusalem, les Juifs ont émigrés vers le Hijâz. C’est par ce moyen qu’ils ont connu des récits de la Thora. Des références montrent que les Juifs étaient plus avancés que les Arabes dans le domaine de la religion et la pensée. Même après l’islam, certains musulmans posaient des questions religieuses aux Juifs (Boukhari, Moutâbi’ul Sha’b, t9, p136, kitab i’tisâm bi kitâb wa sunna). Mais comme malheureusement les saintes écritures juives (et chrétiennes) ont subit de sérieuses modifications, la pensée des Arabes se limitait aussi à cette connaissance déviée. Ainsi, non seulement l’enseignement des Juifs ne leur a pas été profitable, mais aussi il les a encore plus dévié.

 

LES FAIBLESSES ET LE DEDAIN DES ARABES FACE A LA PERSE ET LA ROME ANTIQUE

 

Comme nous l’avons déjà souligné, les Bédouins vivaient en tribus éparpillées dans le désert, sans aucune forme de concentration politique. Une vie caractérisée par les attaques récurrentes, des conflits et des pillages. Ainsi, ils manquaient de force et de puissance pour faire face à d’autres puissances voisinant en cas de nécessité. Cloîtré dans le cercle tribale et occupé à paître ses chameaux, l’Arabe du Hijâz n’envisageait non seulement aucune conquête au-delà de ses limites géographiques, mais ressentait une grande faiblesse face à ses voisins dotés d’armées redoutables.

Un certain Qoutâdah, un Arabe d’origine, pense que les Arabes de cette époque était les plus déshonorés, misérables, perdus et affamés des peuples. Il affirme en effet : « ils étaient coincés entre deux lions, l’Iran et Rome contre qui ils vivaient en situation de phobie permanente » (Tarikhul Tabari, Jâmioul bayâne fi tafsir il Qur’an, t4, p25). Ceci confirme l’attitude des Arabes lorsque le noble prophète (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille les invitait à l’islam des années durant. Il eut des entretiens avec les notables Arabes, leur lut les versets coraniques concernant l’enseignement et la morale. Ils furent tous émus, si bien que chacun ne manqua pas à apprécier ce discours. Excepté Mousnâ ibn Hârisa qui dit : « Nous sommes entouré de deux étendue d’eau : d’un coté les eaux des côtes arabes, et de l’autre l’Iran et le golf persique. Le roi sassanide Chosroes a pris l’engagement de ne pas nous attaquer et nous de notre coté on a accepté ne pas donner asile à tout fugitif. Nous craignons que les royaumes autour de nous ne soient pas contents de savoir que nous avons répondu positivement à ton appel. On peut ignorer un danger qui peut nous atteindre, mais pas un danger de cette nature ».

 

GLOIRE FICTIVE

 

Les historiens parlent du dédain des Arabes en ces termes : « Bani Tamim fut frappé d’une terrible disette et l’empereur iranien Chosroes ne leur donnait jamais l’occasion d’exploiter les terres irriguées de la région d’Irak. Les Arabes furent obligés d’envoyer Hâjib ibn Zarâra négocier avec L’empereur pour avoir son agrément. Ce dernier leur dit : « vous autres les Arabes êtes des traites. Si nous vous autorisons à mettre en valeur cette région, vous allez soulever des émeutes et monter ce peuple contre moi afin de me faire chuter ». Hâjib réagit : « Je vous garanti que de pareille situation ne verront jour. Quelle garanti avez-vous, demanda Chosroes ? Je consigne mon arc près de toi, proposa Hâjib. Proposition qui fut acceptée. Il laissa son arc qui était pour lui un signe d’honneur et de courage. C’est ainsi qu’il réussit à obtenir l’autorisation d’exploitation des terres d’Irak entre les deux rivières. Après la mort de Hâjib, son fils Atâr récupéra l’arc de son père. Les Arabes de Bani Tamim s’inspirèrent de ce model de négociation pour traiter avec l’empire perse. Ce qu’ils considéraient donc comme un signe d’honneur et de fierté.

D’autre part, la tribu Shîbân avec la contribution des Ajali et des Yashkourâ avaient vaincu les Khousrou et les Parwizs lors de la guerre de « Zi Qâr ». Cette victoire paraissait pour eux comme un vrai motif de fierté et de gloire. Et même comme ils avaient gagné, ils les regardaient avec méfiance et avait toujours peur lorsqu’ils pensaient à eux. Les Arabes n’avaient pas le courage de considérer cette victoire comme la victoire des Arabes sur les non Arabes, mais plutôt comme un fait du hasard et une gloire pour trois tribus ayant combattu. Tellement ils se donnaient de zèle pour cette victoire que le poète Abou Tamâm se vantait dans ses poèmes sur l’honneur que l’empereur Chosroes fit en acceptant l’arc de Hijâb : « Si un jour un Tamîm vante la valeur de son arc et le considère comme motif de fierté et de grandeur, vos épées renverseront le pouvoir de ceux qui confisquèrent l’épée de Hâjib ».

 

L’EPOQUE DE L’OBSCURANTISME

 

On entend par époque de l’obscurantisme la période de la vie des Arabes avant la révélation islamique. Les Bédouins de cette époque sont désignés par « les ignorants. Cette qualification, selon les témoignages historiques, est inspirée du saint Coran car les musulmans l’employaient pour distinguer l’époque avant l’islam. Certains historiens contemporains situent ce temps entre cinquante et deux cents ans avant la suscitation du prophète (ç) Mouhammad (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille.

Quand bien même le terme « ignorent » dérive de l’ignorance, il n’est pas opposé ici à la science, mais plutôt à la maturité d’esprit et de discernement. C’est vrai que les Arabes d’avant étaient des analphabètes qui n’ont jamais été à l’école, sans science ni technique. Mais, si le saint Coran les considère comme des ignorants, c’est non seulement parce qu’ils ne savaient rien, mais en plus ils faisaient des choses irrationnelles. Ils étaient beaucoup plus guidés par les superstitions et certains comportements tels l’orgueil, la haine, la vantardise et l’esprit de revanche aveugle que l’islam est venu condamné après. Les Arabes étaient des gens qui servaient moins en moins de leur cerveau. L’emploie de ce terme dans le saint Coran a une telle connotation :

- L’espérance des gens du livre qui voulaient que le prophète (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille agisse selon leur désir est considérée comme de l’ignorance par ce verset : « Est-ce donc le jugement du temps de l'ignorance qu'ils cherchent? Qu'y a-t-il de meilleur qu'Allah, en matière de jugement pour des gens qui ont une foi ferme? » (Sourate Mâ’ida 5 :50)

- Allah pointe le fanatisme aveugle des Arabes comme une sorte d’ignorance : « quand ceux qui ont mécru eurent mis dans leurs coeurs la fureur, [la] fureur de l'ignorance... puis Allah fit descendre Sa quiétude sur son Messager Ainsi que sur les croyants, et les obligea à une parole de piété, dont ils étaient les plus dignes et les plus proches. Allah est Omniscient ». (Sourate Fath 48 : 26)

- Les femmes du prophète (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille ont été mises en garde contre le comportement de coutume à l’ »poque de l’ignorance : sourate 33 : 33

- Dieu dit des hypocrites qui eurent de doute sur l’islam qu’ils avaient des arrières pensées digne de l’époque de l’obscurantisme : « Puis Il fit descendre sur vous, après l'angoisse, la tranquillité, un sommeil qui enveloppa une partie d'entre vous, tandis qu'une autre partie était soucieuse pour elle-même et avait des pensées sur Allah non conformes à la vérité, des pensées dignes de l'époque de l'ignorance. - ils disaient: ‹Est-ce que nous avons une part dans cette affaire ?› Dis: ‹L'affaire toute entière est à Allah.› ce qu'ils ne te révèlent pas, ils le cachent en eux-mêmes: ‹Si nous avions eu un choix quelconque dans cette affaire, disent-ils, nous n'aurions pas été tués ici.› Dis: ‹Eussiez-vous été dans vos maisons, ceux pour qui la mort était décrétée seraient sortis pour l'endroit où la mort les attendait. Ceci afin qu'Allah éprouve ce que vous avez dans vos poitrines, et qu'Il purifie ce que vous avez dans vos coeurs. Et Allah connaît ce qu'il y a dans les cœurs ». (sourate 3 Ali Imrâne : 154)

- Allah relate l’histoire de Moussa lorsqu’il ordonna à son peuple d’égorger le bœuf en ces termes : « (Et rappelez-vous,) lorsque Moïse dit à son peuple: ‹Certes Allah vous ordonne d'immoler une vache›. Ils dirent: ‹Nous prends-tu en moquerie? › ‹Qu'Allah me garde d'être du nombre des ignorants› dit-il. (Sourate 2 Baqarah : 67)

Imam Ali ibn Abi Talib, le prince des croyants que la paix de Dieu soit dur lui parle aussi de cette sombre époque dans la vie des Bédouins du Hijâz dans la voie de l’éloquence en ces propos : « ils étaient ensevelis par l’ignorance et la barbarie » (la voie de l’éloquence, discours numéro 95)

 

 

CHAPITRE III

 

RELILGIONS ET DOCTRINE PREDOMINANTES DANS LA PENINSULE D’ARABIE ET SES ENVIRONS

 

Malgré le fait que les Arabes en grande partie étaient des idolâtres, ils étaient entourés des peuples aux croyances diverses : le christianisme, le judaïsme, le hanafisme (ou religion d’Abraham), le manichéisme et bien d’autres confréries du genre. Les Arabes ne suivaient pas une même religion, d’autant plus toutes celles qui existaient n’étaient pas exemptes de suspicions. Nous essayerons de présenter brièvement chacune de ces religions selon le critère de monothéisme et de polythéisme.

 

LES MONOTHEISTES

 

Les monothéistes ou suiveurs de la religion d’Abraham que la paix de Dieu soit dur lui sont des gens qu avaient foi en un Dieu (contrairement aux mécréants) et au jour du jugement. Une bonne partie de ces partisans tels que Waraqah ibn Naofal, Oubeidoullah ibn Jahsh, Ousmane ibn Houweiris, Zeid ibn Amr ibn Noufeil, Nâbeghah Ja’di (Qays ibn Abdoullah), Amiya ibn Abi Salat, Qoussa ibn Sâ’ida Iyâdi, Abou Qays Sarma ibn Abi Anas, Zouheir ibn Abi Soulma, Abou Amir Aos (Abdou Oumar ibn Saifi), Addâs (Ghoulâm Outba ibn Rabi’a, Râ’ib Shanî et Bouheirâ Râhib suivaient le christianisme. Plusieurs d’entre eux étaient des sages et des poètes célèbres.

 Leur appartenance au monothéisme résulte de la pureté de leur descendance et de leur ouverture d’esprit. Grâce à leur nature clairvoyante, ils avaient la conviction qu’un Créateur qui s’occupe de ce monde existe. D’où il était difficile pour eux de se livrer au culte des idoles. Le judaïsme et le christianisme n’arrivaient pas à apporter une solution aux problèmes des gens perturbés parce qu’ils avaient perdu leur crédibilité valeur avec le temps. Des personnes à la recherche de la vérité faisaient de longs voyages pour rencontrer les savants juifs et chrétiens afin discuter avec eux sur les signe du sceau des prophète (ç) attendu, mentionné dans leurs livres divins. Et comme ils n’arrivaient pas à obtenir les informations nécessaires, ils se contentaient de rester fidèles à ce qu’ils avaient entre les mains. Quand à savoir comment ils accomplissaient leurs devoirs religieux, aucune source de base n’est précise dessus.

Il est important de noter que les Hanafites, contrairement à la norme ne faisaient rein pour sortir les Arabes de l’idolâtrie vers le monothéisme. Chacun dans son coin ne s’occupait que de lui et de ceux qui lui étaient très proches, méditant et adorant Dieu sans penser à s’organiser avec les autres et former une communauté  organisée. C’est pour cette raison que les historiens ne parlent d’une quelconque communauté religieuse à l’époque. Ce qui justifie l’absence d’une religion avec une législation stable. Ils préféraient vivre loin du regroupement social afin de ne pas être souillés par les méfaits de l’idolâtrie. Une attitude qui leur paraissait convenable car pour eux leur peuple avait une croyance déviée. Pourtant ils auraient plutôt essayé de leur prêcher en partageant les connaissances qu’ils avaient avec eux. D’où leur attitude envers les autres étaient tout à fait ordinaire pour eux.

 

LE CHRISTIANISME

 

Le christianisme avait des adeptes dans certains coins de la péninsule arabique. Cette obédience pénétra l’Arabie à partir du Sud depuis l’Abyssine (actuel Ethiopie), le Nord par la Syrie (province sous influence de l’empire romain de l’Est) et enfin par la presqu’île de Sinaï. Cependant il ne s’était pas développé comme cela est le cas de nos jours. Les tribus telles que les Taghlib (une branche de la tribu Rabiyya) et les Ghassan et certains personnes de la tribu Qoudhâ’a sont celles qui embrassèrent le christianisme dans la péninsule arabique. Les célébrités comme Qays ibn Sâ’ida, Ounzala Tâ’i et Amiya ibn Salat passaient leur temps dans le désert om ils se livraient à des retraites spirituelles, loin des populations

 

LE CHRISTIANISME DANS LE YEMEN

 

Le christianisme pénétra le Yémen à partir du 4ème siècle après JC. Philip Hita - un chrétien - écrit : « le premier comité de missionnaires chrétiens qui foula les terre de l’Arabie par le Sud fut envoyé par l’empereur Constantin en 356 après JC, sous la direction de Théophilius Andous Arius. Cette mission entrait dans le cadre d’une compétition que les empereurs perse et romain se livraient pour le contrôle stratégique de certaines régions. Théophilius s’empressa de faire bâtir une église à Oman et deux autres dans Houmeira. Les populations de cette région embrassèrent ainsi le christianisme ». Les tribus Teiy, Mazhaj, Bahrâ, Salih, Tanoûkh, Ghassan et Lakhm pratiquaient le christianisme avant l’apparition de l’islam.

La ville de Nahrân était le plus grand centre du christianisme dans le Yémen. Nahrân était une cité bien Bâtie avec pour principale activité l’agriculture, l’artisanat et le commerce du cuir et des armes. Cette ville était située près d’une piste caravanière qui s’étendait jusqu’à Heireh. Le christianisme est resté la religion la plus populaire au Yémen jusqu’au jour où Zounawâs prit le pouvoir et commença à faire pression sur les adeptes du christianisme pour qu’ils abandonnent leur religion. Les chrétiens qui refusèrent et voulurent s’opposer au roi furent incinérés vifs. Le roi Zounawâs fut vaincu par l’armée du Négus d’Abyssine qui permit ainsi au christianisme de reprendre sa place dans le Yémen.

 

LE CHRISTIANISME DANS HEIREH

 

La ville de Heireh est l’une des cités qui était sous contrôle chrétien dans l’Est de la 3arabie. Le christianisme y a été implanté grâce aux prisonniers romains. L’empire perse depuis le règne de Harmaz 1er avait fait de cette zone composée de prisonniers romains une colonie. Une partie de ces prisonniers habitaient Heireh. Selon certains, ces prisonniers sont à l’origine de l’infiltration du christianisme dans Heireh. De toutes les façons les missionnaires chrétiens étaient présents et actifs dans Heireh. Ils se livraient à des missions évangéliques dans les marchés, parlant du jour de la résurrection, du paradis et de l’enfer. Une action qui porta des fruits, car même Hind l’épouse de Nou’mâne 5ème embrassa le christianisme, au point de construire un temple surnommé « temple de Hind ». Un temple qui a survécu jusqu’à l’époque de Tabari. Houzalah Tâ’i, Qays ibn Sâ’idah et Amiya ibn Salat (dont nous avons parlé plus haut)  sont ressortissants de Heireh.

Nou’mâne ibn Mounzar, le roi de Heireh, encouragea aussi Adî ibn Zayd à adhérer au christianisme. Le saint Coran parle du christianisme de long en large, évoquant leur croyance, leur insuffisance et la déviation dans laquelle ils sont tombés, notamment en divinisant Jésus. L’événement de challenge entre le prophète (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille et un groupe de prêtres chrétiens (de Nahrâne) s’ajoute aux autres versets coraniques et constituent une preuve de l’existence du christianisme dans la sous région. Si le christianisme n’a pas réellement apporté une solution aux problèmes des populations de cette époque, c’est parce qu’il avait été malheureusement altéré et dénué de sa vraie valeur.

 

LE JUDAISME

 

La présence du Judaïsme dans l’Arabie remonte des siècles avant l’islam. La plus importante  zone de concentration juive fut Médine. Ils étaient basés à Theimâ, Fadak et Kheibar et dans certains endroits de la cité. Les juifs de Médine se repartissent en trois groupes : Bani Nazir, Bani Qeinouqâh et Bani Qoureizah. En dehors de ses trois tribus, on rencontrait aussi  les tribus Aos et Khazraj qui trois siècles plutôt rejoignirent les Juifs en provenance de Yémen. Ces deux tribus étaient des idolâtres dont un petit nombre adhéra au judaïsme à cause de la présence juive dans les environs. Il est rapporté qu’un petit nombre de Juifs en provenance du Yémen et de Médine vivaient à Tâ’if en périphérie de la Mecque. Ils avaient comme principale activité le commerce. Les Juifs s’installaient en général dans les zones où l’agriculture, leur activité de base, était propice. En plus de l’agriculture, ils étaient aussi doués dans les techniques de fonte d’acier pour fabriquer les armes et la teinture. Les Juifs avaient des adeptes dans les tribus Hamîr, Kinâna, Hâris ibn Ka’b, Kounda, Ghassân et Jazâm.

 

LE JUDAISME AU YEMEN

 

Les Juifs s’adonnaient à l’enseignement de la Thora et de leur croyance dans les régions où ils s’installaient. Ils furent actifs au Yémén pendant un bon bout de temps car le roi Zounawâs avait adhéré au judaïsme et opprimait farouchement les chrétiens. Il fit du Judaïsme la religion d’Etat certains historiens pensent que Zounawâs n’avait adopté le judaïsme par amour pour cette idéologie, mais par pure patriotisme et nationalisme. Car les Chrétiens de Nahrân entretenaient de bons rapports avec l’Abyssine qui les assistait à tous les coups. Une situation qui les poussait à s’ingérer dans les affaires du Yémen et secouait les base du pouvoir yéménite. Raison pour laquelle Zounawâs choisit le judaïsme pour faire face aux Abyssiniens. La preuve en est qu’après le massacre des Chrétiens,  l’un s’enfuit vers Abyssine pour relater ce qui s’était passé et demander de l’aide. Aide qui fut accordée car le Négus déclara la guerre au roi Zounawâs qui fut vaincu en 525 après JC. Nahrâne demeura ainsi la capitale du christianisme dans le proche orient jusqu’à l’apparition de l’islam.

 

LE SABEISME

 

L’apparition de cette religion remonte à l’époque du règne de Tahmôuras. Le fondateur de cette religion est Bouzaf. Abou Reyhâne Birounî (360-440 hégire lunaire) après une brève description sur l’historique de cette religion déclare : « … Tout ce que nous savons d’eux est qu’ils croyaient en un Dieu unique exempte de moindre déficit et de mauvais attribut. Ils avaient la conviction que Dieu est omniprésent et ne commet pas d’injustice. Selon eux, la création et l’organisation du monde  étaient les œuvres de la sphère supérieure (le 9ème ciel). Pour eux, les cieux sont dotés de vie : le verbe, la vue et l’ouïe. Ils glorifiaient les lumières et croyaient à la puissance des étoiles et les relations qu’elles avaient avec les forces terriennes. Ils fabriquaient alors des statuettes à base de cela et les plaçaient dans leurs temples. C’est ainsi qu’ils placèrent la statue du soleil à Ba’labak, celle de la lune à Harrân et la statuettes de Vénus fut placée dans un village ».

La capitale du Sabéisme fut installée à Harrân. Cette religion étendit ses horizons jusqu’à Rome, la Grèce, Babylone et bien d’autres parties du monde. Le saint Coran évoque cette religion à trois reprises dans des passages : « Certes, ceux qui ont cru, ceux qui se sont judaïsés, les Nazaréens, et les Sabéens, quiconque d'entre eux a cru en Allah, Au Jour du jugement dernier et accompli de bonnes oeuvres, sera récompensé par son Seigneur; il n'éprouvera aucune crainte et il ne sera jamais affligé » (sourate 2 : 62) ; « Ceux qui ont cru, ceux qui se sont judaïsés, les Sabéens, et les Chrétiens, ceux Parmi eux qui croient en Allah, Au Jour du jugement dernier et qui accomplissent les bonnes oeuvres, pas de crainte sur eux, et ils ne seront point affligés ». (Sourate 5 : 69) ; « Certes, ceux qui ont cru, les Juifs, les Sabéens [ils adorateurs des étoiles], les Nazaréens, les Mages et ceux qui donnent à Allah des associés, Allah tranchera entre eux le Jour du jugement, car Allah est certes avisé de toute chose ». (Sourate 22 Hajj : 17). Cette religion a presque disparu et on ne trouve quelques uns de ses partisans que dans le Kurdistan et l’Iraq.

 

LE MANICHEISME

 

L’Iran fut le centre où nées le zoroastrisme, le Mazdéisme et le manichéisme. Quand à l’infiltration de ces religions dans le Hijâz, les avis sont partagés Certains historiens contemporains pensent que ces obédiences existaient depuis déjà dans l’Arabie. Mais les références historiques montrent que seul le manichéisme parvint à s’infiltrer dans le Hijâz Yakoubi dit en effet : « un groupe d’Arabes avaient adhéré au judaïsme, un autre au christianisme, un partie adopta le manichéisme, et un dernier groupe se constituait des Sanawi (croyance en la double divinité) ».

Même comme le manichéisme en soit signifie la négation de Dieu, certains savants estiment que les manichéens sont d’abord les suiveurs du manichéisme simplement, puis peut aussi être utilisés pour désigner tous ceux qui nient l’existence de Dieu, les mécréants et les athées. Donc chaque fois qu’il est question de manichéen dans les livres anciens, cela fait simplement allusion au adepte du manichéisme. Retenons que le manichéisme est une fusion entre le christianisme et le mazdéisme. Certains historiens ont prouvé que les Mazdéens existaient parmi les Qorayshites. Ils l’avaient copié des gens de Heireh. L’adoption de cette religion relève de sa double conception de divinité, car Heireh fut sous l’influence de l’Iran qui avait une religion à double conception.

 

LE CULTE DES ASTRES

 

Une bonne partie de la population d’Arabie, ainsi que certains peuples d’ailleurs se livraient au culte des astres tels que le soleil, la lune. Ils leur attribuaient des pouvoirs qui agissaient sur le destin des humains. Les tribus Khouzâ’a et Himyar, par exemple, adoraient Sirius et Procyon, des astres stables et lumineux. Abou Kabsha, un des aïeux du prophète (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille  adorait ses astres. Un groupe de la tribu Tay se livrait au culte de Pléiades. Le culte des cieux et des étoiles était si encré qu’on le remarquait dans la littérature, les mythes et les superstitions. Tout comme les Sabéens, certains Arabes idolâtres sanctifiaient le soleil et la lune.

Le saint Coran condamne le culte des étoiles, tout en insistant qu’elles sont des créatures limitées dans le temps et l’espace, crées par Dieu. Leur position dépend de la volonté divine à laquelle elles se prosternent humblement. Elles sont en fait des signes d’orientation et non des centres d’adoration. Les étoiles dans leur diversité traduisent la puissance absolue de Dieu sur l’univers : « Pour vous, Il a assujetti la nuit et le jour; le soleil et la lune. Et à Son ordre sont assujetties les étoiles. Voilà bien là des preuves pour des gens qui raisonnent ». (Sourate 16 : 12) ; « Parmi Ses merveilles, sont la nuit et le jour, le soleil et la lune: ne vous prosternez ni devant le soleil, ni devant la lune, mais prosternez-vous devant Allah qui les a créés, si C'est Lui que vous adorez ». (Sourate 41 : 37) ; « Et C'est Lui qui est le Seigneur de Sirius », (sourate 53 : 49).

 

LE CULTE DES DJINNS ET DES ANGES

 

En dehors des religions suscitées, les Arabes croyaient en la puissance divine des djinns et de anges. Abdoullah ibn Zab’ari, un notable mecquois affirme : « Nous adorons les anges, les Juifs Ouzeir, les chrétiens Jésus. Demandez à Mouhammad (ç) si avec tout cela nous irons en enfer ? ». (ibn Hishâm, tarikh nabawi, t1, p385. La tribu Malih, une branche de la tribu Khouzâ’a adorait les djinns. On raconte que les premiers adorateurs de djinns sont les Yéménites. Puis Bani Hanifa leur emboîta le pas. Dès lors, cette pratique se propageait peu à peu dans la société arabe. Certains exégètes, les adorateurs de djinns croyaient que Dieu s’est marié avec les djinns et que les anges sont les fruits de ce mariage. Dieu souligne ce culte et les croyances qui en découlent : « sourate 34 : 40-41). Sourate 6 : 100

Il est évident que cette question ne vise pas à obtenir une réponse sur un problème, car Dieu connaît toute chose. La question s’oriente plutôt dans un cadre où Dieu veut que les anges expriment la réalité afin de décourager les gens qui les adorent. Cette question montre que les anges ne sont pas d’accords que les hommes se livrent à leur culte, contrairement aux djinns qui en étaient d’accords. Car les djinns en général sont des créatures qui riment avec mal et sacrilège et les anges apportent toujours la lumière et la bénédiction. Lorsque la nuit tombait, certains Arabes traversaient une vallée en disant : « Nous cherchons protection contre le mal de Soufiyâne de cette région auprès du chef de la tribu ». Ils croyaient qu’en prononçant cette phrase, le grand djinn les protègerait du mal de Soufiyân. Ce passage coranique en la preuve : « sourate 72 : 6 ».

 

APPARITION DE LA CITE DE LA MECQUE

 

L’histoire de la genèse de la cité de la Mecque remonte à l’époque du prophète (ç) Abraham qui sous ordre divin avait envoyé son épouse Hagar et son fils Ismaël encore nouveau-né depuis la Syrie pour venir s’établir dans une région réputée par la rudesse de son climat chaud et sec. Après la découverte du puits de Zam-Zam grâce à la miséricorde divine, la tribu Jourhoum du Sud qui fuyait la sécheresse émigrant vers le Nord choisit s’implanter près de ce puits. Une fois devenu adulte, Ismaël se maria avec une fille de cette tribu. Abraham reçu la révélation d’aller aider son fils Ismaël à reconstruire la Ka’ba. Depuis la réhabilitation de cette maison, la ville de la Mecque connut un flux d’habitants et la descendance d’Ismaël se développa ainsi.

 

LA PERMANENCE DE LA RELIGION D’ABRAHAM

 

Adnân le plus grand ancêtre des Arabes Adnaniens (20ème aïeux du prophète (ç) Mouhammad (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille est de la descendance d’Ismaël. Ils habitaient la région du plateau dans le Hijâz et suivait la religion et la législation d’Abraham. Yakoubi dit en effet : « les Qorayshites en particulier, et les enfants d’Adnan en général pratiquait scrupuleusement la législation d’Abraham. Ils avaient foi en un seul Dieu, reconnaissaient illicite le mariage avec sa mère ou sa sœur, accomplissait les rites du hajj et de la Oumrâ, faisaient le bain rituel des morts, ainsi que d’autres préceptes entrant dans les préliminaires pour l’inhumation d’un mort. Cette législation demeura en vigueur jusqu’à l’arrivée de l’islam. Les dix traditions liées à la propreté corporelle, la diminution des cheveux étaient très pratiquées. La trêve au cours des  quatre mois sacrés était respectée. Et si une guerre éclatait, on la qualifiait de « guerre sacrilège ». Ainsi, le monothéisme était présent dans la vie des Arabes, jusqu’à ce que l’idolâtrie vienne souiller cette croyance et dévier les populations vers le culte des idoles.

 

APPARITION DU CULTE DES IDOLES PARMI LES ARABES

 

Les témoignages historiques à travers deux avis attribuent l’introduction de l’idolâtrie en Arabie.

A- Un homme nommé Amr ibn Louhay, chef de la tribu Khouzâ’a qui avait une puissance et une influence à la Mecque, avait fait un voyage sur la Syrie où il vit un groupe, « les Amâlaqah », adorer les statuettes. Lorsqu’il leur demanda pourquoi ils adoraient les statuettes, ils répondirent que grâce à la dévotion qu’ils leur vouaient, ils les assistaient et faisaient tomber la pluie. Il leur demanda de lui en offrir une. Ils lui donnèrent une nommée « Habl ». Une fois revenu à la Mecque, il le plaça dans la Ka’ba et invita les gens à l’adorer. En plus de ça, deux autres statuettes « Isâf et Nâ’ila furent installées près de la Ka’ba. Il fonda ainsi la base du culte des idoles au sein d’une population jadis monothéiste. Il est rapporté du noble prophète (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille : « Oumar ibn Louhay fut la première personne qui dévia les gens de la religion d’Ismaël vers l’idolâtrie. Présentement je le vois griller en enfer ».

B- Une autre version stipule : lorsque le nombre des enfants d’Ismaël s’accrut à la Mecque, ils furent obligés de se rendre dans d’autres villes pour trouver de quoi subvenir à leurs besoins. Et par affection et nostalgie, ils emportaient chacun avec eux une pierre de l’enceinte de la Ka’ba. Ils le plaçaient à un endroit spécial du coin où ils aménageaient et faisaient des circonspections autour. Peu à peu ce rituel perdit son originalité au profit de ces pierres qu’ils transformaient en idole à la longue. Et toute autre pierre qu’ils trouvaient devenait un centre de vénération exacerbée. Ils substituèrent ainsi la religion d’origine d’Abraham et d’Ismaël  qu’ils pratiquaient depuis par le culte des idoles futiles.

En plus de ces deux causes, des facteurs secondaires tels que l’ignorance, le désir de saisir tout par les sens, y compris Dieu, les hostilités, les défis tribaux, la soif du pouvoir et le suivisme aveugle des anciens sont entre autres des éléments qui ont favorisé le développement du culte des idoles chez les Arabes. Le nombre d’idoles s’accrut dans la Ka’ba et ses environs. Chaque maison avait une idole et les voyageurs prenaient soin d’avoir avec eux une petite amulette qu’ils prélassaient à tout bout de champ et recherchaient la bénédiction auprès d’elle. Près de 360 idoles ont été découverts dans la cité lors de la conquête de la Mecque.

 

EST-CE QUE LES IDOLATRES AVAIENT FOI EN L’EXISTENCE D’ALLAH ?

 

Les idolâtres ne niaient pas l’existence d’Allah, selon les références coraniques. Ils reconnaissaient Dieu comme le créateur des cieux, de la Terre et de tout l’univers. Cependant deux grandes erreurs les détournaient du chemin : une mauvaise connaissance sur Dieu et ses attributs. Ils pensaient par exemple que Dieu a un fils et une femme. Ils concevaient les anges comme les filles de Dieu. C’est-à-dire que Dieu aurait un corps physique peut se reproduire comme bien d’autres êtres vivants. Dieu réagit par ces versets coraniques à ce genre de conception : sourate 43 : 19 ; sourate53 : 27 ; sourate 21 : 26 sourate 6 :100-101 ; sourate 77 : 3 ;

Dieu demande aux mécréants comment Ils Lui attribuent des filles qu’eux même acceptent difficilement, considérant les garçons comme leur récompense ? Sourate 52 : 39 ; sourate ; sourate 37 : 149-150 ; sourate 53 : 19 et 23 ; sourate 43 : 16

Conformément à un commentaire, le rapport entre les djinns et Dieu serait issu de son mariage avec eux. Un mariage dont les anges en est les fruits.

La deuxième erreur est qu’ils considéraient les idoles comme des petits dieux et intercesseurs d’Allah auprès des gens. Ainsi, leur adoration permettait un rapprochement auprès d’Allah et de son agrément. Or l’adoration doit être exclusivement centrée vers Allah. D’autre part, ils pensaient quand même que les idoles ont un certains pouvoir malgré le fait qu’Allah soit le Créateur. Ils se disaient qu’ils avaient une influence dans la vie et le destin des humains, qu’ils pouvaient résoudre les problèmes. Or, l’islam conçoit à la fois Allah comme le Créateur et celui qui veille sur le fonctionnement de l’univers (unicité des actes), sourate 17 : 111 ; sourate 3 : 26.

Le saint Coran affirme que les idoles sont des objets inanimés qui ne perçoivent rien : sourate 10 : 18 ; sourate 39 ; 3 ; sourate 19 : 81 ; sourate 36 : 74. Le saint Coran dans plusieurs de ses passages traite de mécréants et d’associateurs ceux qui se livrent au culte des idoles inanimées, croyant qu’ils ont un rôle dans la gestion des dispositions de l’univers. Dieu es le créateur absolu de l’univers et n’a pas d’associé

 

SITUATION RELIGIEUSE ACCABLANTE

 

L’idolâtrie et ses multiples rites avaient réduit presqu’à néant la religion hanafite au fil du temps. Les rituels Abrahamiques comme le pèlerinage, le sacrifice avaient subit des innovations fondamentales au profit des pratiques idolâtres qui enfonçaient de plus en plus la société à un rythme incroyable. Des autres cercles de culte étaient construits autour de la Ka’ba pour rivaliser avec elle. Ils y accomplissaient les circonspections, offraient des dons de toute nature, priaient et immolaient des bêtes en leur honneur. Tout ce qui restait pour la Ka’ba était des sifflotements et des claquements de mains. Ils associaient le nom d’Allah avec les autres idoles lors de l’allégeance à la Ka’ba. Ainsi fut souillée la plus grande expression du monothéisme absolu, le pèlerinage d’Abraham. Les Aos et les Khazraj, au lieu de se raser à Minâ comme l’exige le rituel après le Hajj, préféraient aller se raser près de la mer sur la route du retour où se dressait l’idole Manât.

Les polythéistes, homme comme femme, se livraient complètement nus en groupe à des imprécations, offrant ainsi une scène humiliante pour l’homo sapiens. Les Qorayshites parfumaient leurs idoles installées près de la Ka’ba avec du musque et se prosternaient pour eux. Ils se regroupaient autour d’eux et faisaient leurs louanges. Malgré le fait que la trêve devait être observée pendant les quatre mois sacrés, certains s’amusaient à modifier expressément les noms des mois pour avoir le feu vert de pouvoir livrer une bataille ou un pillage planifié.

 

MUTATIONS FONDAMENTALES AVEC L’ARRIVEE DE L’ISLAM

 

L’apparition de l’islam est venue change la péninsule arabique dans tous les domaines. Une révolution totale qui apporté une nouvelle facette à la vie dans le Hijâs. Le prophète (ç) Mouhammad (ç) parvint à substituer au bout des années d’efforts le polythéisme, source de tous les malheurs des Arabes, par l’adoration d’un Dieu unique. Il réussit aussi à faire disparaître le tribalisme au profit d’une fraternité autour d’un même principe et d’une même cause. Le règne de la justice prit le dessus sur le fanatisme et la vengeance aveugle. L’islam a pu sortir la femme de sa piètre condition pour la hisser à la cime de ses droits. Bref, l’islam  a fait d’un peuple analphabète et sans éducation, une communauté émancipée et développée.

Le système communautaire prit la place du système tribal et clanique, réunissant ainsi les tribus éparpillées dans le désert autour d’un seul objectif, autour d’un gouvernement universel. L’islam a permis aux Arabes qui hier encore se sentaient faibles face à l’Iran et Rome, de paraître craint et respecter. Même les savants non musulmans ont affirmé que l’islam est une puissance à prendre au sérieux. L’avis de trois savants suffira pour éclaircir cette situation. En effet, le professeur Gustave Lebon, savant français déclare : « le plus grand miracle du prophète (ç) de l’islam demeure la capacité suicidaire avec laquelle il à pu réunir la caravane dispersée des Arabes dans le désert pour en faire une nation dotée d’un gouvernement structuré et d’une organisation qu’on a vu que dans des empires perses et romains jusqu’ici. Soumettre tout un tel peuple à une religion et à un guide… Il n’y a pas de doute que le messager de l’islam a fourni des efforts dont le résultat est sans précédent dans l’histoire des religions. Le judaïsme et le christianisme n’ont pas atteint ce niveau de triomphe en peu de temps. Les Arabes lui doivent beaucoup. S’il fallait qu’on attribue la valeur des personnes par leurs bonnes œuvres, Le prophète (ç) Mouhammad (ç) est le plus grand homme de l’histoire… Nous considérons cette grande religion dont il a été le messager et dont il appela vivement les gens comme un très grand bienfait pour les musulmans ». (Civilisation de l’islam, p128-130).

Thomas Karlay, un britannique écrit : « Par l’islam Dieu a guidé les Arabes de l’obscurantisme vers la lumière et fait revivre une communauté éteinte. Or, les Arabes depuis la genèse étaient une race sans identité qui vivait dans le désert. On n’entendait d’eux ni voix ni geste. Quand Dieu en envoyant le prophète (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille avec la lumière de la révélation transformait ainsi un peuple sans repère en une puissance redoutable, une étincelle en flamme. La lumière de l’islam a couvert tous les horizons et reliée le Nord au Sud, l’Est et l’Ouest du monde. La preuve en est qu’un siècle après son apparition, l’islam avait un pied en Inde et l’autre en Andalousie ».

Le professeur Will Durant déclare : « Il était inimaginable - même dans un rêve - qu’un siècle plus tard, un peuple sans abri arriverait à conquérir une grande partie de l’Asie, Rome, L’Iran, l’Egypte et presque toute l’Afrique du Nord au point d’aller planter ses frontières en Espagne. En réalité, ce mouvement qui prit base en Arabie avait à la fin couvert la moitié de la Méditerranée. Le rayonnement de l’islam est ‘un des plus important événement du Moyen-âge ».

 

LE DEVELOPPEMENT DE LA MECQUE

 

Comme nous l’avons souligné plus haut, les Bédouins vivaient en groupes éparpillés dans le désert avant l’islam. Et ce qui faisait foi de cités dans le Hijaz n’étaient en fait que des petits regroupements de quelques personnes, 6 ou 7% de toute la population selon certains historiens. Ces statistiques ne sont pas précises ; mais on peut retenir toutefois que la population des cités était inférieure au niveau espéré. La cité de la Mecque située à 83km de la mer rouge, au Sud du Hijâz, était la plus peuplée et le pôle d’attraction qui attirait les gens pour deux raisons :

A- Un carrefour pour les rendez-vous commerciaux : à cause de son relief caillouteux et de son climat chaud, la cité de la Mecque n’est pas un lieu indiqué pour les activités telles l’agriculture et l’industrie. Ce qui oblige ses habitants à s’exercer au commerce pour gagner le pain quotidien. Mais, leurs activités commerciales se pratiquaient dans les rayons limités de la Mecque car les commerçants étrangers ravitaillaient les distributeurs arabes qui à leur tour arrosaient les populations avec la marchandise. Jusqu’à ce que Hâshim, le bisaïeux du prophète (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille décide de signer un traité commercial avec le gouverneur syrien sous tutelle romaine pour la libéralisation de l’espace commercial de la Mecque. Il parvint aussi à un compromis avec les tribus situées sur l’itinéraire des caravanes afin qu’elles laissent circuler librement les convois de marchandises avec pour garanti le service de transport gratuit pour leurs produits vers la Mecque. Ses frères - Abdou Shams, Naofal et Moutallib - signèrent des chartes pareilles avec le Négus d’Abyssine, le Shah d’Iran et le roi de Yémen.

Après avoir obtenu des garantis sur la sécurité pour la circulation des caravanes, Hâshim lança une piste caravanière entre le Yémen et la Syrie avec la Mecque comme trait d’union et centre commercial entre les deux points. C’est ainsi que les Qorayshites amorcèrent le commerce extérieur. En plus des marchés saisonniers tels que Oukâz, Zoulmajâz, et Majânna, ils voyageaient aussi pour le Yémen et l’Abyssinie en hiver, en Syrie et à Gaza en été. Leurs camelotes se constituaient de parfums, de produits alimentaires, de tissus, de la soie, du cuir et autres choses provenant de l’Inde, de la chine et d’autres régions via le Yémen où ils les achetaient pour les acheminer dans les zones arides en suivant l’itinéraire passant par Hadhara Maot, les côtes de la mer rouge jusqu’à la Mecque, ensuite de là vers Gaza, Damas et les côtes de la mer méditerranée. Ils se ravitaillaient du blé, de l’huile, des olives, du bois et des produits de Syrie et suivaient la voie des côtes de la mer rouge (située environ à 70km de la Mecque) pour arriver en Abyssinie. C’est ainsi que les produits circulaient de région en région. Cette piste caravanière a fait de la cité de la Mecque un grand centre commercial attractif. La vie des habitants de la Mecque c’est ainsi vue améliorer. Dieu en souligne d’ailleurs dans une sourate du saint Coran : « A cause du pacte des Qoraysh, 2. de leur pacte [concernant] les voyages d'hiver et d'été. 3. qu'ils adorent donc le Seigneur de cette Maison (la Ka’ba). 4. qui les a nourris (et protégé) contre la faim et rassurés de la crainte! (Sourate Qoraysh : 1-4).

B- La présence de la Ka’ba : elle est l’un des facteurs de développement socio-économique de la Mecque car les Arabes de la région s’y rendent au moins deux fois l’an pour accomplir le pèlerinage. Les Qorayshites responsables des services de la Ka’ba s’occupaient des pèlerins,  prenant en charge les nécessités de premier ordre comme la fourniture d’eau et d’aliments. Les échanges commerciaux entre les pèlerins et les commerçants ont amélioré l’économie de la Mecque. La sainteté de la présence de la Ka’ba et la sécurité qu’elle octroie y est aussi pour quelque chose dans cet essor. En effet Dieu dit : « Et ils dirent: ‹Si nous suivons avec toi la bonne voie, on nous arrachera de notre terre›. - ne les avons-Nous pas établis dans une enceinte sacrée, sûre, vers laquelle des produits de toute sorte sont apportés comme attribution de Notre part? Mais la plupart d'entre eux ne savent pas » (Sourate  28Qasas : 57). Le prophète (ç) Abraham que la paix de Dieu soit dur lui fit cette invocation lorsqu’il s’apprêtait à laisser sa femme et son enfant près de la Ka’ba : « Ô notre Seigneur, J'ai établi une partie de ma descendance dans une vallée sans agriculture, près de Ta Maison sacrée [la Kaaba], - ò notre Seigneur - afin qu'ils accomplissent la Salat (la prière). Fais donc que se penchent vers eux les cœurs d'une partie des gens et nourris-les de fruits. Peut-être seront-ils reconnaissants? » (Sourate 14 Abraham : 37).  « Et quand Abraham supplia: ‹Ô mon Seigneur, fais de cette cité un lieu de sécurité, et fais attribution des fruits à ceux qui parmi ses habitants auront cru en Toi et au Jour du Jugement dernier›, le Seigneur dit: ‹Et quiconque n'y aura pas cru, alors Je Lui concéderai une courte jouissance [ici-bas], puis Je le contraindrai au châtiment du feu [dans l'au-delà]. Quelle mauvaise destination›! » (Sourate 2 Baqarah : 126).

 

LE COMMERCE DES QORAYSHITES ET LA DETENTIONS DES CLES DE LA KA’BA

 

Le commerce et la Ka’ba sont des facteurs qui ont accru la puissance des Qorayshites et de ma Mecque. Ils avaient à la fois en main le contrôle du commerce et des affaires de la Ka’ba. En effet, le rayonnement du commerce des Qorayshites a fait d’eux des riches assis sur des bien abondants. Certains avaient même des richesses au-delà de l’espérance. Il y en avait qui lançaient des caravanes estimables  à près de 30000 dinars. Certains notables Qorayshites étaient détenteurs de villégiature appréciable du point de vue climatique dans Tâ’if, avec des champs et chalets. Abbas ibn Abdou Mouttalib avait une vigne dans Tâ’if dont la production servait à la fabrication des boissons qui arrosaient la Mecque. Il était l’un des grands usuriers de la cité. Après la mort de son père Abdou Mouttalib, il l’enveloppa dans un linceul yéménite dont la valeur était estimée à près de mille grammes d’or (un signe de richesse et d’honneur pour ses enfants). On raconte que sa fille Hind avait affranchi en un jour 40 esclaves.

 Walid ibn Moughîra - un grand de la tribu Makhzoûm - avait de nombreuses richesses et d’enfants. Il faisait la une dans la cité. Et il fut mis en garde dans le saint Coran à cause de son excès de zèle. Le niveau de richesse d’Abdoullah ibn Joud’ân Theimi et les réceptions qu’il offrait sont rapportés dans les chroniques historiques. Des poètes passaient leur temps à chanter ses éloges pour avoir des pourboires. Un poète le qualifiait de César dans un poème lorsqu’il disait qu’il avait mis 1000 chameaux à la disposition de mille soldats et armé à ses frais cent autres engagés dans une bataille inter tribale. Ils vendait des esclaves et buvait de l’eau dans des verres en or. Lorsque le prophète (ç) s’apprêtait pour la bataille de Hounein, il prêta de Safwân Amiya cent cotes de mailles avec des armes.        

Par ailleurs, les Qorayshites, depuis l’époque de Qousâ (4ème aïeux du prophète (ç)) avaient pris des mains de Bani Khouzâ’a les différentes responsabilités relatives au pèlerinage et à la visite de la Mecque. Ils étaient dès lors chargés de la fourniture d’eau aux pèlerins (Siqâya), de leur nutrition (Rifâda), l’habillage de la Ka’ba (Sadâna) et de tout autre service concernant la Maison de Dieu (Amâra). Cette situation avait augmenté la notoriété des Qorayshites car en plus de cela, ils avaient en main d’autres charges sociales comme le porte-étendard, les rançons les indemnisations, le règlement des conflits et la diplomatie.

LA PUISSANCE ET L’INFLEUNCE DES QORAYSHITES

 

Grâce à l »économie et la religion, les Qorayshites, une pauvre petite du sud du Hijâz a acquis peu à peu une puissance extraordinaire et une noblesse sur toutes les autres tribus. Selon un historien contemporain, les Qorayshites avaient la supériorité dans beaucoup de domaines. On pouvait les comparer volontiers aux lévites juifs ou aux prêtres chrétiens. Particulièrement après l’événement de l’attaque des éléphants et la défaite d’Abraha, la tribu Qorayshite devint une grande force. Avec leur système de gestion, ils parvinrent à améliorer la façon de penser des Arabes qui les désignaient par les noms tels « les gens de Dieu », « les proches de Dieu » ou « les habitants de la Maison de Dieu ». Ce qui les permit de mieux implanter les bases de leur religion et de leur idéologie.

Un sentiment de puissance qui poussa certains épris de perversité et d’égoïsme à mettre sur pied certaines lois insensées qui donnaient par exemple des droits à un Qorayshite de prendre inconditionnellement les filles des autres tribus ou percevoir des taxes aux voyageurs et au pèlerins lors du Hajj et appelaient cela « le droit des Qorayshites ». Ils avaient le monopole des cérémonies du Hajj et obligeaient les pèlerins à se soumettre aux règles qu’ils fixaient. Le mouvement des pèlerins de Minâ devait se faire sous l’autorisation des Qorayshites.

De même, les Qorayshites obligeaient les pèlerins étrangers à acheter les vêtements du Hajj sous la menace de les faire faire les circonspections nus autour de la Ka’ba. Ou si jamais ils insistaient le faire avec leurs propres vêtements, ils devraient le jeter loin après. Une mesure drastique qui ne laissaient pas le choix aux visiteurs d’accomplir le rituel de Hajj qu’avec les habits achetés chez les Qorayshites. Les pèlerins n’avaient pas aussi le droit d’apporter avec eux leur propre nourriture et devaient forcement se nourrir selon les désirs gastronomiques de la Mecque (qu’ils doivent bien évidement acheter dans leurs stands). L’une des clauses de la lettre qu’imam Ali ibn Abi Talib lu lorsque le prophète (ç) le mandatât avec la sourate les Repentirs à la 9ème année de l’hégire fut l’interdiction de faire les Tawaf (circonspection autour de la Ka’ba) à poil.

En guise de conclusion, analyser la puissance économique et politique des Qorayshites nous permet de comprendre la portée des difficultés auxquelles le prophète (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille devait faire face. Le prophète (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille avait en face de lui un ennemi redoutable qui ne lui avait pas rendu la vie facile surtout pendant les années d’invitations à la Mecque. Sans aucune puissance apparente ni compagnons capables d’infiltrer le réseau qorayshite, le groupe des suiveurs du prophète (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille augmentait au pas de tortue à cause de la force de dissuasion et des menaces qui s’abattaient sur tout celui qui répondait favorablement à l’appel de l’islam.          

 

 

DEUXIEME SECTION

 

MOUHAMMAD (Ç) DE LA NAISSANCE A LA PROPHETIE

 

- CHAPITRE I L’ASCENDANCE DU PROPHETE

- CHAPITRE II L’ENFANCE DU PROPHETE MOUHAMMAD (Ç)

- CHAPITRE III LA JEUNESSE DU PROPHETE MOUHAMMAD (Ç)

 

Mouhammad (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille, le Prophète (ç) de l'Islam et le sceau des prophète (ç)s est un descendant de Banî Hâchim dont la lignée  remonte  directement jusqu’à Adnân, un descendant d'Ismaël que la paix de Dieu soit dur lui, le fils d'Ibrahim (Abraham) que la paix de Dieu soit dur lui : Mohammad ibn Abdoullah ibn Abdoul Moutallib, ibn Hâchim, ibn Abdou Manâf, ibn Qouçay, ibn Kilab; ibn Morrah, ibn Ka`b, ibn Lou'ay, Ibn Ghâlib, ibn Fihr (Qouraysh), ibn Mâlik, ibn Nazâr, ibn Kinânah, ibn Khazima, ibn Modrika, ibn Ilyâs, ibn Modhar, ibn Nazâr, ibn Ma'd, ibn Adnân. Toutefois la composition des noms des ancêtres du prophète (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille jusqu’à Ismaïl fait l’objet d’une divergence des historiens. Mais, comme pour trancher ces contradictions, il a été rapporté du noble prophète (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille de s’arrêter à Adnân dans l’énumération de ses ascendants et éviter d’aller au-delà. Quiconque s’aventure trop à vouloir établir la généalogie du prophète (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille de Adnân jusqu’à Ismaël serait un imposteur.

Tenant en considération la division des Arabes en deux groupes, les Qahtâni et les Adnâni, les Hâchimites sont connus comme les ismaîlites pur-sang. Kinânah est de sa descendance et il est le 7è descendant directe de Adnân, lequel est un descendant d'Ismaël que la paix de Dieu soit dur lui, le fils du grand prophète (ç) Ibrahim que la paix de Dieu soit dur lui. Fihr, le grand petit-fils de Kinânah, était aussi désigné sous le surnom de Qoraysh. Il est le 20ème aïeux du prophète (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille. La postérité de Qouraysh (Fihr) avait donné naissance à une vingtaine de clans environ dont tous les membres se faisaient appeler Qorayshites ou tout simplement Qouraych. La tribu Qorayshite comprenait les clans tels que Bani Makhzoûm, Bani Zouhrah, Bani Sahm, Bani Asad… Pour faciliter la distinction d'une famille ou d'un clan des autres, chaque clan portait le nom de son chef distingué, bien qu'ils soient tous, individuellement et collectivement, des Qourayshites. Ainsi, les descendants de Hâchim (un Qourayshite de marque), s'appellent les Banî Hâchim, de même que ceux de Oummayyah (le fils du frère jumeau de Hâchim) s'appellent Banî Oumayyah.

 

ABDOUL MOUTALLIB

 

Abdoul Moutallib, le 1er grand-père du noble prophète (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille est son seul ancêtre sur qui on a plus d’informations parce qu’il est plus proche de l’époque islamique. C’était un homme généreux, sage et toujours souriant. Il était le soutien incontesté des Qorayshites. Comme bien d’autres figures emblématiques des privilégiés de Dieu, il avait un comportement contraire à celui en vogue dans la société dans laquelle il vivait. Malgré la durée de son âge, il ne s’est jamais laissé embobiner par les fléaux de la Mecque. Les Mecquois de l’époque ne croyaient presque pas en Dieu et en la résurrection. Mais, Abdoul Moutallib avait non seulement foi en la résurrection, mais aussi à la rétribution et au châtiment. Il affirmait qu’après ce monde il existe un autre monde dans lequel les bienfaiteurs seront récompensés et les pervers punis.

Abdoul Moutallib n’avait pas ce comportement des Arabes qui privilégiaient le favoritisme tribal à la justice. Il éduquait ses enfants au noble caractère et les mettait en garde contre les actes injustes. Abdoul Moutallib avait initié des traditions dont la grande partie  approuvée par l’islam est restée invariable. L’interdiction de la consommation d’alcool, de la fornication, de la punition réservée aux fornicateurs et aux adultérins, couper la main des voleurs, exiler les femmes perverses de la Mecque, prohibition de l’inhumation vivante des filles, des mariages avec les gens dont il est illicite de le faire, circonspection nu autour de la Ka’ba, obligation du respect d’engagement, respect des mois sacrés et les défi. Une tradition affirme que Abdoul Moutallib était la preuve divine sur terre et que Abou Talib était son successeur.

Parmi les événements les plus significatifs dans la vie de Abdoul Moutallib, futur grand-père du Prophète (ç) (que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille), et pour les Mecquois, on recense l'événement dit de l'Eléphant. Abdoul Moutallib , était chargé du service de la Ka’ba et de son entretien. Pendant la période du pèlerinage, il s’occupait entre autres du transport de l'eau nécessaire pour étancher la soif des pèlerins. Il était officiellement le chargé de bien d’autres fonctions relatives à la Maison Sacrée. Jaloux du succès de la Ka’ba et du nombre des visiteurs qu’elle attirait chaque année (et continue d’attirer d’ailleurs), Abrahah gouverneur chrétien d’Ethiopie décida de construire en Abyssinie un luxurieux temple pour rivaliser avec la Ka’ba. Malgré la valeur inestimable du coup de construction de ce temple par rapport à la Ka’ba, les gens préféraient toujours se rendre en pèlerinage à la Mecque. Abrahah décida de se rendre en Arabie pour détruire la Ka’ba et d'y ériger un sanctuaire à son goût afin de détourner les pèlerins arabes de la Ka’ba. En ces temps, la période du pèlerinage chez les Arabes s'accompagnait en effet de nombreux échanges commerciaux et de nombreuses manifestations culturelles. Avoir sous son contrôle cette rencontre annuelle représentait une véritable source d'enrichissement vue le nombre de gens que les cérémonies du Hajj engragait. Les conspirations d'Abrahah, ne réussirent pas à détourner les Arabes de la Ka’ba, dont le caractère divin est plus significatif aux yeux des Arabes. Elle a toujours été considérée à travers le temps comme un sanctuaire sacré réhabilité par Abraham que la paix de Dieu soit dur lui et son fils Ismaël que la paix de Dieu soit dur lui. Son histoire s'enracine, bien avant Abraham dans l'histoire des prophète (ç)s envoyés par Dieu. On comprend alors que le temple flambant neuf construit par Abrahah pour rivaliser la Ka’ba n’eut fait le poids devant celle-ci.

Afin de réaliser ses desseins, Abrahah décida d'employer la force pour obliger les Arabes à abandonner la Mecque et faire leur pèlerinage dans le nouveau sanctuaire (au Sud de l'Arabie, du côté du Yémen). Il rassembla ses innombrables troupes (grâce auxquels il avait conquis le Yémen sous contrôle juif), accompagnés de ses éléphants d'Ethiopie et se dirigea droit vers la Mecque pour détruire la Maison Sacrée. Les protestations des tribus arabes n'avaient aucun effet face à la détermination et la puissance de l’armée d'Abrahah. Abrahah jeta une terreur phobique dans l’esprit des Mecquois au courant de l’avancée imposante d’une armée sur eux. Leur propre impuissance les désespérait à amorcer la moindre négociation...

Un seul homme resta indifférent face à ce mouvement : Abdoul Moutallib ibn Hâshim. Il demanda à rencontrer Abrahah en personne, dans son camp et au milieu de sa cour et de ses gardes. Au premier abord, la personnalité de Abdou Moutallib força le respect d'Abrahah. Il l'interrogea sur l'objet de cet entretien, et, Abdou Moutallib de lui demander de lui restituer son troupeau de chameaux ravis par l'armée d'Abrahah ! Abrahah lui dit alors :

« - Je croyais que tu venais discuter d'une affaire plus importante que ça. Une affaire en rapport avec votre temple que j'ai l'intention de détruire ».

Abdoul Moutallib lui dit : « -Je t'ai parlé de mes chameaux car j'en suis le maître. Quant au Sanctuaire, sache qu'il a un Seigneur et que ce Seigneur le protégera... ».

Le tyran orgueilleux répliqua : « -Il ne le protégera pas de moi ! ».

L'ordre fut donné et les assaillants se dirigèrent vers la Mecque précédés par les groupes éléphantins. Tout à coup, le grand éléphant qui servait de meneur à tout le troupeau s'arrêta. On avait beau le forcer à marcher vers la Ka’ba, il ne bougeait plus. Dès qu'on le détournait du Sanctuaire, il se relevait. Aussitôt qu'on l'orientait vers la Ka’ba, il refusait miraculeusement de marcher... Face à ce contretemps, Abrahah ordonna d'attaquer sans les éléphants. C'est alors que le temps changea soudain. Le ciel s’assombrit tout à coup et laissa apparaître une nuée d'oiseaux. Ces oiseaux lapidèrent les agresseurs avec des milliers de petites pierres et eurent raison des troupes d'Abrahah sang gène ! Abrahah, quant à lui, fut victime d'une douloureuse maladie qui lui dévora le corps jusqu'à la moelle épinière...

Cet événement est narré dans le saint Coran : « N'as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les gens de l'Eléphant. N'a-t-Il pas rendu leur ruse complètement vaine ? Et envoyé sur eux des oiseaux par volées qui leur lançaient des pierres d'argile ? Et Il les a réduit à une chose  semblable à de la paille mâchée ». (Sourate l'Eléphant 105).

Il est convenable de noter toutefois que l’événement de l'Eléphant eut lieu pendant l'année de naissance du Prophète (ç) (50 ou 55 jours avant selon certains historiens). Les traditions les plus sûres à ce sujet précise même que cet incident eut lieu le jour même de la naissance du Prophète (ç) Mohammad (que les salutations de Dieu et Ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille). Cet incident ne fut que la première percée de lumière dans ce monde d'obscurantisme et de paganisme que représentait l’Arabie dans son ensemble.

 

LA FAMILLE DU MONOTHEISME

 

La famille du prophète (ç) Mouhammad (ç) est connue comme le bastion du monothéisme abrahamique. Et selon les convictions de l’ensemble des savants chi’ites, les ascendants du prophète (ç) (ç), de son grand-père Abdoul Moutallib jusqu’à Adam, sont tous des monothéistes croyant en un seul Dieu unique. Il n’y avait pas d’idolâtre parmi eux. Beaucoup de versets et de hadiths l’ont prouvé d’une manière ou d’une autre. Il a été transmis du prophète (ç) (ç) que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille : « Allah nous a consécutivement gardé dans les entrailles des hommes et des femmes purs jusqu’à ce que nous soyons transférés dans votre monde. Je n’ai jamais été souillé des fléaux de l’époque de l’ignorance. Nous savons qu’il n’y a rien de pire que d’associer Dieu à quoi et à qui que ce soit. S’il existait des associateurs parmi mes ancêtres, on ne parlerait jamais de descendance purifiée. Les savants chi’ites son aussi d’avis que Abou Talib et Amina bint Wahab étaient des monothéistes. Imam Ali (que la paix de Dieu soit sur lui) dit en effet : « Je jure par Dieu que mon père, mes grands parents Abdoul Moutallib, Hâchim, Abdou Manâf n’ont pas adoré d’idole. Il étaient fidèles à la religion apportée par Abraham (ç) et priaient en s’orientant vers la Ka’ba ».

'Abdoul Moutallib, grand-père du Prophète (ç) (que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille), avait mis au monde 10 fils :

Abbâs, Hamza, Abdoullâh, qui est le père du Prophète (ç) (ç), Abou Tâlib, Al Zoubayr, Hârith, Hajla, Mouqqawim, Dirâr et Abou Lahab. Ses filles sont au nombres de 6 : Oum Al-Hakîm, aussi appelée Al Baydâ ; Barrah, Atikah, Safiya, Arwa et Oumaima. D'autre part vivait à la Mecque une femme nommée Âmina Bent Wahb ibn Abdou Manaf ibn Zahra ibn Kilab, une femme Qorayshite. Elle était considérée comme la meilleure des femmes Qorayshites de part sa généalogie et son rang social. C'est à cette femme que Abdoul Moutallib, le grand-père du Prophète (ç) (que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille) choisit de marier son fils 'Abdoullah. Contrairement à la majorité des Qouraychs, leur union fut légitime, car celle-ci se fit sous la présence de témoins et tuteurs. Or, on a conservé plusieurs poèmes d'Âmina (Ibn Sa'd, I/I, p.62 ; Balâdhuri, I, § 159 ; Ibn-Habîb, Munammaq p 422, etc.), et aussi d'autres parentes (Ibn Hicham, p 108-111.) de la famille de 'Abdoul Mouttalib. Ce qui montre que le niveau intellectuel dans cette famille était assez élevé, même parmi les femmes.

 

 

CHAPITRE II

 

L’ENFANCE DU PROPHETE MOUHAMMAD (Ç)

 

LA NAISSANCE

 

Les Arabes de l’époque de l’ignorance n’avait pas de calendrier pour situer leurs événements historiques. Ils se  servaient des repères événementiels importants tels que la mort d’une grande personnalité, une guerre sanguinaire entre deux tribus pour situer les événements. Chaque tribu se basait sur un événement qui s’est produit dans leur cercle pour situer les choses. Le récit d’Abrahah que nous avons évoqué plus haut fut un événement si important pour tous les Arabes qu’il ne manqua pas d’attirer l’attention des poètes. Cette année fut nommée durant une longue période comme « l’année de l’éléphant ». le prophète (ç)  (que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille) est naît cette année même. Si on tient compte de certains facteurs historiques importants comme l’hégire en 622 après JC ou le décès du messager en 632 ap JC et l’âge qu’il avait à la mort (60 ou 63 ans), la naissance du prophète (ç) peut être située entre 569 et 570 après JC. Ibn Ishâq privilégie l'opinion selon laquelle, la naissance du prophète (ç) (que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille) eut lieu après douze nuits écoulées du mois de Rabî' Al-Awwal de l'An de l'Eléphant. Ibn Abî Shayba relate cette opinion selon Jâbir et Ibn 'Abbâs et d'autres.

Une source relate l’histoire de la révélation  en ces propos : « Abdoul Moutallib était en voyage commercial en Syrie, accompagné de trois hommes. C'est alors qu'ils rencontrèrent en chemin un rabbin qui leur demanda de quelle région ils venaient. Quand il su que ces hommes venaient de la Mecque, il leur répondit que de leur cité sera suscité un prophète (ç), le dernier, et qui s'appellera Mouhammad (ç) (ç). Les trois voyageurs de retour à la Mecque décidèrent de donner le nom de Mouhammad (ç) à leur futur nouveau-né mâle, tous en espérant que ce prophète (ç) soit de leur progéniture. Abdoul Moutallib agit ainsi pour son petit-fils, le Prophète (ç) (que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille) qui venait de naître de la veuve de son fils Abdoullah..

Quand Amina portait la grossesse du Prophète (ç) (que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille),  un ange vint lui dire : « Tu viens d'engendrer le meilleur des créatures de cette communauté. Quand tu le mettras au monde, dis : "Je prie Dieu l'Unique de le protéger contre tout envieux. Le signe qui confirme ce que je dis est que sa naissance sera accompagnée d'une lumière qui éclairera les palais en Syrie. Appelle-le alors Mouhammad (ç) (que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille), le loué, car dans la Thora il est appelé Ahmed. Il sera loué par ceux qui sont dans les cieux et sur la Terre". Lorsque le prophète (ç) (ç) fut interrogé plus tard sur sa personne,  il répondit : « Je suis l'accomplissement du vœu formulé par mon père Ibrahim (que la paix de Dieu soit dur lui), la bonne nouvelle annoncée par Issah (que la paix de Dieu soit dur lui). Et ma mère vit, quand elle me porta, jaillir d'elle une lumière par laquelle lui étaient illuminés les palais de Syrie ».

Contrairement aux autres femmes, Amina ne sentait rien des douleurs qui accompagnent généralement les femmes au cours de leurs grossesses. C'est ainsi qu'elle n'était nullement affaiblie. Le Prophète (ç) (que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille) naquit en s'appuyant sur ses mains, la tête levée vers le ciel. Aussi, il était circoncis à la naissance et son cordon ombilical déjà coupé. Notons qu'à sa naissance, le messager de Dieu était orphelin de père car celui-ci tomba malade lors d'un voyage en Syrie, suite de quoi il décéda à Médine chez ses oncles. Cet événement eut lieu quelques semaines avant que le prophète (ç) (que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille) ne naisse.

En Perse, le feu sacré qu'adoraient les Rois Mages s'éteignit. Ce qui ne s'était pas produit depuis 1000 ans. Des églises s'écroulèrent autour du lac Sawa. A Médine, Hassan Ibn Tâbit (qui sera plus tard le poète du prophète (ç) (que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille), raconte : "J'étais dans la région où se trouvaient les Juifs (à Médine), et 1’un des Rabbins est monté sur un mur et s'est écrié : « Ô communauté de Juifs ! Aujourd'hui est apparue l'étoile de Ahmed ! ». Les Juifs avaient en effet l'habitude de scruter le ciel, car ils étaient très biens informés par les livres saints de la naissance prochaine d'un prophète (ç). Ils savaient que l’apparition d’une étoile dans le ciel fait partie des signes marquant sa naissance.

 

L’ENFANCE DE MOUHAMMAD (Ç) ET SON ALLAITEMENT

 

Comme nous l’avons signifié, le père du prophète (ç) (que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille) est mort à Médine du retour d’un voyage commercial en Syrie alors qu’il n’avait que deux mois dans le ventre de sa mère. Le saint Coran évoque cette étape de la vie orpheline du sceau des prophète (ç)s en ces termes : «Ne t'a-t-Il pas trouvé orphelin? Alors Il t'a accueilli! Ne t'a-t-Il pas trouvé errant? Alors il t'a guidé. Ne t'a-t-Il pas trouvé pauvre et Il t'a enrichi ». (Sourate 93 : 6-8). Le nouveau-né d’Amina n’a pris de tétée d’elle que quelques jours seulement. Ensuite, il fut confié à Souwaibah, la captive affranchie de son oncle Abou Lahab. Ceci eut lieu pendant la période où elle allaita son propre fils, Masrouh. Elle avait auparavant allaité Hamzah Ibn Abdoul Moutallib, qui est donc par conséquent le frère de lait du prophète (ç) (ç), et ensuite Abou Salamah Ibn Abdou Asad Makhzûmi.

Les Arabes sédentaires avaient pour coutume de confier leurs enfants à des nourrices bédouines qui vivaient dans le désert à l'extérieur de la cité. Celles-ci les emmenaient chez elles et s’en occupaient jusqu'à un certain âge.  Plusieurs raisons expliquent cette pratique dans l’éducation des enfants :

- pendant le pèlerinage, les gens affluaient de différentes régions, charriant ainsi avec eux leurs cultures. D'où le mélange de différentes langues. Ce qui pouvait ainsi entacher la langue arabe de leurs enfants. En effet, les Arabes attachaient beaucoup d'importance à la richesse et la pureté de leur langue. Ils voulaient donc que cette éloquence soit préservée au fil du temps. Et le seul moyen d’y arriver était l’isolement des enfants de cette atmosphère de commerce et de négoce. D'ailleurs, le Prophète (ç) (ç)  exprima un jour sa fierté du fait de la noblesse de sa souche, en disant : « je suis le plus éloquent d’entre vous en arabe. En plus du fait que  je sois Qorayshite, j’ai été allaité chez Bani Sa’d ibn Bakr où j’ai grandi ».

- D'autre part, les Qorayshites, attendaient de ces pratiques l'acquisition d'un courage intrépide par leurs enfants, du fait de la difficulté de vie en dehors de la Mecque.

- Aussi, de nombreuses maladies comme le choléra étaient présentes dans les métropoles (si on peu les appeler ainsi) et il était plus prudent de les en écarter durant les premiers moments de leur vie.

Une délégation de la tribu de Sa'd Ibn Bakr, division des Hawâzinites, se rendit alors à la Mecque pour trouver des enfants à élever. Alima Sa’dia, future nourrice de Mouhammad (ç) faisait partie du groupe. C’était une pauvre. Et à cause de sa monture chétive et fatiguée, elle arriva à la Mecque tard par rapport aux autres qui avaient déjà choisi les enfants. Elle ne put trouver un enfant de riche. Par ailleurs, personne n'avait voulu prendre Mouhammad (ç) parce qu’il était non seulement orphelin mais appartenait à une famille pas trop riche. Les nourrices cherchaient évidemment les enfants dont les parents étaient riches. Ne voulant pas rentrer bredouille, elle se résolut alors à prendre le petit enfant dont elle ne regrettera jamais la garde...

La vie chez une nourrice nomade ne pouvait être que très simple. La tribu passait les différentes saisons en divers endroits, au rythme des troupeaux que les enfants surveillaient toute la journée dans les pâturages, et jouaient ensemble. Les femmes ramassaient du bois pour la cuisine, entretenaient leurs foyers, et meublaient leur loisir à filer. On se contentait quelquefois de dattes et de lait comme pitance. Parfois, on mangeait des légumes, et quelques fois de la viande. Lors des foires ou des visites à la Mecque, ils savouraient occasionnellement quelques friandises. Des razzias et des guerres entre les tribus étaient des choses courantes. Mais, les sources historiques n'en mentionnent aucune concernant la tribu de la nourrice du noble prophète (ç). Le jeune Mouhammad (ç) (que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille) se comportait comme tous les autres enfants. On rapporte qu'un jour, pour une raison que les narrateurs ne mentionnent pas, il mordit l'épaule de sa sœur de lait avec une telle vigueur que la trace resta indélébile. Chose curieuse, elle n’en regretter point. Car, plus tard en effet, dans une expédition, l'armée du prophète (ç) (que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille) fit un certain nombre de prisonniers lors d’une bataille, parmi lesquels se trouva Chaimâ (cette sœur de lait). Lorsqu'elle rappela à Mouhammad (ç) (que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille) l'incident et lui montra l'incision sur son épaule, il la reconnut aussitôt, et elle fut traitée avec tous les égards dus à une sœur bien aimée (Ibn Hichâm.p. 856-857 ; Balâdhuri, § 161.).

La grande foire annuelle de 'Ukâz avait lieu dans la région. Alima s’y rendait quelquefois en compagnie de son nourrisson. On rapporte même qu’Alima demanda à un voyant astrologue de la tribu de Houdhail (qui exerçait son métier à la foire) de prédire le destin de l'enfant (Ibn Sa'd, I/I, p 98.)

Alors que le prophète (ç) (que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille) avait quatre ou cinq ans, il se passa un évènement qu’Alima relat en ces termes:  « …Quelques mois après notre retour, alors qu'il gardait les moutons avec son frère de lait, derrière les tentes, celui-ci vint en courant nous dire :

Mon frère le Qorayshite vient d'être saisi par deux inconnus habillés en blanc, qui l'ont mis à terre et lui ont ouvert le ventre ! Nous nous précipitâmes vers les lieux. Par surprise, il était debout et tout pâle. Je le pris et le serrai dans mes bras. Mon mari en fit autant :

-Qu'as-tu mon garçon, demandai-je angoissé ?

-Deux hommes habillés en blanc, dit-il, m'ont couché par terre et m'ont ouvert le ventre pour y chercher je ne sais quoi… Le prophète (ç) (que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille) montrera plus tard la trace de l’endroit cousu  aux Compagnons. Anas Ibn Mâlik témoignera en disant : « J'ai vu la trace de la poitrine du prophète (ç) ».

 Après cet évènement, Al-Harith dit à sa femme qu'il vaudrait peut-être mieux restituer Mouhammad (ç) (que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille) à sa mère, car celui-ci pensait qu'il était atteint probablement d’un mal :

-Alima, dit mon mari, je crains que l'enfant ne soit atteint de quelque chose. Ramenons-le chez sa mère avant que sa situation ne s'aggrave. Ce que nous fîmes immédiatement.

-Qu'est-ce qui t'amène, aimable nourrice? Interrogea sa mère surprise. N'as-tu pas tenu à le garder ?

-Notre enfant, lui dis-je a atteint l'âge voulu et mon devoir est rempli. Je crains qu’il lui arrive quelque chose d’imprévue. Je te le ramène dans les meilleures conditions.

-Qu'a-tu donc ? Me demanda-elle. Dis-moi sans crainte ce qui s’est passé. Je finis par lui dire la vérité.

-Crains-tu les mauvais esprits pour notre enfant ?

-Oui ! Lui répondis-je. Par Allah, me dit-elle, ils n'ont nulle prise sur lui. Mon fils a un grand destin. Veux-tu que je t'en parle ? Je vis sortir de moi une lumière, lorsque je le portais. Une lumière qui me fit voir les palais de du roi en Syrie. Je traversai une période de grossesse sans aucun incident. Et quand il vint au monde, sa tête était vers le ciel et ses mains étaient posées sur le sol. Tu peux le laisser et repartir sans souci ».

C'est ainsi que s'accomplit l'allaitement du Prophète (ç) (que les salutations de Dieu et ses bénédictions soient sur lui et sur les membres purifiés de sa famille) chez les Bani Sa'd. Le sain Coran souligne la durée de cet événement : « Et les mères, qui veulent donner un allaitement complet, allaiteront leurs bébés deux ans complets. Au père de l'enfant de les nourrir et vêtir de manière convenable. Nul ne doit supporter plus que ses moyens. La mère n'a pas à subir de dommage à cause de son enfant, ni le père, à cause de son enfant. Même obligation pour l'héritier. Et si, après s'être consultés, tous deux tombent d'accord pour décider le sevrage, Pas de problème à leur faire. Et Si vous voulez mettre vos enfants en nourrice, nul grief à vous faire non plus, à condition que vous acquittiez la rétribution convenue, conformément à l'usage. Et craignez Allah, et sachez qu'Allah observe ce que vous faites ». (Sourate 2 : 233).

 

RETOUR DU PROPHETE AURPES DE SA MERE ET DE SON GRAND- PERE ABDOUL MOUTALLIB

 

Après avoir récupéré son fils, Amina fit un voyage dans une caravane en compagnie de Oummou Ayman (la servante de Abdoul Moutallib) afin d’aller voir ses oncles de Bani Najâr à Médine et se recueillir aussi sur la tombe de son mari. Après un mois de séjour à Médine, elle s’éteint dans une maison (appelée Abwâ) pendant qu’elle rentrait à la Mecque. Elle y fut inhumée, laissant ainsi son garçon qui n’avait alors que six ans. . Plus tard, toutes les fois qu'il  passait par Abwâ, au cours de ses multiples expéditions, le prophète (ç) (ç) faisait un détour pour visiter la tombe de sa tendre mère. Des moments où il se lamentait tellement. (Ibn Hichâm, p 107 ; Suhailî, I, 113. Après avoir assisté à l’enterrement, Oummou Ayman ramena l’enfant par la caravane et le remit à Abdoul Moutallib qui prit dès lors sa responsabilité. Il dépensa toute sa vie et son énergie à protéger ce garçon qui comptait beaucoup à ses yeux. La manière dont il traitait affectueusement l’enfant, malgré ses 108 ans, laissait croire qui savait qu’il allait devenir un grand demain.

On rapporte dans les sources historiques que chaque les fois que Abdoul Moutallib prenait place sur un tapis dans un conseil des notables au cours d’une palabre, le petit Mouhammad (ç) préférait laisser ses jouets pour venir assister à la réunion. Il cherchait toujours à voulior s'asseoir à la première place, à côté de son grand-père. Ses oncles le lui défendaient, mais le grand-père disait toujours: « Laissez-le ; il se croit un grand homme, et j'espère bien qu'il en deviendra un ; il est si sage et si intelligent». (Ibn Hichâm p.108 ; Balâdhurî, I, p 143- Ibn al-Jauzî, Wafâ, p. 102, 120,130.).

Il était en effet bien sage, car jamais, l'assemblée n'eut à se plaindre d’un quelconque dérangement de sa part. Le grand-père l'aimait si bien qu’un jour, conformément aux dires des chroniqueurs,une disette s’installa dans la cité. Il invoqua Dieu afin que la pluie tombe. Et le demanda avec l’intercession de son petit fils, ses prières furent exaucées. (Suhailî.1, 179 ; Balldhuri, I, p146.).

A l'âge de sept ans, le prophète (ç) Mouhammad (ç) (ç) fut atteint d’un mal aux yeux. Les médecins réputés de la Mecque ne parvint à le guérir. Abdoul Moutallib se rendit alors chez un moine chrétien, près de Ukâz, où on lui donna une prescription qui réussit très bien. (Halabî, Insân, I, 149.).

 

MORT DE ABDOUL MOUTALLIB ET LA TUTELLE D’ABOU TALIB

 

Le prophète (ç) Mouhammad (ç) (ç) était âgé de 8 ans lorsque son grand-père Abdoul Moutallib mourut, après avoir confié sa garde à son fils Abou Talib, son oncle paternel. Il lui recommanda surtout de prendre bien soin de lui et veiller de sorte que rien ne lui arrive. (Ibn Sa'd l/l, p 75; Tabari. I, 1123.). Malgré la condition décente et le nombre de personnes qu’il avait sous sa responsabilité, Abou Talib devint ainsi son 3ème tuteur et assura à bien son rôle. Le noble prophète (ç) (ç) restera sous sa garde jusqu'à l'âge adulte. Il aimait Le prophète (ç) (ç) plus que ses propres enfants même. Le choix d'Abou Talib comme tuteur de Mouhammad (ç) de préférence aux autres oncles résulte du fait qu’il possédait de grand qualités car il était né d’une même mère et d’un même père que le père de Mouhammad (ç) (ç).

Fatima Bint Asad, l’épouse d’Abou Talib a joué un grand rôle dans l’éducation du sceau des prophète (ç)s. Elle s’est beaucoup donnée la peine pour ce garçon qu’elle considérait comme son fils. Affectueuse, tendre, aimable, Fatima traitait Le futur messager de Dieu plus que ses propres enfants. Le prophète (ç) (ç) n’eut jamais oublié ce qu’elle fit pour lui à ce moment crucial de sa vie. Il avait le sentiment d’un fils vis-à-vis d’elle. Le prophète (ç) (ç) déclare à son sujet : «Lorsqu'elle mourut, je fus tellement affligé que quelqu'un me fit la remarque: -Ô Envoyé de Dieu, pourquoi ressens-tu si douloureusement la mort d'une vieille femme ? Et je répondis: -Pourquoi pas ? Lorsque j'étais un enfant orphelin, elle préférait laisser ses enfants affamés pour me nourrir. Elle délaissait ses enfants pour me peigner; et elle était comme ma mère ». (Yaqoubî, II, 14 ; Suhailî, I, 112).

Chaque fois que le repas était servi, chez Abou Talib, tous les matins, ses nombreux enfants se ruaient sur l’assiette et le vidaient avant que Mouhammad (ç) n’y ait accès. Quand Abou Talib réalisa que son jeune neveu ne s’en sortait pas face à cette situation, il décida dès lors de le servir à part.(Ibn Sa'd, I/I,p 46 ; Maqrîzî, Imtâ, I, 7)

Etant donné qu’à l’époque n’existait aucune école à la Mecque, le prophète (ç) (ç) n’apprit à lire ni à écrire. Le jeunehomme avait plutôt trouver un boulot de berger auprès de quelqu’un. C’est ainsi qu’il gagnait quelques dirhams pour soutenir le piètre pouvoir d’achat de son oncle (Ibn Hichâm, p 106 ; Suhailî, I, 112 d'après Bukhârî, etc. ; Ibn Sa'd, I/i, p 80).

 

VOYAGE EN SYRIE ET PREDILECTION DU RABBIN CHRETIEN

 

Abou Talib entreprit un voyage de commerce en Syrie en compagnie de son petit neveu Mouhammad (ç) qui avait sollicité s’y rendre avec lui (il avait 8, 9, 12, ou 13 ans selon les avis partagés des historiens). Une fois arrivée à Bousrâ, au-delà de la Mer Morte entre Jérusalem et Damas, la caravane marqua un arrêt près d’un monastère pour que les voyageurs se reposent. Dans ce monastère vivait un rabbin chrétien au nom de Bouheirâ. C’était un grand savant qui avait des connaissances avancées sur les livres révélés. Il regarda de son couvent un groupe de voyageurs qui avaient capmé dans les alentours. Il fut surtout étonner du sage comportement de ces personnes, qu’on ne voyait pas chez les autres passants. Il les invita donc à prendre amicalement un repas avec lui dans sa modeste demeure. Cette invitation entre probablement dans le cadre d’un but pieux de prosélytisme. (Ibn Hichâm. p ll5-117).

Particulièrement, il avait observé des signes du prophète (ç) attendu sur le petit Mouhammad (ç) (ç). Après quelques instants, il s’entretint avec le garçon, puis annonça à son oncle la nouvelle de sa prochaine accession à la prophétie, tout en le conseillant de redoubler de surveillance sur lui contre les Juifs. Il est important de souligner certains points relati à cet événement :

- cet événement a été rapporté brièvement dans certaines sources et de manière plus explicite dans d’autres. Dans tous les cas, le sujet ne présente le moindre doute et de suspicion car le saint Coran, à travers de multiples versets, souligne la prédilection des autres prophète (ç)s sur la prophétie de Mouhammad (ç). De même, le saint Coran montre que les savants juifs et chrétiens étaient renseignés sur les signes d’identification du prophète (ç) attendu : « Et croyez à ce que J'ai fait descendre, en confirmation de ce qui était déjà avec vous; et ne soyez pas les premiers à le rejeter. Et n'échangez pas Mes révélations contre un vil prix. C'est Moi que vous devez craindre. Ne mêlez pas le faux à la vérité. Ne cachez pas sciemment la vérité » ; « Et quant leur vint d'Allah un Livre confirmant celui qu'ils avaient déjà, - alors qu'auparavant ils cherchaient la suprématie sur les mécréants, - quand donc leur vint cela même qu'ils reconnaissaient, ils refusèrent d'y croire. Que la malédiction d'Allah soit sur les mécréants! » ; « Ceux à qui Nous avons donné le Livre, le reconnaissent comme ils reconnaissent leurs enfants. Or une partie d'entre eux cache la vérité, alors qu'ils la savent! » (Sourate 2 Baqarah : 41, 42, 89, 146) ; « Ceux qui suivent le Messager, le prophète (ç) illettré qu'ils trouvent écrit (mentionné) chez eux dans la Thora et l'Evangile, le Messager qui leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises, et leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux, ceux qui croiront en lui, le soutiendront, lui porteront secours et suivront la lumière descendue avec lui, Ceux-là seront les gagnants » (Sourate A’râf : 157) ; « Ceux à qui nous avons donné le Livre reconnaissent (le Messager Mouhammad (ç)) comme ils reconnaissent leurs propres enfants. Ceux qui font leur propre perte sont ceux qui ne croient pas » (Sourate An’âm : 20) ; « Et quand Jésus fils de Marie dit: ‹Ô enfants d'Israël, Je suis vraiment le Messager d'Allah [envoyé] à vous, confirmateur de ce qui, dans la Thora, est antérieur à Moi, et annonciateur d'un Messager à venir après Moi, dont le nom sera ‹Ahmad›. Puis quand celui-ci vint à eux avec des preuves évidentes, ils dirent: ‹C'est là une magie manifeste » (Sourate 61 Saf : 6).

- Certaines des informations que les gens du livre avaient sur le noble prophète (ç) (ç) concernaient sa vie personnelle et certains aspects de son potrait physique et moral tels que être orphelin, son enfance, son nom… Certaines informations concernent sa famille, sa tribu (comme être Arabe, le mariage avec une femme réputée…). Le plus grand des signes d’identification corporelle reste la marque de la prophétie entre ses deux épaules : « c’est le cachet de la prophétie ».

- Les prédilections de Bahîra ne concernaient pas seulement la vie de Mouhammad (ç), mais aussi dans la vie des autres membres de la caravane.

 

ALTERATION HISTORIQUE DES CHRETIENS

 

Certains orientalistes n’ont pas hésité de faire passer des altérations dans l’interprétation de cette rencontre du prophète (ç) avec le rabbin chrétien. Ils prétendent que Mouhammad (ç) eut reçu des enseignements sur la Thora et l’Evangile auprès de ce savant. Will Durant en parle rhétoriquement dans cette assertion : « … alors qu’il avait douze ans, Abou Talib fit un voyage avec lui dans une caravane. Ils s’arrêtèrent dans une cité près de Damas où Mouhammad (ç) rencontra un rabbin. Il n’est pas exclue qu’il ait reçu des enseignements de la religion juive et chrétienne auprès de ce dernière ». Pour répondre à ses allégations et à ses altérations historiques, nous dirons :

1- Tous les historiens sont d’avis que Mouhammad (ç) n’a jamais été à l’école. Par conséquent, il ne savait ni lire, encore moins écrire.

2- Comme nous l’avons déjà dit, son âge ne depassait pas treize ans.

3- L’espace de temps entre cette rencontre et la révélation est trop long.

4- La rencontre avec Bahîra n’eut pas duré longtemps et c’est le rabbin qui posait des questions auxquelles Mouhammad (ç) se contentait de répondre. Comment croire qu’un adolescent analphabète peut au cours d’un entrevu apprendre tout sur la Thora et l’Evangile, pour après quarante ans plus tard présenter une législation si complète ?

5- Si le prophète (ç) (ç) avait appris quelque chose de Bahîra, pour après l’annoncer comme message de la par de Dieu, les Qorayshites allaient utiliser cet alibi pour la contre propagande qu’ils avaient lançaient contre lui des le début de sa mission. Aucune source historique n’en parle, pas même le saint Coran qui répondait aux blasphèmes des détracteurs de l’islam.

6- Si jamais il est vrai que le prophète (ç) (ç) ait tout appris chez le rabbin chrétien, pourquoi les gens qui étaient dans la caravane avec lui ne sont pas les premiers à en parler ?

7- Pourquoi les Chrétiens de Syrie n’eurent pas déclaré que Mouhammad (ç) eusse reçu sa formation chez eux ?

8- Pour que ces allégations soient fondées, il aurait fallu au moins que les enseignements du saint Coran soient semblables à ceux de la Thora et de l’Evangile. Même le dernier des ignorants sait que les enseignements du Coran et de la Bible sont le jour et la nuit. Le saint Coran montre les incongruités dans les bases des croyances juives et chrétiennes : « Ô vous à qui on a donné le Livre, croyez à ce que Nous avons fait descendre, en confirmation de ce que vous aviez déjà, avant que Nous effacions des visages et les retournions sens devant derrière, ou que Nous les maudissions comme Nous avons maudit les gens du Sabbat. Car le commandement d'Allah est toujours exécuté » ; « N'as-tu pas vu ceux-là, à qui une partie du Livre a été donnée, ajouter foi à la magie (gibt) et au taghout, et dire en faveur de ceux qui ne croient pas: ‹Ceux-là sont mieux guidés (sur le chemin) que ceux qui ont cru› ? » ; « Ô gens du Livre (Chrétiens et), n'exagérez pas dans votre religion, et ne dites d'Allah que la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n'est qu'un messager d'Allah, Sa parole qu'il envoya à Marie, et un souffle (de vie) venant de Lui. Croyez donc en Allah et en ses messagers. et ne dites pas ‹Trois›. Cessez! Ce sera meilleur pour vous. Allah n'est qu'un Dieu unique. Il est trop glorieux pour avoir un enfant. C'est à Lui qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la Terre et Allah suffit comme protecteur » (Sourate 4 Nisâ’i : 47, 51, 171) ; « Ce sont, Certes, des mécréants ceux qui disent: ‹En vérité, Allah c'est le Messie, fils de Marie.› alors que le Messie a dit: ‹Ô enfants d'Israël, adorez Allah, mon Seigneur et votre Seigneur›. Quiconque associe à Allah (d'autres divinités) Allah Lui interdit le Paradis; et son refuge sera le Feu. et pour les injustes, pas de secoureurs! Ce sont certes des mécréants, ceux qui disent: ‹En vérité, Allah est le troisième de trois.› alors qu'il n'y a de divinité qu'une divinité Unique! Et s'ils ne cessent de le dire, Certes, un châtiment douloureux touchera les mécréants d'entre eux » (Sourate 5 Mâ’ida : 72-73) ; « Les Juifs disent: ‹Uzayr est fils d'Allah› et les Chrétiens disent: ‹Le Christ est fils d'Allah›. Telle est leur parole provenant de leurs bouches. Ils imitent le dire des mécréants avant eux. Qu'Allah les anéantisse! Comment s'écartent-ils (de la vérité)? » (Sourate Tawbâ : 30).

Un jour Oumar ibn Khatâb demanda au prophète (ç) (ç) la permission d’écrire des hadiths qu’ils suivaient des Juifs. Le messager de Dieu lui répondit : « Veux tu faire preuve d’opiniâtreté dans ta foi comme les Juifs et les Chrétiens ? Alors que je vous ai apporté la vraie religion pure et lumineuse. Si Moïse avait été là, je suis sûr il ne suivrait que la voie que j’ai tracé ». « ref2 112) Le prophète (ç) était tellement opposé à la législation des juifs (ref3, 112) (dont la grande partie vivait à Médine) que ceux-ci n’hésitèrent pas dire : « cet homme veut mettre en péril toute notre législation » (ref4,112). Parmi les chrétiens qui se sont servis de cet élément contre l’islam nous avons Constant Virgil Giorgio. Ce qu’il affirme contre l’islam sont des allégations injustifiées et inacceptables par les chrétiens eux-mêmes. Il écrit : « Ibn Shâm, un compilateur arabe écrit : Bahîra [ ?], contre toute attente n’était pas chrétien, mais sabéen. Il suivait un homme nommé Mani qui s’était fait prophète (ç) à l’époque des Sassanides et qui avait été crucifié au Kurdistan par le roi Bahrâm Sassanide en 276 après JC. Les suiveurs de Mani parmi lesquels Bahîra croyaient que Dieu n’appartenait pas à un seul peuple et était là pour tous le monde. Pour montrer qu’Il est le Dieu de tous, Il suscite selon sa volonté en chaque peuple un prophète (ç) parlant leur langue ».(re5, 112) Ibn Hishâm dont il parle n’est rien d’autre qu’Abdou Malik ibn Hishâm (213 hégire), l’auteur du célèbre livre Siratul Nabawiyya, une des importantes bases historiques de l’islam. Non seulement on ne trouve aucune trace faisant allusion à Mani, mais, cet homme conformément aux références historiques était chrétien, un peu juif aussi. Bref, on doute encore s’il était réellement chrétien. A présent, on se demande d’où il a sorti une pareille déclaration.

Rappelons qu’il n’y avait pas des Sabéens ou les Mages en Syrie. Le seul endroit où cette religion a fait ses jours reste l’Iran. Et reprenant le propos d’un savant, peut-être cette allégation (selon laquelle Bahîra serait sabéen) vise à montrer que l’islam est le reflet de la religion des Rois Mages. Une chose qui ne surprend plus d’ailleurs car on en a vu de différentes manières chez les Chrétiens ces derniers temps. Ils sont arrivés à un niveau où il importe peu pour eux que qui dit quoi contre l’islam. L’essentiel c’est l’utiliser pour chercher à enfoncer l’universalité de l’islam dans le doute. Ils savent très bien que les Mages se désignent du doigt de nos jours. L’islam demeure après des siècles la religion qui inquiète les meneurs du christianisme qui cherchent à ternir son image par tous les moyens.

 

 

CHAPITRE III

 

LA JEUNESSE DU PROPHETE MOUHAMMAD (Ç)

 

LA CHARTE DE FOUDHOUL

 

Le traité de « Foudhoûl » est le plus important traité jamais signé entre les Qorayshites. La genèse de cette charte part du fait qu’un homme de Bani Zoubeyd vint à la Mecque et vendit ses produits à un certain Asir ibn Wâ’il, un notable de Bani Sahm. Ce dernier prit la marchandise dans toutefois payer. Les tentatives de l’homme de Bani Zoubeyd pour obtenir son dû furent veines. N’oublions pas que seul le régime tribal faisait la loi à l’époque et chacun défendait les intérêts de sa tribu quel que soit le cas. Le pauvre calcula le moment de rassemblement des notables Qorayshites près de la Ka’ba pour aller clamer des vers mélancoliques pour exprimer sa douleur. Ayant suivit ses plaintes, les grands de Bani Hâshim, Bani Abdoul Moutallib, Bani Zouhra, Bani Tamim, Bani Hârith, sous la proposition de Zoubeyr ibn Abdoul Moutallib, siégèrent dans la maison d’Abdoullah ibn Joud’ân Theimi et s’accordèrent pour que nul ne soit plus opprimé dans la Mecque, peu importe s’il s’agit d’un autochtone, d’un étranger, d’un pauvre ou d’un riche ; puis ils se rendirent chez Asir pour percevoir le droit de l’étranger. Le prophète (ç) Mouhammad (ç) faisait partie des membres de cette réunion alors qu’il avait vingt ans seulement.

L’importance du rôle joué par le prophète (ç) à travers cette noble initiative témoignant son soutien au droit de l’homme dans une telle société apparaît dans le fait que les jeunes de cette époque étaient plutôt connus pour des buveurs et des fêtards qui n’avaient rien de la notion de justice et de d’assistance au opprimés. Ils s’en souvient plus tard en ces mots : « J’ai participé à l’élaboration d’une charte dans la maison d’Abdoullah ibn Joud’ân. Si à sa place on me donnait des chameaux rouges, je n’en serai pas fier. Et si il arrivait que l’honneur de renouveler cette expérience se présente à nouveau, je n’hésiterais pas à y assister ». (Ibn Hishâm, p142). Cette charte prit le nom de « Charte de Foudhoul » grâce à l’importance qu’elle présente par rapport à d’autres chartes. Cette attitude du noble prophète (ç) (ç) qui s’ajoute à d’autre faisait de lui un homme distingué à qui les gens confiaient leurs choses. C’est ainsi que Khadidja eut vent d’un telpersonnage

 

VOYAGE POUR LA SYRIE

 

Khadidja bint Khouweilid était une riche commerçante réputée dans la Mecque. Elle recrutait des gens pour accompagner sa grande caravane vers les marchés saisonniers. Elle leur donnait la responsabilité de gérer son capital moyennant un rémunération. Lorsque le prophète (ç) atteint vingt-cinq ans Abou Talib lui dit : «Je suis un homme sans fortune, les temps sont devenus si durs que nous n’arrivons pas à faire face à la misère. Nous n'avons ni biens matériels ni marchandises. Cette femme, Khadîja, envoie des hommes de ton peuple pour faire des affaires avec sa fortune et bientôt elle enverra une caravane commerciale vers la Syrie. Si seulement tu faisais partie de ses employés à qui elle confie la responsabilité de ses marchandises. D’une part, Khadidja était une femme qui appréciait le sens de la vérité, de la loyauté et de bonne conduite chez les hommes qu’elle recrutait. Et Mouhammad (ç) faisait partie de eux-là dont elle avait la nouvelle.

Elle envoya quelqu’un l’invité à être à son service : « Si tu prend la charge de conduire ma caravane, je te paierait plus cher que je ne paie les autres chargés de commerce. Je mettrai mon servant Meisara à ton service pour qu’il t’assiste ». Le prophète (ç) accepta cette proposition et partit pour la Syrie (qui englobait la Palestine, le Liban, la Jordanie et la Syrie actuelle) avec la caravane des Qorayshites en compagnie de Meisara. Il ramena plus de bénéfice que Khadidja eut réalisé par le passé à l’issue de ce voyage. (Ibn Hishâm, p199) Meisara témoigne avoir vu du prophète (ç) (ç) des choses miraculeuses. Une fois arrivé, le Messager de Dieu se reposa à l'ombre d'un arbre près de la hutte d'un moine. Le moine alla voir Meisara et lui demanda :

- Qui est cet homme à l'ombre de l'arbre ?

- C'est un homme de Qoraysh, une tribu qui vit près du sanctuaire de la Ka’ba, lui répondit Meisara.

- Seul un prophète (ç) se reposerait à l'ombre de cet arbre. Ce moine s'appelait Nestor (à ne pas confondre avec Bahîrâ qui est le moine que le Prophète (ç) avait rencontré lorsqu'il était plus jeune lors de son voyage avec son oncle Abou Tâlib). Le Messager de Dieu (ç) prospecta et vendit sa marchandise, puis, s’approvisionna en articles qui l'intéressaient avant de reprendre le chemin de retour avec Meisara. Il est rapporté que chaque fois que la chaleur s'accentuait, Meisara voyait deux anges faire de l'ombre avec leur ailes sur le prophète (ç) (ç) alors qu'il était sur sa monture. Lorsqu'il rentra à la Mecque et restitua à Khadidja ses biens, elle réalisa un profit double ou presque par rapport aux autres expéditions. Meisara fut présent lorsqu’un petit malentendu éclata entre Mouhammad (ç) et un homme qui dit : « je veut que tu jures par Lata et Ouza afin que je te crois. Il répondit : Je n’ai jamais juré de toute ma vie par Lata et Ouza ». Meisara, dès son retour à la Mecque fit un rapport complet des miracles qu’il observa de Mouhammad (ç).

 

LE MARIAGE DU PROPHETE AVEC KHADIDJA

 

Khadîdja est la fille de Khilad ibn Asad ibn Qousay ibn Kilâb ibn Marrèh ibn Ka’b ibn Lo’i ibn Ghilâlb ibn Qahr ibn Malik ibn Nadhr ibn Kinâna. C’&tait une femme douée et pleine de noblesse. Surnommée « Sayyedatul Qoraysh », Khadidja avait en plus de sa beauté un aspect moral et social contraire à ce qu’on voyait à l’époque chez les autres femmes. Il se dit (ce qui reste à vérifier d’ailleurs) qu’elle s’est mariée deux fois et que ces deux moururent bien avant elle. (Ousdoul Ghâba d’ibn Asîr, t5, p434). Certains hommes Qorayshites tels Ouqbah ibn Abi Mou’ît, Abou Jahl et Abou Soufiyan essayèrent en vain de l’épouser.

D’autre part, lorsqu’on compare les arbres généalogiques de ces deux imminents personnages, on se rend compte qu’elles se croisent sur Qousey ibn Kilâb qui est l’ancêtre commun du foyer dans lequel le message du bouquet des religion monothéiste fut descendu. Les sources historiques témoignent que Abdoul Manâf et Abdoul Ouzâ, conformément à la chaîne des arbres généalogiques, étaient des frères, ce qui fait de Khadîdja (a.s) et le noble prophète (ç) (ç) deux cousins issue de la famille paternelle. Il est bien de rappeler que les liens de parenté le plus proche entre les deux ne tient qu’à une seule génération d’écart. Raison pour laquelle on considère Qousey ibn Kilâb comme le troisième ancêtre de Khadîdja. D’autre part, Qousey ibn Kilab est le quatrième ancêtre du Messager de Dieu. Si on s’en tient aux chroniques historiques, Nadhr ibn Kinâna est la première personne à qui le patronyme « Qouraysh » fut collé. Les historiens sont presque unanimes sur ce sujet et puisqu’aucune divergence de propos n’a pas été observée dans l’évocation de la descendance des deux personnages jusqu’à Adnân.

Khadidja voulait bien avoir Mouhammad (ç) comme époux. Mais il lui manquait comment procéder. Après avoir hésité pendant quelque temps, elle décida un jour de confier son secret à une amie, Noufaysa, et de lui demander de faire le nécessaire convenablement et discrètement. Noufaysa trouva un jour l'occasion de parler à Mouhammad (ç) (ç). Elle lui dit : « Tu es maintenant assez âgé ; tu es de bonne famille, et tu es réputé pour ton bon caractère, pourquoi donc ne songes-tu pas à te marier ?

Mouhammad (ç) (ç) s'excusa en disant qu'il n'avait pas les moyens d'entretenir une femme pour le moment.

Et elle de dire: Mais si tu en trouves une qui soit riche, belle et de bonne famille en même temps?

Tout étonné, il lui demanda: Qui peut-elle être ?

Noufaysa répondit: Khadidja !

Mouhammad (ç) (ç) reprit : Impossible qu'elle m'accepte : tous les riches de la cité lui ont demandé la main et elle n'a fait que refuser. Noufaysa le rassura : Si la proposition te plaît, confie-moi cette affaire, et je parlerai à notre amie commune.

Mouhammad (ç) (ç) comprit probablement qu'une telle confiance pouvait bien comporter une mission.

Elle fit venir le Messager de Dieu (ç) et lui dit : « Cousin, je suis bien disposée à ton égard étant donné nos liens de parenté, la place d'honneur que tu occupes parmi les tiens, ton honnêteté, la noblesse de ton caractère et la véridicité de ta parole»

Puis, elle lui proposa de l'épouser. Le Messager de Dieu (ç)  demanda d’abord à consulter ses oncles qui ne trouvèrent pas d’objection. Ensuite, son oncle Hamza ibn Abdoul Moutallib l'accompagna chez Khuwaylid ibn Asad (le père de Khadidja) et demanda la main de Khadidja pour son neveu.

D’autres sources rapportent que c'est son oncle Abou Talib qui accompagna le Messager de Dieu et que c'est lui qui a fait le discours du mariage. Il y dit entre autres : « Mouhammad (ç) n'a pas d'égal parmi la jeunesse de Qoraysh tant sur le plan de la noblesse que du mérite et de la sagesse. Si du point de vue de la fortune il est modestement doté, la fortune telle l'ombre ne perdure jamais. Il désire épouser Khadidja et elle lui échange ce sentiment ». D'après Ibn Abbâs et Aicha c'est Amr Ibn Asad (l'oncle de Khadidja) qui accorda la main de Khadîja au Messager de Dieu car Khuwaylid avait péri dans la guerre des Fujjâr.

Ibn Hishâm dit : D'après nombre de savants, selon Abou Amr Al-Madanî, lorsque le Messager de Dieu (ç) eut 25 ans (21 ans ou encore 30 ans dans certaines sources historiques), il épousa Khadidja. Ibn Hishâm dit : Le Messager de Dieu lui offrit une dot de vingt jeunes chamelles. Khadidja fut ainsi la première épouse du Messager de Dieu. D'après Ibn Habib, ce fut 12 onces d'argent (soit 480 dirhams), et d'après un autre hadith du même auteur, 500 dirhams. Le premier enfant du Prophète (ç) (ç) fut un fils, Qâsim, mais il mourut alors qu'il commençait à peine à marcher. Qâsim naquit probablement en 27 avant l'Hégire.

L’un des faits qui mérite d’être évoqué est l’adoption de Zayd par le noble prophète (ç) (ç). En effet, Hakim ibn Hizâm, le cousin de Khadijda avait ramené de Syrie des esclaves dont l’un attira particulièrement l’attention de la noble femme qui venait de se marier. Parmi ses esclaves, il y avait un garçon de 8 ans répondant sous le nom de Zayd ibn Hârith. Fier de la visite dont sa cousine venait de l’honnorer, Hakim lui proposa de choisir parmi les esclaves l’un qui sera à son service. Khadidja choisit Zayd. Le prophète (ç) (ç) demanda à sa femme de lui donner Zayd. Elle le fit et le prophète (ç) le prit pour fils adoptif après l’avoir affranchi. Il le considérait comme un fils jusqu’à ce le saint Coran  vienne interdire d’appeler Zayd fils du prophète (ç) après la révélation. Le père géniteur de Zayd ayant appris que son fils était en adoption chez le prophète (ç) (ç), il s’y rendit et souhaita le récupérer. Le prophète (ç) laissa le choix à l’enfant entre retourner avec son père ou rester près de lui. L’enfant préféra rester près du prophète (ç). Il fut le 2ème homme à embrasser l’islam après Ali. Le prophète (ç) le maria tout d’abord à Oum Ayman (qui lui donna Oussama), puis à Zeynab bint Jahsh.

 

LA NAISSANCE D’ALI

 

La naissance d’Ali ibn Abou Talib demeure sans doute un événement historique sans équivalent à la Mecque. L’unique naissance qui s’est passée  à l’intérieur de la Ka’ba 30 ans après l’événement de l’éléphant selon certains historiens (Sirat ul houlbiyya, t1, p139). Cette naissance dans la Ka’ba est l’un des points caractéristique de la grandeur irréfutable de ce personnage auprès des Arabes. Né d’un père de bonne famille comme Abou Talib et d’une noble mère telle que Fatima bint Asad, le prince des croyants Ali faisait déjà l’objet d’une attention particulière du noble prophète (ç) (ç).   

 

LA RECONSTRUCTION DE LA KA’BA ET LE PLACEMENT DE LA PIERRE NOIRE

 

Mouhammad (ç) était réputé parmi les Qorayshites par sa loyauté, son honnêteté et sa rectitude. On le surnommait d’ailleurs « Mouhammad (ç) Amin » (c’est-à-dire le véridique). Mouhammad (ç) (ç) avait 35 ans lorsqu'un événement se produisit à la Mecque. Un jour alors qu’on parfumait la Ka’ba avec de l'encens, une étincelle drainée par le vent tomba sur les rideaux de toile autour du sanctuaire. Ce qui incendia le bâtiment. Lorsque les pluies vinrent, elles provoquèrent une inondation, et la construction affaiblie par le feu ne put résister.Les notables se réunirent pour préparer la reconstruction. Tout le monde fut d'accord pour demander aux habitants une contribution dans l’accomplissement de ce projet. Il fut décida également de n'accepter aucun don provenant de gains immoraux, comme usure, prostitution...

A la saison pluvieuse fut marquée par une tempête sur la mer, et un navire byzantin, portant des matériaux de construction de l'Egypte au Yémen, afin d'y bâtir une église, échoua en naufrage sur la côté du Chou'ayba, port de la Mecque. En apprenant la nouvelle, les Mecquois coururent au port, donnèrent l'hospitalité aux naufragés et renoncèrent aux douanes habituelles si les victimes consentaient à vendre ce qu'ils pourraient les aider à reconstruire la Ka’ba. Tout, y compris les planches du bateau fut sollicité. Ils achetèrent ainsi une certaine quantité de marbres, de fers et de bois. Parmi les naufragés, Bâqoûm, un charpentier égyptien, décida de s'installer à la Mecque pour donner un coup de main aux travaux.

La reconstruction exigeait que les ruines soient détruites. Les Mecquois par superstition hésitèrent longtemps avant d’approuver cette idée. Enfin un des notables de la cité s'avança. Tout en prononçant des prières, il donna le premier coup de pioche. Les autres attendirent quelques instants, puis ne voyant aucun mal tomber sur l’autre, ils se mirent eux aussitôt au travail de déblaiement. On arrêta la démolition au niveau de la fondation que le prophète (ç) Abraham (as) avait posée lors de la construction originelle ; bases faites de pierres vertes. On décida alors de rebâtir le sanctuaire sur l'ancien emplacement.

La Ka’ba était un cube, une chambre à quatre murs. Les matériaux rassemblés étant insuffisants pour ériger un bâtiment semblable à celui qui datait de l’époque d’Abraham (as), on décida de couvrir une partie et de laisser une autre sans toit. On décida d'augmenter la hauteur par rapport au bâtiment précédent. Placer la porte d'entrée de telle façon que l'accès exigeât une passerelle fut envisagé. Ce qui devait régénérer au fonctionnaire détenant la clé de la porte des revenus. Dans la partie sans toit, l'accès était libre, et on l'employait pour prêter des serments et autres actes solennels.

Lorsque les murs commencèrent à s'élever et que vint l'heure de placer « la Pierre noire » à sa place, éclata une grave querelle. En effet, Chacun des clans voulait avoir l'honneur de marquer l’histoire par le placement de la pierre. D'aucuns allèrent jusqu'à apporter un récipient plein de sang, et en jurant de ne jamais céder et étaient près prendre leurs épées pour se battre. Les travaux furent interrompus, jusqu'à ce qu'un vieux notable suggéra de soumettre le différend au sort et dit : « Laissons l’affaire à Dieu, et acceptons comme arbitre la première personne qui va viendra ici maintenant ». Allah voulut que ce fût Mouhammad (ç) (ç). On avait confiance en son honnêteté. Il fit apporter une étoffe, l'étendit par terre, puis plaça la pierre noire sur l'étoffe, et appela les représentants de toutes les tribus pour soulever l'étoffe ; puis il mit la pierre lui-même à l'endroit voulu. Tout le monde en fut satisfait.

D'après Jâbir ibn Abdoullah, alors que l'Envoyé d'Allah transportait avec Abbas des pierres pour la reconstruction de la Ka’ba, Abbas lui dit: « Pourquoi ne pas enlever ton pagne et le mettre sur tes épaules au-dessous des pierres? ». Le Prophète (ç) ôta son vêtement et le plaça sur ses épaules, mais il tomba bientôt évanoui; fixa ses yeux sur le ciel; puis se leva en s'écriant: « Mon pagne! Mon pagne ». Il le remit ensuite autour de ses reines. (Mouslim n°514)

La construction terminée, on la décora de statues et de fresques à l'intérieur comme à l'extérieur. On raconte que 360 idoles furent placées autour de la Ka’ba. L'édifice, érigé pour le Dieu unique, devint ainsi un panthéon. Cela dut donner beaucoup à réfléchir à ceux des habitants qui avaient une notion plus élevée de la religion, et qui virent les pratiques religieuses dégénérer en culte d'idolâtrie.

 

ALI DANS LA MAISON DU NOBLE PROPHETE

 

Une disette éclata à la Mecque quelques années avant la révélation. Abou Talib avec sa situation déjà précaire n’arrivait presque plus joindre les deux bout avec les enfants. Mouhammad (ç) suggéra à Abbas l’un de ses riches oncles d’aider Abou Talib des charges qu’il avait sur l’épaule en prenant chacun un enfant. Abbas approuva l’idée du prophète (ç) est tous deux se rendirent chez Abou Talib et discutèrent du sujet. Il ne trouva pas d’objection à être assister par les siens. Abbas choisit volontiers Ja’far et le messager pris Ali qu n’était qu’un petit garçon. Depuis ce temps, Ali est resté sous l’éducation du prophète (ç) jusqu’à la révélation et demeure le premier homme à avoir embrasser l’islam.(Sirat ul nabawiyya de Ibn Hishâm, t1, p262).

Cette prise en charge de Mouhammad (ç) se présent comme le désir d’essayer de compenser les efforts que son oncle Abou Talib fournit pour l’élever. Son choix porté sur Ali se justifie par le fait qu’il voyait en celui-ci un garçon sage et doué. Il affirma d’ailleurs après : « j’ai choisi celui que Dieu a choisi pour moi ». Il l’aimait comme un fils et n’a jamais désisté un instant dans son éducation. Ibn Abbas, l’un des cousin du prophète (ç) (ç) dit : « Je demanda à mon père Abbas ibn Abdoul Moutallib : lequel des enfants du prophète (ç) faisait l’objet d’une affection particulière ? Ali ibn Abou Talib, répondit-il. J’ai demandé aux enfants du messager de Dieu. Il dit : le messager d’Allah aimait Ali plus que ses propres enfants. Depuis son enfance il ne se séparait de lui, sauf quand il voyageait pour les affaires de Khadidja. Nous n’avons vu aucun père voué de l’affection à son fils comme le prophète (ç) (ç) vouait de l’affection à Ali  ». (Ibn Abi Hadid, t1, p15).

L’engouement avec laquelle il s’investit à former Ali (as) après la révélation pour la propagation de l’islam montre bien que le prophète (ç) (ç) se souciait déjà de l’islam après lui. Si un verset lui était révélé la nuit, il l’enseignait à Ali avant l’aube. Et s’il recevait la mission le jour, Ali s’en imprégnait avant le crépuscule. Il fut demandé à Ali (as) : « comment se fait-il que tu aies appris du prophète (ç) (ç) plus de hadiths que les reste des compagnons. Il répondit : - le prophète (ç) (ç) me répondait chaque fois que je lui demandait quelque chose. Et si je restais silencieux, il entreprenait de me citer un hadith ». (Souyouti, Tarikh ul Khoulafa, p 170). Imam Ali évoque cette étape de sa vie lors de son califat : « Vous [les compagnons du prophète (ç) (ç)] savez précisément mes rapports particuliers avec le prophète (ç). Vous savez bien qu’il me portait dans ses bras quand j’étais encore gamin. Il me serrait sur sa poitrine. Je dormais dans un même lit avec lui. Je sentais la présence permanente de son corps et son odeur. Il mettait la nourriture dans ma bouche. Tel un fils à la recherche de sa mère, je le suivais partout. Il m’imprégnait chaque jour d’un aspect  magnifique de son caractère et m’ordonnait de m’exercer à être ainsi. En dehors de moi, il ne voyait personne d’autre chaque année qu’il se rendait au mont Hirâ pour une retraite spirituelle… J’entendis les cris de Satan le jour où la révélation lui fut descendue. Je lui demandai d’om provenait ce cri ? Il me répondit qu’il venait de Satan en désespoir de ne plus être obéi comme auparavant. Le prophète (ç) remarqua alors : donc tu entends ce que j’entend et vois ce que je vois, sauf que tu n’es pas prophète (ç) (ç), mais mon successeur. Tu es mon lieutenant et tu es avec le bien ».(La voie de l’éloquence, discours 192).

Quand bien même ces propos semblent être relatif aus retraites spirituelles du prophète (ç) (ç) après la révélation, l’histoire souligne que ces retraites spirituelles se situe avant la révélation. On peut toutefois dire que cet événement revient à l’époque avant le message et les cri de Satan fut le même le jour que la révélation (c’est-à-dire la descente des premiers versets du saint Coran). Ainsi Al avait dès l’enfance les capacité de vision et de perception abstraite. Nous tenons à rappeler que la prophètie de Mouhammad (ç) ne fut guère une chose soudaine car elle avait déjà été établi des la genèse et était mentionnée dans les livres saints d’avant. Parmi les signes précurseurs de la prophétie de Mouhammad (ç) nous avons les prétentions de certaines personnes qui se proclamaient prophète (ç). Parmi eux figurait Oumayya ibn Abî Salt dont la poésie parlait abondamment de Dieu et des qualités qui lui sont dues au point que le Messager dit : « Il a fallu peu que Oumayya embrasse l'islam ». Amr ibn Rashîd rapporte de la son père : « Un jour, j'allai voir le Messager de Dieu (ç).

Il me dit : « Connais-tu quelque chose de la poésie d'Oumayya ibn Abî Salt ? »

- Oui, répondis-je.

- Récite m’en quelques vers, dit-il. Alors, je récitai un vers. Puis, il me demanda de poursuivre si bien que je lui récitai cent vers. ».

Les témoignages du saint Coran montrent que les juifs aussi étaient dans l'attente du nouveau Prophète (ç). En effet leur mouvement migratoire étaient fonction des données que leur livre saint indiquait sur le lieu où sortira ce prophète (ç) : Allah dit : «  {Et quant leur vint d'Allah un Livre confirmant celui qu'ils avaient déjà, - alors qu'auparavant ils cherchaient la suprématie sur les mécréants, - quand donc leur vint cela même qu'ils reconnaissaient, ils refusèrent d'y croire.} (Sourate 2 BAqarah/89).

Safiya déclare : «J'étais la favorite de mon père et de mon oncle Yâsir. Chaque dois que j'étais en compagnie de l'un de leurs enfants, ils me portaient dans leurs bras. Quand le Messager d'Allah arriva à Médine, mon père et mon oncle allèrent le voir très tôt un bon matin, entre l'aube et le lever du soleil. Ils revinrent bien plus tard dans la soirée, complètement usés et déprimés. Ils rentraient d'un pas lourd et lent. Je leur souris comme toujours, mais ni l'un ni l'autre ne fit attention à moi parce qu'ils étaient si misérables et abattus. J'ai entendu Abou Yâsir demander à mon père :

- Est-ce vraiment lui le prophète (ç) (ç) ?

- Oui c'est bien lui.

- L'as-tu reconnu ? En es-tu sûr et certain ?

- Oui ! Je l'ai très bien reconnu.

- Quelles sont tes impressions à son égard ?

- De l'a haine! De la haine à jamais ».

La Volonté divine ignora tous ces prétentieux parmi les poètes et autres orateurs et confia le grand dépôt à un homme contre nul attente: « Tu n'espérais nullement que le Livre te soit révélé. Ceci n'a été que par une miséricorde de ton Seigneur. Ne sois donc jamais un soutien pour les infidèles » (Sourate 28 Qasas : 86)

Avant que la Révélation n'ait lieu, des signes annonciateurs étaient montrés au futur Prophète (ç) de l'islam (ç) quand il n’avait que quarante ans environ.  Parmi les témoignages les plus impressionnants qui ont annoncé la future mission prophétique, on note d’après Tirmidhî et Ad-dârimî et Hâkim :  « Ali ibn Abi Talib (as) dit : « J'avais l'habitude d'accompagner le Prophète (ç) - que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui - partout où il allait à la Mecque. Un jour, nous partîmes dans l'une des régions de la Mecque et chaque fois que nous passions près d'un arbre ou d'un rocher, ils saluaient le Prophète (ç) en disant : « Que le salut soit sur toi, Prophète (ç) de Dieu ». Les savants affirment que ces évènements avaient lieu au début de la mission prophétique. Ceci,  en guise d'appui et pour lui prouver que la création lui obéira et que son appel sera écouté partout.

Tout songe que faisait le Prophète (ç) (ç), de jour ou de nuit, se concrétisait, comme le témoigne ce récit de Zouhry, Orwra, le neveu d’Aicha qui dit : « Le Message du prophète (ç) (ç) d'Allah débuta par des songes réels. Tous les rêves qu’il faisait se révélait toujours au grand jour [...] ».

Le Prophète (ç) (ç) prit l'habitude de se retirer de la cité pour méditer solitairement. Rien ne lui plaisait plus que d'être seul. Il (ç) choisit pour ses retraites spirituelles une grotte de la montagne de Hirâ, qui surplombe la Mecque. Il désirait ainsi se purifier en s’éloignant de cette atmosphère polythéiste d'idolâtrie et de pratiques futiles qu’il voyait autour de lui.

Cette grotte se situe sur les hauteurs du mont Hirâ, au sommet du Mont Nûr (littéralement : Lumière). Situé à un kilomètre à peine de l'emplacement de la maison de Mouhammad (ç) (ç), le Mont Nûr présente un aspect plutôt très singulier ; on l'aperçoit d'ailleurs de très loin parmi les nombreuses montagnes qui l'entourent. La grotte de Hirâ est construite avec des rochers éboulés et entassés, qui en forment trois côtés ainsi que la voûte. Elle est assez haute pour permettre à un homme de rester debout, sans se heurter à la voûte. Elle est assez vaste pour qu'on puisse s'y coucher. Sa cavité s’étire vers la Ka’ba. Le rocher est assez plat au sol pour permettre d’y étendre des draps pour y faire une couchette convenable. L'entrée est constituée d’une petite ouverture placée assez haut, et qui oblige à monter plusieurs marches, faites de rochers, avant d'y accéder. Il passait tout le mois de Ramadân cahaque année dans cette même grotte, en méditation et en vie ascétique. De temps en temps, sa femme envoyait Ali (as) lui apporter des provisions. Il arrivait aussi que des voyageurs égarés jouissent de son hospitalité et partagent avec lui ses maigres provisions. Quand il rentrait de cette retraite, il se rendait d'abord à la Ka’ba, pour y faire les 7 circonspections rituelles avant de rejoindre son domicile.

 

 

TROISIEME SECTION

 

DE LA REVELATION A L’HEGIRE

 

CHAPITRE I MISSION PROPHETIQUE ET APPEL

 

CHAPITRE II DEBUT DE L’APPEL PUBLIC ET LES HOSTILITES

 

CHAPITRE III LES PERSECUTIONS QORAYSHITES CONTRE LE PROPHETE ET L’ISLAM

 

 

CHAPITRE I MISSION PROPHETIQUE ET APPEL

 

AU SEIN DU MESSAGE

 

Tel que nous l’avons déjà souligné, les parents du prophète (ç)s étaient des monothéistes d’une bonne ascendance. Il bénéficia dès l »enfance d’une assistance particulière de la part d’Allah. Imam Ali évoque cette époque en ces termes : « … Allah le fit assister nuit et jour d’un grand ange depuis qu’il fut sevré. Cet ange l’a orienté vers la grandeur et les nobles comportements. (La voie de l’éloquence, discours 192). Imam Bâqir ajoute d’ailleurs : « Dieu fit descendre un grand ange pour veiller sur Mouhammad (ç) dès son sevrage, afin de l’initier au bon comportement et le protéger des mauvais actes. C’est ce même ange qui communiquait avec Mouhammad (ç) bien avant la révélation. Il disait : « Salam à toi ! Ô Mouhammad (ç), messager de Dieu. Il se disait que cette voix venait des rocher sur le sol ? et quelque soit sa concentration il ne réalisait pas vraiment d’où venait la voix ». (Ibn Abi Hadid dans Sharh Nahjul-balagha, t 12, p 207).

Le prophète (ç) passait tout son temps à méditer sur les problèmes de la société mecquoise. Cette atmosphère souillée le perturbait beaucoup. Et il n’avait de choix que se retirer d’elle de temps en temps. A trente neuf ans il avait déjà une vision large du monde et avait l’impression d’être à mesure de plonger dans les mystères du monde. Tout ce qui avait entendu des membres de sa famille et des savants comme Bahîra et Nestor semblait se concrétisé peu à peu. Car il voyait une lumière particulière et percevait la réalité des chose. Il fut plusieurs fois apostrophé par les échos du suprasensible. Mais il n’apercevait personne. Il entendait en songe des voix qui le désignaient comme prophète (ç). Il fut même un jour appelé messager de Dieu en plein désert. Et lorsqu’il demanda qui c’était, la voix lui répondait : « c’est moi l’ange Gabriel. Dieu m’a envoyé t’annoncer que tu es prophète (ç). Et quand le prophète (ç) le relatait à son épouse, celle-ci disait : « j’espère que ce soit ainsi ». Il passait quelques jours dans la grotte du mont Hirâ, dans la tranquillité, la sérénité, versé dans des imprécations et des invocations. Ce genre de pratique remonte à son grand-père Abdoul Moutallib qui avait l’habitue de se retirer pour des fin spirituelles. Il se rendait dans le mont Hirâ pendant le mois sacré du Ramadan et revenait nourrir les pauvres après.

 

DEBUT DE LA REVELATION

 

Ce fut dans les entrailles du mont Hirâ pendant une nuit du mois de Ramadan, qu’à 40 ans, Dieu le Très-Haut délégua l’ange Gabriel pour assigner Mouhammad (ç) (ç) de Son message. Cette nuit-là, l'esprit de Vérité descendit avec le décret de Dieu et une lumière pour l'humanité. La lune blanche décroissante brillait dans le ciel quand, tout à coup, Mouhammad (ç) (ç) perçut une présence dans la grotte. Une voix vint briser le silence de la nuit : « Lis! » Mouhammad (ç), troublé répondit : « Je ne sais pas lire ». Lorsque la voix répéta l'ordre, c'était comme si la terre s'était mise à trembler : « Lis ! » - « Je ne sais pas lire » Il était soudain pris de peur et celui qui avait l’habitude de venir passer des jours là était incapable de bouger. « Lis ! », répéta l'impressionnante voix. « Que dois-je lire ? » Puis, soudainement, il se sentit libéré ; le temps et l'espace étaient comme suspendus, les cieux et la terre réunis. L'humanité venait d’entrer dans une nouvelle ère. Puis l’ange révéla : « 1. Lis, Au nom de Ton Seigneur qui a créé. Il a créé l'homme d'une adhérence. Lis! Ton Seigneur est le Très noble qui a enseigné par la plume [le calame]. Il a enseigné à l'homme ce qu'il ne savait pas ». (Sourate 96 : 1-5).

Allah revient sur cet événement dans deux passages du saint Coran : « 1. par l'étoile à son déclin! Votre compagnon ne s'est pas égaré et n'a pas été induit en erreur. Et il ne prononce rien sous l'effet de la passion; ce n'est rien d'autre qu'une révélation inspirée que Lui a enseigné [L'Ange Gabriel] : à la force prodigieuse, doué de sagacité. C'est alors qu'il se montra sous sa forme réelle [angélique]. Alors qu'ils se trouvait à l'horizon supérieur. Puis il se rapprocha et descendit encore plus bas, et fut à deux portées d'arc, ou plus près encore. Il révéla à son serviteur ce qu'il révéla. Le coeur n'a pas menti en ce qu'il a vu. Lui contestez-vous donc ce qu'il voit? » (Sourate 53 NAjm : 1-12)

Et aussi : «  Non!... Je jure par les planètes qui gravitent, qui courent et disparaissent! Par la nuit quand elle survient! Et par l'aube quand elle exhale son souffle! Ceci [le Coran] est la parole d'un noble Messager doué d'une grande force, et ayant un rang élevé auprès du Maître du Trône, obéi, là-haut, et digne de confiance. Votre compagnon (Mouhammad (ç)) n'est nullement fou. Il l'a effectivement vu (Gabriel), Au clair horizon et il ne garde pas avarement pour lui-même ce qui Lui a été révélé. Et ceci [le Coran] n'est point la parole d'un Diable banni. Où Allez-vous donc? » (Sourate 81 Takwir : 15-26).

 

MAUVAISE INTERPRETATION SUR LA REVELATION

 

Des allégations et des propos inacceptables ont été rapportés dans les livres d’histoire et de hadiths au sujet de la façon dont le prophète (ç) reçu le message. Des allégations qu’on se doit de réfuter car elle polluent les livres d’histoire écrits même en persan :

- Aicha dit : « c’est à travers un rêve réel que le prophète (ç) reçut la révélation pour la première fois. Tout ce qu’il voyait en songe se manifestait. C’est ainsi qu’il prit goût à rester seul loin de tout. Il passait la plupart de son temps dans la grotte du mont Hirâ. Après quelques nuits au sein de cette caverne, il pouvait rejoindre sa famille pour avoir des provisions de Khadidja et retourner dans sa tanière. Il en fut ainsi jusqu’au jour où la révélation lui fut inspirée. Un ange vint vers lui et dit : « Lit ! Je ne peux pas, répondit Mouhammad (ç) (ç). L’ange le serra si fort qu’il n’avait plus de force pour résister. Puis il le lâcha et dit : « Lit ! Je ne sais pas lire, dit le prophète (ç) (ç). Il me serra pour une deuxième fois, puis me lâcha disant : « Lit ! Je ne sais pas lire. Il renouvela une fois de plus la prise. Pour une dernière fois lange dit : « Lit ! Au nom de ton Seigneur qui a crée… Le messager de Dieu revint chez lui tout tremblant et dit à Khadidja : « couvrez-moi ! Couvrez-moi ! Elle l’enveloppa d’une couverture épaisse. Une fois revenu à lui, le prophète (ç) narra le film de l’événement à son épouse e ajouta : « Je crains beaucoup la réaction des miens. Khadidja le rassura : « Jamais ! Je jure que Dieu ne te dédaignerai point. Car tu a toujours été affectueux et dévoué envers ta tribu. Tu as toujours été généreux envers les gens, charitable envers les pauvres et hospitalier envers quiconque était dans le besoin. Khadidja emmena Mouhammad (ç) chez Waraqa ibn Nawfal ibn Asad ibn Abdou Uzzâ son cousin paternel de Khadidja (il avait embrassé le christianisme aux temps antéislamiques il connaissait lire et écrire l'arabe et avait traduit vers l'arabe des passages de l'Evangile autant qu'Allah avait voulu. A cette époque, il était âgé et était devenu aveugle: « O mon cousin, lui dit Khadidja, écoute ce que va te dire le fils de ton frère ». - « O fils de mon frère!, répondit Waraqa ibn Nawfal, de quoi s'agit-il? ». Le Prophète (ç) (ç) lui raconta alors ce qu'il avait vu. « C'est l'archange, dit Waraqa ibn Nawfal, qu'Allah a envoyé autrefois à Moïse (Moussa) (as). Plût à Allah que je fusse jeune en ce moment! Ah! Comme je voudrais être encore vivant à l'époque où tes concitoyens te banniront! ». - « Ils m'exileront donc? », s'écria le Prophète (ç) (ç). - « Oui, reprit Waraqa Jamais un homme n'a apporté ce que tu apportes sans être persécuté! Si je vis encore en ce jour-là, je t'aiderai de toutes mes forces ». ( Boukhari, t1, p59 ; Mouslim t,2, p197-204 n°231, Tabari, t2, p 205-206).

 

 ANALYSE ET CRITIQUE

 

Le hadith sous cette forme est inacceptable car le texte et la chaîne de transmission a subi des altérations :

1- Aicha est cette qui rapporte ce hadith, or elle est née quatre ou cinq ans après la révélation. Par conséquent, elle n’a pas été témoin oculaire de l’événement. En plus, elle n’évoque pas le nom de celui à qui elle aurait entendu le hadith. Donc ce hadith ne peut être accepté.

2- Tel que le stipule ce hadith, l’ange aurait demandé plusieurs fois à Mouhammad (ç) de lire. Il répondait toujours qu’il ne pouvait pas lire. Or, il serait illogique que Dieu et l’ange ordonnent au prophète (ç) de lire (à partie d’un planche ou d’un autre support) alors qu’Ils savent parfaitement que ce dernier ne sait pas lire. De même, il n’aurait pas été si compliqué de lire s’il s’agissait de répéter les propos de l’ange car le prophète (ç) était un adulte intelligent.

3- A quoi peuvent signifier les étreintes de l’ange sur le messager de Dieu, alors que lire relève de l’activité cérébrale. Serrer quelqu’un ne peut pas l’aider à apprendre à lire. Et si on suppose que ce geste visait à lui transférer le pouvoir pour lire, on peut trancher immédiatement que La Volonté divine suffit souvent dans les cas pareils. On ne peut imaginer non plus que cette pression visait à établir une relation entre le prophète (ç) et La Providence, car, tel qu’Allah le laisse comprendre dans le saint Coran, les prophète (ç)s entrent en relation avec l’Invisible sous trois formes : « connexion directe, c’est-à-dire sans intermédiaire, au cours de laquelle le prophète (ç) reçoit le message. Parfois, c’est à travers une voix que le messager, sans toutefois apercevoir le porteur du message, entre en contact avec Dieu. Enfin, c’est un ange qui vient en personne livrer le contenu du message dont il est mandataire. Le prophète (ç) ne subissait des pressions que lorsque le message venait sans intermédiaire. Des pressions qu’il supportait en dépit du fait qu’elles laissaient des marques sur son visage tout en le faisant transpirer à grandes gouttes. Cependant, lorsque le message était porté par l’ange, le prophète (ç) ne ressentait rien d’anormal. Imam Sâdiq l’exprime en ces mots : « Chaque fois que l’ange Gabriel apportait le message, le prophète (ç) le reconnaissait et disait : ça c’est Gabriel ! Ou Gabriel m’a dit ceci ou cela. Par contre, il était toujours secoué jusqu’à la lisière de l’évanouissement lorsque le message venait directement, (re2,p134). L’ange Gabriel n’entrait pas chez le prophète (ç) sans permission lorsqu’il avait un message pour lui. Et quand il entrait, il faisait preuve de respect et de courtoisie. Tous les historiens sont unanime que les premiers versets du saint Coran ont été portés au prophète (ç) par l’ange Gabriel dans la grotte du mont Hirâ. Par conséquent, il n’a été l’objet d’aucune pression de sa part. il importe de noter ici que le prophète (ç) avait des soucis psychologiques, non pas pour le message qu’il recevait, mais pour l’oppression redoutable des idolâtres.

4- Bien avant la révélation, Mouhammad (ç) était initié aux choses qui relevaient de l’Invisible. D’où la peur et l’angoisse n’avaient plus de signification pour lui. Et selon certaines sources historiques, l’ange Gabriel l’aurait rendu visite samedi et dimanche. Lundi fut la troisième fois, accompagné du message. Le prophète (ç) n’était pas à sa première rencontre avec l’ange dans la grotte de Hirâ. De toute les façons, Allah n’a jamais mandaté quelqu’un de la responsabilité de porter son message sans avoir au moins à le préparer au préalable.

5- Comment peut-on admettre que Kadidja soit plus avertie sur certaines choses que le prophète (ç) de l’islam (ç) ? Au point de comprendre immédiatement que Mouhammad (ç) venait de recevoir le message.

6- Supposer que Mouhammad (ç) (ç) n’eût pris conscience de la responsabilité à laquelle il venait d’être  porté (guider l’humanité vers la voie de la vérité) et qu’il n’arrivait pas aussi à distinguer le Message de Dieu (jusqu’à ce qu’un vieux chrétien vint le rassurer à base des données qu’il avait dans son manuscrit) parait un peu inconcevable et ne demande même pas d’argument pour le réfuter.

7- Notons surtout qu’une telle scène n’entoure l’histoire de la révélation d’aucun prophète (ç) dans les textes de base islamique, quand bien même les circonstances de la prophétie de certains d’entre eux demeurent néanmoins entouré de pleins de mystères (c’est me cas de la prophétie de Moïse.

8- Le doute que sèment ces allégations ne concorde pas avec les versets coraniques : « Le coeur n'a pas menti en ce qu'il a vu ». (Sourate 53 Najm : 11). Tabrisi, un grand savant affirme : « Dieu ne suscite un prophète (ç) qu’avec des preuves évidentes qui lui permettent d’avoir le cœur et l’esprit net et réaliser que ce qui lui est révélé vient effectivement de Dieu Le Très Haut. Ainsi, il n’a plus aucune raison d’avoir peur ou de s’inquiéter ». (Majma’ul Bayan, commentaire du premier verset de la Sourate Moudassir, t10, p384).

Répondant à l’un de ses compagnons qui venait de demander si le prophète (ç) ne manifestait pas de doute et d’inquiétude  lorsqu’il recevait le message, imam Sâdiq (as) déclare : « Dieu remplit toujours le cœur de son serviteur de paix et de sérénité avant de lui attribuer Son Message, tout en faisant en sorte qu’il ne le confonde à aucune autre manifestation de l’âme. Tout est évident pour lui ».

Les commentateurs de Boukhari et Mouslim (dans lesquels les hadiths de Aicha y sont figurés), en dépit du fait que ce sont de grands savant se sont lancer dans des explications sans fondement pour soutenir la validité du hadith de Aicha. Des hadiths du même genre tels que celui d’Abdoullah ibn Shaddâd, Oubeid ibn Oumeir, Abdoullah ibn Abbas et Ourwa ibn Zoubeir sur l’accession à la prophétie de Mouhammad (ç) sont inventés et ne tiennent pas face à l’évidence de nos arguments. (Sayyed Mourtadh Askari, le rôle des imams dans la sauvegarde de la religion). Cet d’allégations ressortent aussi des livres chrétiens qui s’en servent énergiquement pour fustiger l’islam et son messager.

 

APPEL SECRET

 

Le prophète (ç) (ç) a passé trois ans à inviter secrètement les gens à l’islam. Les circonstances semblaient trop difficiles pour lancer l’appel général. Il passa alors trois ans à s’entretenir avec quiconque il trouvait réceptif et ouvert pour accepter le monothéisme. Les Qorayshites étaient au courant de sa prophétie. Et ils disaient lorsqu’ils le voyaient prier dans le sanctuaire : « Le jeunhomme de Bani Abdoul Moutallib cause avec le ciel ». Mais les gens n’étaient pas au courant des actions qu’il menait discrètement. Raison pour laquelle aucune contre-réaction n’est notable au cours de cette période.

Un bon nombre de personnes embrassa l’islam. L’un d’eux, Arqam mit son domicile situé au pied du mon Saffa à la disposition du prophète (ç). Il s’y réunissait avec les premiers musulmans jusqu’au début de l’appel public. Ils y priaient et tenaient des assises au cours desquelles le prophète (ç) enseignait déjà les principes de la religion.

 

PREMIER MUSULMAN ET PREMIERE MUSULMANE

 

Tous les historiens s’accordent sur le fait que Khadidja est la toute première femme à embrasser l’islam. Tandis que Ali (as) reste le premier homme à accepter l’islam (Ibn Hishâm, les premiers musulmans). Il est tout à fait naturel que les gens qui vivaient avec lui dans la maison soient les premiers à croire en lui. Ils sont les premiers à recevoir les échos de ce qui s’était passé au mont Hirâ.

 

LES PREUVES DE LA PRIMAUTE DE ALI A EMBRASSER L’ISLAM

 

Tenant en compte ce qui a été déjà dit jusqu’ici, quand bien même aucune chaîne de transmission de hadith n’appuie ce sujet, la primauté de l’adhésion d’Ali à l’islam reste irréfutable est une réalité qui ressort des arguments suivants :

1- Le prophète (ç) (ç) affirme en effet dans une assemblée de musulmans : « Ali ibn Ali Talib, le premier des musulmans, sera la première personne que je rencontrerait près de la Fontaine le jour du jugement.

2- les grands compilateurs de hadiths déclarent : « le prophète (ç) reçut la mission prophétique lundi et Ali pria le lendemain avec lui.

3- Imam Ali (as) affirme personnellement : « Ce jour l’islam n’avait pour seuls membres que les gens de la maison du prophète (ç) : Mouhammad (ç), Khadidja et moi-même en troisième position. Je percevait la lumière de la révélation et sentait le parfum de la prophétie ».

4- Le prince des croyants déclare ailleurs : « Seigneur ! Je suis le premier à s’être tourné vers toi en répondant présent à l’appel de ton prophète (ç). Je suis le seul à avoir prié avec lui pour la première fois ».

5- Il souligne encore : « Je suis le serviteur de Dieu, le frère du prophète (ç) et le grand confirmateur. Il ne tient que des propos mensongère en dehors de ce que je dis. J’ai prié seul près de sept ans avec le prophète (ç) ».

6- Oufeif ibn Qays Kindi dit : « J’étais un vendeur de parfum à l’époque de l’ignorance. Je fus l’hôte d’un grand Mecquois, Abbas (l’oncle du prophète (ç)) lors d’un voyage d’affaire. J’étais assis un jour dans le sanctuaire de la Ka’ba près d’Abbas. Le soleil était au milieu de son parcours et il faisait très chaud ? c’est alors que je vis un jeune au visage rayonnant entrer dans les lieux. Il leva la tête, observa le ciel et se tint face à la Ka’ba et commença à prier. Quelques instants après un jeune adolescent vint se joindre à lui en se tenant à la droite de l’autre. Peu après une femme bien voilée les rejoignit en se plaçant très exactement derrière les deux hommes. Tous les trois se donnaient à des prières, à des génuflexions et à des prosternations.

Très surpris par une telle attitude de la part de trois jeunes personnes adoptant une autre doctrine au centre de l’idolâtrie, je m’exclamai : « Quelle scène ! il répéta la même phrase après moi tout en ajoutant : « Connais-tu ces trois personnes ? Non répondis-je. Le premier est mon cousin Mouhammad (ç) ibn Abdoullah, le second Ali ibn Abou Talib, un autre cousin, et la troisième personne n’est rien d’autre que l’épouse de Mouhammad (ç). Mouhammad (ç) déclare que c’est la religion venant de Dieu. Pourtant, en dehors d’eux trois, personnes d’autre n’a encore adhéré à cette religion ». On constate donc qu’en dehors de Khadidja, nul autre excepté Ali ne s’était encore soumis à l’islam. La priorité de l’adhésion à l’islam est une valeur reconnue dans le saint Coran : « Les premiers (à suivre les ordres d'Allah sur la terre) ce sont eux qui seront les premiers (dans l'au-delà). Ce sont Ceux-là les plus rapprochés d'Allah ». (Sourate 56 Wâqiya : 11-10). Le saint Coran attribue plus de mérites à ceux qui ont embrassé l’islam en premier par rapport aux autres, surtout après la conquête de la Mecque : « Et Qu'avez-vous à ne pas dépenser dans le chemin d'Allah, alors que C'est à Allah que revient l'héritage des cieux et de la terre? On ne peut comparer cependant celui d'entre vous qui a donné ses biens et combattu avant la conquête... ces derniers sont plus hauts en hiérarchie que ceux qui ont dépensé et ont combattu après. Or, à Chacun, Allah a promis la plus belle récompense, et Allah est Grand-Connaisseur de ce que vous faitesé ». (Sourate 57 Hadid : 10).

Les raisons qui font en sorte que les gens qui ont cru avant la conquête de la Mecque (8ème année de l’hégire) aient plus de mérites que les autres  résident dans la situation précaire de l’islam à cette époque où le moindre mouvement contre le polythéisme était réprimandé. La Mecque demeurait alors une digue infranchissable où le culte des idoles était de mode. Ces premiers musulmans mirent leurs biens et leur vie à la disposition de l’appel dans l’islam. Certes, les musulmans commencèrent à se sentir en sécurité qu’après l’hégire à Médine et l’adhésion des tribus telles que les Aws et les Khazraj. La preuve en est que les croyants sont toujours sortis tête haute des multiples batailles de déstabilisation organisées par le front anti- religieux. Tout compte fait, le danger restait toujours éminent ; d’où la moindre participation financière ou morale était d’une valeur inestimable.

 

LES VAGUES DE PREMIERS MUSULMAN

 

Deux groupes de la tranche sociale se présentent comme premier dans l’adoption de l’islam :

A- Les jeunes

Les jeunes moins affectés par l’idolâtrie sont les premiers à s’intéresser à la chose islamique, contrairement au vieux un plus conservateur vue leur ancienneté dans le culte des idoles. L’esprit d’éveil des jeunes était disposés à accepter la foi islamique rationnelle. La plupart des révolutions ont d’ailleurs eu à puiser son dynamisme de décollage auprès de cette tranche d’âge réceptive. Un rapport historique montre les jeunes et les laisser pour contre sont ceux qui embrassaient l’islam avec ferveur pendant la période de l’appel secret. (Tabaqât koubra d’Ibn Sa’d, t1, p199, Beyrouth, Dar Sâdir).  A l’issu de multiples plaintes vaines adressées par les notables Qorayshites à l’oncle du prophète (ç) (ç) pour le sommer d’arreter ses agitations, ceux-ci finir par dire : « Nous sommes venus te voir à plusieurs reprises pour te demander de dire à ton neveu de ne plus manquer de respect envers nos dieux et de ne plus dévier nos enfants et nos serviteurs… ».

Les grands de Tâ’if réagirent virulemment contre le prophète (ç) (lors de son voyage de prêche dans cette contrée) afin qu’il ne contamine pas sa jeunesse. Les délégués dépêchés par les Qorayshites pour rapatrier les jeunes émigrants musulmans qui avaient choisi l’Abyssine comme terre d’asile prirent pour argument l’incitation de la jeunesse à la révolte pour convaincre le Négus. Le prophète (ç) invita à l’islam un homme de la tribu Houzeil de passage à la Mecque. Abou Jahl s’en alla mettre la tribu Houzeil en garde contre Mouhammad (ç) : « Malheur à vous si vous écoutez ce qu’il dit. Car il nous traite d’écervelés et considère nos ancêtres comme les gens de la Géhenne. Bref il tient des discours incroyable dont il faut se méfier ». Les Houzeili répondirent : « Pourquoi ne le chassez-vous pas de votre cité ? S’il quitte la ville,il va entraîner les jeunes avec ses propos éloquents. Et grâce à eux il peut lancer une attaque sur nous, justifia Abou Jahl ».

Outba, une figure remarquable des Qorayshites, se plaint à Sa’d ibn Zarâra (un notable Khazraj) au sujet des méfaits que cuasent les agitations de Mouhammad (ç) sur sa jeunesse. Les jeunes qui adhérèrent à l’islam à cette époque crutiale avaient moins de trente ans : Sa’d ibn Waqâs (17 ou 19 ans), Zoubeir ibn Awwâm (15 ou 16 ans), Abdou Rahmâne ibn Awf (30 ans, car il naquit 10 ans après l’événement de l’éléphant), Mous’ab ibn Oumeir (25 ans environ, car il avait 40 ans lorsqu’il tomba en martyr dans la bataille de Ouhoud (3ème année hégire). Arqam qui avait mis sa maison au service de l’islam vacillait entre 20 et 30 ans, car il avait plus de 80 ans lorsqu’il mourut en l’an 55 hégire.

 

B- Les misérables et les opprimés.

Il s’agit des esclaves et des affranchis qui selon la tradition arabe garde toujours une relation avec son maître. Cette désignation concerne aussi les étrangers venus de certains points et ayant élu la Mecque comme lieu d’asile. Et comme ceux là n’avaient pas de rapports tribaux avec les autres, ils étaient alors obligés de vivre sous la protection d’une tribu puissante afin de protéger leur vie et leurs biens. Mais ils ne jouissaient pas des mêmes droits avec les Qorayshites qui les considéraient comme les gens de basse condition. L’islam avec ses principes de justice et d’équité s’est présenté comme une aubaine pour ces personnes faibles. Un échec que les mécréants s’efforçaient de masquer en traitant l’islam de religion qui ne regroupe que les misérables et les esclaves.

Un hadith dévoile que les Qorayshites se moquaient des compagnons de basse condition qui se regroupaient autour du prophète (ç) dans la mosquée de la Mecque. Parmi eux ont pouvait noter Ammar Yasir, khabbab ibn Arat, Souheib ibn Sînân, Bilal ibn Rabâh Abou Foukeina et Amir ibn Fouheira. Les Qorayshites mouchardaient sur eux disant : « Regardez : Voilà ses camarades. Dieu n’a vu que ceux-ci pour leur accorder les faveurs d’adhérer à l’islam afin d’être guidés ». Un groupe de Qorayshites passant un jour près d’une assemblée constituée du noble prophète (ç) et des compagnons tels que Souheib, Khabbab, Bilal, Ammar… proféra : « Mouhammad (ç) ! De toute ta tribu n’y a-t-il que ces gens que tu a vu pour en faire tes adeptes ? Veux-tu que nous les suivons, ou Dieu n’aurait-Il accordé ses faveurs qu’à eux. Eloigne-les de toi ; peu-être nous te suivront ». Pour répondre à ces provocation Dieu révéla ces versets : « Et ne repousse pas ceux qui, matin et soir, implorent leur Seigneur, cherchant Sa Face ‹Wajh›. Leur demander compte ne t'incombe aucunement, et te demander compte ne leur incombe en rien. En les repoussent donc, tu serais du nombre des injustes. Ainsi, éprouvons-Nous (les gens) les uns par les autres, pour qu'ils disent: ‹Est-ce là ceux qu'Allah a favorisés parmi nous?› N'est-ce pas Allah qui sait le mieux lesquels sont reconnaissants? ». (Sourate 6 An’âm : 52-53).

Les Qorayshites dépêchèrent des gens vers Médine dès le début de la mission prophétique faire des recherches sur Mouhammad (ç) : « Nous sommes venus vous voir par rapport aux choses qui se déroulent dans notre cité, s’exprima le délégué Qorayshites devant le chef des juifs. Un jeune orphelin tient des propos révoltant en se faisant passer pour l’envoyé du miséricordieux. Or nous ne connaissons aucun miséricordieux en dehors de celui qui vie dans Yamâma ». Les juifs posèrent des questions précises sur la personnalité de Mouhammad (ç) telles que : « qui sont ses suiveurs ? Nos subalternes, répondit les hôtes. Tout en Souriant, le savant Juif déclara : « Il s’agit du prophète (ç) dont les caractéristiques figurent dans nos écrits. Son peuple sera son pire ennemi ».

L’entrée précipitée des misérables à l’islam ne se justifie pas par l’appartenance à une classe ou à un quelconque avantage. Au contraire, c’est à cause du fait que l’islam présentait un régime théologique ou le gouvernement appartient à Dieu et non aux êtres. Doctrine inadmissible pour les tyrans orgueilleux brûlant d’adversité envers cette religion. Même situation que les prophète (ç)s d’antan : « Les notables de son peuple qui avaient mécru, dirent alors: ‹Nous ne voyons en toi qu'un homme comme nous; et nous voyons que ce sont seulement les vils parmi nous qui te suivent sans réfléchir; et nous ne voyons en vous aucune supériorité sur nous. Plutôt, nous pensons que vous êtes des menteurs› ». (Sourate  11Houd :27) Et aussi :  « Et aux Madyan, leur frère Chuaïb: ‹Ô Mon peuple, dit-il, Adorez Allah. Pour vous, pas d'autre divinité que Lui. Une preuve vous est venue de votre Seigneur. Donnez donc la pleine mesure et le poids et ne donnez pas aux gens moins que ce qui leur est dû. Et ne commettez pas de la corruption sur la terre après Sa réforme. Ce sera mieux pour vous si vous êtes croyants. Et ne vous placez pas sur tout chemin, menaçant, empêchant du sentier d'Allah celui qui croit en Lui et cherchant à rendre ce sentier tortueux. Rappelez-vous quand vous étiez peu nombreux et qu'il vous a multipliés en grand nombre. Et regardez ce qui est advenu aux fauteurs de trouble ». (Sourate 7 A’râf : 85-86).

 

LE PROPHETE APPELE SA FAMILLE A L’ISLAM

 

Trois ans après la révélation, l’ange Gabriel vint révéler au prophète (ç) sous ordre divin d’inviter sa famille à l’islam :  « Et avertis les gens qui te sont les plus proches. Et abaisse ton aile [sois bienveillant] pour les croyants qui te suivent.  Mais s'ils te désobéissent, dis-leur: ‹Moi, Je désavoue ce que vous faites› ». (Sourate 26 Shou’arâ : 214-216). Une fois le verset révélé, le messager demanda à Ali ibn Abou Talib de préparer un apéritif et de convier tous les enfants d’Abdou Moutallib afin que je leur transmette le message de Dieu. Quarante personnes environ furent rassemblées. On distinguait parmi eux Abou Talib, Hamza, Abou Lahab… La quantité de met était proportionnellement inférieure au nombre de personnes. Mais, non seulement tout le monde mangea à satiété, il eut aussi reste de repas. Abou Lahab lança : « Ceci relève de la magie. Celui-ci vous a ensorcelés ». Une déclaration qui vint briser net l’ambiance conviviale que le prophète (ç) avait su crée pour passer son message. Il fut alors contraint de reporter.

Le messager de Dieu remit ça le jour suivant dans les mêmes conditions, en demandant à Ali de mijoter quelque chose pour les invités. A la fin du repas, le prophète (ç) se leva et dit : « Je vous apporte ce qu’un Arabe ne vous ait jamais apporté. Je vous annonce la bonne nouvelle qui vous procurera le bonheur ici bas et dans l’au-delà. Dieu m’a ordonné de vous inviter à Lui. Alors qui voudrait bien m’aider parmi vous afin de devenir mon frère, mon testamentaire et mon successeur ? ». Personne ne réagit, en dehors d’Ali qui paraissait le plus petit de l’assistance : « O messager ! Je vais t’assister ». Le prophète (ç) déclara ensuite : « celui est mon frère, mon testamentaire et mon successeur parmi vous. Ecoutez-le et obéissez-lui ».

Le sujet nous porte vers un terrain de méditation sur la prophétie et l’imamat qui sont deux piliers diptyques inséparables. Car le prophète (ç) annonça la future autorité religieuse des musulmans au même moment que la prophétie. D’autre part, le prophète (ç) n’a pas évoqué la chose une seule fois lors de l’événement de Ghadir. Au contraire, il n’a jamais manqué d’occasion pour réitérer cette déclaration (telles que « le hadith manzil »). Certes l »événement de Ghadir demeure la seule circonstance au cours de laquelle il en a parlé avec plus de détailles. L’ordre de descente des sourates suffit pour montrer que l’invitation de sa famille à l’islam fut immédiatement suivie de l’appel public.

 

APPEL PUBLIC ET DEBUT DES HOSTILITES

 

Après un bon d’appel secret, le prophète (ç) reçut l’ordre de propager son message et de ne pas avoir peur des mécréants : « Expose donc clairement ce qu'on t'a commandé et détourne- toi des associateurs. Nous t'avons effectivement défendu vis-à-vis des railleurs ». (Sourate 15 Hijr : 94-95). Le messager était à « Abtah » près de Minâ lorsque ce verset lui fut révélé. Il se tourna alors et dit aux gens : « Je sui l’envoyé de Dieu. Je vous invite à l’adoration d’un seul Dieu. Je vous demande d’abandonner les idoles qui n’apportent ni profit, ni perte, qui n’ont ni crée et qui ne donnent pas le pain quotidien. Des idoles qui ne font revivre ni mourir ». (ref 3 p 149). La mission du prophète (ç) amorça des ce jour un nouveau tournant. Ainsi lors du pèlerinage, à Minâ et parmi les tribus proches, le prophète (ç) engagea ses prêches et ses enseignements. Ce qui ne manqua pas de susciter la réaction des Qorayshites.

 

LES EFFORTS DES QORAYSHITES

 

Les Qorayshites jusqu’ici restaient indifférents face à l’action de Mouhammad (ç), et n’entrèrent en action que lorsque ce dernier s’en prit ouvertement à leurs idoles qu’ils taxaient d’abomination. Il les traitèrent de choses sans objet et inefficaces. Les Qorayshites prirent le devant pour s’opposer à la mission du noble prophète (ç). Il ne s’en prirent pas directement à lui directement à lui car ils ne voulaient pas engendrer un conflit familial à cause de la présence d’Abou Talib le chef de Bani Hâshim. Ils jugèrent mieux alors aller voir Abou Talib pour lui demander de faire taire son neveu. Prenant pour raison que le prophète (ç) traite leurs dieux de sans esprit et eux-mêmes d’éperdus, les Qorayshites exigèrent l’intervention d’Abou Talib à qui ils avaient du respect par son âge et son rang social. Ils sont allés jusqu’à proposer de donner au prophète (ç) tout ce qu’il voulait (si les biens qu’il visait). Entreprise vaine car Mouhammad (ç) n’arrêta pas son mouvement.

Les Qorayshites suggérèrent alors à Abou Talib d’avoir un entretien sérieux avec son neveu, en compagnie de Oumâra ibn Mouguira. Le prophète (ç) répondit sereinement : « Cher oncle ! Si on me met le soleil dans la main droit, et la lune dans la mai gauche je n’abandonnerai jamais l’appel à l’islam jusqu’à ce que Dieu le porte au triomphe ou que je sois anéanti dans cette voie ».

 

LE SOUTIEN D’ABOU TALIB

 

Face à la fréquence des persécutions Qorayshites, Abou Talib fit savoir à son neveu qu’il peut compter sur lui à tout moment. Tous les autres membres du clan Hâshim, musulmans comme non musulmans, réitérèrent cette motion de soutien. Une façon de signifier aux Qorayshites que si jamais ils s’en prenaient violemment à leur fils, ils feront face à leur vengeance. Craignant les méfaits de l’éventualité d’une guerre tribale dont l’issu serait incertaine, les Qorayshites ne mirent par leur menaces à exécution. Abou Lahab était le seul Hâshimite reconnu comme ennemi déclaré de l’islam.

 

RAISON ET DEGRE DE L’OPPOSITION DES QORAYSHITES

 

La question qui se pose immédiatement est pourquoi les Qorayshites vouèrent une opposition farouche à l’islam dès le début de l’appel public, alors que les enseignements islamiques n’étaient pas encore si fournis pour faire l’objet d’inquiétude et susciter une telle réaction. Quel danger avaient-ils pressentis face aux premiers versets coraniques pour lancer une telle offensive. Est-ce juste pour défendre la dignité de leurs idoles qu’ils manifestèrent cette animosité envers l’islam ? Ou alors d’autres raisons soutiennent cette attitude ? (il s’agit en fait ici de l’engagement des notables Qorayshites ? Pourtant, le peuple suit leur chef. Appeler le peuple au soulèvement contre une nouvelle religion était si simple car les Arabes étaient très conservateurs par rapport à leurs traditions).

Il n’est pas si difficile de comprendre la réaction des Qorayshites face à l’avènement de l’islam car grâce au commerce, ils avaient acquis une certaines puissances économiques. Ils ne toléraient alors aucune concurrence et rien ne peut se faire sans leur consentiment. Et agissait hostilement face à toute personne ou tribu qui voulait rivaliser avec eux. Il est donc tout à fait naturel que les notables Qorayshites ne tolérassent guère la religion de Mouhammad (ç). Ils avaient compris dès le début que l’islam Mouhammad (ç)ien allait contre leurs pratiques idolâtriques. Et sachant que les gens allaient adhérer à son mouvement, les Qorayshites ne se voyaient pas en train de le laisser faire.

 

CRAINTE D’UNE MUTATION DU SYSTEME SOCIAL

 

Le système social mecquois, quoique reposant sur la tribu avait au fil des temps commencé à fonctionner sous l’égide de la puissance Qorayshite. Les notables Qorayshites avaient institué un ordre social dans lequel ils avaient le monopole de certaines choses. En ralliant dans ses rangs les jeunes, les misérables, les faibles et les esclaves, l’islam essayait de secouer les piliers d’une aristocratie fondée sur le gouvernement des riches et des nantis. Par ailleurs, le prophète (ç) n’appartenait pas à la première classe de la société puisque dès la naissance il était déjà orphelin et malgré le fait qu’il ait grandi chez Abou Talib un homme modeste sans moyen, il n’a pas pu se hisser au cime de la société. L’appel du prophète (ç) semblait être alors le début d’un dérèglement de la structure sociale. Les Qorayshites n’eurent-ils pas dépêché des émissaires pour aller faire rapatrier les premiers émigrants musulmans de l’Abyssine ? Le saint Coran déclare souligne la raison pour laquelle aucun notable ne s’est présenté au prophète (ç) : « Est-ce eux qui distribuent la miséricorde de ton Seigneur? C'est Nous qui avons réparti entre eux leur subsistance dans la vie présente et qui les avons élevés en grades les uns sur les autres, afin que les uns prennent les autres à leur service. La miséricorde de ton Seigneur vaut mieux, cependant, que ce qu'ils amassent ». Un exégète confirme que le verset fut révélé au sujet de Walid ibn Mouguira le chef de la tribu Makhzoûm. Walid dit un jour : « Pourquoi le Coran est révélé plutôt à Mouhammad (ç) qu’à moi ? Alors je suis l’un des grands des Qorayshites. Les Mecquois s’opposaient à l’islam pas en tant que religion, mais en tant que nouvel ordre social.

 

SOUCI ECONOMIQUE

 

Certains chercheurs estiment que la réaction des Qorayshites découlent du fait qu’ils amassaient les biens sur le dos des gens. Et les versets coraniques descendus à la Mecque condamnent énergiquement ce comportement. Par conséquent, lorsque les bourgeois Qorayshites entendaient ces versets, ils sentaient leurs intérêts menacer. En guise d’exemple nous avons ces versets : « Laisse-Moi avec celui que J'ai créé seul » ; « Je vais le brûler dans le feu intense (Saqar). Et qui te dira ce qu'est Saqar? Il ne laisse rien et n'épargne rien. Il brûle la peau et la noircit ». (Sourate74 : 11-16 ; 26-29)

« Que périssent les deux mains d'Abou Lahab et que lui-même périsse.. Sa fortune ne Lui sert à rien, ni ce qu'il a acquis. Il sera brûlé dans un feu plein de flammes. De même que sa femme, la porteuse de bois ». (Sourate 111 : 1-4)

« Malheur à Tout calomniateur diffamateur, qui amasse une fortune et la compte, pensant que sa fortune l'immortalisera. Mais Non! il sera Certes, jeté dans la Hutamah. Et qui te dira ce qu'est la Hutamah? Le feu attisé d'Allah, qui monte jusqu'aux cœurs ». (Sourate 104 : 1-7

 

« Ton Seigneur t'accordera certes [Ses faveurs], et alors Tu seras satisfait. Ne t'a-t-Il pas trouvé orphelin? Alors Il t'a accueilli! Ne t'a-t-Il pas trouvé égaré? Alors Il t'a guidé. Ne t'a-t-Il pas trouvé pauvre? Alors Il t'a enrichi. Quant à l'orphelin, donc, ne le maltraite pas. Quant au demandeur, ne le repousse pas. Et quant au bienfait de ton Seigneur, proclame-le ». (Sourate 93 : 5-11).

Ces versets témoignent par leur aspect qu’ils ont été révélés après la réaction des Qorayshites (quand bine même cela ne parait comme la cause directe de leur offensive). En tout cas, les riches commerçants et les notables furent en tête de fil de l’opposition. Un rapport historique démontre : « le peuple du prophète (ç) essaya de s’intéresser à  leur frère qui les appelait à la vérité et à la lumière. Ce n’est à partir du moment où le messager s’en prit à leur idoles et à un groupe de riches Qorayshites venant de Tâ’if. Tel fut le point de départ des hostilités. C’est alors qu’un bon nombre de gens s’éloignèrent de lui ». (Tabari, t2, p221).

 

CRAINTE DES PUISSANCES VOISINANTES

 

Le saint Coran énonce la crainte d’une éventuelle attaque des puissances comme raison pour laquelle les Qorayshites s »efforçaient à vouloir éteindre l’islam, car si jamais celles-ci embrassaient l’islam ils seront menacés : « Et ils dirent: ‹Si nous suivons avec toi la bonne voie, on nous arrachera de notre terre›.  Ne les avons-Nous pas établis dans une enceinte sacrée, sûre, vers laquelle des produits de toute sorte sont apportés comme attribution de Notre part? Mais la plupart d'entre eux ne savent pas ». (Sourate 28 : 57).

Harith ibn Nawfal ibn Abou Manâf dit un jour au messager: « Nous savons que ce que tu dis est vrai. Mais si nous croyons en toi et embrassons ta religion, les Arabes risques de lancer sur nous une attaque ? et nous ne sommes pas disposés à affronter une invasion présentement (Tabari ; Majma bayâne, t7, p 260). Les Arabes redoutaient les forces voisinant telles que l’Iran et la Rome antique. La preuve en est que le prophète (ç) entreprit d’appeler à l’islam des notables arabes à qui il lut des versets coraniques qui traitaient de la moral et de l’âme innée. Ils furent émerveillés. Mais, le plus grand d’entre eux, Mousnâ il Hârith n’hésita pas à exprimer son inquiétude au prophète (ç) : « Nous somme pris entre deux eaux : d’un coté les côtes arabes, et de l’autre l’Iran et l’Euphrate. Qasrâ nous a déclaré qu’il ne veut entendre aucune agitation venant de ce coté. Il nous averti de non plus donner l’asile à un brigand. Il est possible que les empereurs autour de nous ne soient pas satisfaits si nous adoptons ta religion. On peut tolérer qu’un malheur nous frappe de l’intérieur. Mais si le danger venait du coté de l’Iran, nous ne saurons y faire face.

 

CONCURRENCE ET JALOUSIE TRIBALES

 

La jalousie et la convoitise restent des fléaux difficilement curables qui gangrenaient le système social dans la société arabe avant l’islam. Etant donné que le prophète (ç) était de la tribu Hâshim, les autres notables ne se voyaient pas en train d’adhérer à l’islam et augmenter ainsi le prestige des Hashimites. Abou Jahl, l’un des riches figures de Bani Makhzoûm explique cela en ces termes : « Nous avons rivalisé avec les enfants d’Abdou Manâf pour la notoriété. Ils nourrissaient les gens, nous en faisions autant. Ils fournissaient des montures au peuple, nous également. Ils donnaient de l’argent, nous en donnions aussi. Nous avons toujours ainsi évolué d’égal à égal. Tels deux chevaux de course, nous avons évolué ensemble. Subitement, ils déclarent qu’un prophète (ç) recevant le message divin a été suscité parmi eux. Et comment allons nous rivaliser avec eux dans ce domaine ? Je jure par Dieu que nous n’allons par embrasser sa foi et nous n’allons jamais l’accepter ». (Ibn Hishâm, t1, p337).  

 

 

CHAPITRE III

 

LES PERSECUTIONS QORAYSHITES CONTRE LE PROPHETE

 

VIOLENCE ET PERSECUTION DES MUSULMANS

 

Face au nombre des musulmans qui allait crescendo et l’inaboutissement des pressions sur Abou Talib, les Qorayshites passèrent à une autre phase de leur plan, celle qui consistait à rendre la vie difficile aux musulmans. Les injures publiques cédèrent place aux violences physiques. Leur action visait à dissuader les adeptes de l’islam d’une part, provoquer un revirement de la part de ceux qui y étaient déjà d’autre part. l’adhésion des gens à l’islam était quasi générale que les Qorayshites se retrouvaient devant un grand problème difficile à régler. La liste des premiers émigrants à la cinquième année de la révélation, suite aux persécutions  était composée d’hommes et de femmes de plusieurs tribus : Les tribu Arith, Amir, Asad, Adbou Dar, Zouhrah, Makhzoûm, Joumah, Adiy, Abdou Shams, Oumeyya comprenaient des musulmans. Les mécréants de chaque tribu décidèrent persécuter les musulmans appartenant à la même tribu. En s’en prenant aux musulmans de sa tribu les mécréants voulaient ainsi éviter des provoquer des rivalités qu’engendre très souvent les ingérences intertribales.

Les nouveaux islamisés et surtout les faibles et les allogènes étaient les plus visés par ces mesures coercitives : Yasir, Ammar son fils, Bilâl ibn Rahâb, Khabbâb ibn Arat, Abou Foukeiha, Amir ibn Fouheira, Souheib ibn Sinân… On peut citer parmi les femmes : Soumayya, Oummou Oubeis (ou Oummou Ouneis), Zineira, Labiba (ou Loubeina), Nahdiya. Voilà ceux qui affrontèrent des épreuves comme  la détention, être enfermé dans les cottes de mailles et exposé au soleil sur le sable. Le métal, porté à incandescence par la chaleur du soleil leur grillait carrément la peau. A défaut de cela, ils plaçaient sur eux des blocs de pierre excessivement lourds

Tel fut le sort réservé aux esclaves, homme comme femme, par les Qorayshites aux musulmans. Un traitement impitoyable dont les souvenirs inoubliables marquèrent la vie des compagnons. Bilal, un nouveau converti et esclave d’Ommayyad ibn Khalf fut torturé sauvagement, exposé au soleil et allongé sur les sable brulant de la vallée de la Mecque. Le pauvre, quoique presque mourant de soif n’était pas prêt à reconnaître la divinite des idoles que ses maîtres exigeaient en échange de l’eau et de la vie sauve. Le prophète (ç), ayant eu vent de cette situation, s’efforça de l’arracher des griffes de ces bourreaux en le rachetant.

Yasir et son épouse Soumeyya dont nous avons évoqué les noms plus haut subir le même sort parce qu’ils avaient refusé d’abjurer. Les mécréants Qorayshites attachèrent son épouse à deux chameaux et la transpercèrent farouchement d’une flèche alors qu’elle était enceinte. Ammar leur fils aîné prononça sous l’effet de la torture l’expression d’abjuration afin d’échapper à la mort qu’il venait de vivre en direct sur ses deux parents, même comme dans son cœur la foi demeurait encré. Le prophète (ç) l’en témoigne d’ailleurs lorsqu’on vint lui annoncer qu’Ammar avait renier sa foi. Ammar se mit à se lamenter de regret face au prophète (ç). Ce dernier le rassura avec ce verset coranique : « Quiconque a renié Allah après avoir cru... - sauf celui qui y a été contraint alors que son coeur demeure plein de la sérénité de la foi - mais ceux qui ouvrent délibérément leur coeur à la mécréance, Ceux-là ont sur eux une colère d'Allah et ils ont un châtiment terrible ». (Sourate 16 Nahl : 106).

 

EMIGRATION EN ABYSSINIE

 

Le prophète (ç) jusqu’ici épargné par la violence grâce à la protection d’Abou Talib et Bani Hashim ne trouva d’autre solution pour sortir les musulmans de cette oppression que de leur recommander d’émigrer en Abyssinie où régnait un Négus réputé par sa gentillesse et son hospitalité. L’Abyssinie paraissait le seul lieu sûr vers lequel les musulmans pouvaient se tourner car l’Iran ou la Rome ne présentaient pas un climat destiné à accueillir des exilés de ce genre. Même la Syrie et le Yémen semblaient moins sûrs aussi parce que les Romains et les Perses y avaient une influence qui n’était pas en faveur de l’admission des musulmans. En plus l’Abyssine était une région familière pour les musulmans qui avaient l’habitude d’y aller pour des raisons de commerce. Les Abyssiniens étaient par-dessus tout chrétiens qui avaient un point commun dans le monothéisme avec les musulmans. On dit d’ailleurs que les Chrétiens de l’Abyssinie était de la branche de Jacob. Or Jacob était un monothéiste pur qui ne savait rien de la trinité, d’où le rapprochement de ce christianisme avec l’islam.

De toute façon, un groupe de 15 personnes prirent secrètement la route de l’Abyssinie à partir de la 5ème année de la révélation. Car dans de telles circonstances, les musulmans ne pouvaient plus vivre en paix. Ils suivirent la cote de la mer rouge au cours d’un voyage fatiguant. Après deux ou trois mois de séjour en Abyssinie, il revinrent à la Mecque suite à un une nouvelle mensongère selon laquelle les Qorayshites avaient tous embrassé l’islam et que les musulmans n’étaient plus persécutés. Ils constatèrent malheureusement au retour que rien n’avait changé. C’est ainsi qu’un autre groupe reprirent le chemin de l’Abyssinie par la même voie. Ce groupe, placé sous la direction de Ja’far ibn Abou Talib comprenait plus de cent personnes (hommes et femmes confondus). Conscient du danger que présentait l’avantage de la sécurité des musulmans émigrants, le chef Qorayshite dépêcha des représentants afin que les émigrés soient rapatriés. Manœuvre qu’Abou Talib contra par une lettre adressée au Négus et dans laquelle il demanda à ce dernier de venir en aide aux musulmans.

Ce groupe, dirigé d’Amr ibn As et Abdoullah ibn Omayya se présenta au Négus les mains pleines de présents ? Après une prosternation et les salutations d’usage, Amr voulut convaincre le Négus en soulignant que quelques membres de leur tribu avaient embrassé une nouvelle religion qui montre peu d’égard en la personne de Jésus et à sa mère. Ayant ainsi abandonné leur pratique ancestrale, ils n’ont trouvé mieux que fuir pour venir se réfugier ici dans son pays. En bon roi juste, le Négus fit venir les musulmans afin de les entendre. Sans se prosterner comme son accusateur, Ja’far ibn Abou Talib prit la parole et salua cordialement le chef selon les exigences islamiques, et lui exposa brièvement les principes et les croyance de l’islam. Le roi conclut que ces croyances étaient plutôt proches des leurs. Et lorsque Ja’far récita alors quelques versets de la sourate Maryam, le Négus fut si ému qu’il refusa de livrer les musulmans aux autres et leurs accorda même encore plus de faveurs qu’avant. La délégation Qorayshites rentra, toute déçu d’avoir échoué diplomatiquement.

Il est bien de noter que les émigrés n’étaient pas seulement constitués des gens qui avaient été victime de violence. Des gens appartenant à des tribus puissantes qui avaient préféré émigrer à cause du climat malsain de la Mecque, incompatible avec la pratique de l’islam étaient parmi eux. On peut aussi être tenté à croire que le prophète (ç), en envoyant les premiers musulmans en Abyssinie  voulait jeter les premières bases de l’islam dans cette contrée. Il est évident que le séjour des émigrés au pays du Négus n’était pas dénué des gestes tacites de prêches. En acceptant l’islam, le roi d’Abyssine venait ainsi d’établir les relations avec le prophète (ç) (ç). Peut-être est-ce sur ce point que les Qorayshites s’inquiétaient le plus. Quelques témoignages historiques montrent que le prophète (ç) recevait les renseignements sur la situation des émigrés, toute comme il a pu être informé de l’apostasie et de la mort d’Abdoullah ibn Jahsh. Enfin, cette émigration fut plus longue que les précédentes : onze des émigrés moururent en exile, 39 retournèrent à la Mecque avant l’hégire, 26 hommes et quelques femmes retrouvèrent les leurs après l’Hégire et la bataille de Badr. Le dernier groupe placé sous la direction de Ja’far ibn Abou Talib vint rejoindre le prophète (ç) la septième année hégire, à l’issue de l’expédition de Heibar.

 

NAISSANCE DE FATIMA (as)

 

Selon les historiens chi’ites, Fatima Zahra (as) est née à la Mecque cinq ans après la révélation. Elle est la dernière née de sa femme Khadidja. Elle se maria avec Ali ibn Abou Talib à Médine après l’hégire. Elle a été dès le bas âge témoin des peines et des difficultés infligées à son père par les mécréants.

 

VOYAGE NOCTURNE

 

Le double voyage nocturne du prophète (ç) de la Mecque pour la Palestine et de la Palestine pour les cieux fut un événement extraordinaire réalisé avec la puissance divine. Ces deux événements se sont produits à la Mecque, raison pour laquelle ils sont évoqués dans les sourates descendues à la Mecque. Les historiens divergent juste sur l’année de ces événements. Ces deux voyages avaient pour objectif faire voir la grandeur divine dans les cieux au noble prophète (ç), rencontrer les anges et les prophète (ç)s précédents et s’appréhender d’une scène de l’enfer et du paradis, ainsi que leur niveau. Ls passages coraniques en parlent en ces termes : « Gloire et pureté à Celui qui de nuit, fit voyager son serviteur [Mouhammad (ç)], de la Mosquée Al-Haram à la Mosquée Al-Aqsâ dont Nous avons béni l'alentours, afin de lui faire voir certaines de Nos merveilles. C'est Lui, vraiment, qui est l'Audient, le Clairvoyant ». (Sourate 17 Isrâ : 1).

Après les différentes péripéties de ce voyage Dieu souligne : « Il a bien vu certaines des grandes merveilles de son Seigneur ». Répondant à quelqu’un qui voulait savoir pourquoi Dieu fit monter le prophète (ç) dans les cieux qu’étant donné quIl n’est ni localisable dans l’espace, le septième imam dit : « Dieu est irrepérable dans l’espace et le temps. Il voulait seulement que les anges et les habitants des cieux le voient et lui présenter leurs révérences d’une part, et que le prophète (ç) témoigne de la grandeur du monde et de la création afin d’en parler aux gens une fois revenu sur Terre.

 

EVALUATION SUR LES HADITHS DU VOYAGE NOCTURNE

 

Plusieurs traditions ont été rapportées au sujet du voyage nocturne du messager de l’islam. Tabrisi, un exégète de renom les divisent en quatre catégories :

1- les hadiths qui grâce à la multiplicité de transmission sur le sujet jouissent d’une authenticité absolue.

2- Les hadiths comportant des thèmes approuvables qui ne présentent aucune contradiction. Comme par exemple le voyage dans les cieux, la contemplation du paradis et de l’enfer.

3- Les hadiths qui contrastent avec des versets et d’autres traditions et qu’on peut toutefois justifier. C’est hadiths mérites d’être étayés à la lumière de la vérité et conformément à la croyance saine et au preuves irréfutables. Comme par exemple le hadith qui stipule que le prophète (ç) vit un groupe des gens du paradis et un groupe des gens de l’enfer. En réalité, il s’agit plutôt d’une sorte de représentation virtuelle des scènes de l’enfer et du paradis.

4- Des hadiths qu’ont ne peut ni accepter, ni apporter d’explication, tel qu’une tradition qui avance que le prophète (ç) aurait vu Dieu de ses propres yeux au cours de ce voyage, que ce dernier aurait eu un entretien avec Lui et se serait même assis près de Lui. ( Majma’ ul Bayân, t6, p 385

Les savants imamites sont d’accords que le voyage nocturne du prophète (ç) fut physique. C’est-à-dire qu’il fit l’ascension au ciel de corps et d’esprit. Ainsi, les hadiths islamiques montrent que les cinq prières quotidiennes ne nuit comme de jour furent rendues obligatoires lors de ce voyage. Si alors le prophète (ç) ou Ali fut aperçu en train de prier ou aurait parlé de prière, il était question d’une prière particulière n’ayant rien de commun avec les prières obligatoires.

 

SANCTIONS SOCIO ECONOMIQUES DE BANI HASHIM

 

Face à leurs échecs de négociation auprès d’Abou Talib d’une part et au près du Négus d’autre part, les Qorayshites adoptèrent d’autres mesures nettement plus sévères que les précédentes pour contrer les progrès de l’islam qui voyait ses rangs grossir par des figures de marque de différentes tribus qui s’islamisaient chaque jour. Les pressions sociales et économiques furent les mesures prises. Ils espéraient ainsi les obliger à abandonner l’islam ou à cesser de soutenir le prophète (ç). Une lettre issue d’un conseil des notables Qorayshites décida qu’aucune femme hashimite ne soit demandée en mariage, qu’on ne leur donne aucune femme en mariage, ne rien acheter et ne rein vendre au gens de la tribu Hâshim. Sans oublier que les sources de revenu des Mecquois étaient essentiellement basées sur les activités commerciales et que les Qorayshites étaient les seuls qui contrôlaient le commerce dans la cité. Une telle décision rimait carrément avec la mise au ban complète des gens appartenant à la grand famille Hâshim et Abou Talib. Avec une telle stratégie, les Qorayshites étaient certains que les Hâshim se soumettront rapidement aux normes.

La rupture des liens de mariage avec les Hâshimites avait une conséquence sociale qui consistait à rompre avec eux familièrement. Suite à cette lettre, tous Hâshimites, musulmans comme non musulman (en dehors d’Abou Lahab), se réunirent dans la fameuse vallée d’Abou Talib et purgèrent pendant trois ans une peine dont l’accusation était soit d’avoir accepté l’islam, soit avoir assisté ou soutenu son messager. Abo TAlib avait décidé de réunir les siens en ce lieu parce qu’il savait que les Qorayshites n’allaient pas s’en tenir seulement à des sanctions, et qu’ils tenteraient de vouloir supprimer le prophète (ç) d’une manière ou d’une autre. Même étant dans cette vallée, Abou Talib changeait chaque fois le lieu de repos du prophète (ç) pour éviter tout incident imprévu.

Les oppresseurs veillaient nuits et jours afin qu’aucune aide ne soit apportée au Hâshimites. Les mois sacrés étaient les seuls moments où les gens du camp de concentration pouvaient venir se ravitailler en ville. Jusque là, les Qorayshites menaçaient les caravanes de ne rien vendre aux musulmans et aux Hâshimites. Ils créaient parfois la surenchère pour amoindrir le pouvoir d’achat des Hâshimites. Abou As ibn Rabî parvenait à acheminer les provisions dans la vallée et Ali ibn Abou Talib sortait hors de la vallée en cachette pour aller se ravitailler. Tous les biens du prophète (ç), de Khadidja et d’Abou Talib finirent, au point qu’ils furent obligés de supporter les contraintes d’une famine sévère. Khadidja plus particulièrement avait dépensé tous ses biens dans cette vallée pour soutenir son mari.

La destruction miraculeuse de la lettre par les termites ( grâce à la puissance de Dieu) permit aux Hâshimites de sortir de cette facheuse crise. La pression de certains signataires de cette lettre pour la libération des musulmans mérite aussi d’être mentionnée. Les Hâshimites purent ainsi rejoindre leur foyer d’antan. Imam Ali rappelle cet événement dans une lettre à Mouawiyya en ces termes : « Les Qorayshites voulaient éliminer notre prophète (ç) afin d’en finir avec l’islam. Ils jetèrent l’angoisse et l’anxiété dans nos cœurs. Ils firent de sorte que nous n’ayons pas la vie facile et à cause de leur inquiétude nous vîmes des moments terribles. Ils allumèrent les flammes de la guerre contre nous. Mais Dieu avait déjà décidé que nous serons les gardiens de Sa législation et de sa religion. Nos croyants dans leurs attitudes étaient à la recherche des récompenses dans chacun de leur comportement. Cependant toute personne des Qorayshites qui devenait musulmans ne subissait pas de pressions comme nous, car soit il était protégé par l’un des signataires du traité qui profitait de sa protection pour connaître la paix ». (La voie de l’éloquence, discours 9).

 

LA MORT DE KHADIDJA ET D’ABOU TALIB

 

Peut après la fin de l’embargo à la 10ème année de la révélation, Khadidja et Abou Talib perdirent la vie en l’espace de quelque temps. La perte de ces deux personnes fut un grand malheur pour le messager. Le brusque départ de ces deux bases de soutien marqua le début de l’accentuation des difficultés car ils étaient des protecteurs pour lui.

 

LE ROLE DE KHADIDJA

 

Les conséquences du décès de ces deux personnages étaient tout à fait naturelles. Quand bien Khadidja n’avait pas un rôle protecteur pour son mari dans la société, elle ocupait une place de choix au sien du domicile du noble prophète (ç). Fidèle, loyale, affectueuse Khadidja était plus qu’une femme pour le prophète (ç). Elle était sa confidente et sa consolatrice pendant les moments difficiles. L’islam a beaucoup bénéficié de son apport. Le prophète (ç) n’a d’ailleurs jamais oublié cette femme jusqu’au dernier moment de sa vie et ne cessait pas de rappeler aux autres ses caractères et ses mérites. Il dit un jour à Aicha : « Dieu ne m’a pas donné une femme meilleure comme Khadidja. Elle crût en moi quand tout le monde était encore mécréant. Tandis que les gens me traitaient de menteur, elle avait la conviction que je disait la vérité. Lorsque les gens mon mis au ban, elle dépensa tout ce qu’elle avait pour me venir en aide. A travers elle Dieu m’a donné des enfants ».

 

LE ROLE D’ABOU TALIB

 

Comme nous l’avons signifié plus haut Abou Talib étaie le tuteur de Mouhammad (ç) depuis son enfance. Il continua à assurer cette protection même après la révélation, face aux risques que présentaient les Qorayshites et leurs complots. De son vivant, les mécréants évitaient de porter atteinte directement à la personne de Mouhammad (ç). Quelques notables mécréants voulurent qu’un homme balance des déchets provenant de la matrice du chameau sur le prophète (ç) en adoration dans la mosquée. Abou Talib et Hamza réagirent immédiatement en empoignant leur épée dès que la nouvelle leur fut parvenue. Abou Talib donna l’ordre à Hamza de couvrir de matrice le visage de tous ceux qui eurent participé à cette conspiration. (Ousoulou Kâfi de Kouleini, t1, p449). On peut alors comprendre qu’avec la mort d’Abou Talib, les Qorayshites avaient main libre pour faire du prophète (ç) ce qu’ils voulaient. Le prophète (ç) évoque : « Jusqu’à ce qu’Abou Talib ne meurt, les Qorayshites ne pouvaient rien contre moi ». Seirul Maghazi de ibn Ishâq, p239 : ibn Hishâm, t2, p58 ».

 

LA FOI D’ABOU TALIB

 

L’ensemble des savants chi’ites sont unanimes qu’Abou Talib eut embrassé l’islam. Il ne le manifestait pas tout simplement parce qu’il voulait apporter une certaine protection à son neveu. Il se servit de la coutume de fanatisme envers les sien pour couvrir le messager de Dieu. Imam Sâdiq affirme d’ailleurs : « Abou Talib était à l’image des compagnons de la cavernes qui cachaient leur foi et faisaient mine d’être des idolâtres. Dieu leur attribua double récompense ». (Ousoulou Kafi, t1, p448).

Un groupe de savants sunnites renient la foi d’Abou Talib tout en prétendant que jusqu’à la mort il n’embrassa pas la foi et trépassa alors qu’il fut mécréant. Cependant, des preuves historiques disent le contraire. En effet des sources diverses confirment qu’Abou Talib avait foi en la prophétie de Mouhammad (ç) et en l’islam. Nous prenons juste deux cas pour justifier cette situation :

1- Les propos et les déclarations d’Abou Talib en personne montrent évidemment qu’il avait la conviction en la véracité de la prophétie et de l’islam. Nous avons par exemple ces vers : « O roi dAbyssine ! Sache que Mouhammad (ç) est un prophète (ç) comme Moussa et Issah. Il est porteur de la même lumière de guidance dont ils étaient porteurs afin de guidée sous l’ordre de Dieu, l’humanité vers la voie du bien et leur permettre d’éviter le pêché ». « Ne sais-tu pas que Mouhammad (ç) de même que Moussa et Issah a été suscité prophète (ç) ? Son nom et ses caractéristiques sont apparents dans les Livres saints d’avant ? ». « Je sais par conviction que la religion de Mouhammad (ç) est l’une des meilleurs dans le monde ». (Tabrisi, I’lâmu warâ, p45 ; Majma’ul bayân, t4, p288, Allamah Amini, Al Ghadir, t7, p331 ; Ibn Hisahm, t1, p377, Ibn Abi Hadid, t14, p72…)

2- Son soutien inconditionné au prophète (ç) pendant sept ans, inlassablement montre qu’il était en étroite harmonie avec ce qui avait été révélé à son neveu. Autrement dit, il n’aurait pas accepté affronter les difficultés. Ceux qui renient sa foi pensent qu’il soutenait Mouhammad (ç) parce qu’il partageait les liens de parenté avec lui. Or, les liens de famille ne peuvent motiver quelqu’un à une telle loyauté et à des efforts surhumains. Les dangers et les ploblème qu’Abou Talib connut ne vaillent pas la peine si les motivations n’étaient rien d’autres le fait d’être l’oncle du prophète (ç). Pourquoi certains de ses oncles tels que Abbas e Abou Lahab n’eurent pas aussi agir de la sorte ? Certains pensent qu’attribuer Abou Talib de mécréant est un geste intentionnel qui masque l’animosité et le tribalisme des ennemis de Bani Hâshim. En effet, certains compagnons qui discutaient le califat avec son fils Ali avaient un passé noirci par le culte des idoles. Or, Ali son fils n’a jamais adoré les idoles. En déclarant que le père de Ali serait mort mécréant, ceux-là pensaient diminuer les chances d’Ali à la course vers un siège qui lui revenait de droit par ordre divin. Le seul crime d’Abou Talib fut celui d’être le père d’Ali et s’il n’avait pas eu un fils comme lui, très certainement il n’aurait pas été victime d’une telle calomnie.

L’apport des Omayyades et des abbasides dans cette mascarades est non négligeable, d’autant plus que aucun de leurs aïeux n’a pu égaler la position d’Ali dans l’histoire de l’islam. Ainsi, ils ne leur reste plus qu’à s’en prendre à son père qu’ils jugèrent de mécréant, afin de réduire autant possible la position de cet imminent personnage. Les calomnies proférées à l’endroit d’Abou Talib correspondent un peu avec la situation d’Abbas ibn Abdou Mouttalib (oncle paternel du prophète (ç) et d’imam Ali, ancêtre de la dynastie abbasside). Jusqu’à la conquete de la Mecque (8ème année hégire) Abbas vivait la même situation à la Meque. Il fut capturer de l’armée des mécréants et fut libéré sous caution. Il rejoignit alors l’armée musulmane en route pour la Mecque et joua un role diplomatique de grande envergure pour obtenir la grace pour un certain nombre de mécréant mecquois vers qui l’armée avançait. Malgré tout cela personne n’a jugé Abbas de mécréant. La description des deux personnages parait-elle juste. Voilà pourquoi les chercheurs trouvent que les hadiths sur la mécréance d’Abou Talib sont  inventés. (rf1, p174).

 

LES EPOUSES DU PROPHETE

 

Aussi longtemps que Khadidja vivait, le prophète (ç) était resté polygame. C’est après sa mort qu’il se maria à plus d’une femme qui à l’exception d’Aicha était toutes veuves. La première était Sawda la veuve sans soutien de Soukrân ibn Oumar (un des émigrants décédé ne Abyssine). Certains historiens ont tenu des propos blasphématoires sur le régime polygamique que le prophète (ç) adopta après la mort de sa première épouse Khadija, expliquant cela comme un désir de satisfaction pour son appétit sexuel. Pourtant lorsqu’on analyse bien les enjeux de ces mariages, on comprend aisément qu’ils ne reposaient pas sur des raisons ordinaires. Ces mariages ont des motivations tantôt politiques ou sociales, toutes allant vers l’intérêt de l’islam. Certaines de ces femmes n’avaient pas d’assistants, d’autres. La meilleure manière d’assurer leur protection demeurait le mariage. Pour solliciter l’assistance d’une tribu ou éviter qu’elle se laisse séduire par les propositions des mécréants, le prophète (ç) demandait la main d’une des filles du chef de la tribu en mariage. Ce genre d’union empêchait alors la tribu de participer au moindre complot contre les musulmans. Le prophète (ç) se mariait parfois pour abroger certaines traditions obscurantistes enracinées dans la société arabes. Nous fondons notre allégation sur quelques preuves comme nous :

1- Alors qu’il était encore très jeune,le prophète (ç) se maria à Khadidja, une femme qui selon les propos était beaucoup plus agée que lui. Il vécut 25 ans avec elle.

2- En dépit du fait que la polygamie était déjà de coutume dans la société arabe, le prophète (ç) est resté monogame jusqu’à la mort de Khadidja.

3- Le prophète (ç) adopta la pluralité de femme alors qu’il avait plus de 50 ans (avant et beaucoup plus après l’hégire), pourtant une telle attitude s’adopte pendant la jeunesse. Si ce n’est pour l’intérêt de l’islam pourquoi se serait-il lancé dans l’acquisition des femmes à la vieillesse et surtout au moment où les problèmes l’accablaient de tout côté. Qui peut croire qu’un tel moment est adéquat pour jouer la vie ? LE prophète (ç) avait-il du temps pour se livrer à de telles jouvences ?

4- Vivre avec des femmes aux désirs et aux comportements  contradictoires parfois accompagnés de scènes de jalousie serait une source de bonheur et de prospérité ou une source d’angoisse et d’anxiété ?

5- Les épouses du prophète (ç) appartenaient chacune à une tribu différente. Alors peut-on croie que la fraternité établie entre les tribus était le fruit du hasard ?

6- En plus de l’expansion de l’islam et la cote de popularité croissante du prophète (ç) après l’hégire, la puissance sociopolitique du messager de Dieu s’accrurent aussi. D’où le désir des chefs de tribu de se voir honorer par la demande de la main de leur fille par le prophète (ç). Néanmoins, les femmes que le prophète (ç) choisissait étaient soit âgées, soit veuves et sans protection. Et il encourageait les hommes à se marier avec les filles encore vierges. Présenter quelques unes de ces femmes suffira pour élucider les choses :

1- Oummoul Habîba

Elle était la fille d’Abou Soufiyan l’ennemi juré du prophète (ç) et de l’islam. Elle avait émigré en Abyssine avec son mari Oubeid ibn Jahsh (cousin du prophète (ç)). Son mari apostasia et devint chrétien. Il mourut dans cet état. Une fois mis au courant de l’événement à la 6ème année hégire, le prophète (ç) delegua Oumar ibn Oumayyah auprès du Négus pour qu’il l’unisse à elle. Le Négus célébra l’union entre Habîba et le prophète (ç). Elle vécu encore un an en Abyssine avant de rejoindre Médine dans le groupe des derniers émigrés d’Abyssine (rf1, 176) alors qu’elle avait la trentaine dépassée. (rf2, p176) Il est clair que l’action du prophète (ç) envers cette femme repose sur l’affection pour cette pauvre femme musulmane. Une femme qui rompt les liens de parentés avec sa famille idolâtre pour émigrer avec son mari musulman en Abyssine. Puis elle perd son mari. Il n’y a pas plus honorable que de devenir la femme du messager de Dieu. Si on considère la thèse de mariage de jouissance avancée par les historiens chrétiens, il serait tout à fait irrationnel de se marier avec une femme qui habite un pays lointain et dont les chances de retour au bercail restent trop réduites.

 

Oummou Salama

Elle était la fille d’Abou Oumayyad Makhzoumi. Son Mari, Abou Salama (Abdoullah) Makhzoumi (ref3, p176) était le cousin du prophète (ç). (rf4, p176) Elle avait quatre enfants dont l’un se nommait Salma ibn Oummou Salama et d’Abou Salama. (rf5, p176). Abou Salama fut tombé martyr au mois de Joumaida2 de la 3ème année hégire à la suite d’une blessure grave qu’il avait eu lors de la bataille de Ouhoud.(rf6, p176) Il parait qu’aucune personne de la tribu d’Oummou Salama (Bani Makhzoum) ne vivait pas à Médine. Elle affirme personnellement : « je fus très touchée par la mort d’Abou Salama au point je me dis : étrangère sans compatriote ! Tellement je pleurai qu’on me fasse partir avec une caravane ». Le messager de Dieu se maria avec elle à la quatrième année hégire. (rf1, p177) Elle était déjà presque vieille et tendait vers la ménopause. (rf2, p177). On constate donc que le prophète (ç) en l’épousant avait l’intention de la protéger avec ses orphelins. Peut considérer un telle mariage à charge comme un jeu pour assouvir des désirs sexuels ? Oummou Salama fut après Khadidja la femme la plus pieuse et la plus croyante par rapport au reste. Elle avait des rapports particuliers avec la famille de l’imamat qu’elle défendit toute sa vie.

 

Zaynab bint Jahsh

Zaynab était la cousin du prophète (ç) et marié à Zayd ibn Hârith le fils adoptif du noble prophète (ç). (rf6, p177) Elle épousa le prophète (ç) après s’être séparé de Zayd. Zayd était le serviteur de Khadidja. Après son mariage avec le prophète (ç) Khadidja le passa à ce dernier comme serviteur. Affranchi par la prophète (ç) avant la révélation, Zayd fut adopté comme fils par lui. On l’appelait alors Zayd ibn Mouhammad (ç). Après le Message Allah annula cette coutume par ces versets :  « Allah n'a pas placé à l'homme deux coeurs dans sa poitrine. Il n'a point assimilé à vos mères vos épouses [à qui vous dites en les répudiant]: ‹Tu es [aussi illicite] pour moi que le dos de ma mère›. il n'a point fait de vos enfants adoptifs vos propres enfants. Ce sont des propos [qui sortent] de votre bouche. Mais Allah dit la vérité et c'est Lui qui met [l'homme] dans la bonne direction. Appelez-les du nom de leurs pères: c’est plus équitable devant Allah. Mais Si vous ne connaissez pas leurs pères, alors considérez-les comme vos frères en religion ou vos alliés. Nul blâme sur vous pour ce que vous faites par erreur, mais (Vous serez blâmés pour) ce que vos coeurs font délibérément. Allah, Cependant, est Pardonneur et Miséricordieux ». (Sourate 33 Ahzâb : 4-5). Le prophète (ç) déclara à Zayd après la descente de ce verset : « Tu es Zayd ibn Hârith. On le surnommait dès lors l’affranchi du messager de Dieu. (rf6, p278) Le prophète (ç) était allé lui-même demander la main de Zaynab pour Zayd. Celle-ci qui n’était rien d’autre que la nièce d’Abdou Moutallib de la célèbre tribu, avait refusé dans un premier temps car non seulement Zayd n’était pas un Qorayshite, mais il avait encore l’étiquette d’esclave collée sur son front. Vue le désir que le prophète (ç) manifestait pour la réalisation de   ce mariage, Zaynab finit par s’incliner. Ce mariage était une victoire de l’islam sur le système social reposant sur la primauté de l’appartenance tribale et le rang social. C’est d’ailleurs le but pour lequel l’envoyé de Dieu tenait trop à ce mariage.

Mais à cause des incompatibilité d’humeur de part et d’autre, ce mariage vit ses piliers s’ébranler jusqu’au divorce. E, principe Zayd avait déjà essayé de la répudier, mais le prophète (ç) l’en empêchait toujours disant : « Garde ton épouse ». Finalement Zayd la répudia. Après leur séparation, le prophète (ç) la prit en mariage sous ordre divin afin de l’épargner des difficultés qu’elle aurait eu à trouver un homme qui accepterait de se marier avec la femme répudiée du fils adoptif du prophète (ç). Ce mariage avait une fois de plus pour dessein anéantir cette tradition obsolète sur le fils adoptif. LE saint Coran explique les objectifs de ce mariage à travers ce verset : « Quand Tu disais à celui qu'Allah avait comblé de bienfaits, tout comme toi-même l'avais comblé: ‹Garde pour toi ton épouse et crains Allah›, et Tu cachais en ton âme ce qu'Allah allait rendre public. Tu craignais les gens, et C'est Allah qui est plus digne de ta crainte. Puis quand Zayd eût cessé toute relation avec elle, Nous te la fîmes épouser, afin qu'il n'y ait aucun empêchement pour les croyants d'épouser les femmes de leurs fils adoptifs, quand ceux-ci cessent toute relation avec elles. Le commandement d'Allah doit être exécuté ». (Sourate 33 Ahzâb : 37)

Les hypocrites firent de ce mariage l’objet d’une diffamation en disant à qui voulait l’entendre que le prophète (ç) s’était marié avec la femme de son fils. (rf3, p179)  Dieu leur répondit en ces termes : « Mouhammad (ç) n'a jamais été le père de l'un de vos hommes, mais le Messager d'Allah et le dernier des prophète (ç)s. Allah est Omniscient ». Certains historiens chrétiens ont fait de ce mariage une histoire d’amour qu’ils relatent avec un tel romantisme qui laisse croire qu’ils ont vraiment vécu l’événement. (rf5, p179). Mais toutes ces allégations de concordent pas avec la prophétie et l’infaillibilité du messager de Dieu. Nous avons constaté que les choses étaient autrement. Non seulement l’événement reste gravé dans les archives de l’histoire, mais le saint Coran aussi en parle.

 

L’APPEL DU SAINT CORAN

 

 Le messager de Dieu utilisait comme meilleur moyen pour sa mission les versets coraniques et évitait de trop se servir des discours venant de lui-même. La force d’attraction extraordinaire du saint Coran suffisait pour capter l’attention des Arabes. Le plus grand miracle du prophète (ç) demeure le saint Coran. Son éloquence, la profondeur de ses phrases, ses mots, ses expressions et sa versification rythmée suffisait pour marquer les gens qui l’écoutaient. Un discours dont les humains n’ont jusqu’à nos jours réussi à en produire pareil. Telle est l’une des raisons pou lesquelles les saint Coran lance des défis. Face à ceux qui doute de sa véracité, Dieu leur demande de présenter ne serait-ce qu’une sourate semblable à l’une des sourate du saint Coran : « Si vous avez un doute sur ce que Nous avons révélé à Notre Serviteur, tâchez donc de produire une sourate semblable et appelez vos témoins, (les idoles) que vous adorez en dehors d'Allah, Si vous êtes véridiques ». (Sourate 2 Baqarah : 23)

Les Arabes réputés dans l’art de la poésie demeuraient bouche cousue, émerveillés par la beauté expressive du saint Coran. Il arrivait parfois qu’à force de se laisser bercer par la mélodie du saint Coran, certains ne parvenaient pas à bouger de leur place. Un soir, Abou Soufiyan et Abou Jahl s’étaient retrouvés par pure coïncidence aux alentours de la maison du prophète (ç) qui avait l’habitude de réciter le Coran la nuit. Ils y sont restés cacher à écouter le Coran que le messager de Dieu clamait dans ses prières de nuit jusqu’à l’aube. Ils se rencontrèrent par surprise et se mirent à se faire des reproches sur leur comportement respectif. A la fin ils décidèrent de ne plus recommencer car si les leurs découvraient cela ils se diront que nous sommes devenus musulmans. Ils ne parvinrent pas à respecter leur engagement et répétèrent cela plusieurs nuits encore. (rf1, p181)

 

LE PROPHETE TRAITER DE MAGICIEN

 

La période de Hajj était un moment idéal pour inviter les gens à l’islam. Les tribus venaient de plusieurs contrées arabes pour les rites du pèlerinage à la Mecque. L’envoyé de Dieu pouvait alors faire passer son message à plus grand échelon. Raison pour laquelle les notables Qorayshites nourrissaient une véritable crainte face aux initiatives du prophète (ç). Une délégation de notables alla voir Walid ibn Mouguira - chef de la tribu Makhzoum - Il dit : « la période de Hajj est là. Les gens de tous les horizons viendront à la Mecque. Ils sont au courant de l’histoire de Mouhammad (ç). Il faut que vous adoptez une stratégie commune pour avoir une même parole à sont sujet. Evitez de vous contredire à travers des propos différents et passer ridicule devant les gens. Ils suggérèrent :

- Nous dirons la même chose que tu diras.

- Parlez, je vous écoute.

- Traitons-le de diseur de bonne aventure.

- Non ! Je jure par Dieu qu’il n’est pas diseur de bonne aventure. Ce qu’il dit est différent des élucubrations des diseurs de bonne aventure.

- Traitons-le de fou.

Non ! Ce n’est pas un fou car nous avons déjà vu des fous et comment ils se comportent. Non seulement son corps ne tremble pas, ses gestes sont bien mesurés et ne frisent pas l’attitude de celui qui est possédé par le démon.

- Disons alors que c’est un poète.

- Il n’est pas poète car nous connaissons les règles de la versification ; et ce qui sort de sa bouche n’a rien à voir avec la poésie.

Portons alors à la connaissance des gens qu’il est un magicien.

- Il n’a pas l’air d’un magicien car nous connaissons les méthodes dont se servent les magiciens pour distraire.

- Que devons-nous dire alors ?

- Je jure par Dieu que ses propos sont si agréable qu’ils affectent quelqu’un jusqu’au fond de son âme. Ses racines procure la joie et ses branches des fruits. Ce qui fait que tout ce que nous dirons contre lui passera à côté. Mais, par rapport à toutes les suggestions qui ont été faites il est mieux de dire qu’il est magicien car il n’y a que les propos relevant de la magie qui peut séparer le fils du père, le frère du frère, la femme de son mari ou les membres d’une même famille.

Ils se séparèrent après approbation générale et, chaque jour, ils abordaient les pèlerins à l’entrée de la ville et les mettaient en garde contre le messager de Dieu. (rf1, p182) Ce dont le conseil des Qorayshites qualifiait de magique n’étaient rien d’autre que les versets coraniques qui séduisaient les gens et les laissaient perplexe. Cette mise en garde était entrée dans la phase où les notable conseillaient au grandes personnalité comme As’ad ibn Zourarah de Médine de bourrer ses oreille avec du coton afin de se protéger du danger de se laisser envoûter par la magie de Mouhammad (ç).

 

VOYAGE A TA’IF

 

Tâ’if, une cité située à environ 72km de la Mecque est réputé pour ses raisins provenant des jardins verdoyants qui font la fierté de cette région. (rf3, p182) Certains riches qorayshites y avaient des domaines. Les propres habitants de Tâ’if étaient des gens riches qui vivaient de l’usure. Elle était habitait par la puissante tribu de « Saqîf ». Les pressions des mécréants sur le prophète (ç) après la mort de Khadidja et Abou Talib devinrent si lourdes que le prophète (ç) se vit obliger de changer d’atmosphère pour éviter de pas marquer d’arrêt dans sa mission. Il entreprit alors de se rendre à Tâ’if pour inviter sa population à l’islam et si possible trouver un soutien que les Mecquois n’ont pas pu l’offrir jusqu’ici. Il partit, accompagné de Zayd ibn Hârith (rf4, p182) et d’Ali. (rf5, p182) Le messager de Dieu rencontra trois frères notables de Saqîf dont l’épouse de l’un venait des Qorayshites (de Bani Joumh). Il les invita à la nouvelle foi et sollicita leur assistance. Ils refusèrent et se détournèrent du messager. Il leur pria au moins de tenir secrète sa visite afin d’éviter que l’inimitié des Qorayshites ne s’augmentent à son égard. Le prophète (ç) se rendit aussi chez d’autres personnes influente de Tâ’if espérant faire passer son message mais en vain. Et comme les grands craignaient que ce message tombent dans les oreilles des jeunes, (rf2, p183) ils s’insurgèrent contre lui,le traitant d’imposteur. Ayant fait circulé la nouvelle en un laps de temps le prophète (ç) et ses deux compagnons se virent assiéger et lapider par des enfants. Malgré les efforts de protection d’Ali et Zayd, le prophète (ç) fut couvert de blessures aux jambes et au visage. Il parvint tout de même à trouver refuge dans un jardin appartenant à Outba et Sheiba (des notables Qorayshites) et se mit à implorer Dieu. Les propriétaires des lieux qui suivaient l’action s’approchèrent du prophète (ç) et envoyèrent leur serviteur chrétien nommé Addâs de Neinawâ lui offrir des raisins. Avant de manger les raisin, le prophète (ç) prononça cette phrase : « Au nom de Dieu ». Ce qui ne manqua pas de susciter la curiosité D’addâs qui, après un entretient avec le prophète (ç) sur le message fini par s’islamiser. Le messager de Dieu quitta Tâ’if dix jours de prêche, désespéré sur une éventuelle islamisation des Saqîf. Il retourna ainsi à la Mecque après cette aventure au souvenir amère.

 

LE PROPHETE A-T-IL JOUIT DE LA COUVERTURE DE QUELQU’UN POUR ENTRER A LA MECQUE ?

 

On raconte que le prophète (ç) sollicita la couverture  d’un certain Mout’am ibn Adi pour entrer dans la cité de la Mecque. Mais grâce à quelques preuves on peut réfuter cette allégation :

1- Comment peut-on imaginer que le prophète (ç)s après dix années et de prêche contre l’idolâtrie ait sollicité l’aide d’un idolâtre pour entrer à la Mecque ? Or il n’a jamais fait ménage avec l’idolâtrie ou  vouloir des faveurs d’un idolâtre.

2- Malgré le fait qu’Abou Talib n’était plus là, Bani Hâchim comptait parmi ses enfants des têtes à l’instar de Hamza dont les Qorayshites redoutaient la   vengeance. Plusieurs tribus craignirent l’assaut des Hâchimites au cas où ils essayaient de vouloir supprimer le prophète (ç) de nuit.

3- Bon nombre de sources historiques montre que Zayd accompagnait le prophète (ç) au cours de ce périple. Et d’autres déclarent qu’Ali étaient aussi avec lui (il est difficile d’imaginer imam Ali laisser le prophète (ç) entreprendre seul de tel voyage). Conclusion, on a à faire à un groupe de trois personne qui peuvent bien se défendre.

4- Le messager de Dieu compte parmi les vaillants Arabes. Il ne faut donc pas imaginer qu’il était la proie de n’importe qui. Il en va de même pour Ali dont le courage ressort de cette déclaration : « Lorsque le combat devient intense et rude, nous nous rabattions derr_re le prophète (ç).  Et pendant cet instant nul de nous n’est plus proche de l’ennemi que lui. (rf1, p184)

5- Le prophète (ç) luttait contre le système tribal qui enchaînait les habitant de la région. Comment peut-il ensuite approuver ce dont il combat en se servant de la position d’une tribu ?

6- On peut lire des rapports de Bilâzri et d’Ibn Sa’d que le voyage du prophète (ç) sur Tâ’if avait eu lieu vers la fin du mois de Shawwal. Si on accepte ces rapports, cela signifie que le voyage et le retour du prophète (ç) s’étaient passés au cours d’un mois de trève durant lequel il interdit de livrer tout combat ou verser le sang de quelqu’un à la Mecque. Nous pouvons donc déduire à partir de ces preuves que le prophète (ç) entra à la Mecque par la vallée des dattiers (rf3, p185) (où il passa la nuit à lire le saint Coran qui attira un groupe de Djinns). (rf2, p185).

 

L’APPEL DES TRIBUS ARABES A L’ISLAM

 

Que ce soit à la Mecque ou ses environs, le prophète (ç) Mouhammad (ç)  invita les tribus arabes à l’islam. Il s’est rendu au sien des tribu telles que la tribu Kinda, Kalb, Bani Hanifa, Bani Amir ibn Sa’sa’a pour les appeler à l’islam. Abou Lahab le suivait et dissuadait les gens à suivre la vérité. Au cours de sa mission auprès des Bani Amir, l’un des leurs notables répondant au nom de Bihara ibn Forâs se leva et dit : « Si nous te donnons l’allégeance comme signe de notre approbation à ton message et que Dieu te fasse triompher sur tes ennemi, t’engagerais-tu à faire de nous tes successeurs après toi ? Le prophète (ç) répondit : « Cela relève de la compétence de Dieu qui le donnera à qui il jugera nécessaire ». (rf5, p185) Très étonné, Bihara réagit : « Après que nous ayons affronté avec difficulté et endurance les tribus arabes sur ta voie et que Dieu t’accorde la victoire, la chose revient aux autres ! Non ! Nous n’avons pas besoin de ta religion ». (rf1, p186) On Rapporte que la rencontre avec la tribu Kinda fut semblable. Et le prophète (ç) donna la même réponse. (rf2, p186)

Cette réaction du prophète (ç) offre des pistes d’interprétation bien évidente : d’un côté le prophète (ç) signifie que le choix de son successuer ne dépend vraiment pas de lui. Preuve que la succession du prophète (ç) se fait par décrèt divin, c’est-à-dire que c’est Dieu qui choisi le successeur de son messager. Contrairement à la logique selon laquelle « la fin justifie les moyens », le prophète (ç) n’employait pas n’importe quel moyen pour faire avancer sa mission. Quand bien même l’islamisation d’une grand tribu présentait des avantages, le prophète (ç) Mouhammad (ç) ,’a jamais été près à faire des promesses qu’il ne tiendrait pas après. A cet effet il profitait alors du rassemblement que provoquait les cérémonies du pèlerinage et des activités commerciales et des foires telles la foire de Oukâz, Majanna, Zilmajâzi, pour faire passer son message. Il abordait surtout les chefs de tribu qui, même s’ils n’adhéraient pas à l’islam,  ne pouvaient s’empêcher du moins  d’en parler une fois revenu chez eux. C’était quand même un par vers la victoire.

 

 

QUATRIEME SECTION

 

DE L’HEGIRE A L’APPEL UNIVERSEL

 

Chapitre I : Hégire à Médine

Chapitre II Organisation politique du prophète (ç) à Médine

Chapitre III : Les complots juifs

Chapitre IV : Formation d’une force armée

 

Chapitre I : Hégire à Médine

 

LE DE MEDINE APPROPRIE POUR L’IMPLANTATION DE L’ISLAM

 

La vallée de Wâdi Qourâ s’étend sur une longue distance reconnue par la piste caravanière qui relie Yémen à la Syrie en passant par la Mecque. Cette voie de communication est parsemée d’oasis surtout lorsqu’on tend vers le sud. La ville de Médine est située à 500km au nord de la Mecque. Autrefois nommée Yathrib, cette cité prit d’abord le nom de « Madinat-ur-rasoul » (c’est-à-dire la cité du prophète (ç))  pour être baptisée plus tard « Médine ».

Contrairement au Mecquois plus versés dans le commerce, les Médinois étaient des agriculteurs. Les structures sociales des deux villes présentaient aussi des contrastes. Ici, trois grandes tribus juives s’y étaient installées depuis belle lurette : Bani Nadhir, Bani Qeinouqâ et Bani Qoureiza. Deux tribus célèbres, les Aos et les Khazraj d’origine yéménite (Qahtânite) y avaient émigrés après le blocage de Ma’rib.

Des événements préliminaires à l’accueil et la mise en place des bases de l’islam se déroulaient à Médine alors que le messager de Dieu était encore en plein mission d’appel à la Mecque. Nous pouvons citer entre autres :

1- Les Juifs s’étaient appropriés les domaines sur lesquels ils créèrent des vergers de dattes en périphérie de la ville. Ils avaient assis une puissance économique considérable dans la région. (rf1, p190)Très souvent, des altercations naissaient entre eux d’une part, les Aos et les Khazraj d’autre part. Les Juifs minoritaires étaient l’objet de séquestrations perpétuelles des deux tribus. Pour se consoler de ces oppressions ils disaient : « d’ici peu viendra un prophète (ç) avec qui nous formerons une armée. Et avec son aide, nous vous détruirons comme les tribus de Ad et Aram ». (rf2, p190) Les idolâtres croyaient aux propos des Juifs dont le niveau de culture était élevé par rapport à eux. Et vu le nombre de fois que les Juifs répétaient ce discours, les Aos et les Khazraj l’avaient presque toujours en mémoire. Ainsi, les populations de Médine étaient psychologiquement prêtes à l’idée de l’apparition d’un prophète (ç) dans l’avenir.

2- Les Aos et les Khazraj étaient engagés depuis des années dans un tourbillon de conflits qui avaient déjà fait plusieurs victimes. Le dernier conflit était celui de Bouâs. Ces conflits avaient causé de par et d’autre d’ énorme pertes si bien que les antagoniste étaient presqu’à bout de souffle. Ils étaient alors à la recherche d’un médiateur pour établir la paix entre eux. Mais il n’arrivaient pas à trouver quelqu’un de neutre pour réaliser cela. Abdoullah ibn Obeid, un grand de la tribu Khazraj paraissait un homme sans parti dont les tribus avaient déjà choisi non seulement pour établir la paix entre eux, mais aussi pour être désigné comme chef à la fin pour régner sur les deux tribus. (rf3, p190.

Mais tout va basculer après la rencontre des délégations des deux tribus à la Mecque avec le prophète (ç). D’où Abdoullah ibn Obeid perdit ses chances de mener les pourparlers entre les deux tribus.

 

PREMIER GROUPE DE MUSULMANS DE MEDINE

 

Les Médinois eurent vent de l’apparition d’un prophète (ç) à la Mecque grâce aux voyageurs et aux pèlerins dès le début de la mission prophétique. Certains ont eu à rencontrer personnellement le prophète (ç) et sont devenus musulmans après. Malheureusement, d’autres perdirent la vie ou furent tués sans avoir eu le temps d’attirer les autres à l’islam. (rf1, p191) Le messager de Dieu eut une rencontre avec six membres d’une délégation de Khazraj à Minâ à la onzième année de sa prophétie. Ils se dirent alors : « sachez qu’il s’agit bien du prophète (ç) dont nous parlaient les Juifs. Nous ne devons pas nous laisser devancer par les Juifs dans l’adhérence à cette religion ». C’est ainsi qu’ils s’islamisèrent et dévoilèrent au prophète (ç) : « Notre peuple traverse une pénible situation de conflit. Nous espérons qu’à travers toi Allah pourra établir la paix entre nous. Nous rentrons de ce pas à Médine pour commencer à inviter les gens à l’islam. S’ils acceptent cette religion, tu sera le plus honorer parmi nous. Ce groupe s’employa à inviter les gens à l’islam une fois retourné à Médine. Tous les maisons étaient déjà au courant de la religion en un rien de temps. (rf2, p191)

 

PREMIERS ACCORDS DE OUQBAH

 

Douze membres d’une délégation de Médinois donnèrent leur allégeance au prophète (ç) à « Ouqbat-ul-minâ » lors des cérémonies de Hajj à la 12ème année de sa mission. Ce grope était constitué de dix Khazraj et de deux Aos. C’était une preuve que les deux tribus avaient enterré la hache de la guerre pour se réfugier sous le drapeau de paix islamique. Ils s’étaient engagés à n’associer personnes à Dieu, à ne pas voler, à ne pas commettre l’adultère, à ne pas commettre d’infanticide et éviter les calomnies. Ils s’engageaient aussi à suivre les recommandations du prophète (ç) dans l’accomplissement des bonnes œuvres. (rf1, p192)

Le prophète (ç) leur fit alors la promesse des rétributions paradisiaques qu’ils auront en restant fidèles à ses engagements. (rf2, p192) Ils prirent la route de Médine sans avoir oublié de solliciter du prophète (ç) un enseignant pour leur enseigner le saint Coran à Médine. Le Messager de Dieu choisit Mous’ab ibn Oumar  pour la circonstance. (rf3, p192) Les activités de Mous’ab accrurent le nombre de musulmans à Médine. Contrairement à la Mecque dont les islamisés étaient plus composés de jeunes, Médine vit le nombre des musulmans accroître vertigineusement grâce à l’entrée massive des adultes.  Une fois les adultes convaincus, les jeunes adhéraient facilement. Tel est le facteur qui facilita l’installation de l’islam à Médine.  

 

DEUXIEMEE ACCORDS DE OUQBAH

 

Un an plus tard à la même période de pèlerinage, 75 personnes d’une délégation constituée de 11 Aos et 64 Khazraj parmi lesquels figuraient deux femmes firent leur entrée à la Mecque. Le 12 Dhi Hijjah, ils signèrent dans la discrétion totale les seconds accords de Ouqbah dont les clauses stipulaient que les Médinois sont prêts à accueillir et apporter du soutien au prophète (ç) en cas d’émigration de ce dernier vers Médine. Ils s’engageaient à le défendre jusqu’à leurs femmes et leurs enfants si jamais il faisait l’objet d’une attaque. D’où le nom « d’allégeance de guerre ».

Avant de clore les accords, le prophète (ç) désigna 12 personnes (conseil central) qui avaient la charge de s’occuper d’eux jusqu’à son émigration. (rf1, p193) Un signe qui montre que le prophète (ç) était très organisé et veillait en sorte que les choses fonctionnent dans l’ordre.

 

DEBUT DE L’EMIGRATION

 

Malgré les mesure de sécurité que le prophète (ç) et les Médinois avaient mise en place, les Qorayshites parvinrent quand même à être au courant des accords que le messager de Dieu avait passés avec les Médinois. Ils réagirent alors en voulant capturer les signataires des accords. Mais, vu la rapidité avec laquelle les choses s’étaient déroulées, personne ne fut arrêté sauf un membre. Après le départ des Médinois, les Qorayshites se tournèrent vers les musulmans dont le guide venait d’obtenir du soutien. Ils furent alors l’objet des menaces et des persécutions sévères sans pareil. La vie à la Mecque devint pratiquement impossible un peu comme avant l’immigration pour l’Abyssine. (rf2, p193)

Le messager de Dieu face à une telle situation se vit dans l’obligation d’anticiper l’émigration de certains pour Médine. Il dit : « Allez à Médine car Dieu vous en a fait un endroit plus sécurisant avec des frères qui vous attendent. (rf3, p193) Les musulmans durent affronter des difficultés que les Qorayshites leur causaient pour s’enfuir pour Médine par vagues successives en l’espace de deux mois et demi (entre la mi- Dhi hijjat et la fin de Safar). En dehors du prophète (ç), d’Ali, d’Aboubakr et de quelques compagnons, il ne restait plus personne à la Mecque. Ceux qui émigrèrent vers Médine sont connus dans l’histoire de l’islam comme les « Emigrants » et les Médinois qui les ont assisté sont « les Ansâr ».

 

COMPLOT POUR L’ASSASSINAT DU PROPHETE

 

Les Qorayshites avaient réalisé que Médine était devenue un base de soutien prête à affronter quiconque s’en prendrait au prophète (ç). Ils virent alors leur crainte s’accroître à cause du danger que la situation présentait :

1- Les musulmans étaient hors de leur contrôle parce que Médine était une ville autonome dont les Qorayshites n’y avaient aucune influence. La situation présentait des pronostics plutôt défavorables pour eux.

2- Il était tout à fait possible que le prophète (ç) cherchât à vouloir prendre sa revanche grâce aux accords de guerre qu’il avait signé avec les Médinois. Et les Qorayshites en avaient la crainte.

3- Même en supposant que l’idée des affrontements ne planait pas dans l’air, les Qorayshites vivaient toujours dans la phobie de perdre le marché que représentait Médine pour leurs activités commerciales.

4- Médine était située tout près de la piste caravanière qui reliait la Mecque à la Syrie. Les musulmans avaient la possibilité de s’imposer sur cette route afin d’en avoir le contrôle et rendre les transactions des Mecquois un peu difficiles.

Tous ces inquiétudes poussèrent les Qorayshites à se réunir dans « Darul nadwa » (centre de consultation des notables Mecquois, en souvenir de Qousâ) pour trouver une solution. Certains suggérèrent d’exiler le prophète (ç), d’autres pensèrent plutôt à l’emprisonner. Aucune des deux suggestions ne fut adoptée. Ils décidèrent enfin de l’assassiner, tout en étant conscient que l’éliminer n’était pas si facile. Les Hâshimites ne pouvaient pas restés passif dans ce cas sans vouloir prendre sa revanche. Les conspirateurs proposèrent alors de choisir un jeune de chaque tribu complice pour faire la sale besogne en se ruant sur le prophète (ç) lorsque ce dernier sera endormi la nuit. Ainsi, personne n’allait porter la responsabilité du meurtre. Ce qui rendrait la tâche difficile à la tribu du prophète (ç) car elle ne pourrait s’en prendre à toutes les tribus pour se venger ; et se verra obliger d’accepter le dédommagement. Ils programmèrent la nuit du 1er Rabioul Awwal pour passer à la phase opérationnelle de leur complot. Dieu rappelle leur complot en ses propos : « (Et rappelle-toi) le moment où les mécréants complotaient contre toi pour t'emprisonner ou t'assassiner ou te bannir. Ils complotèrent, mais Allah a fait échouer leur complot, et Allah est le meilleur en stratagèmes ». (Sourate 8 Aanfâl : 30)

 

HEGIRE DU PROPHETE

 

Le prophète (ç) fut averti du complot de « Darul Nadwa » par révélation. Il reçut alors l’ordre divin de quitter la Mecque pour Médine. Le prophète (ç) informa Ali de la situation et lui proposa : « Tu dormiras sur ma place ce soir et tu te couvrira de ma couverture verte du Yémen ». Ali accepta la proposition sans poser de questions. Le prophète (ç) se mit en route le même soir pour la grotte de Saor au sud de la Mecque. Il y passa trois nuits afin de décourager les Qorayshites qui le recherchaient et qui avaient bloqué la route principale. Allah évoque la solitude et le manque de soutien pour le prophète (ç) dans le saint Coran. Même celui qui l’accompagnait était pétri de peur jusqu’aux os. Mais grâce à la volonté divine, les Qorayshites abandonnèrent les fouilles : « Si vous ne lui portez pas secours... Allah l'a déjà secouru, lorsque ceux qui avaient mécru l'avaient banni, lui, le deuxième de deux, le jour où tous deux se trouvèrent dans la grotte et qu'il disait à son compagnon: ‹Ne t'afflige pas, car Allah est avec nous.›, Allah fit alors descendre sur Lui Sa sérénité ‹Sa sakina› et le soutint des soldats (Anges) que vous ne voyiez pas, et il abaissa ainsi la parole des mécréants, tandis que la parole d'Allah eut le dessus. Et Allah est Puissant et Sage ». (Sourate 9 Tawba : 40).

 

UNE GRANDE LOYAUTE

 

Ce soir Ali se coucha sur le lit du prophète (ç). Les Qorayshites armés avaient encerclé la maison du prophète (ç). Ali se leva alors et dégaina son épée pour faire face aux assaillants. Ces derniers furent d’abord étonnés de constater que le plan n’avait pas marché à cent pour cent comme ils l’avaient prévu. Ali s’abstint de répondre aux questions que lui posaient les assaillants sur le repère du messager de Dieu.(rf2, p196)

Les chances de survie de celui qui devait dormir à la place du prophète (ç) étaient très réduites. Pourtant malgré cette probabilité, Ali accepta de se sacrifier à la place du prophète (ç), de même qu’il l’avait déjà fait plusieurs fois dans la vallée d’Abou Talib lors de la mise au ban. Ce sens du sacrifice apparaît dans le saint Coran e ces termes : « Et il y a parmi les gens celui qui se sacrifie pour la recherche de l'agrément d'Allah. et Allah est Compatissant envers ses serviteurs ». (Sourate 2 Baqarah : 207)

Les exégètes et les compilateurs de hadiths affirment que ce verset fut révélé en témoignage au sens du sacrifice d’Ali ibn Abi Talib. Imam Ali rappelle ce complot des Qorayshites dans ce discours : « le prophète (ç) me demanda de dormir sur le lit à sa place. Je m’exécutai immédiatement avec la joie de savoir que je devais être tué dans sa voie. Il se mit en route pour Médine tandis que je me dissimulai sous sa couchette. Les Qorayshites armés prirent d’assaut la maison avec la certitude qu’ils auraient le prophète (ç). Je me levai l’épée à la main lorsqu’ils entrèrent. Je me défendis avec la grâce de Dieu et les gens finirent par savoir ce qui s’était passé ». (rf2, p197)

 

L’ENTREE DU NOBLE PROPHETE A QOUBA

 

Le messager de Dieu avait recommandé à Ali de restituer tous les biens des gens dont il avait la responsabilité (rf3, p197) et de préparer le terrain pour sortir sa fille et quelques autres hommes et femmes hashimites qui n’avaient pas encore pu quitté la Mecque. (rf1, p198) Le prophète (ç) Mouhammad (ç) quitta la caverne pour Médine le quatre Rabioul Awwal (rf2, p1998) et arriva à Qouba un village habité par Bani Oumar et Ibn Aof en périphérie de Médine le douze du même mois. (rf3, p198) Il séjourna quelques jours à Qouba à l’attente de l’arrivée d’Ali. Il fit mettre sur pied une mosquée durant ce séjour. (rf4, p198) Ali demeura trois à la Mecque après le départ du prophète (ç) et accomplit sa mission. (rf5, p198) Il rejoint ensuite le prophète (ç) de l’islam à Qouba en compagnie de sa mère Fatima bint Asad, de Fatima la fille du prophète (ç), de Fatima la fille de Zoubeir ibn Abdou Moutallib et de deux autres personnes. (rf6, p198)

 

L’ENTREE DU PROPHETE A MEDINE

 

Après l’arrivée d’Ali, le prophète (ç) prit la direction de Médine avec un groupe de Bani Najâr (tribu maternelle d’Abou Moutallib). Ils prièrent la première de vendredi dans un lieu habité par Bani Sâlim ibn Aof. Il fut vivement accueilli par une foule enthousiaste. Les notables médinois, s’emparant du renne de Nâqa son chameau au passage, voulaient qu’il leur fisse l’honneur d’élire leur domicile comme lieu de résidence. Le prophète (ç) leur dit : « Cédez le passage au chameau ! Je m’installerai où il choisira de s’arrêter ».

Tout comme l’événement de « la pierre noire », le prophète (ç) ne voulait pas que son installation prenne une tournure dont une tribu particulière s’en servira pour faire rayonner leur flambeau demain. Finalement, le chameau s’arrêta sur un domaine appartenant à deux orphelin de Bani Najâr (où sera construite plus tard la mosquée du prophète (ç)), près de la maison de Abou Ayoub Ansâri (Khalid ibn Zayd Khazraji) Le messager de Dieu descendit du chameau tandis que Abou Ayoub Anasâri, au grand dame de ceux qui espéraient avoir l’honneur de voir le prophète (ç) être leur hôte, porta ses bagages chez lui jusqu’au jour où la mosquée et l’appartement du prophète (ç) furent construits. (rf1, p199)

 

DEBUT DE L’HISTOIRE DE L’HEGIRE

 

L’hégire marque un tournant très important et un point crucial dans l’évolution de l’islam. En effet, les musulmans passaient d’un régime d’oppression à une situation plus sécurisante. C’était déjà une victoire psychologique importante de savoir qu’on est libre d’exprimer sa foi sans aucune crainte de représailles. N’eut été l’hégire, l’islam se serait peut-être rapidement éteint à la Mecque sans aucun espoir de révolution. Les musulmans purent s’organiser politiquement et stratégiquement pour aller vers une extension dans la péninsule arabique. Ainsi, l’hégire passe pour être le véritable début de l’histoire de l’islam.

Cependant, la question qui se pose est celle de savoir quand et qui a fait cet événement comme point de départ du calendrier islamique ? Les historiens sont d’avis que cela eut lieu lors du califat d’Oumar ibn Khatâb, après une consultation avec les compagnons du prophète (ç). (rf2, p199) Mais les analyses de certains chercheurs en histoire prouvent que l’initiateur de ce calendrier et le prophète (ç) en personne. De grands historiens ont écrit que le prophète (ç) avait ordonné après l’hégire de commencer à considérer cet événement comme repère chronologique. ‘rf1, p200) Nous en voulons pour preuve de ces affirmations les lettres et les autres fiches présentes dans les bases historiques. Des documents dont les dates font référence à l’hégire comme début du calendrier islamique. Nous avons entre autres :

1- Des engagements que prophète (ç) avait pris avec les Juifs de Mouqnâ ont été couchés par écrit. Le prophète (ç) avait signé à la fin et on peut lire à la fin du document : « ces accords ont été rédigés par Ali ibn Abou Talib la 9ème année. (rf2, p200)

2- dans les accords que le prophète (ç) avait signé avec les chrétiens de Najrân il est écrit : le prophète (ç) donna l’ordre à Ali d’écrire : « ces accords ont été rédigés à la 5ème année de l’hégire ». (rf3, p200)

Certains événements historiques étaient enregistrés chronologiquement jusqu’à la 5ème année de l’hégire par énumération des mois :

1- Abou Sa’id Khoudri dit : « le jeûne du mois de Ramadan devint obligatoire le 18ème mois après le changement de la Qibla ». (rf4, p200)

2- Abdoullah ibn Ouneis, le commandant de l’armée destinée à affronter la guerre de Soufiyâne ibn Khâlid déclarer : « le lundi 5 Mouharram du 5ème mois parès hégire, je suis sorti de Médine ». (rf5, p200)

3- Mouhammad (ç) ibn Maslama dit à propos de la guerre avec la tribu Qourtâ : « Je suis sorti de Médine le 10 de Mouharram. Et après 19 jour d’absence, je suis revenu à Médine le 55ème mois après hégire ». (rf1, p201)

Nous pouvons conclure alors que le noble prophète (ç) est len fondateur du calendrier hégire. Probablement elle n’avait pas encore vraiment de signification jusqu’au califat d’Oumar. (rf2, p201) Et comme des contradictions sur la date de certains événements survinrent à son époque (rf3, p201) il attribua officiellement cela à la 15ème année de l’hégire. Et au lieu de Ranioul Awwal (le mois de l’entré du prophète (ç) à Médine), le mois de Mouharram fut prit comme la base chronologique pour le calendrier hégire. (rf4, p201)

 

 

Chapitre II Organisation politique du prophète (ç) à Médine

 

CONSTRUCTION DE LA MOSQUEE

 

Après son installation à Médine, la première des choses que le messager de Dieu jugea nécessaire à accomplir fut la construction d’une mosquée comme centre d’apprentissage, d’éducation, de rassemblement et d’adoration pour les musulmans. Il acheta alors le domaine appartenant aux deux orphelins où son chameau s’était arrêté et avec la contribution des musulmans une grande mosquée fut construite (rf2, p203) et baptisée « la mosquée du prophète (ç) ». Ce geste fut le premier en faveur d’une action sociale visant à réunir les populations de Médine dans la fraternité. Deux appartements furent également bâtis près de la mosquée pour servir d’habitation au prophète (ç) et à ses épouses. (rf3, p203) Le messager de Dieu put alors laisser la maison d’Abou Ayoub Ansâri pour s’installer dans une nouvelle demeure jusqu’à la fin de sa vie. (rf1, p204)

 

LES COMPAGNONS DE SAFFA

 

Les musulmans de Médine avaient accordé refuge à leurs frères émigrants après l’hégire. Ils leur accordèrent chacun à la mesure de ses capacités les moyens pouvant leur permettre de recommencer une nouvelle vie. (rf2, p204) Un groupe connu sous le nom de « compagnons de Saffa » était constitué des gens de piètre condition, des étrangers qui n’avaient pratiquement rien. Un pensionnat fut construit à l’extrémité de la mosquée pour abriter ces démunis. Le prophète (ç) les assistait et encourageait les riches Médinois à en faire autant. (rf3, p204) Tout étranger qui débarquait à Médine sans aucune parenté ni connaissance dans la cité trouvait l’abri dans ce pensionnat. (rf4, p204)

 

LES CHARTES PUBLIQUES

 

Le messager de Dieu jugea nécessaire de procéder à une réorganisation de la société afin de pouvoir mener dans la paix ses idéaux. En effet, le système social d’avant n’était pas approprié pour la circonstance. Les groupes d’Arabes qui vivaient dans cette région appartenaient soit à la tribu de Aos, soit à celle des Khazraj. D’une part, les Juifs présents à la fois dans la cité et en périphérie communiquaient entre eux. Et pour couronner le tout, les musulmans s’étaient ajoutés à cette diversité qui pouvait susciter des événements. Cette situation fut à l’origine des chartes que le prophète (ç) décida de rédiger : « c’est le premier code civil » ou « la plus importante charte de l’histoire de l’islam ».  Cette charte protégeait les droits des différents groupes vivants dans Médine. Grâce à ce code, les différentes tribus pouvaient cohabiter les unes avec les autres dans la justice, l’équité, la paix et sans aucun risque de débordement. Voici quelques clauses de ce code civil :

1- Les musulmans et les juifs forment une même communauté (il s’agit ici des juifs de Bani Oumar ibn Aof et des juifs intègre qui vivaient à l’intérieur de Médine. Quant aux trois tribus juives de Bani Qeinouqâ, Bani Nadir et Bani Qoureidh, une autre charte différente avait été prévue pour eux)

2- Les musulmans et les juifs sont libre de pratiquer leur religion.

3- Les émigrants doivent respecter les us antécédentes à l’islam au sujet du prix du sang versé : celui qui aurait commis un meurtre devrait dédommager les victimes afin que la justice règne entre les musulmans. Et si quelqu’un avait fait prisonnier un membre d’une tribu, qu’il le libère en acceptant un somme d’argent pour l’affranchir.

4- Les Bani Oumar ibn Aof et d’autres tribus doivent agir de la même manière au sujet de la rançon du prix de sang.

5- Personne n’a le droit de donner refuge au fils, au serviteur ou à un quelconque membre d’une famille sans l’autorisation de ses parents.

6- Les signataires de cette charte s’engagent par ailleurs à défendre la cité en cas d’attaque.

7- Médine est une ville saint ; par conséquent, il est interdit de d’y verser le sang d’un être humain.

8- Le juge chargé du règlement des contentieux entre les signataires de ce code reste le prophète (ç) Mouhammad (ç).

Les preuves historiques montrent que ces accords qui furent signés dès l’arrivée du prophète (ç) à Médine eurent un impact direct sur la tranquillité et la sérénité de la cité. Car jusqu’à la deuxième année hégire, bien après la guerre de Badr (provoquée par les troubles orchestrés par les juifs de Bani Qeinouqâ) aucune transgression n’a été observée à Médine.

 

CONSOLIDATION DES LIENS DE FRATERNITE ENTRE LES EMIGRES ET LES ANSÄR

 

L’une des importants gestes sociaux du prophète (ç) qui mérite d’être cité est l’établissement des liens de fraternité entre les musulmans émigrés et les Médinois à la première année. (rf3, p206) Ces deux groupes de musulmans se défiaient à cause de leur différence de profession et de tribu. En effet, les Ansâr étaient des Arabes de la race Qahtânite venant du Yémen au sud, tandis que les émigrés appartenaient à la race des Arabes du nord, les Adnânites. Les Qahtânites et les Adnânites rivalisaient au temps de l’obscurantisme. Pendant que les Médinois se livraient à l’agriculture, les Mecquois pratiquent plutôt le commerce. Craignant que les anciennes habitudes n’aient résisté à l’épreuve du temps, la nécessité de relier d’une certaine manière ces deux groupes qui regardaient désormais dans la même direction s’avérait indispensable. Ainsi, chaque émigré était joint à un Médinois qui devenait alors frère l’un et l’autre. Et le prophète (ç) choisit Ali comme son frère. Le degré de foi et de mérite était respecté entre les deux frères. La fraternité entre Ali et le prophète (ç) répondait à ce critère aussi et explique aussi pour les autres.

Ce geste instaura encore plus de rapprochement entre les émigrés et les Ansâr, au point que ces derniers préférèrent les émigrés à eux lors du partage de butin provenant de la bataille contre Bani Nadhîr. Une manière d’apporter du soutien financier à leurs frères qui avaient tout laissé derrière eux. (rf4, p207) Les émigrés, touchés par ce sens de l’hospitalité adressèrent infiniment leur remerciement à leurs frères Médinois en présence du noble prophète (ç). Ce sens de générosité poussée est exprimé dans le saint Coran en ces termes : « Le butin est destiné aux émigrés besogneux qui ont été expulsés de leurs demeures et expropriés de leurs biens, alors qu'ils recherchaient une grâce et un agrément d'Allah, et qu'ils portaient secours à (la cause d') Allah et à son messager. Ceux-là sont les véridiques. A ceux qui, avant eux, se sont installés dans le pays et dans la foi ; à ceux qui aiment ceux qui émigrent vers eux, et ne ressentent dans leurs coeurs aucune envie pour ce que [ces immigrés] ont reçu, et qui [les] préfèrent à eux-mêmes, même s'il y a pénurie chez eux. Quiconque se prémunit contre Sa propre avarice, Ceux-là sont les bienheureux ». (Sourate 59 Hashar : 8-9)

Le prophète (ç) venait ainsi d’effacer une autre habitude de coutume avant l’islam, celle-là qui consistait à n’être prêt que pour aider celui avec qui on à des liens de parenté tribale. Le sacrifice de soi au détriment de l’autre apporta un élan d’unité et de solidarité jamais observé jusqu’ici dans la péninsule arabe. Leur dimension colérique qu’ils exprimaient dans des querelles inter tribales fut désormais orienté par le prophète (ç) pour faire face à ceux qui étaient ennemi à l’islam. (rf2 ; p208)

 

LE PACTE DE NON AGRESSION AVEC TROIS TRIBU JUIVES

 

 En marge des accords (passés avec les Aos, Khazraj et les juifs résidents à l’intérieur de la cité), le prophète (ç) avait signé des traités qu’on peut qualifier de « pacte de non agression » avec les trois tribus juives vivant en périphérie de Médine. Comme nous l’avons déjà signifié plus haut, les Qeinouqâh, les Qoureidh et les Nadhîr vivaient aux alentours de Médine avec quelques membres au centre de la ville. Ils s’engagèrent dans ce pacte :

1- A ne pas collaborer avec les ennemis de l’islam ou lui vendre des armes, des montures et toute autre forme d’accessoires de guerre.

2- A ne rien entreprendre contre le prophète (ç) et les musulmans, publiquement ou en cachette, verbalement ou effectivement.

3-  EN cas de violation d’une clause de ce pacte, ils assumeraient les conséquences qui en découleront. Ils vont devoir faire face à la réaction des musulmans qui les combattront à mort si possible. Leurs fils et leurs épouses pourraient être faits prisonniers et leurs biens confisqués.

Ce pacte fut signé par les chefs des trois tribus, c’est-à-dire Moukheiriq, Houyya ibn Akhtab, Ka’ab ibn Asad. (rf1, p210). En principe, les juifs ne présentaient pas de danger des musulmans et se disaient que les accords passés étaient à leur avantage. Ils se faisaient des illusions qu’un éventuel ennemi de l’islam suffirait pour l’anéantir. Raison pour laquelle ils signèrent aisément ce pacte. Tout compte fait, ses accords offrirent un peu plus de sécurité et de sérénité dans Médine et ses environs.

 

LES HYPOCRITES

 

En dehors des juifs, un autre groupe s’était formé dans Médine après l’hégire du prophète (ç). Le saint Coran les désigne sous le terme « les hypocrites ». Apparemment ils se faisaient passer pour des musulmans alors qu’au fond ils étaient soit juifs (rf2, p210), soit idolâtres. (rf3, p210) Ayant réalisé le succès croissant de l’islam, ils préférèrent se faufiler lâchement dans les rangs des musulmans, attendant le moment propice pour passer à l’action. Les hypocrites étaient de mèche avec les juifs et complotaient contre les musulmans. Ils étaient conduits par Aboullah ibn Oubeid le malheureux candidat dont nous avons évoqué la situation plus haut. Il n’eut pu ruminer la vedette que le prophète (ç) et l’islam lui avaient ravie.(rf1, p211)

Les hypocrites avaient plusieurs plan de déstabilisation, au point que le prophète (ç) fut averti par la révélation dans les sourates telles Baqarah, Ali Imrân, Tawba, Mâ’ida, Anfâl, Ankaboût, Ahzâb, Fath, Hadid, Mounafiquines (les hypocrites), Hashar, Tahrim… Combattre cet ennemi était très difficile pour le prophète (ç) que combattre les mécréants et les juifs car c’était des éléments internes difficiles à identifier. Ils jouissaient notamment du statut de musulmans ; ce qui ne laissait pas la main libre au prophète (ç) de les affronter. Jusqu’à la mort d’Abdoullah ibn Oubeid (9ème année hégire), les hypocrites agissaient en groupe. Mais après lui, les actions syndicalisées s’affaiblies au profit des exactions personnelles.

 

 

Chapitre III les complots des juifs

 

Les juifs, tout comme les chrétiens étaient au courant de l’apparition d’un prophète (ç) dans la péninsule arabe. Selon le saint Coran, Ils connaissaient le prophète (ç) comme leurs propres enfants (rf1, p213) : « Ceux à qui nous avons donné le Livre, le reconnaissent comme ils reconnaissent leurs enfants. Or une partie d'entre eux cache la vérité, alors qu'ils la savent! » (sourate 2 :146) ; et « Ceux à qui nous avons donné le Livre reconnaissent (le Messager Mouhammad (ç)) comme ils reconnaissent leurs propres enfants. Ceux qui font leur propre perte sont ceux qui ne croient pas ». (sourate6 : 20). Tous les traits et les attributs du prophète (ç) qu’ils avaient lu dans la Thora et l’Evangile concordaient parfaitement avec son profil. C’est d’ailleurs grâce à ces indices qu’ils voulaient devancer les Aos et les Khazraj dans la soumission en ce prophète (ç). Comme nous l’avons déjà souligné, cette situation reste l’un des facteurs d’entrée prompt des Aos et des Khazraj à l’islam. Malheureusement, en dehors d’une poignée, les juifs se mire en travers du chemein du prophète (ç). Toutefois, ils maintinrent au début de bommes relations avec l’Etat islamique, question de préserver leur doctrine. L’efficacité des traités que prophète (ç) passât avec eux se définit clairement ici. Ce climat ne va certes pas duré longtemps puisque les juifs vont entrer en action en modifiant ou dissimulant les attributs du noble prophète (ç) qu’ils avaient dans leur livre en disant : « Nous ne trouvons pas les attributs de Mouhammad (ç) dans notre livre saint. Les attributs dont nous parlions ne le concernent pas». (rf3, p213). Le saint Coran fustige leur attitude en ces termes : « Et quant leur vint d'Allah un Livre confirmant celui qu'ils avaient déjà, - alors qu'auparavant ils cherchaient la suprématie sur les mécréants, - quand donc leur vint cela même qu'ils reconnaissaient, ils refusèrent d'y croire. Que la malédiction d'Allah soit sur les mécréants! ». (sourate 2 Baqarah : 89)

Les juifs utilisaient plusieurs tactiques pour s’opposer au messager de Dieu. Nous avons entre autres :

1- Solliciter des choses insensées du genre vouloir du prophète (ç) une lettre venant du ciel. (rf2, p214).

2- Poser des questions compliquées aux musulmans afin de semer le doute dans leurs esprits. Mais ils demeuraient impuissants face aux réponses convaincantes du messager de Dieu. (rf3, p214)

3- Faire tout pour semer la suspicion et le doute afin de secouer la position des musulmans dans leur foi. Par exemple, les juifs conseillaient aux gens d’aller et faire semblant d’avoir adhérer à l’islam et apostasier en fin de journée pour détourner ainsi le autres. (rf4, p214)

4-  Faire tout pour semer la discorde entre les musulmans. En effet, un juif répondant au nom de Sha’s ibn Qays voulait raviver les flammes de guerre entre les Aos et les Khazraj. Vaine initiative que le prophète (ç) parvint à désamorcer à temps. (rf5, p214)

 

LE DEGRE D’OPPOSITION DES JUIFS

 

Les juifs brillaient dans l’art de la cupidité, (rf6, p214) l’opiniâtreté. Fauteurs de troubles, ils recherchaient l’intérêt personnel en toute circonstance.  Le saint Coran les définit ainsi que les mécréants comme les ennemis de premier rang des musulmans : « Tu trouveras certainement que les Juifs et les Associateurs sont les ennemis les plus acharnés des croyants. Et tu trouveras certes que les plus disposés à aimer les croyants sont ceux qui disent: ‹Nous sommes chrétiens.› C'est qu'il y a parmi eux des prêtres et des moines, et qu'ils ne s'enflent pas d'orgueil ». (sourate 5 Mâ’ida :82)

En effet, les juifs et les idolâtres étaient des gens qui manquaient de lucidité et de discernement. Ils n’avaient rien d’autre en tête que faire tout pour briser l’avancée de l’islam. On peut ainsi résumer le degré d’opposition des juifs contre l’islam sur quelques sujets tels que :

1- Une réflexion discriminatoire selon laquelle un prophète (ç) n’est prophète (ç) que s’il vient de la race juive. (rf2, p215)

2- Avant l’islam, les juifs avaient assis une crédibilité économique et sociale à Médine. Ils contrôlaient l’économie à travers l’agriculture (rf3, p215) et l’usure (rf4, p215) sans règle qu’ils pratiquaient. D’une part, Ils avaient profité des divergences entre les Aos et les Khazraj pour affaiblir toutes les deux tribus. En associant d’une part les juifs de Bani Qeaynouqâ au Khazraj, d’autre part Bani Nadhîr et Bani Qoureydha avec les Aos, ils agissaient auprès des deux tribus protagonistes pour maintenir aussi longtemps que possible le flambeau de la guerre entre les deux .tribus. (rf5, p215) Avec l’entrée de l’islam à Médine et l’union des Aios et des Khazraj sous on ombrage, les juifs avaient compris que leur puissance allait être bientôt remise en cause dans la ville. Et perdre leur notoriété était un situation qu’ils ne pouvaient pas supportée.

3- Les savants et rabbins juifs jouissaient d’un certaine dévotion de la part du peuple qui les suivaient sans poser de question, y compris dans les jugements anti- religieux qu’ils émettaient (rf1, p216) les juifs leur donnaient des présents et des cadeaux en guise de reconnaissance envers les enseignements qu’ils leur donnaient sur la Thora. Leur opposition avec le prophète (ç) s’incrustait dans le fait qu’ils craignaient l’arrêt de ce jet de cadeaux si les juifs venaient à entrer dans l’islam. (rf2,p 216).

4- Il prenait pour prétexte de leur animosité avec le prophète (ç) sur l’Ange Gabriel qui apportait très souvent la révélation messager de Dieu. (rf3, p216)

5- Le saint Coran juge d’invalide plusieurs principes de doctrine et bien d’autres points de la Thora enseignés par les juifs. (rf5, p216) Ce problème remonte d’avant l’islam car les mécréant et les idolâtres avaient du respect face aux « gens du livre » qui, du point de vu culture étaient plus avancés qu’eux. (rf6, p2116 Ce sentiment subsista jusqu’à après l’apparition de l’islam. En effet, les musulmans à Médine avaient souvent recours au « gens du livre » sur des questions religieuse. Ceux-ci leur donnaient en arabes des réponses tirées des commentaires de la Thora dont la grande partie des enseignements était altérée. C’est pour cette raison que le sceau des prophète (ç)s avait recommandé aux musulmans de ne pas vite juger vrai leur propos. (rf7, p216) Il dit un jour à Oumar ibn Khatab : « je jure par celui qui détient mon âme que si Moussa vivait, il m’aurait suivi ». (rf1, p217) Une situation que les juifs ne supportaient pas tout en faisant remarquer : « cet homme veut remettre en question tous nos programmes ». (rf2, p217)

 

MODIFICATION DE LA QIBLA

 

Sous ordre divin le prophète (ç) priait en s’orientant vers « Beitul Mouqadas » (la Palestine) lorsqu’il était encore à la Mecque. Les juifs utilisèrent alors ce point comme pivot de propagande contre le prophète (ç) au moment ils commencèrent leur adversité contre l’islam. Ils disaient en effet ; « Il n’est pas libre et autonome dans sa religion. Il prie en s’orientant vers notre Qibla ». Ils évoquaient constamment ce sujet au point que le prophète (ç) ne savait plus quoi faire pour les contrer. Il passait les nuits à scruter le ciel à l’attente de la descente de l’ordre divin pour éteindre la campagne d’intoxication juive.

17 mois après l’hégire, (rf3, p217) alors que le prophète (ç) avait déjà exécuté deux unités de prière des quatre que comporte la prière de midi avec orientation vers « Beitul Mouqadas », l’ange vint avec l’ordre de changement de direction vers la Mecque ? le prophète (ç) changea de direction et s’orienta vers la Mecque pour les deux dernières unités qui restaient. (rf4, p217) L’ordre de Dieu fut en ces termes : « Certes Nous te voyons tourner le visage en tous sens dans le ciel. Nous te faisons donc orienter vers une direction qui te plaît. Tourne donc ton visage vers la Mosquée sacrée. Où que vous soyez, tournez-y vos visages. Certes, ceux à qui le Livre a été donné savent bien que C'est la vérité venue de leur Seigneur. Et Allah n'est pas inattentif à ce qu'ils font ». (sourate 2 Baqarah :144)

Les juifs furent très indignés à cause de ce changement. Ils se demandaient pourquoi les musulmans s’étaient détournés de leur direction après des années ? Avant de donner l’ordre de changement de direction, Dieu avait prit le soin d’expliquer à Son messager que tous les points de la terre, du nord au sud Lui appartenaient. Et qu’il peut décidé de changer la direction de prière sans demander l’avis de quelqu’un. Ainsi, c’est un ordre s’Il veut qu’on prie dans une direction. Aucune direction n’a de notoriété sur les autres : « Les faibles d'esprit parmi les gens vont dire: ‹Qui les a détournés de la direction (Qibla) vers laquelle ils s'orientaient auparavant?› - Dis: ‹C'est à Allah qu'appartiennent le Levant et le Couchant. Il guide qui il veut vers le droit chemin› ». (sourate 2 Baqarah :142)

Les juifs n’avaient plus de prétexte pour faire la mauvaise propagande contre l’islam et la modification de la direction venait marquer la disparition d’un point commun entre les suiveurs des deux religions anciennes et l’islam. Ils se séparèrent et leur relation fut rompue. : «  Certes, si tu apportais toutes les preuves à ceux à qui le Livre a été donné, ils ne suivraient pas ta direction (Qibla)! Et tu ne suivras pas la leur; et entre eux, les uns ne suivent pas la direction des autres. Et si tu suivais leurs passions après ce que tu as reçu de science, tu seras, certes, du nombre des injustes ». (sourate 2 Baqarah :145)

Le saint Coran laisse comprendre le problème de la modification de la Qibla ne visait pas seulement à désarmer les juifs. C’éatit un autre moyen pour mettre à l’épreuve les croyants afin de voir à quel niveau ils avaient foi et qu’ils pouvaient se soumettre à Dieu : « Et aussi Nous avons fait de vous une communauté de justes pour que vous soyez témoins pour les gens, comme le Messager sera votre témoin. Et nous n'avions établi la direction (Qibla) vers laquelle tu te tournais que pour savoir qui suit le Messager (Mouhammad (ç)) et qui s'en détourne. C'était un changement difficile, mais pas pour ceux qu'Allah guide. Et ce n'est pas Allah qui vous fera perdre [la récompense de] votre foi, car Allah, certes est Compatissant et Miséricordieux pour les hommes ». (Sourate 2 Baqarah :143)

 

 

Chapitre IV Formation d’une force armée islamique

 

LES AFFRONTEMENTS

 

Le prophète (ç) n’avait qu’une méthode d’appel lorsqu’il était à la Mecque. Une seule manière pour guider les gens et faire face aux idées obscurantistes et les oppressions des idolâtres. Mais dès qu’il s’installa à Médine il procéda à des gestes politiques et stratégiques à côté de l’appel à l’islam. La prise en charge de la direction administrative de la cité était nécessaire parce que le contexte avait changé. La création d’une nation du point de vue islamique s’imposait surtout quand on sait que les probabilités pour que les problèmes pointent à l’horizon étaient grandes.

En homme politique averti, le prophète (ç) procéda tout d’abord à célébrer la fraternité entre les musulmans Mecquois et Ansârs. Puis suivirent  un code civil et des pactes de non agression. Les sourates et les versets qui sont descendus à Médine comportent des principes de jurisprudence et d’administration. Allah donna l’autorisation de jihad et le droit de défense. ( RF1 ; P 221 ) . Le prophète (ç) (ç) passa à la phase opérationnelle en  mettant sur pied une armée pour être en sécurité des éventuelles attaques des mécréants loin d’avoir ruminé leur défaite après l’hégire. Cette armée était moins fournie au départ aussi bien en potentialité humaine que matérielle. Une  situation qui ne va d’ailleurs rester stable car elle se développera rapidement.

En effet, les opérations de surveillance comptaient souvent plus de 60 éléments et atteignaient parfois 200 soldats. ( Rfr, 222 ) . Dès la deuxième année lors de la bataille de Bahr, l’armée musulmane comptait plus de 300 soldats. Cependant, huit ans après, lors de la conquête de la Mecque, ils étaient plus de 10000 soldats  bien équipés. De toutes les façons, les évènements ont donné raison au Prophète (ç) ( ç ) dans ces spéculations. Puisque à partir de la deuxième année, les affrontements se succédèrent entre les deux protagonistes. Des affrontements  qui auraient tournés en déluge si le Prophète (ç) ( ç) n’aurait pas organisé une force armée. ( Rf2, P 222).

 

LES MANŒUVRES DE L’ARMEE MUSULMANE

 

Avec le même effectif, le Prophète (ç) (ç) entama une série de mouvements qu’on ne pouvait pas déjà considérer comme des bruits de bottes. En effet, aucun face-à-face n’eut lieu au cours de ces manœuvres. Parmi les mouvements nous avons  la manœuvre de 30 personnes sous le commandement de Hamza ibn Abdou Moutallib (8ème  mois de l’hégire) . Cette manœuvre visait à suivre de loin une caravane Mecquois en route vers la Mecque. Une autre manœuvre de 60 personnes  sous les ordres  d’ Obeid ibn Hârith (8ème mois de l’hégire) pour surveiller le groupe d’Abou Soufiyan. Un autre groupe de surveillance de 20 personnes dirigé par Sa’ad ibn Waqas ( 9ème mois de l’hégire ) pour contrôler les mouvements d’une caravane Qorayshite. ( Rf3, P 222).

Le Messager de Dieu (ç) dirigea par ailleurs une mission  de surveillance  (15ème mois de l’hégire) d’une caravane Qorayshite jusqu’à la lisière de Abwâ sans confrontation. Il profita pour signer le pacte de neutralité avec Bani Dhamra. Cette tribu s’engageait à ne pas prendre parti et à ne pas assister les ennemis de l’Islam. Le Prophète (ç) (ç) se mit à la recherche  de Kourz ibn Zâbir Fihri (qui aurait volé du troupeau appartenant aux médinois) jusqu’à Badr sans mettre la main sur lui. Au mois de Joumayda 2, il se lança avec  150 ou 200 soldats sur les traces d’Abou Soufyan qui dirigeait une caravane  de commerçants pour la Syrie. Il saisit l’occasion pour signer un pacte avec Bani Moudly et retourna à Médine ( Rf1,P223) . Loin d’être considéré comme des batailles, les manœuvres dilatoires de la petite armée musulmane marquaient le territoire de l’islam et la présentaient comme une force potentielle pour la région.

 

OBJECTIFS DU PROPHETE DANS LES MANŒUVRES.

 

Le prophète (ç) (ç) ne cherchait pas à faire des razzias, encore moins des batailles à travers ces manœuvres .Car d’une part, son armée était moins fournie et moins préparée, et d’autre part, les Médinois participaient à ces manœuvres. Or dans leur deuxième pacte avec le prophète (ç) (ç) , il était prévue que ceux-ci devaient défendre le prophète (ç) (ç) à Médine ( et non hors de Médine )  en cas d’attaque d’ennemi. Par ailleurs, les Médinois étaient des agriculteurs. Donc, ils manquaient d’expérience pour attaquer des diligences hors de leur territoire. Les  musulmans ne présentaient pas un esprit de motivation pour les rixes. Hamza n’était pas prêt à se battre avec des gens neutre. ( Rf1,P224) entre autre  objectif de ses mouvements, nous avons :

1- La mise en garde sur les caravanes Qorayshites qui passaient par la seule piste caravanière près de Médine pour aller en Syrie (Rf2,P224) . Le prophète (ç) (ç)  voulait faire comprendre aux Mecquois qu’ils ont intérêts à cesser d’opprimer les musulmans. Si jamais ils ne laissaient pas la liberté aux musulmans dans leur pratique, ceux-ci se verront dans l’obligation d’arrêter leur caravane  et confisquer leurs biens. En principe, les musulmans en avaient le droit parce qu’ils avaient été obligés par les mécréants de quitter la Mecque sans emporter avec eux leurs biens qu’ils avaient confisqués. ( Rf3,P224) . On ne peut surtout pas assimiler cela à un désir  de vengeance ou de réponse  du Tic au Tac. C’était juste  une tactique pour montrer que l’islam  avait aussi acquis  de l’autorité et que les mécréants ne pensent pas qu’ils ont encore droit à l’erreur comme avant. Causer des pertes aux mécréants était plus important pour les musulmans que la marchandise qu’ils menaçaient de confisquer. Nous en avons  pour preuve que jusqu’à la bataille de Badr les musulmans n’eurent  pas touché aux biens des mécréants.

2-Ces mouvements des musulmans visaient à prouver aux mécréants qu’ils sont  une force. Et que les Mecquois ne pensent pas  vouloir attaquer Médine.

3- Ces manœuvres visaient peut être aussi à mettre  en garde les juifs  afin qu’ils comprennent que les musulmans  sont à mesure d’éteindre les flammes de leur complot.

 

MANŒUVRE D’ABDOULLAH IBN JAHSH.

 

Le Prophète (ç) (ç) envoya ( Rajab 2 année de l’hégire ) Abdoullah ibn Jahsh ( son cousin ) accompagné de 80 personnes pour une mission d’inspection et de renseignement. Il  (ç) lui remit une lettre fermée et dit : «  ouvre cette lettre  après deux jours de surveillance et suit les instructions mentionnées dedans. Ne force aucun de tes compagnons ». Après deux jours, il ouvrit la lettre et put y lire : « après avoir lu cette note, prend la direction de Nakhla entre la Mecque et Tâ’if et installe- toi là-bas afin de nous informer du moindre mouvement des Qorayshites ». Abdoullah informa ses compagnons  et mit en application les recommandations du prophète (ç) (ç). Il leur tint ce discours : «  Quiconque est prêt à goûter le martyre me suit. Dans le cas contraire, vous êtes  libres de faire demi-tour ». Ils approuvèrent tous qu’ils étaient prêts pour le martyre. Ce groupe s’installa à Nakhla et projeta affronter la caravane  de Ta’if dirigée par Amr ibn Hadhranî. Mais c’était  le dernier jour de Rajab (l’un des mois au cours duquel les guerres sont interdites) . Ils se dirent « S’ils pénètrent dans l’enceinte  de la Ka’ba il ne sera pas possible de les attaquer. Et  si nous les attaquons ici, nous aurons brisé l’immunité qu’offre le mois de Rajab».

Ils attaquèrent finalement la caravane, tuèrent Amr ibn Hadhrami et prirent deux prisonniers. Ils revinrent à Médine avec les prisonniers et le butin. Le prophète (ç) (ç)  se mit en colère et refusa de toucher aux prisonniers et au butin en protestant : «  Ne vous ai-je pas dit de ne pas combattre pendant le mois sacré ? ». Cet événement fut condamnable pour les musulmans.  Le prophète (ç) (ç) avait fait de sévères reproches à Abdoullah. Les mécréants en ont profité pour annoncer à qui veut l’entendre que le prophète (ç) (ç)  avait violé un mois sacré .Même les juifs en profitèrent pour dire que cet acte allait coûter cher aux musulmans. La révélation descendit alors : « Ils t'interrogent sur le fait de faire la guerre pendant les mois sacrés. - Dis: ‹Y combattre est un péché grave, mais plus grave encore auprès d'Allah est de faire obstacle au sentier d'Allah, d'être impie envers celui-ci et la Mosquée sacrée, et d'expulser de là ses habitants. L'idolâtrie est plus grave que le meurtre.› Or, ils ne cesseront de vous combattre jusqu'à, s'ils peuvent, vous détourner de votre religion. Et ceux parmi vous qui adjureront leur religion et mourront infidèles, vaines seront pour eux leurs actions dans la vie d’ici bas et la vie future. Voilà les gens du Feu. Ils y demeureront éternellement ». (Sourate 2 Baqarah : 217)

La révélation de ces versets vint calmer la situation en rappelant que les Qorayshites sont des fauteurs de trouble. Et causer des troubles est un pêché pire  que le crime dans un mois sacré. Les tensions s’apaisèrent, surtout lorsque le Prophète (ç) (ç) fit relâcher les prisonniers dont était déjà devenu musulman. Ses événements comme celui-ci se produisait ( avec de bonnes intentions) et provoquaient des agitations sociales. Des situations qui jouissaient de la grâce Divine vu la bonne intention qui les régissait.

 

LA GUERRE DE BADR

 

Comme les Mecquois représentaient un danger permanent, à cause de leur puissance militaire, il était indispensable pour les musulmans de les surveiller pour leur faire comprendre qu’ils sont au courant de leur mouvement et qu’il n’ont pas droit à l’erreur. La grande bataille de Badr a eu lieu le vendredi 17 Ramadan de l'an deux de l'Hégire. Elle est partie d’une manœuvre militaire du prophète (ç) (ç) qui consistait à filer une caravane Qorayshite.   . C'est dans cette optique que le Prophète (ç) (ç) décida de mener une petite expédition militaire contre une caravane commerciale dirigée par Abou Soufiyane. Cette caravane devait passer par la région de Badr. Rf2, p227) c’est la même caravane que le prophète (ç) n’avait pas pu rattraper au passage. Cette caravane était bien fournie aussi bien en marchandise qu’en monture (de la marchandise pour une valeur de 50000 dinars et plus de 1000 chameaux. Presque tous les Mecquois avaient une action dans cette caravane. (rf2, p227)

Il est important de noter que, lorsque les musulmans quittèrent Médine, ils ne s'imaginaient pas du tout qu'ils allaient être entraînés dans une véritable guerre et ne s'étaient donc pas préparés à cette éventualité. Le Prophète (ç) (ç) était à ce moment accompagné de trois cent treize compagnons, (rf1, p228) (soixante dix-sept émigrés et deux cent trente six Médinois). L'armée musulmane avait en tout et pour tout six cottes de mailles, huit épées, deux chevaux et quelques soixante dix chameaux, que les soldats devaient se relayer pour monter.

De la caravane à l'armée

Alors que les Compagnons se dirigeaient vers la caravane, Abou Soufiane fut informé de leur expédition. Il dépêcha un homme à la Mecque afin qu'il aille alerter les Qorayshites du danger qui guettait leur caravane et leurs biens. Abou Soufiyan décida alors de changer la direction de la caravane pour l’orien,ter vers les cotes. En apprenant cette nouvelle, ces derniers s'empressèrent de former une solide armée, dans le but de sauver leurs biens. Le groupe des infidèles, avec à sa tête Outba Ibn Abi Djahal, comptait pas moins de neuf cent cinquante soldats parfaitement armés, cent chevaux et sept cent chameaux. Ils s'étaient préparés pour une bataille de grande envergure. Abou Jahl, assoiffé par le désire de combat les musulmans orienta le peloton vers un champ de bataille. Les musulmans en pleine recherche pour trouver la caravane comprirent que l’armée des mécréants s’approchait vers eux dans la région de Badr. Les choses se compliquèrent parce que les musulmans étaient juste sortis avec une petite armée pour confisquer les biens de la caravane et non pour faire face à une armée qui faisait plus du triple de leur effectif. Et si on envidage une volonté de retrait, cela aurait porté un coup à la mission du prophète (ç) et aux manœuvres accomplies jusqu’ici. Cela pouvait donner plus d’audace à l’ennemi de vouloir les attaquer à Médine même.

Après avoir organisé un conseil et écouté les points de vu (des Ansârs surtou) et les avis de Miqdâs (un émigré) et de Sa’d ibn Oubâda (rf6, p228) le prophète (ç) décida de se battre avec l’armée ennemi. Ceux-ci décidèrent à l'unanimité de faire face à cette armée, pourtant supérieure à la leur, et ce, à tous les niveaux: en nombre, en équipement, en expérience et même en préparation. Entre temps, la caravane de Abou Soufiane réussit à s'échapper et à se mettre à l'abri.

La bataille commença au petit matin du 17 Ramadan. Hamza, Alî, Oubayda ibn Al-Hârith, Outba, et Chayba tous deux fils de Rabî'a et Al-Walîd ibn Outba. ( rf1, p229)Mouslim n°5362) furent les premiers à se livrer au combat singulier. Les musulmans portèrent un coup aux mécréants en tuant leurs challengers. (rf2, p229) S’en suivit alors la bataille générale. La victoire de l’armée de l’islam fut brève. Les mécréants avaient commencé à reculer dès midi. 70 mécréants furent tués (rf4, p229) et 70 autres capturés. (rf5, p229) Seul 14 personnes de l’armée musulmane furent propulsées au rang de martyrs. (rf6, p229) Les prisonniers furent libérés après avoir payés d’une manière ou d’une autre une rançon. Ceux qui n’avait pas d’argent et étaient instruits transmirent leur savoir aux musulmans contre leur liberté. (rf8 ; p229)     

 

 

CAUSES DE LA REUSSITE DES MUSULMANS

La brillante victoire des musulmans lors de la première bataille avec les Qorayshites apporta une joie particulière au Médinois qui ne crurent pas au départ lorsque la nouvelle fut annoncée au retour du prophète (ç). (rf9, p229). Il a fallu que les prisonniers pénètrent dans la cité pour que la nouvelle se confirme vraiment sous la stupéfaction de tous. Les echos de cette victoire parvint jusqu’à en Abyssine. Le Négus fut particulièrement ému de cette nouvelle et invita les émigrés à qui il avait donné l’asile et leur donna un présent inoubliable. Le prophète (ç) déclare au sujet de cette bataille : « La bataille de Badr fut la première bataille au cours de laquelle Allah honora l’islam et humilia l’idolâtrie ».

 Satan n’avait jamais été si humilié le jour de Badr (sauf le jour de Arafa alors qu’il était (témoin dela descente de la miséricorde divine).  D'après Ibn Djourayh, Ibn Abbas a dit : "Au cours de la bataille de Badr, Iblis se présenta à la tête de ses soldats, drapeau à la main, pour apporter son soutien aux polythéistes. Il fit croire à ces derniers que personne ne pouvait les vaincre et leur fit savoir qu'il était leur protecteur. Quand les belligérants se rencontrèrent et que Satan se rendit compte que les anges étaient venus en renfort, il prit la fuite en disant : "je vois ce que vous ne voyez pas ..."". (tafsir d'Ibn Kathir, 2/318).

Lorsque vous imploriez le secours de votre Seigneur et qu'Il vous a exaucés : Je vous aide d'un millier d'anges déferlants par vagues successives. Allah a fait que cela soit pour vous une bonne nouvelle et pour qu'avec cela vos cœurs se tranquillisent. Il n'y a de victoire que de la part de Allah, Allah est puissant et sage.} (9/9-10)

{Et aussi, au moment de la rencontre, Il vous les montrait peu nombreux à Vos yeux, de même qu'Il vous faisait paraître à leurs yeux peu nombreux afin qu'Allah parachève un ordre qui devait être exécuté. C'est a Allah que sont ramenées les choses.} (8/44)

 Les causes de cette victoire sont :

1- La bonne gestion du prophète (ç) et sa perspicacité face à la crise. Imam Ali rappelle cela en ces termes : « Nous cherchions refuge derrière le prophète (ç) lorsque le combat s’intensifiait. A ce moment, aucun de nous n’était si proche de l’ennemi que lui ». (rf4, p 230)

2- Le courage et l’extrême loyauté d’imam Ali (as). La moitié des tués du camp ennemi tomba de ses mains. (rf5,230 ) Sheikh Moufid dénombre 35 tués lors de la bataille de Badr et dit : « les rapporteurs (généraux comme particuliers) sont d’avis que seul Ali avait tué tout ce nombre, hormis ceux dont les avis sont partagés sur l’auteur de leur mort ». (rf1 ; p231)

3- Les musulmans firent preuve de foi et de détermination, malgré la réticence d’un groupe (qui avait refusé de suivre le prophète (ç) et était resté à Médine) et de ceux qui eurent peur et émirent un avis qui se résumait en recule face à l’ennemi : « De même, c'est au nom de la vérité que ton Seigneur t'a fait sortir de ta demeure, Malgré la répulsion d'une partie des croyants ». (Sourate8 Anfâl : 5-6)

6. ils discutent avec Toi Au sujet de la vérité après qu'elle fut clairement apparue; comme Si on les poussait vers la mort et qu'ils (la) voyaient.

4- l’assistance de Dieu qui s’est fait sur plusieurs niveaux : « Allah vous a donné la victoire, à Badr, alors que vous étiez humiliés. Craignez Allah afin que vous soyez reconnaissants ! ». (Sourate 3 Ali Imrân : 123)

a- la pluie qui tomba la nuit de la guerre et ravitailla en eau les croyants. Elle rafraîchit la terre sous leurs pas. (rf5, p231)

b- la tranquillité et la sérénité des musulmans qui avant la bataille avaient fait des invocations et des prières : « Et quand Il vous enveloppa de sommeil comme d'une sécurité de Sa part, et du ciel. Il fit descendre de l'eau sur vous afin de vous en purifier, d'écarter de vous la souillure du diable, de renforcer les cœurs et d'en raffermir les pas! [vos pas] ». (Sourate 8 Anfâl : 11) Seul le prophète (ç) (ç) prolongea la soirée jusqu’au matin en restant éveillé. (rf7, p231)

c- la descente des anges par milliers pour aider les musulmans. Ils furent présents au front : « (Et rappelez-vous) le moment où vous imploriez le secours de votre Seigneur et qu'Il exauça aussitôt vos vœux: ‹Je vais vous aider d'un millier d'anges déferlant les uns à la suite des autres ». (Sourate 8 Anfâl : 9)

d- semer le doute et l’angoisse dans l’esprit des ennemis : « Et ton Seigneur révéla aux anges: ‹Je suis avec vous: affermissez donc les croyants. Je vais jeter l'effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez donc au-dessus des cous et frappez-les sur tous les bouts des doigts ». (Sourate 8 Anfâl : 12)

 

 

RETOMBES ET RESULTATS DU TRIOMPHE DES MUSULMANS

La victoire de l’islam lors de cette bataille a eu des retombés telles que :

1- Dieu avait promis la victoire aux croyants. Une promesse que le prophète (ç) (ç) communiqua aux musulmans après la réunion consultative : « (Rappelez-vous), quand Allah vous promit qu'une des deux bandes sera à vous. ‹Vous désiriez vous emparer de celle qui était sans armes, alors qu'Allah voulait par ses paroles faire triompher la vérité et anéantir les mécréants jusqu'au dernier ». (Sourate Anfâl : 7) (rf3, p232) La concrétisation de cette victoire donna plus de force et de foi aux musulmans.

2- Les hypocrites et les juifs furent très contrariés par cette victoire. Les hypocrites en particuliers réagirent par des calomnies lorsque la nouvelle de la victoire parvint à Médine. Ils dirent : « Mohammad a été tué et les musulmans ont perdu et se sont enfuis ». (rf5, p232) Les juifs n’ont pas manqué d’exprimer leur haine. Ka’b Ashraf dit : « Ceux qu’on dit avoir été tués dan la guerre étaient des nobles arabes. Si cette nouvelle est vraie, c’est mieux de se faire inhumer que de vivre sur cette terre ». (rf7, p232)

3- Les tribus avoisinantes de Médine virent la victoire de l’islam comme un signe prouvant sa véracité. La plupart adhérèrent alors à l’islam. Yacoubi dit : « Après la victoire attribuée par Dieu aux musulmans, des tribus entrèrent en islam et envoyèrent des délégations auprès du prophète (ç). Quatre ou cinq mois avant la bataille de Badr, la tribu Rabî’a livrait une bataille avec Kasrâ à Dhi Qâr. Ils se dirent : « Servons-nous du slogan Yâ Mouhammad (ç) pendant la guerre. Et grâce à ce slogan ils vinrent à bout de Kasrâ ». (rf1, p233)

4- Les Qorayshites réalisèrent qu’ils avaient fait une mauvaise évaluation sur la puissance de Mouhammad (ç). Ils n’imaginaient pas qu’ils allaient perdre et s’enfuir face aux agriculteurs inexpérimentés. Ils comprirent désormais que leur commerce était en danger car il ne pouvait plus se servir de la piste caravanière qui reliait la Mecque à la Syrie. Safwân ibn Omayyad dit dans une assemblée de notables Qorayshites : « Mouhammad (ç) et ses compagnons ont mit notre commerce en danger. Nous ne savons quoi faire. Il ne quitte presque pas la cote où il a signé des accords avec les tribus. Nous ne savons plus où aller. Nous vivons du commerce de la Syrie en été et l’Abyssine en hiver. Si nous restons ici, nous serons obligés de consommer notre fond de commerce et de disparaître par manque de quoi survivre ».

Ils décidèrent alors d’aller en Syrie en passant par l’Irak. C’est ainsi qu’il prit la route de la Syrie avec une caravane dont il avait une contribution de trois cents dirhams. Mis au courant du départ de cette caravane, le prophète (ç) dépêcha une expédition de cent hommes dirigés par Zayd ibn Hârith au mois de Joumayda 2 de la 3ème année hégire pour intercepter cette caravane. Ayant encore à l’esprit ce que les musulmans ont fait à Badr, la caravane préféra prendre ses jambes au cou. Les soldats enregistrèrent les produits de la diligence et revinrent à Médine avec un ou deux prisonniers. (rf2, p233) L’histoire note cette événement sousle nom de « Seruyatul Qaradah » (rf4, p233)

L’un des événements de la 2ème année qui mérite d’être évoqué est la mort de Rouqayya la fille du noble prophète (ç) (ç) au milieu de la seconde année suivant l'émigration. Elle tomba malade la même année, prise par une fièvre et la rougeole. Ce fut peu de temps avant la bataille de Badr. Ousman, son mari, resta à ses côtés et manqua la bataille. Rouqayya mourut juste avant le retour de son père. De retour à Médine, l’une des premières choses qu'il fit fut de se rendre sur sa tombe.

Fatima y alla avec lui. C'était la première perte qu'ils subirent au sein de leur proche famille depuis la mort de Khadidja. Fatima fut énormément touchée par la mort de sa sœur. Les larmes coulèrent de ses yeux dès qu'elle s'assit à côté de son père sur le bord de la tombe, et il la consola et chercha à sécher ses larmes avec le coin de son manteau.

Le prophète (ç) avait auparavant parlé des lamentations de la mort, mais cela avait amené un malentendu et quand il revint du cimetière, la voix de Oumar en colère fut entendue, contre les femmes qui pleuraient pour les martyrs de Badr et pour Rouqayya. Oumar laisse-les pleurer dit le prophète (ç) et il ajouta: "Ce qui vient du cœur et des yeux, cela vient d'Allah et de sa miséricorde, mais ce qui vient des mains et de la langue, cela vient de Satan".

 

VIOLATION DU PACTE PAR LES BANI QEINOUQÄ  

Cette tribu fut la première à violer les accords de non agression signés avec le noble prophète (ç) (ç). Comme nous l’avons dit, les juifs et ls hypocrite n’avaient pas pu supporter  la victoire des musulmans sur les Mecquois lors de la guerre de Badr. C’est pour cette raison qu’ils commencèrent à mener des actions fâcheuses. Le prophète (ç) leur mit en garde leur disant de prendre leçon de ce qui est arrivé aux Qorayshites et de s’islamiser. (rf1, p234) : « Comment vous n’acceptez pas la vérité alors que mes caractéristiques et ma prophétie sont mentionnées dans votre livre ? Les juifs réagirent : « LA victoire sur les Qorayshites t’a donné des illusion. Les Qorayshites sont des commerçants. Si jamais tu nous affrontais, tu comprendra ce que signifie se battre ».     

Ils ne prirent au sérieux les conseils du messager de Dieu et continuèrent à faire des provocations. Un jour, un juif s’en prit à la femme d’un Ansâr au marché de Haomah. Il la  déshabilla la pauvre femme musulmane. Un geste qui loin de se présenter comme un manque de respect envers une femme, était aussi une atteinte à la dignité de l’islam. La femme sollicita l’aide d’un musulman qui réagit en tuant le juif. Les autres juifs se versèrent sur la tête du musulman et l’assassinèrent.

Le samedi 15 du mois de Chawwal de l'an 2 de l'Hégire, le Prophète (ç) (ç) vint à la tête de ses soldats assiéger la forteresse des Juifs (...) Le siège dura 15 jours. Dieu sema la terreur dans les cœurs des juifs et ils furent contraints d'accepter le jugement du Messager (saws) quant à leurs vies, leurs biens, leurs femmes et leurs enfants; et ils furent ligotés.

C'est à ce moment que Abdoullah ibn Oubay ibn Salul s'acquitta de son rôle d'hypocrite, intercédant en faveur des juifs en prétextant de l'ancienne alliance qui les liait à sa tribu les Khazraj.

Il dit à L'Envoyé de Dieu (ç) "Ô Mouhammad (ç) ! Traite bien mes confédérés".

Voyant que le Prophète (ç) (ç) ne lui répondait pas, il réitéra sa requête. Le Prophète (ç) (ç) se détourna de lui. Abdoullah ibn Oubay le saisit alors par sa cotte de mailles, le Prophète (ç) (ç), dont le visage devint pourpre de colère, lui ordonna de le relâcher, mais il refusa, en disant : « Par Dieu ! Je ne le ferai que lorsque tu me promettras de bien traiter mes confédérés. Quatre cents hommes sans armure et trois cents pourvus d'armure qui m'ont protégé contre tout le monde. Tu veux les tuer en une seule matinée ? Par Dieu ! Je suis un homme qui craint les revers de la fortune ». (rf2 ; p234) Le messager de Dieu (ç) traita avec égard Abdoullah qui n'avait fait semblant d'être musulman que depuis un mois. Il lui accorda sa requête, mais exigea le départ des juifs de Bani Qeynouqâ loin de Médine. Ces derniers allèrent s'établir en Syrie, mais la plupart d'entre eux périrent. L'envoyé de Dieu (ç) saisit tous leurs biens qu'il distribua entre les combattants musulmans après en avoir mis de côté un cinquième.

 

LE MARIAGE D’ALI ET FATIMA

Au-delà de l’honneur de la victoire de Badr, la maison du prophète (ç) (ç) allait connaître un autre événement heureux : le mariage de son cousin Ali (as) et sa fille Fatima (as).  (rf5 ; p235) Vu sa position et sa sainteté, la fille du prophète (ç) avait trop de gens qui demandait sa main. Des compagnons de renom (parmi lesquels des riches) avaient demandé sa main en vain. En effet, le prophète (ç) ne répondait pas favorablement, se justifiant ainsi : « J’attend la décision divine à ce sujet ». (rf7 ; p235) Les autres suggérèrent à Ali (qui n’avait presque rien) d’aller demander la main de la fille du prophète (ç). Après une consultation avec sa fille, le prophète (ç) donna son accord à Ali qui était venu demander sa main. (rf1, p236) Le prophète (ç) dit à sa fille : « J’accorde ta main au plus généreux des hommes qui fut le premier à accepter l’islam ». (rf2, p236)

Il dit à Ali par ailleurs : « les Qorayshites sont venu faire pression sur moi contrariés du fait que je leur ai refusé ma fille. Je leur ai répondu que cela ne dépendait que de Dieu et que je n’avais rien à y voir. En dehors d’Ali i n’avait personne d’autre pour être l’époux de Fatima ». (rf3, p236) Ce mariage qui avait été célébré dans la plus stricte simplicité avec une dot symbolique fut l’expression de la valeur spirituelle de l’être dans l’union.

 

LA BATAILLE DE OUHOUD   

Les causes

Les Mecquois étaient déterminés à se venger de leur défaite à Badr. Leurs femmes ne pouvaient pas accepter que leurs braves guerriers de mari aient été si facilement vaincus par les musulmans, et elles se moquaient de la faiblesse de leurs hommes. Voulant garder la colère des gens vive, Abou Soufiyan interdit tout deuil tant qu'ils n'auraient pas entièrement vengé leurs camarades tués. Ce sentiment était attisé encore plus par certains juifs qui, à travers une composition de poèmes incitant les Mecquois  à la guerre.

Lorsque le Saint Prophète (ç) (ç) bloqua les routes aux caravanes Qorayshites vers l'Irak, ce fut la goutte de trop qui fit déborder le vase. Les chefs Mecquois décidèrent qu'ils avaient à présent assez de raisons pour s'attaquer aux musulmans. Les spéculations faisaient croire aux commerçants Qorayshites qu’ils auraient à nouveau accès aux routes si les musulmans étaient vaincus ; ils acceptèrent donc de payer toutes les dépenses pour une nouvelle bataille grâce à ce qui restait comme bénéfice de leurs activités commerciales précédentes. (rf6, p236)

La préparation des ennemis

Abou Soufyân parvînt ainsi à préparer une importante armée de 700 hommes en armures, 3 000 soldats sur chameaux, une cavalerie de 200 hommes et un groupe de fantassins. Le toute accompagné par un groupe de femmes déplacé pour encourager leurs soldats. Cette armée se mit en marche vers Médine et campa au pied des collines d'Ouhoud, le 5 Chawwal 3 Hégire.(rf1, p237

Le voyage à la rencontre de l'ennemi

Le Saint Prophète (ç) (ç) était mis au courant des intentions des Qorayshites par son oncle Abbas qui résidait à la Mecque. (rf2, p237) Après consultation des musulmans, il décida de faire face à l'ennemi en dehors des limites de la ville de Médine. C’était les avis des personnes telles que Hamza car rester dans la ville donnerait encore plus d’audace à l’ennemi. (rf3, p237) Le saint prophète (ç) (ç) accompagné de 1 000 hommes se mit donc en route vers Ouhoud à 5 Km de Médine.

En cours de route, Abdoullah ibn Obay, sous le pretexte que le prophète (ç) (ç) avait adopté l’avis des jeunes au détriment du leur (qui stipulait de faire face à l’ennemi en ville), décida de revenir à Médine. Il entraîna avec lui les un tiers de l’effectif avec lui. (rf5, p237) Il ne restait au prophète (ç) que 700 hommes. Seuls 100 d'entre eux portaient une armure et ils n'avaient que 2 chevaux en tout. (rf7, p237)

L'armée du Prophète (ç) forte de ses sept cents hommes, s'arrêta à Shaykhan, à mi-chemin entre Médine et Ouhoud. Le soleil avait entamé sa descente vers l'horizon. Le prophète (ç) (ç) descendit de son coursier Sakb. Il était habillé pour la bataille. Un turban entourait son casque. Il portait un pectoral sous lequel se trouvait une cotte de maille attachée par la sangle de cuir d'un glaive. Un bouclier protégeait son dos et à son flanc pendait son épée. L’armée finit par s’installer dans la vallée de Ouhoud. Derrière cette colline se trouve la ville de Médine. Et du côté gauche se dressait la colline Eynein. Ce qui plaçait l’armée musulmane face à l’ouest et l’armée des mécréants face à l’est. (rf2, p238).

Lorsque le soleil fut couché, Bilâl appela à la prière et ils prièrent. Le Prophète (ç) passa une dernière fois ses troupes en revue. C'est alors qu'il remarqua la présence au milieu de ses hommes de huit garçons qui malgré leur jeune âge aspirait à prendre part au combat. Parmi eux Ousama ibn Zayd et Abdoullah ibn Oumar, tous deux âgés de treize ans. Le Prophète (ç) leur ordonna de retourner immédiatement chez eux.

Le Saint Prophète (ç) (saws) avait conscience que les Musulmans seraient inquiets d'être surpassés en nombre par le camp ennemi; c'est pourquoi il renforçait leur moral en leur disant: "C'est une tâche difficile que de combattre l'ennemi, et seuls ceux qui seront guidés et soutenus par Allah resteront inébranlable. Souvenez-vous qu'Allah est avec ceux qui L'obéissent, tandis que Satan est le compagnon de ceux qui Lui désobéissent. Restez fermes au Djihad et profitez-en pour bénéficier des bénédictions promises par Allah. Nul ne mourra dans ce monde tant qu'Allah ne l'aura pas décidé". Il leur dit ensuite de ne pas commencer la bataille tant qu'ils n'auront pas reçu l'ordre de se battre.

Le messager de Dieu procéda à une inspection stratégique des lieux. Il réalisa alors l’importance de la colline de Eynein et comprit que l’ennemi pouvait au cours de la bataille les surprendre par derrière. Le Saint Prophète (ç) (ç) se mit à préparer son armée à l'attaque. 50 archers sous la direction d’Abdoullah ibn Joubeyr furent postés entre les deux collines d'Ouhoud et d’Eynein afin de veiller à l'armée contre toute attaque par l'arrière. Ils avaient reçu l'ordre strict de ne quitter leurs postes sous aucun prétexte, quel que fût le dénouement de la bataille. (rf3, p238) Abou Soufiyan s’investit aussi à disposer ses troupes et choisir les porte-étendards. Le porte-étendard jouait un rôle très important dans les batailles à l’époque. Il était alors nécessaire de le remettre à un courageux. La résistance et les percée du porte-étendard motivaient les autres. De même, si le porte-étendard faisait preuve de témérité et de faiblesse, cela portait un coup fatal à toute la troupe. Abou Soufiyan choisit alors la tribu d’Abdou Dâr (réputée pour son courage) pour tenir le drapeau des mécréants.il leur dit : « Nous savons que vous êtes de Bani Abdou Dâr. Vous êtes digne de tenir le drapeau. Conservez bien le drapeau et maintenez notre espoir en tête car une armée n’est plus si son drapeau tombe ». (rf1, p239)  

La guerre commença le 15 Chawwal 3 hégire. LA victoire des musulmans ne tarda pas à se faire sentir. La défaite des mécréants découlait du désordre dans leur système d’attaque.  Pourtant le nombre des musulmans ne représentait pratiquement rien par rapport à l’armée ennemie. Et la défaite des mécréants partait des pertes qu’ils subissaient au niveau des porte-étendards. Neuf d’entre eux tombèrent sous l’épée impitoyable d’imam Ali (as). (rf1, p240) la mort des teneurs de drapeaux poussa les mécréants à prendre fuite. (rf2, p240) Imam Ali évoquera plus tard cet événement pour justifier sa compétence à devenir calife après l’assassinat d’Oumar. (rf3, p240) Les Musulmans continuèrent à attaquer l'ennemi avec succès et les Mecquois commencèrent à perdre confiance. Après avoir perdu beaucoup d'hommes, ils décidèrent de se retirer et prirent la fuite.

Poursuivant les mécréants en fuite, les musulmans se mirent à ramasser le butin. Les tireurs à l’arc quittèrent leur position pour venir se joindre aux ramasseurs de butin. Une grossière erreur qui leur coûta beaucoup: au lieu d'obéir au saint Prophète (ç) (ç) et de poursuivre l'ennemi en dehors du champ de bataille, ils déposèrent les armes et se mirent à ramasser le butin. Les hommes d’Abdoullah ibn Joubeyr crurent que la guerre était finie. Ils désobéirent alors aux ordres du prophète (ç) et de leur chef : « Et Certes, Allah a tenu Sa promesse envers vous, quand par Sa permission vous les tuiez sans relâche, jusqu'au moment où vous avez fléchi, où vous vous êtes disputés à propos de l'ordre donné, et vous avez désobéi après qu'il vous eut montré (la victoire) que vous aimez! Il y en avait parmi vous qui désiraient la vie d'ici bas et ceux qui désiraient l'au-delà. Puis Il vous a fait reculer devant eux, afin de vous éprouver. et certes Il vous a pardonné. Et Allah est Détenteur de la grâce envers les croyants ». (Sourate 3 Ali Imrân : 152). Ils se lancèrent dans le ramassage de biens. La majorité des archers bloquant le passage vers les collines quittèrent leurs postes pour ramasser le butin, malgré les ordres de leur chef.

Un des commandants Mecquois, Khalid ibn Walid, fuyait lorsqu'il saisit l'opportunité d'attaquer les Musulmans par l'arrière. Il rassembla deux cents cavaliers parmi ses hommes et lança une furieuse attaque par l'arrière. Abdoullah ne pouvait rien faire avec les dix hommes restés auprès de lui. Ils furent tous martyrisés. Les Musulmans furent tellement surpris qu'ils ne savaient plus quoi faire. Dans la confusion, leurs rangs furent désordonnés. Les Mecquois qui s'étaient retirés se rassemblèrent à nouveau pour une attaque frontale. Amra bint Alqama, une mecquoise venu galvaniser les troupes des mécréants récupéra un drapeau qui était tombé, le hissa et le passa à un soldat. (rf5, p240) Le manque de contact des commandants avec les soldats fut fatal pour les musulmans.  Quelques facteurs concoururent à la défaite des musulmans :

1- Les fausse rumeurs selon laquelle le prophète (ç) aurait été tué.

2- Aucune des deux partie n’avait de tenue pouvant servir à les distinguer les uns des autres. On se reconnaissait grâce aux slogans. A l’attaque des Qorayshites, les musulmans s’étaient dispersés. Il n’était pas alors évident de reconnaître les gens. On dressait l’épée face à tout ce qu’on voyait. (rf3 ; p241) Houseil ibn Jâbir (le père de Houzeiqa ibn Yamân) par exemple tomba sous l’épée d’un musulman.  (rf4, p241) les choses changèrent lorsque les musulmans se retrouvèrent. (rf5, p241)

3- Le vent soufflait maintenant dans le sens contraire. Au lieu de souffler ver l’Est comme avant, il se mit à souffler vers l’Ouest. Ce qui rendit les choses difficiles aux musulmans.

De toutes les manières, les musulmans avaient été mis en déroute. Une autre partie élut domicile sur les collines difficilement accessibles aux chevaux, pendant que le prophète (ç) (ç) se battait avec toutes ses forces pour repousser l’ennemi. Les fuyards demandaient aux autres de les suivre dans leur cavale. (rf7, p241) Seul Ali (as) et quelques têtes restèrent sur le champ de bataille. (rf1, p242) Il se battait tout près du messager de Dieu et empêchait les assauts des ennemis sur lui. (rf2, p242) Sa résistance et son héroïsme sans pareil suscitait l’admiration jusqu’au ciel. (rf3, p242)

Un musulman reconnut le prophète (ç) et quelques têtes dans la foulée. Ils se réunirent alors autour de lui. Certains fuyards les rejoignirent et la bataille commençait à s’équilibrer. (rf4, p242) Abou Soufiyan utilisa une autre méthode pour affaiblir les musulmans. Le prophète (ç) déjoua cette stratégie par le slogan « Dieu est grand et Il est au dessus de toute chose ». Abou Soufyan reprit : « Nous avons Ouza. Vous n’avez pas Ouza ». Le prophète (ç) (ç) demanda à un musulman de répondre : « Allah est notre Seigneur. Vous n’avez pas de maître ».

Les attrocités des mécréants

Les forces Mecquoises avaient retourné la situation mais ils étaient trop épuisés pour pouvoir profiter de leur avantage en attaquant Médine ou en faisant descendre les Musulmans des hauteurs des collines d'Ouhoud. Ils satisfirent leur désir de vengeance en commettant des atrocités à l'égard des blessés, leur coupant les oreilles, le nez et mutilant ainsi leurs corps. Le brave Hamza, l’oncle paternel du messager de Dieu (ç) et Mous’ab faisaient partie de ces martyrs. Hind, la femme d'Abou Soufyân satisfit la revanche de son père et de son frère en arrachant le cœur de Hamza qu'elle mâcha. Les Mecquois perdirent 22 guerriers.

 

CONSEQUENCE DE LA DEFAITE DE OUHOUD

On peut noter entre autres conséquences de la guerre de Ouhoud :

1- Quand bien même les musulmans perdirent sur le plan militaire, ils avaient compris qu’il ne fallait en aucun cas désobéir au noble prophète (ç) dans les échéances futures.

2- Les hypocrites exprimèrent leur joie et s’activèrent encore plus à semer les troubles. (rf3, p243)

3- Les juifs manifestèrent encore mieux leur enthousiasme disant : « Mouhammad (ç) est à la recherche d’un royauté. Aucun prophète (ç) dans l’histoire n’a jamais subi une défaite pareille ».

4- Les ennemis vivants en périphérie de Médine se mêlèrent aussi dans les coups bas contre l’islam. La tribu Asad par exemple pensa qu’attaquer Médine est désormais une petite affaire.

5- Un climat de désespoir plana sur la ville de Médine au retour des musulmans. Le tout aider par la campagne d’intoxication menée par les hypocrites et les juifs à la solde d’Abou Soufiyan. Heureusement Allah redressa la situation et renforça psychologiquement les musulmans avec des versets de la sourate Ali Imrân. Selon ibn Ishâq, près de 60 versets de la troisième sourate du saint Coran fut révélé au sujet de la guerre de Ouhoud. (rf1, p243) Allah évoque les raisons pour lesquelles les musulmans connurent la défaite tout en les recommandant de ne pas perdre espoir. En effet s’ils avaient perdu militairement, c’est parce qu’ils n’avaient pas obéi aux instructions et s’étaient mis à la poursuite des biens matériels. S’ils avaient gagné à la guerre de Badr, c’est parce qu’ils luttaient uniquement pour Dieu : « Allah vous a donné la victoire, à Badr, alors que vous étiez humiliés. Craignez Allah donc. Afin que vous soyez reconnaissants ! » (Sourate 3 Ali Imrân : 123)

 « Et obéissez à Allah et au Messager afin qu'il vous soit fait miséricorde! » (Sourate 3 Ali Imrân : 132)

 « Ne vous laissez pas abattre, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, Si vous êtes de vrais croyants ». (Sourate 3 Ali Imrân : 139)

 « Si une blessure vous a atteint, il en est de même aussi pour l'ennemi. Ainsi faisons-Nous alterner les jours (bons et mauvais) parmi les gens, afin qu'Allah reconnaisse ceux qui ont cru, et qu'il choisisse parmi vous des martyrs - et Allah n'aime pas les injustes ». (Sourate 3 Ali Imrân : 140)

 « Comptez-vous entrer Au Paradis sans qu'Allah ne distingue Parmi vous ceux qui luttent et qui sont endurants? » (sourate 3 Ali Imrân : 142)

 « Bien sûr, vous souhaitiez la mort avant de la rencontrer. Or vous l'avez vue, Certes, tandis que vous regardiez ! » (Sourate 3 Ali Imrân : 143)

 « Et certes, Allah a tenu Sa promesse envers vous, quand par Sa permission vous les tuiez sans relâche, jusqu'au moment où vous avez fléchi, où vous vous êtes disputés à propos de l'ordre donné, et vous avez désobéi après qu'Il vous eut montré (la victoire) que vous aimez! Il en était Parmi vous qui désiraient la vie d'ici bas et il en était parmi vous qui désiraient l'au-delà. Puis il vous a fait reculer devant eux, afin de vous éprouver. Et certes il vous a pardonné. et Allah est Détenteur de la grâce envers les croyants ». (Sourate 3 Ali Imrân : 152)

 « Quoi! Quand un malheur vous atteint - mais vous en avez jadis infligé le double - vous dites ‹D'où vient cela?› Réponds-leur: ‹Il vient de vous mêmes›. Certes Allah est Omnipotent ». (Sourate 3 Ali Imrân : 165)

La défaite militaire des musulmans avait donné plus de courage aux ennemis pour tisser des complots sur eux. (rf2 ; p245) :

1- L’attaque inopinée de Bani Asad : Le prophète (ç) (ç) fut informé de l’intention d’attaque des Bani Asad sur Médine. Il dépêcha une troupe de 150 personnes dirigées par Abou Salama pour déjouer leur intention. Ils avaient les ordres d’anticiper l’attaque de l’ennemi. Les soldats prirent un raccourci qui leur permit de surprendre l’ennemi qui ne s’attendait pas à une attaque- éclair. Des prisonniers et du butin furent ramenés à Médine. (rf3, p245) Cette victoire réduisit à néant les pronostics des hypocrites et des juifs sur la puissance de l’armée musulmane. Elle apporta aux musulmans une certaine notoriété.

2- L’événement de Raji’ : Au mois de Safar 4 hégire, sous l’impulsion de la tribu Lihyân, quelques membres des tribus Adhal et Qârah entrèrent à Médine. En se faisant passer pour des musulmans ils se présentèrent au noble prophète (ç) (ç) : « Des gens se sont islamisés dans notre clan. Nous voulons que tu envoies quelques personnes leur enseigner le Coran et les principes de jurisprudence. Le messager de Dieu envoya avec eux dix personnes. Avec la complicité des Bani Lihyan les délégués des tribus Adhal et Qârah agressèrent les dix personnes envoyées par le messager de Dieu. Arrivé à un point d’eau nommé Raji’ et appartenant à Bani Houzeil ils furent attaqués par surprise. Obligés à se défendre, les émissaires du prophète (ç) (ç) firent face à une attaque inéquitable et furent martyrisés. Deux furent faits prisonniers et transférés à la Mecque où ils furent sauvagement martyrisés par les revanchards de la bataille de Badr. (rf1, p246) Il pareil que les mécréants de la Mecque étaient de mèche avec les commanditaires de ce crime.

3- L’événement de Ba’r Ma’oûna : un événement plus atroce que celui de Raji’. Il s’est produit le mois de Safar de la quatrième année. Abou Barâ’a, un grand de la tribu Bani Amir vint voir le prophète (ç) à Médine. Sans toutefois manifester son appartenance ou non à l’islam, il proposa au prophète (ç) (ç) d’envoya quelques uns de ses compagnons appeler la tribu Najad à l’islam Avec l’espoir que ceux-ci s’islamiseront. Le messager de Dieu dit : « Je crains l’accueil moins chaleureuse que peuvent leur réserver les gens de cette tribu ». Abou Barâ’a tentant de le convaincre dit : « Ils seront sous ma proctection ». Le prophète (ç) choisit 70 lecteurs de Coran (rf2, p246) (ses meilleurs compagnons). Lorsque le groupe arriva à Ba’r Ma’oûna  un courrier du prophète (ç) fut envoyé à Amir ibn Toufeil. Non seulement il s’abstint de lire la lettre du prophète (ç), mais il tua le porteur du courrier. Il demanda l’aide de sa tribu pour liquider les émissaires musulmans. Ce que la tribu n’accepta. Amir ibn Toufeil fit alors appel à Bani Souleim. En dehors de Ka’b ibn Zayd et de Amr ibn Omayyad Dhamri, tous les autres furent martyrisés. (rf1, p247) Amr ibn Omayyad fut d’abord capturé puis libéré après. Malheureusement, il fut assassiné par deux membres de la tribu Amir avec qui le prophète (ç) avait passé des accords (et dont il n’était pas au courant).

 

LA BATAILLE DE BANI NADHIR (rf3, p247)

 Bani Amir envoya Amir exprimer leur désarroi au prophète (ç). Celui-ci exprima son indignation et dit : « il faut que je paye le prix de sang ». (rf4, p247) Par ailleurs, Toute la tribu avait déjà présenté une lettre au prophète (ç) pour que le prix de sang soit payé. (rf5, p247) Comme Bani Amir était lié à Bani Nadhir par un pacte, Le prophète (ç) se rendit auprès des Amir avec quelques Emigrés et Ansârs pour payer le prix de sang. Les gens de Bani Nadhir annoncèrent qu’ils étaient prêts à en découdre avec le prophète (ç). Ils postèrent quelqu’un avec une grosse pierre sur une muraille où le prophète (ç) s’était adossé. Il avait l’intention de la balancer sur sa tête. Le prophète (ç), rapidement informé par Dieu quitta les lieux immédiatement. (rf1, p248) De retour à Médine, il demanda aux juifs de Bani Nadhir de quitter la ville. Il leur permit d’amener avec eux leurs biens s’ils le voulaient. Epouvantés, ils eurent l’intention de décamper. Mais Aboullah ibn Obey leur conseilla de résister. Il leur promit de venir à leur secours avec des renforts en cas de conflit. Et si on les chassait de Médine, il partirait avec eux. (rf2, p248)

Certains témoignages historiques prouvent que les Qorayshites les avaient encouragé à tisser un tel complot. (rf3, p348) Abdoullah les avait ainsi dupé avec une fausse promesse. Ils s’obstinaient à ne pas partir. Le prophète (ç) encercla alors leur camp pendant 15 jours. Et aucune armée ne vint à leur secours durant ses 15 jours. Ils finirent par céder leurs armes et  prirent la route de l’exil avec des chameaux chargés de bagages. Une grande partie prit la direction de la Syrie, tandis que leur chef regagna Kheibar. Les habitants de Kheibar l’accueillirent avec enthousiasme et firent de lui leur nouveau chef. (rf4, p248)  Etant donné que les Bani Nadhir s’étaient rendus, leurs biens revenaient sans problème au prophète (ç) qui sur un accord des Ansârs les partagea entre les Emigrés. Le saint Coran évoque la trahison des Bani Nadhir en ces termes : « C'est Lui qui a expulsé de leurs maisons, ceux parmi les gens du Livre qui ne croyaient pas, lors du premier exode. Vous ne pensiez pas qu'ils partiraient, et ils pensaient qu'en vérité leurs forteresses les défendraient contre Allah. Mais Allah est venu à eux par où ils ne s'attendaient point, et a lancé la terreur dans leurs coeurs. Ils démolissaient leurs maisons de leurs propres mains, autant que des mains des croyants. Tirez-en une leçon, si vous êtes doués de clairvoyance. Et Si Allah n'avait pas prescrit contre eux l'expatriation, Il les aurait certainement châtiés ici-bas; et dans l'au-delà ils auront le châtiment du Feu. Il en est ainsi parce qu'ils se sont dressés contre Allah et son messager. Et quiconque se dresse contre Allah... Alors, vraiment Allah est dur en punition ». (Sourate 59 Hashr : 2-4)

A la mi-Ramadhân de l'an 3 de l'hégire, imam Ali et Fatima (as) furent honorés par la naissance d’un fils, Hassan.  Nom choisi selon la volonté divine. Le nom Hassan (de même que Houssein) n'avait jamais été donné à quelqu’un d'autre auparavant.

   

LA BATAILLE DES COALISES

Elle eut lieu au Mois de Shawwal 5ème année (Février 627 ap J-C. Comme nous l'avons déjà noté, les Juifs devenaient de plus en plus jaloux de l'accroissement constant de la force et du pouvoir du prophète (ç) (ç). La tribu juive la plus distinguée et la plus riche, Banî Nadhîr, qui vivait à Médine en défiant l'autorité du prophète (ç) (ç), oeuvrait pour ruiner, par tous les moyens, loyaux ou déloyaux. Le chef des Banî Nadhîr, Ka'b Ibn Achraf, complotait, comme nous l'avons déjà vu, avec les Mecquois. L'attaque mecquoise d'Ouhod eut lieu après qu'il eut été tué, et c'est ce qui explique pourquoi les Banî Nadhîr ne participèrent pas ouvertement à cette bataille. S'il avait été encore vivant, ils se seraient sûrement engagés dans l'expédition. Bien que celle-ci fût considérée dans une certaine mesure comme une campagne réussie, elle n'affecta pourtant en rien le pouvoir du Prophète (ç), dont l'autorité resta intacte.

Houye ibn Akhtab, certains notables de Bani Nadhir qui s’étaient réfugiés à Kheibar, de même qu’un groupe de Bani Wâ’il eurent une rencontre à la Mecque avec les Qorayshites. Il les incita à faire la guerre avec le prophète (ç) (ç). Il leur promit de leur apporter leur soutien. Les Qorayshites leur demandèrent : « Est-ce notre religion qui est la meilleure ou celle de Mouhammad (ç) (ç) ? Les juifs croyants ne pouvaient pas cautionner l’idolâtrie. Mais pour la circonstance ils répondirent : « Votre religion est meilleure que celle de Mouhammad (ç). Et vous êtes plus proche de la vérité ». Les Qorayshites furent enchantés d’entendre ça. Allah condamne ainsi cette attitude : « N'as-tu pas vu ceux-là, à qui une partie du Livre a été donnée, ajouter foi à la magie (gibt) et au taghout, et dire en faveur de ceux qui ne croient pas: ‹Ceux-là sont mieux guidés (sur le chemin) que ceux qui ont cru› ? Voilà ceux qu'Allah a maudits; et quiconque Allah maudit, jamais tu ne trouveras pour lui de secoureur ». Cette mauvaise attitude des juifs fut si illogique qu’elle est critiquée jusqu’à nos jours par les juifs de maintenant. Le docteur Israël Welfinson, un juif, écrit dans son livre l’histoire des juifs dans l’Arabie : « Il n’aurait pas dû commettre une telle erreur en élevant l’idolâtrie au détriment du monothéisme islamique, quand bien même Qorayshites auraient refusé leur proposition. En effet, le peuple d’Israël a été très longtemps le porte -étendard du monothéisme au milieu des peuples idolâtres ». (rf2, p250)

Les notables juifs se rendirent ensuite chez Bani Ghatafân pour les inviter à participer à la guerre contre les musulmans. Ils firent la promesse de leur fournir pendant un an les récoltes de dattes de Kheibar. (rf3, p250) les clans de Fazâra, Mourrah et Ashja montrèrent qu’ils étaient déjà prêts. (rf4, p250) Les clans Asad et Souleim donnèrent leur accord pour participer à la bataille. (rf5, p250) Les Qorayshites attirèrent le soutien des clans tels que Bani Saqîf et Bani Kinâna. (rf6, p250) Une sorte de gigantesque coalition militaire de près de 10000 têtes vit le jour. (rf,7, p250) Une armée placée sous le commandement d’Abou Soufiyan se lança vers Médine. En cours de route Houye ibn Akhtab promit à Abou Soufiyan d’ajouter au groupe les 750 soldats de Bani Qoureidha. (rf1, p251)  Forts de quatre milles combattants, trois cents chevaux et mille cinq cents chameaux, les Mecquois furent renforcés par six milles soldats venant des tribus juives et Arabes.

  Compte tenu du grand investissement fait par les juifs et les Mecquois, on peut conclure immédiatement que cette bataille visait à éliminer l’islam de la carte géographique des religions.

C’est grâce à la tribu Khouzâ’a que le prophète (ç) fut informé par ses bruits de bottes. (rf2, p251) Après avoir réuni son armée, le prophète (ç) constata qu’aucune proposition sur les affrontements hors de la ville ne fut émise. Peut-être à cause de ce qu’il avait connu à la dernière bataille. Tous étaient d’accords pour attendre l’ennemi dans la ville. (rf3, p251) La ville était entourée des obstacles naturels tels que des maisons, des vergers. (rf4, p251) C’est à partir de là que les musulmans suggérèrent la construction d’un obstacle sur la partie de la cité qui n’en avait pas. Salmân Farisiî, au courant du mode de défense en place dans certaines villes proposa qu’on creuse une tranchée large de quinze pieds aussi bien en hauteur qu’en profondeur.. L'accomplissement de ce travail fut partagé également entre les musulmans. Le prophète (ç) (ç) participa personnellement en transportant la terre creusée. En six jours la tranchée fut presque achevée. Elle se dressait tout au long de la ligne défensive. Les maisons situées hors de la ville furent éventuellement évacuées. Les femmes et les enfants furent relogés, dans la partie supérieure des maisons à double étage, à l'intérieur du retranchement. (rf1, p252)

L’armée musulmane (qui comptait en tout 3000 hommes) (rf2, p252) prit position entre la tranchée de Khandak et le mont Sal’, de manière à maintenir la montagne derrière elle. (rf3, p252)

Le commandant de l’armée des coalisés ne s’attendait pas à faire face aux musulmans dans la ville, pensant que les choses devaient se dérouler comme pour la bataille de Ouhoud. L'armée musulmane se mit en position, retranché derrière le fossé. Le prophète (ç) (ç) campa au centre de l’obstacle sous une tente de peau rouge placée dans un endroit ressemblant à un croissant.

Apercevant la fosse, l'ennemi fut vraiment étonné, car ce mode de défense était jusqu’ici inconnu chez les Arabes. Ne sachant plus quoi faire, l’ennemi campa près de 20 jours de vant la tranchée qu’il n’arrivait pas à traverser. Une autre partie de l’armée assiégea la ville. N'ayant pas réussi à pénétrer dans les quartiers fermés pendant un certain temps, ils se contentèrent d'y décharger sans relâche leurs flèches. (rf,5, p252) Entre-temps, Abou Soufiyan essaya d'inciter Bani Qouraydha à rompre ses accords avec le prophète (ç) (ç). Suite à ce siège les musulmans mourraient d’inquiétude. Allah évique cela en ces termes : « Quand ils vous vinrent d'en haut et d'en bas [de toutes parts], et que les regards étaient troublés, et les coeurs remontaient aux gorges, et vous faisiez sur Allah toutes sortes de suppositions... Les croyants furent alors éprouvés et secoués d'une dure secousse ». (Sourate 33 Ahzâb :10-11)

 

TRAHISION DE BANI QOURAYDHA

Hoyay Ibn Akhtab, plus motivé dans son hostilité au prophète (ç) Mouhammad (ç) (ç) fut envoyé pour négocier avec Ka'b Ibn Asad, le chef des juifs de Bani Qoraydha. Il réussit à le convaincre de se rallier à Abou Soufiyan et de violer donc le pacte de non agression conclu avec le prophète (ç) au début de l’hégire. Cette violation de pacte signifiait ouvertement donner assistance à l’armée des coalisés.   Les rumeurs de cette trahison parvinrent aux oreilles du Prophète (ç) qui dépêcha le chef des Aos et Sa'd Ibn Abâdah auprès des juifs, pour savoir la vérité. Après avoir fait leur enquête, ils retournèrent auprès du prophète (ç) (ç) pour l'informer que la position des juifs à son égard était pire qu'on le croyait. Les craintes s'étant avérées justifiées, il devenait donc indispensable de se mettre à l'abri de toute surprise. Le quartier nord-est de la ville, qui se trouvait du côté de la forteresse juive, était le plus vulnérable. Pour protéger les familles de ses partisans, le Prophète (ç) ne pouvait que détacher un grand nombre de combattants de son année de trois mille hommes pour couvrir la longue ligne de retranchement. D’une part les musulmans étaient inquiets face à la situation. Le messager de Dieu s’efforçait à les calmer. Il dut donc affecter pour la défense intérieure de la ville deux forces, l'une de trois cents hommes sous le commandement de l'ex-esclave affranchi, Zayd Ibn Hârith, et l'autre de deux cents hommes, sous le commandement d'un chef médinois. Ces deux forces avaient pour mission de patrouiller dans les rues et les allées de la ville, jour et nuit.

Les juifs ne s’étaient pas seulement contentés de briser le pacte, mais ils avaient aussi commis deux actes de trahison : le premier fut d’apporter des vivres à l’armée ennemi qui commençait déjà à voir ses stocks s’épuiser. L’armée musulmane intercepta au niveau de Qobâ une caravane portant des dattes à l’armée des coalisés. L’autre acte fut de semer des troubles dans les cachettes en tuant des femmes et des vieux. Les Qoraydha décidèrent d’attaquer la ville de nuit. Il sollicita une assistance de 2000 soldats à l’armée ennemie. Cette nouvelle parvint au prophète (ç) (ç) qui forma une armée de 500 personnes pour patrouiller dans la ville. Ils veillaient nuits et jours avec le slogan « Dieu est grand » dans la bouche.

 

CAUSE DE L’ECHEC DE L’ARMEE DES COALISES

 

Malgré les facteurs qui donnaient l’avantage aux mécréants, quelques événements commençaient à cuaser des fissures dans le rang ennemi. D’où un soudain changement de situation.

 

1- DIVERGENCE ENTRE LES QORAYDHA ET L’ARLEE DES COALISES

 

Nou’eim ibn Mas’oûd était un Ghatqân qui venait d’entrer en islam. Il demanda l’autorisation au prophète (ç) pour semer la zizanie dans l’armée ennemie. Après un entrevu avec Bani Qoraydha. Il pesa de son poids par rapport aux relations qu’il avait avec eux il leur fit des repproches pour avoir violé leur pacte avec le messgaer de Dieu. Il dit : « Votre situation est différente de celle de l’armée des coalisés. S’il la guerre n’aboutit pas, ils vont rentrer chez eux. Alors que vous n’avez nulle part où aller. A défaut, les musulmans s’en prendront à vous. Il leur fit alors la proposition d’envoyer en cachette quelques têtes kidnapper des lieutenants de l’armée ennemie. Cela engendrera l’arrêt immédiat de la guerre. Il se servit de cela comme un renseignement important à fournir aux Qorayshites. Il leur annonça l’intention des Qoraydha et ajouta qu’ils avaient l’intention de remettre les capturés au prophète (ç) (ç). Les hostilités s’installèrent entre les deux alliés.

 

2-  LA MORT D’AMR IBN ABDOU WAD

 

Les Qorayshites faisaient face à trois problèmes majeurs. En finir avec la bataille devenait une priorité car l’eau et la nourriture tarissaient, le froid s’imposait de plus en plus et le mois de Dhoû Qa’da (mois au cours de laquelle la guerre est interdite) s’approchait. S’ils ne se battaient pas dans le mois de Chawwal, il fallait attendre trois mois pour avoir le champ libre.      Plus d'une quinzaine de jours s'écoulèrent ainsi, avant qu'un groupe d'élite de cavaliers parmi les assiégeants ne découvre la partie la plus étroite et la moins bien gardée de la tranchée. Cinq grands guerriers furent désignés pour trouver une faille dans la tranchée. Amr Ibn Abd Wad, Nawfal Ibn 'Abdullâh et Dharar Ibn al-Khattâb et Ikrimah Ibn Abou Jahl lancèrent leur chevaux à vivent allure et réussirent à franchir le fossé et galopèrent avec vaillemment vers les musulmans.. Amr ibn Wad avança majestueusement son cheval vers les musulmans. Il les défia à un combat en duel. Abou Soufiyan et Khâlid Ibn Walid attendaient de connaître l’issue du combat de  l'autre côté de la tranchée.  

A la vue de Amr les musulmans furent complètment terrifiés et restèrent immobiles. Aucun d'entre eux ne prit le risque de s'avancer pour relever le défi, car Amr était un homme très célèbre pour sa force et reconnu parmi les Arabes comme « grand cavalier Qorayshite » ou « le grand cavalier Yalil » dont la force  était égale à celle de mille adversaires. Le Prophète (ç) demanda aux compagnons de renom d'avancer. Personne n’osa bouger, excepté Ali. Mais le prophète (ç) (ç) l’ordonna d'attendre. De nouveau Amr se fit entendre et de nouveau Alî montra son désir de l’affornter. Mais il fut encore  retenu par le messager de Dieu. A son troisième appel au défi, il lança avec moquerie si aucun des musulmans ne désirait en tant que maryr gagner le paradis que Mouhammad (ç) vante tant. En dehors d’Ali personne ne répondit au defi.

Cette fois, le prophète (ç) (ç) ne s'y opposa pas. Il enleva son turban qu’il posa sur la tête d’Ali. Il lui donna aussi sa cotte de mailles, l'arma de sa propre épée, Thoulfiqâr et le laissa aller à la rencontre de l'adversaire. «C'est un combat entre la Foi et l'infidélité, l'incarnation du désir de la première d'écraser complètement la seconde», s'exclama le prophète (ç) (ç) lorsque Ali, l'illustre héros s'avança vers Amr Ibn Abd Wad, le célèbre géant des infidèles. Puis, levant ses mains vers le ciel, il pria: «Ô Dieu! 'Obaydah, mon cousin me fut enlevé dans la bataille, de Badr, et Hamzah, mon oncle, lors de celle d'Ohod. Par Ta Miséricorde! Ne me laisse pas seul et sans défense. Epargne Ali (as) pour qu'il me défende. Tu es le Meilleur des défenseurs».

Hâkim Neishabourî un grand rapporteur de hadith déclare : « l’afforntement d’Ali ibn Abou Talib avec Amr ibn Abdou Wad demeurera au dessus des œuvres qu’accomplira ma co,,unauté jusuq’au jour du jugement ». L’armée des coalisés perdit tout espoir de vaincre.  

Quand les deux hommes se mirent face à face, Amr dit à imam Ali: «Neveu! (c’était un ami d'Abou Talib) Par Dieu, je ne voudrais pas te mettre à mort». Alî répliqua: «Mais par Allâh, je suis là pour t’anéantir ». Contrarié par cette réponse, Amr descendit de sa monture et lui coupa les jarrets. Vaincre ou mourir tel signifiait le geste qu’il venait de faire. Il s'avança vers imam Ali. Ils engagèrent immédiatement le combat. Chacun tournait autour de son adversaire pour le prendre de revers. Le duel souleva un tel tourbillon de poussière qu'il était difficile de les distinguer. On n'entendait que le bruit de croisement d'épées. Enfin le « Allah est grand » d’Ali, signe de victoire, apporta de la joie dans les rangs musulmans. Lorsque la poussière se dissipa, on vit Ali dans une position où ses genoux étaient sur la poitrine de l'adversaire. L’épée était pointée sur le cou d’Amr ibn Wad. Le Décret Divin que le Prophète (ç) avait vu écrit en lettres de Lumière Céleste dans les cieux, la nuit du Mi'râj, se réalisa là encore, comme dans bien d'autres occasions similaires.

Voyant ce que venait de subir leur héro, les mécréants décidèrent de rebrousser chemin et fuir. Les autres concurents qui avaient traversé la tranchée avec Amr retournèrent sur leurs pas, excepté Nawfal dont le cheval ne réussit pas le saut et tomba dans le trou. Les Musulmans se mirent à le lapider. N’en pouvant plus, il criait: «Plutôt mourir par l'épée que de la sorte». Ayant entendu ce cri, imam Ali sauta dans le fossé pour l'achever. Contrairement à la coutume, imam Ali n'ôta l’armure et les vêtements de son adversaire. Lorsque la sœur de Amr vint voir le corps de son frère, elle fut frappée d'admiration pour la noble conduite de celui qui avait combattu avec lui. Lorsqu'elle apprit plus tard que c’était imam Ali, elle eut un sentiment de fière pour son frère qui avait été vaincu par l'unique héros de l’Arabie.  Aussi déclara-t-elle: «Si son tombeur était une autre personne que celui qui l'a tué effectivement, je pleurerais la mort de Amr toute ma vie. Mais (je suis fière de savoir que) son adversaire était l'unique héros irréprochable».

L'ennemi se contenta de se livrer la nuit  à des essais pour franchir le trou.. Khâlid tenta vainement avec un groupe de cavaliers de franchir la tranchée. Les musulmans découvrirent le lendemain matin des traces de pas de l’ennemi tout au long du tranchée. Les combattants ennemis essayèrent par tous les moyens de gagner l’autre côté où se trouvaient les musulmans. Mais ils ne réussirent échouèrent. La tranchée fut d’une utilité incomparable pour les musulmans. Elle ne put être franchie. Seuls cinq musulmans seulement furent martyrisés pendant cette guerre. L'ennemi, malgré son grand nombre, était paralysé par la vigilance des sentinelles placées sur des postes bien choisis par le messager de Dieu. Les mécréants déchus insinuèrent que la tranchée était un subterfuge déloyale parce que c’était une méthode à laquelle aucun Arabe avait fait usage.

 

3- L’ASSISTANCE DIVINE

 

Dieu frappa dur en faisant souffler un vent violent qui détruit tous les hangars des ennemis. Les chances de séjour étaient réduites Abou Soufian donna l’ordre de retour pour la Mecque. Les versets coraniques rappellent : « Vous qui croyez! Rappelez-vous le bienfait d'Allah sur vous, quand des troupes vous sont venues et que nous avons envoyé contre elles un vent et des renforts que vous n'avez pas vues. Allah demeure Clairvoyant sur ce que vous faites. Et Allah a renvoyé, avec leur rage, les infidèles sans qu'ils n'aient obtenu aucun bien, et Allah a épargné aux croyants le combat. Allah est fort et Puissant ». (Sourate 33 Ahzâb : 9 et 25)

Vu l’ampleur des investissements faits par les l’armée des coalisés et le tournure que les choses ont prise, on peut dire que les mécréants ont perdu sur tous les plans. Non seulement ils n’avaient pas causé des pertes à Médine, mais aussi ils n’avaient pas pu libérer la piste caravanière de la Syrie. Abou Soufiyan perdit le commandement de l’armée. Tout l’honneur et le prestige des Mecquois volèrent aux éclats. De l’autre côté, les musulmans eurent encore plus de zêles ? le prophète (ç) (ç) déclara d’ailleurs : « Désormais nous attaquerons. Ils ne pourront plus nous attaquer ».   

 

LA BATAILLE DE BANI QORAYDHA

Après le départ des mécréants, l'Ange Gabriel apporta au prophète (ç) (ç) l'ordre de se rendre immédiatement vers les Bani Qoraydha pour en finir une bonne fois pour toute avec eux.

 

Le Prophète (ç) assiégea la forteresse des juifs, lesquels. Comme ils ne s’attendaient pas à une telle situation, ils commencèrent à en souffrir. Ils songeaient au début à capituler. Mais vu leur récente trahison, ils préférèrent tenir tête. Cette tranhison avait causé une incroyable anxiété aux musulmans. S'ils avaient attaqué l'arrière des lignes musulmanes conformément à leur pacte avec les Qorayshites, ils auraient provoqué la chûte totale des musulmans.

C'était donc à leur tour de subir les conséquences de leur comportement déloyal. Le Prophète (ç) refusa de leur faire confiance. Mais, lorsqu'ils le prièrent de laisser Abou Lobâba, de la tribu d'Aos leur rendre visite et discuter avec eux - au nom de leur ancienne amitié avec eux . Le prophète (ç) accepta de leur accorder cette faveur. Abou Lobâba alla se concerter avec eux, non pas avec sa langue, mais symboliquement avec ses mains en dessinant des gestes sur sa gorge pour leur signifier qu'ils étaient condamnés et qu'ils devaient agir désespérément. Mais leur conscience (qui les jugeait) ne leur permit pas d'agir avec lucidité. Finalement, après vingt-cinq jours de siège, ils offrirent de se rendre à condition que Sa'd Ibn Mo'âth, le chef de leurs alliés fussent désigné pour décider de leur sort.

Le prophète (ç) (ç) accepta leur reddition. Ils sortirent donc comme prisonniers et Sa'd fut convoqué pour prendre une décision sur le sort qui leur serait réservé. Sa'd, était sous traitement parce qu’il avait été blessé lors de la bataille des coalisés. Il apparut tout affaibli sur son âne, soutenu par ses amis. Il fut vite entouré par les hommes de sa tribu. Ils le poussaient à traiter les prisonniers avec indulgence en lui rappelant leur amitié et les services qu'ils leur rendaient de temps en temps (comme dans les batailles de Bo'ath). Quand il s'approcha, le prophète (ç) (ç) lui commanda de prononcer son jugement sur les Bani Qouraydha. Sa'd se tourna vers les siens qui n'avaient pas cessé de l'inciter à faire preuve de miséricorde envers les juifs. Il leur demanda s'ils étaient disposés à accepter publiquement ce qu'il déciderait. Après avoir reçu l’approbation générale, Sa'd décréta que les prisonniers hommes soient exécutés, leurs femmes et enfants vendus comme esclaves et leurs biens confisqués et divisés entre les musulmans. La sentence fut exécutée. Hoyay Ibn Akhtab (qui avait incité les Qouraydha à rompre le pacte de non agression conclu avec le prophète (ç) (ç) fut parmi les tués, tout comme Ka'b Ibn Asad, le chef des Qouraydha. Le prophète (ç) (ç) fit vendre les captifs et acheta des armes. Le saint Coran parle de leur destin ainsi : « Et il a fait descendre de leurs forteresses ceux des gens du Livre qui les avaient soutenus [les coalisés], et Il a jeté l'effroi dans leurs coeurs; un groupe d'entre eux vous tuiez, et un groupe vous faisiez prisonniers. Et il vous a fait hériter leur terre, leurs demeures, leurs biens, et aussi une terre que vous n'aviez point foulée. et Allah est Omnipotent. ». (Sourate 33 Ahzâb : 26-27)

 

ANALYSE ET CRITIQUE

 

Quand bien même certains points de ce événement ( tels que le nombre de morts de Bani Qoraydha ou ceux qui ont donné l’ordre d’exécution) font l’objet de divergence entre les historiens. Mais une chose reste sûre, l’essentielle fait l’unanimié entre eux. Nous essayerons tout de même de donner des avis sur ce jugement :

1- Certains écrivains européens ont critiqués l’attitude des musulmans face au Bani Qoraydha. Ils trouvent cela d’horrible et d’inhumain. Certes cette critique ne peut être comparable au crime que les Qoraydha avaient commis. Ils ne s’étaient pas seulement contentés de violer le pacte de non agression, mais ils étaient passés aux actes terroristes sur les femmes et vieillards musulmans. En plus ils apportaient du soutien matériel aux ennemis. Une attitude qu’aucune nation ne peut pardonner à l’autre. Le messager les aurait puni conformément aux clauses de leur pacte. Mais il préfera laisser leurs alliés les Aos décider de leur sort. Une autre question qui se pose est celle de savoir face à quel genre d’homme doit-on faire preuve d’indulgence ? Face à celui-là qui a la forme humaine et ne respecte pas les valeurs humaines ? Celui-là qui ne respecte pas ses engagements. Peut-on avoir d’indulgence envers ceux qui brille par l’opiniâtreté et la cruaté ? Bani Nadhir n’ont-ils pas jouit d’indulgence sous l’arbitrage de Houey ibn Akhtab ? Mais ils n’ont pas cessé de comploter contre les musulamns. Qu’est-ce qui pouvait garantir que Houey ibn Akhtab et Ka’b ibn Asad n’allaient pas tisser des coups pour anéantir l’islam et tous les musulmans ? Paraître indulgent avec eux ne signifie-t-il pas se jeter dans la gueule du loup ?

Dans une lettre adressée au prophète (ç) quand les musulmans étaient assiégés, Abou Soufiyan martelait : « je jure par Ouzâ et Lâta que nous avons formé cette armée pour venir t’exterminer. Mais si nous rentrons sans vous affronter, sache que nous reviendront et nous feront pleurer vos femmes ». Pensez-vous que Bani Qoraydha n’aurait pas recidivé dans leur trahison si une telle situation avait eu lieu ?

Si on se refére à la Bible, on constatera que le jugement de Sa’d est tout à fait logique. Ce qui porte à croire qu’il connaissait les principes de la Thora et avait prononcé un jugement acceptable par tous. En effet il est écrit dans la Bible : « Si tu t’approches d’une ville pour combattre contre elle, alors tu devras lui faire connaître les conditions de paix. Et il devra arriver ceci, si elle te fait une réponse pacifique et si elle s’est ouverte à toi, oui il devra arriver ceci : il faudra que tout le peuple qui se trouve en elle devienne ta propiété pour le travail forcé, et ils devront te servir. Mais si elle ne fait pas la paix avec toi, si elle te fait belle et bien la guerre, et s’il faut que tu l’assiéges, alors, à coup sur, ton Dieu l’a livrera en ta main, et tu devras y frapper tous les mâles du tranchant de l’épée. Il n’y aura que les femmes, les petits enfants, les animaux domestiques et tout ce qui sera dans la ville, toutes ces dépouilles que tu prendras pout toi comme butin ; et tu devras te nourrir des dépuoilles de tes ennemis que t’a livrés ton Dieu » (Deutéronome : chap 20, versets 10-14)

2-  Un grand chercheur a nié (à partir d’un certains nombre de preuves) que le prophète (ç) (ç) avait puni les juifs de Bani Qoraydha. Quand bien même on peut considérer cette position comme défensive pour l’islam face aux critiques des écrivains européens, il faut toutefois noter que certains savants n’ont pas été d’accords avec ses arguments. Surtout celui dans lequel le verset 26 de la sourate Ahzâb est cité. Par ailleurs, aucune trace de Bani Qoraydha n’apparaît plus dans l’histoire après la bataille des coalisés. Or si l’événement n’était pas vrai, on aurait eu des nouvelles d’eux après.

 

LA BATAILLE DE BANI MOUSTALIQ

 

Au mois de Sha’bân de l’an six une nouvelle fut parvenu au prophète (ç) que Hârith ibn Dhirâra (le chef de Bani Moustaliq, une branche de Bani Khouzâ’a) s’apprêtait à attaquer Médine. Le messager mit sur pied une armée et marcha jusqu’au puits de Moureisî près de la mer rouge. La bataille eut lieu et Bani Moustaliq fut rapidement vaincu. Plusieurs d’entre eux furent capturés. Jouweiriya la fille de Hârith fut parmi les prisonniers. Ce qui le poussa à se rendre à Médine pour essayer de négocier sa libération auprès du noble prophète (ç) (ç). Comme le messager était divinement au courant qu’il avait fait cacher les deux chameaux destniés à payer la rançon de sa fille. Le prophète (ç) décrit à Hârith ses gestes dont il n’était par préalablement au courant. Ce qui le poussa à s’islamiser. Le prophète (ç) libéra la fille et se maria avec elle après. Par respect pour le prophète (ç) (ç), les musulmans libérèrent les prisonniers considérés comme sa belle- famille. On peut compter ce mariage du comme faisant partie des mariages que le messager de Dieu célébrait beaucoup plus pour les intérêts de l’islam.        

On peut aussi évoqué l’événement de la mort de la mère d’imam Ali, Fatima Bint Asad, qui avait affectueusement élevé le prophète (ç) Mohammad (ç) après la mort d’Abdoul-Moutallib. Elle mourut en l'an 4 de l’hégire. Un événement qui attrista beaucoup le noble prophète (ç) (ç). Le prophète (ç) la couvrit avec sa propre chemise après le bain préalable à son inhumation. Il participa lui-même aux travaux d’aménagement de la tombe. Et lorsque celle-ci eût été creusée, il descendit personnellement dans le caveau pour prier pour elle. Lorsqu'on lui demanda pourquoi une telle attitude et toutes ces faveurs inhabituelles, le prophète (ç) (ç) répondit qu'elle avait été une mère pour lui.

Et aussi la naissance d’imam Houssein (as) le 3 Cha'ban de l'an 4. Sa naissance intervint après une grossesse qui aurait duré seulement six mois. Parait-il, à part le prophète (ç) Yahyâ ibn Zakariyyâ et imam Houssein ibn Ali (as), aucun autre enfant, né au terme d'une si courte grossesse, ne put survivre. Alors que le prophète (ç) (ç) était en train d'embrasser l'enfant sur la gorge, l'Ange Gabriel apparut. Il le félicita pour la naissance de son petit-fils, mais il ne put retenir ses larmes.

Lorsque le prophète (ç) (ç) l'interrogea sur les raisons de ses lamentations, l'Ange Gabriel lui prédit l'assassinat d'Houssein après sa mort. L'Ange Gabriel tendit une quantité de terre de la région sur laquelle l'assassinat aurait lieu. En apprenant cette information, le prophète (ç) (ç), envahi par la tristesse, pleura et maudit les Omayyades. Sous la demande du prophète (ç) (ç) Oummou Salama conserva soigneusement cette quantité de terre dans un pot. Il lui avait demandé de la conserver jusqu’au jour elle portera la couleur rouge du sang, symbole du martyre d'imam Houssein.

 

LE PELERINAGE DU PROPHETE A LA MECQUE

Pendant la sixième année de l'hégire, le Prophète (ç) decida d’aller à la Mecque pour accomplir le pèlerinage. Depuis l’hégire, les musulmans n’avaient pas pu avoir l’occasion d’accomplir ce rite. En plus de son côté spirituel, ce voyage se présentait comme une opportunité pour faire une démonstration des valeurs de l’islam. Ce rite qui était d’une valeur coutumière importante pour les mécréants l’était aussi pour le noble prophète (ç) (ç). Un meilleur moyen pour attirer l’attention des pélerins présents.

 Le premier du mois de Dhilqa'dah, (période à  laquelle il est interdit de faire la guerre dans toute l'Arabie, et à plus forte raison sur le territoire sacré de la Mecque) le prophète (ç) (ç) se mit en route pour la Mecque avec environ 1800 musulmans. Ils prirent avec eux soixante-dix chameaux (destinés à être sacrifiés après les rites du pèlerinage). Ils ne portaient pas d'armes, sauf le sabre rengainé que les voyageurs avaient le droit de porter à tout moment. Seule une des femmes du Prophète (ç), Oumou Salama, l'accompagna lors de ce pèlerinage.

La nouvelle de la marche du Prophète (ç) vers la Mecque parvint rapidement aux Qorayshites. Ils décidèrent de les empêcher à tout prix à entrer à la Mecque. Cette vint caller les musulmans et obligèrent le prophète (ç) (ç) à camper à Houdebiyya. Quel que soit le message que le prophète (ç) (ç) envoyait à Abou Soufiyan pour lui signifier que leur voyage avait un but purement pacifique. Malgré tout cela, les Qourayshites ne voulaient rien entendre. Le prophète (ç) (ç) avit beau répété : « nous avons l’intention d’accomplir le petit pèlerinage ». Les Qorayshites faisaient la sourde oreille.

 

LE SERMONT SOUS L’ARBRE OU PACTE DE RIDHWAN

Finalement le prophète (ç) (ç) dépêcha Ousman ibn Afân pour expliquer la raison de leur présence. Les rumeurs circulèrent que Ousman était tué (vu le temps qu’il avait mis). Le prophète (ç) (ç) convoqua ses compagnons autour de lui sous un arbre. Il prit de chacun d'eux l'engagement sous serment d'une adhésion totale irréversible à lui. L’engagement de ne pas fuir en cas de combat. Cet engagement fut nommé « l’allégeance d’agréement » ou « L'engagement sous l'arbre » : «Dieu était satisfait des Croyants quand ils te prêtaient serment sous l'Arbre. IL connaissait le contenu de leurs curs. IL a fait descendre sur eux la tranquillité. IL les a récompensés par une prompte victoire»). (Sourate al-Fat-h, verset 18)

Cet événement reste mémorable dans l'histoire de l'islam parce qu’il illustre l’intégrité  et la loyauté des musulmans envers leur prophète (ç) (ç). Il est l’expression de la glorification et de la ferveur. Ils étaient fiers d’avoir mérité le salut. Un salut qui restait valable à condition qu’ils ne changent pas dans leurs attitudes. Malheureusement, beaucoup d’entre eux oublièrent ce vis pour le paradis et se comportèrent mal après le prophète (ç).

 

LES ACCORDS DE PAIX DE HOUDEBIYYA (CONQUETE MANIFESTE)

Après le retour d’Ousman, les Qorayshites déléguèrent Souheil ibn Amr négocier avec le prophète (ç) (ç). Mais les mécréants acceptaient tou sauf l’accomplissement du pèlerinage cette anné pour les musulmans. Les pourprlés aboutir aux « accords de paix de Houdebiyya ».Le Prophète (ç) demanda à Ali (as) d’écrire les clauses du traité au fur et à mesure qu'ils seraient dictés. Le texte commença ainsi: «Au nom d'Allâh, le Clément, le Miséricordieux».

Mais Suhayl fit objection et dit qu'il fallait qu'il commence par la formule que les Mecquois avaient l'habitude d'utiliser, à savoir: "En Ton nom, Ô Dieu!" Le Prophète (ç) concéda et demanda à 'Ali d'écrire: "Bismeka Allâhomma".

Puis il dicta: «Ceci est le Traité conclu entre Mohammad, le Prophète (ç) d'Allâh et Suhayl Ibn 'Amr». Là encore, Suhayl objecta que si les Mecquois le reconnaissaient comme Prophète (ç) d'Allâh, ils n'auraient pas porté les armes contre lui.

Il demanda au Prophète (ç) de mettre le nom de son père au lieu de l'expression "Prophète (ç) d'Allâh". Le Prophète (ç) céda une seconde fois, mais Ali (as) avait déjà écrit les mots "Mohammad, le Prophète (ç) d'Allâh". Le Prophète (ç) ordonna à Ali (as) d'effacer les mots contestés, mais comme ce dernier semblait hésiter, il prit les instruments d'écriture, effaça l'expression "le Prophète (ç) d'Allâh" et la remplaça par les mots: "fils de 'Abdullâh". Il prophétisa en même temps, en s'adressant à Ali (as), qu'il devrait lui aussi céder, à son époque, dans une occasion similaire. Cette prophétie fut réalisée lors de la conclusion d'un traité entre Ali (as) et Mu'awiyeh, quelque trente ans plus tard.

Les clauses suivantes furent inscrites dans le traité:

1- Aucune des deux parties ne commettra d'agression ni d'attaque contre l'autre partie ou ses alliés pendant les dix années à venir.

2- Mohammad et ses partisans retourneront cette année à leur base de départ sans entrer dans l'enceinte sacrée. L'année suivante, ils pourront visiter la Mecque pendant trois jours après que les Qorayshites s'en seront retirés. Mais ils devront y entrer sans aucune arme, excepté celle de voyageur, c'est-à-dire chaque homme avec une épée rengainée.

3- Si quelqu'un passe à Mohammad et qu'il est réclamé par son tuteur, il devra lui être renvoyé, mais si quelqu'un parmi les partisans du Prophète (ç) passe aux Qorayshites, il ne sera pas extradé. Les Doutes de Certains Compagnons dans la Croyance

4- Quiconque désirera se joindre à Mohammad et entrer en ligne avec lui sera libre de le faire, et de même, quiconque désirera se joindre aux Qorayshites et entrer en traité avec eux aura la liberté de le faire.

5- Les deux parties doivent éviter de tisser des complots envers l’autre. De même il ne doit pas collaborer avec l’ennemi de l’autre.

6- Les adeptes de l’islam résidant dans  la Meque sont libres et personne ne sera persécuté à cause de son appartenance à une religion.

7- Quiconque des compagnons du messager qui se rendrait à la Mecque pour des raison commerçiales ou spirituelles a la garanti qu’il sera en sécurité avec ses biens. De même tout Mecquois qui emprunterait la route qui passe par Médine pour aller en Egypte ou en Syrie sera en sécurité.

 

AVANT-PROPOS DU PROPHETE

Le délégué des Qorayshites s’opposa au fait que imam Ali avait commencé la rédaction du traité par la formule islamique « Bismillah rahmâni rahîm » (Au Nom de Dieu le Tout Miséricordieux le Très Miséricordieux) et « Le messager de Dieu ». Les chose furent bloquées à ce niveau. Le prophète (ç) finit par demander à Ali (as) de supprimer la formule pour la remplacer par « En ton nom, Dieu ». Le prophète (ç) (ç) dit à Ali (as) : « Tu feras face à une telle sitaution un jour ». Ce qui se produisit lorsque Mouawiyya exigea la suppression de « prince des croyants » lors de l’arbitrage de la guerre de Seffine.

La rédaction du traité achevée, il fut certifié par les plus éminents compagnons du prophète (ç) (ç) en dépit du fait qu'ils considéraient cette paix comme l’une des plus humiliantes. Un exemplaire du traité fut remis à Souheil et l’original fut conservé par le prophète (ç) (ç).

Ayant terminé le traité, le noble Prophète (ç) (ç) désira quand même  accomplir les rites du pèlerinage appropiés pour la circonstance. Il ordonna à ses compagnons d’immoler leurs bêtes et de se tailler les cheveux.

Mais il fut indigné en constatant que ses compagnons faisaient semblant d’avoir entendu ses ordres. Mais une fois qu'il eut égorgé chameau et coupé ses cheveux le premier,  ses compagnons l'imitèrent les uns après les autres. Les rites du pèlerinage terminés, le prophète (ç) (ç) se mit en marche pour Médine après 25 jours de séjour à Houdeybiyya.

 

LES EFFETS ET CONSEQUENCES DU TRAITE DE HOUDEYBIYYA

 

Ne voyant pas les résultats du traite de Houdeybiyya pour l’avenir, les musulmans le considéraient comme une défaite. Certains faisaient preuve d’importunité pour dissuader le prophète (ç) (ç) à le signer. Pourtant, le messager de Dieu (ç) savait qu’un tel traité avait un avantage social et politique. Nous en évoquons quelques uns :

1- Les mécréants ne reconnaissaient pas les musulmans jusqu’ici et cherchaient à les anéantir à tout prix. Or grâce au traité, les musulmans veaient d’être reconnu officiellement.

2- Le mur qui sépaaient les mécréants et les musulmans venait de s’écrouler. Les allées et venus entre la Mecque et Médine avaient facilité les rapports et établi le dialogue avec les autres. En suivant les propos logiques des musulmans et la profondeur du message qu’ils véhiculaient, les mécréants prenaient conscience et réalisaient qu’ils étaient dans la perdiction. C’est ainsi que beaucoup de mécréants entrèrent en islam. Le nombre des musulmans s’accru vertigineusement depuis ce traité. Il y a de cela deux ans que le nombre des compagnons du prophète (ç) ne depassait 1800. Mais, lors de la conquete de la Mecque deux ans après, les musulmans étaient plus de 10000. Imam Sâdiq trouve cela comme un avantage pour l’islam : « En moins de deux ans de la durée du traité, l’islam avait déjà coouvert toute la Mecque ».

3- Les multiples attaques et complots des Qorayshites ne laissaient pas l’opportunité au sceau des prophète (ç)s à lancer l’appel à l’islam vers les autres horizons. Mais après ce traité, le prophète (ç) réussit à persuader les ennemis des environs de Médine. Des ambassadeurs furent envoyés vers différentes régions. L’appel des différents rois des régions du monde eu lieu après le traité de Houdeybiyya.

4- Ce traité a conduit d’une manière ou d’une autre à la conquête de la Mecque. La 4ème clause stipulait que les tribus étaient libres de s’allier à l’islam comme aus Qorayshites. La tribu Khouzâ’a s’allia avec les musulmans. Et en attaquant cette tribu, les OQrayshites venaient de violer les accords de Houdeybiyya. Ce qui permit au prophète (ç) de préparer tranquillement la conquête de la Mecque.

Ainsi, on peut dire ce traité a été une grande victoire pour les musulmans.  La Sourate Fath fut révélée au messager (ç) entre la Mecque et Médine. Une fois qu’il l’eut récité à ses comppagnons, ceux-ci furent stupéfaits et demandèrent si ce qui venait de se passer était une victoire.

 Le prophète (ç) leur répondit que c'était sans doute une victoire glorieuse. Oumar et les autres rappelèrent au prophète (ç) sa promesse d'entrer à la Mecque sans obstacle et sans opposition. Il répondit que Dieu l'avait donné cette promesse et que ce n’est pas impératif qu’elle se réalise cette année. En un temps record toute l’Arabie chantait les louanges du prophète (ç). Le messager qui était venu les sortir des ténèbres de l’obscurentisme pour les faire entrer dans le concert des nations. L'islam progressait désormais fermement et sûrement à travers tout la régions.  

 Après le traité, les Bani Khouzâ'a, qui avaient longtemps un certain désir pour l’islam, y adhérèrent librement et devinrent ls alliés du prophète (ç) conformément au quatrième article du traité. C'était là le premier résultat concret de ce traité.

C’était les avantages de la paix. Cette même paix qui paraissait visiblement pour certains compagnons comme une humiliation.

 

 

  CINQUIEME SECTION

 

DE L’APPEL UNIVERSEL A LA MORT DU PROPHETE

 

 CHAPITRE I APPEL UNIVERSEL

 

CHAPITRE II EXPANSION DE L’ISLAM

 

CHAPITRE III LE PELERINAGE D’ADIEU ET LE DECES DU PROPHETE

 

CHAPITRE I APPEL UNIVERSEL

 

Malgré le fait que l’islam est apparu dans la péninsule arabique et que le prophète (ç) soit un Arabe, la réligion n’appartient exclusivement ni à cette région, ni à la race de son messager. La preuve en est que les versets du saint Coran ne s’adressent pas en particulier aux Qorayshites ou aux Arabes. Quand il s’adresse à tous le saint Coran dit « ô vous les gens » et quand il s’agit des croyants il dit « ô vous les croyants. Dès le début de sa mission, le messager de Dieu avait fait savoir que la religion dont il est le porteur est universelle. Voici quelques versets coraniques qui expriment l’universalité de l’islam :

1- « Dis: ‹Ô hommes! Je suis pour vous tous le messager d'Allah, à qui appartient la royauté des cieux et de la terre. Pas de divinité à part Lui. Il donne la vie et Il donne la mort. Croyez donc en Allah, en Son messager, le prophète (ç) illettré qui croit en Allah et en ses paroles. Et suivez-le afin que vous soyez bien guidés› ». Sourate 7 A’râf : 158)

2-  « Et Nous ne t'avons envoyé qu'en tant qu'annonciateur et avertisseur pour toute l'humanité. Mais la plupart des gens ne savent pas ». (Sourate 34 Sbâ : 27)

3-  « Et ce n'est qu'un Rappel, adressé aux mondes! ». (Sourate 68 Qalam : 52)

4-  « Nous ne lui (à Mouhammad (ç)) avons pas enseigné la poésie; cela ne lui convient pas non plus. Ceci n'est qu'un rappel et une Lecture [Coran] claire. Pour qu'ils avertisse celui qui est vivant et que la parole se réalise contre les mécréants ». (Sourate 36 Yâsîn : 69-70)

5-  C'est Lui qui a envoyé Son Messager avec la bonne direction et la religion de la vérité, afin qu'elle triomphe sur toute autre religion, peu importe la répulsion des associateurs ». (Sourate 9 Tawba : 33)

6-  « Et Nous ne t'avons envoyé qu'en miséricorde pour l'univers ». (Sourate 21 Anbiyâ : 107)

Tous ces versets ont été révélés à la Mecque et justifient que l’islam parle le langage universel. Cela vient étayer les allégations de certains savants occidentaux tels que Goldzier qui avance que l’expansion générale du message de l’islam s’est fait plus tard après le prophète (ç) et que certains principes de ses enseignements ne correspondaient pas avec les besoins des Arabes de son époque.

 

DEBUT DE L’APPEL  UNIVERSEL

 

A cause de l’inimitié et des complots des juifs et des mécréants, le prophète (ç) n’eut pas le temps de lancer la propagation de l’islam hors de l’Arabie. A partir de Dhi hijja de la 6ème année ou de Mouharram de la 7ème année, le prophète (ç) délégua des personnes avec des lettres vers les quatre coins du monde. Un jour,  il envoya jusqu’à six lettres dans lesquelles il invitait les empéreurs et les rois des régions réculées à l’islam : le Négus d’Abyssine, César l’empereur de Rome, Khousour Parwiz le Shah d’Iran, Mouqaoqis le roi d’Egypte, Hârith ibn Abi Shemr Ghassâni le gouverneur de la Syrie et Aozata ibn Ali le roi de Yamâma. Le prophète (ç) maintint ce rythme en envoyant des messages répétés à ces guides. Ces lettres étaient écrites dans une langue plus simple et compréhensible. Toutefois, la réaction de ces rois ne fut guère égale.

Avec la conclusion du Traité de Houdeybiyya, le Prophète (ç) se débarrassa de tous les ennuis venant des Mecquois. Désormais il était en mesure de diriger son attention vers un prêche plus étendu de sa Religion pour accomplir ainsi le principal objectif de sa Mission Divine. Aussi décida-t-il d'inviter les Etats et Empires voisins à la Foi Divine en leur envoyant des Ambassadeurs munis d'une missive de sa part.

Et étant donné que les missives n'étaient reconnues par les cours étrangères que si elles étaient validées par un sceau, le Prophète (ç) se fit faire vers la fin de la sixième année de l'Emigration un anneau d'argent sur lequel étaient gravés les mots suivants: "Mohammad, le Messager de Dieu". Des lettres furent écrites et scellées, et au début de la septième année, au mois de Moharram, six ambassadeurs furent dépêchés simultanément à: Najjachi le roi d Ethiopie; Yamama; Khosrô, le monarque de Perse; César, l'Empereur romain; la Syrie et l'Egypte. Les messagers choisis pour convoyer les missives connaissaient la langue des pays auxquels ils étaient destinés respectivement.

'Amr Ibn Omayyah fut envoyé en Abyssinie avec deux missives dont l'une invitait le roi d'Ethiopie à la Religion Divine, et l'autre, faisait état du désir du Prophète (ç) que les émigrés restant encore en Ethiopie, puissent retourner à présent à Médine, ainsi que d'une requête singulière dans laquelle le Prophète (ç) demandait au Roi de le fiancer à Om Habîbah, la veuve de Obaydullâh qui avait émigré en Ethiopie et qui y mourut plus tard. Le Roi reçut l'ambassadeur avec la plus grande hospitalité et répondit à la première missive par des propos laissant comprendre un humble acquiescement, donnant l'assurance qu'il avait d'ores et déjà embrassé l'Islam et exprimant son regret de ne pas être présent pour pouvoir recevoir personnellement les bénédictions du Prophète (ç). Conformément à la requête exprimée dans l'autre missive, le Roi accomplit la cérémonie des fiançailles d'Om Habîbah et prépara deux bateaux pour le retour des émigrés conduits par Ja'far. Les deux bateaux arrivèrent au port de Médine en automne, au mois de Jumâdi-I de l'an 7 de l'hégire, soit en août 628 ap. J. -C.

Salit Ibn 'Amr fut envoyé à Yamama avec une missive à Hauza, le Chef chrétien de Banî Hanîfah, qui reçut l'ambassadeur cordialement et fit l'éloge du Prophète (ç). Mais par la suite, il congédia le messager en lui répondant qu'il n'était prêt à suivre le Prophète (ç) que s'il faisait de lui un partenaire dans ses privilèges, car, ajouta-t-il, il jouissait déjà de révérence en tant que seigneur et orateur de son peuple, du fait qu'il était un poète éloquent de sa tribu.

'Abdullâh Ibn Hothâfah porta la missive en Perse. Lorsqu'elle fut délivrée au Roi Khosrô, il la déchira en petits morceaux. Le messager retourna auprès du Prophète (ç) et lui fit son rapport. Le Prophète (ç) pria: «Ô mon Dieu! Déchire de la même façon son royaume». (Le vu du Prophète (ç) sera exaucé quelques années plus tard, lorsque les dominions perses se trouvèrent entièrement déchirés). Khosrô envoya des ordres à son gouverneur du Yémen pour qu'il ramène le Prophète (ç) à la raison ou qu'il l'envoie enchaîné à la Cour Royale. Bazhan, le gouverneur perse du Yémen, envoya une missive courtoise au Prophète (ç), lequel en la recevant sourit et invita l'ambassadeur à l'Islam en l'informant que Khosrô n'était plus de ce monde et que la nuit dernière il avait été poignardé par son fils, l'héritier présomptif. Il lui ordonna ensuite de retourner pour rapporter à son maître la nouvelle et lui demander d'offrir sa soumission auprès du Gouverneur du Yémen et de lui faire son rapport. Bazhan avait entre-temps reçu une missive du nouvel Empereur. Convaincu par la prophétie ou animé par des motifs d'intérêt personnel, toujours est-il, qu'il signifia son adhésion au Prophète (ç), embrassa l'Islam et dénonça l'autorité de l'Empereur perse.

Dehya Kalbi qui avait été envoyé à l'Empereur Héraclius, le monarque chrétien de l'Empire romain fut reçu d'une façon respectable. L'empereur sembla bien disposé envers la nouvelle Foi, mais après avoir écouté les opinions de ses courtisans qui étaient indifférents à cette Foi, il congédia l'ambassadeur en le chargeant de quelques cadeaux précieux pour le Prophète (ç).

Chuja Ibn Wahab fut envoyé en Syrie muni d'une lettre invitant Hârith VII, Prince de Banî Ghassân à l'Islam. Celui-ci fut très irrité par le contenu de la lettre qu'il fit parvenir à l'Empereur Héraclius en lui demandant la permission d'envoyer une expédition pour en châtier l'auteur. Le messager du Prophète (ç) fut détenu dans l'attente de la réponse de l'Empereur. Celui-ci, n'ayant pas approuvé la suggestion du Prince, Hârith éconduit le messager après lui avoir offert des cadeaux. Lorsque le Prophète (ç) apprit l'attitude de Hârith, il prédit la perte de son royaume. Peu après, Hârith mourut.

Habîb Ibn Abi Balta'ah fut envoyé comme ambassadeur à Alexandrie, le siège du Gouvernement d'Egypte à l'époque. Le Vice-roi romain, Maqawqas le reçut très respectueusement, lut la lettre dont il était chargé, et y répondit en promettant d'en prendre note. Il écrivit notamment qu'il savait qu'un Prophète (ç) devait déjà être envoyé, mais qu'il attendait son apparition en Syrie. Pour concrétiser ses sentiments respectueux envers le Prophète (ç), il chargea son messager de beaucoup de cadeaux, dont deux belles-surs coptes (race à laquelle appartenait Moqawqas lui-même). L'une d'elles s'appelait Marya et eut l'honneur d'épouser le Prophète (ç), et l'autre, Sirîne, fut offerte au poète Hassan. De même une mule blanche, chose très rare en Arabie à l'époque, figurait également parmi les cadeaux. On l'appelait Duldul. Elle fut utilisée par le Prophète (ç), et après sa mort, par son petit-fils Houssein (as).

 

LA BATAILLE DE KHEYBAR

Kheybar formait un ensemble de groupements habités par des agriculteurs et des éléveurs. Cette zone est connue sous le nom de « grenier du Hijâz » à cause de ses grands rendements. Les gens de Kheybar avaient une situation économique stable et propère.

Depuis la bataille des coalisés et de Bani Nadhîr, les juifs manifestaient toujours leur animosité envers le prophète (ç) (ç). Un certain nombre des juifs de Banî Nadhîr qui avaient été expulsés de Médine s'établirent parmi leurs frères à Kheybar, situé à environ cent cinquante kilomètres au nord-est de Médine. Ils nouèrent des alliances avec plusieurs puissantes tribus bédouines qu'ils excitèrent (tout comme les Qourayshites de la Mecque) contre le prophète (ç), et ils avaient assiégé vers la fin de la 6ème année. Après leur retrait, leur chef, Abul-Haqîq, (qui avait joué un rôle prédominant avec Hoyay Ibn Akhtab dans le siège de Médine) incita les Banî Fozârah et d'autres tribus bédouines à attaquer les propriétés des citoyens paisibles de Médine. Au mois de Rabî'Awwal de la sixième année de l'hégire, 'Oyaynah, le chef des Banî Fozârah, tombant sur une troupe de chamelles laitières des musulmans. Il les enleva, assassina le gardien et emmena sa femme comme prisonnière.

Au mois de Rabî'-Thâni de la même année, les Banî Ghatafân, eux aussi, s étaient rassemblés dans l'intention d'enlever dans les pâturages les chameaux appartenant aux habitants de Médine. Les musulmans envoyèrent Mouhammad (ç) ibn Maslamah avec dix hommes pour contrecarrer leur projet. Mais tous ses compagnons furent tués et il était lui-même si grièvement blessé qu'on le laissat pour mort, ce qui lui permit de s’enfuir par la suite.

Au mois de Ramadan, Aboul Haqîq rendit l'âme. Son successeur, Osayr ibn Zarim, les Bani Ghatafân et les bédouins alliés des juifs de Kheybar projetèrent au mois de Chawwal de nouveaux mouvements contre le prophète (ç) et les musulmans.  

 

Conformément au traité de Houdaybiyya, les Mecquois connus comme les plus grands ennemis du prophète (ç) (ç) d’une part,  et les plus puissants alliés des juifs d’autres, ne pouvaient plus assister ces derniers dans leurs hostilités l’islam et son prophète (ç) (ç). C’était une bonne occasion pour mettre fin une fois pour toutes aux difficultés que les juifs de Kheybar provoquaient. Par ailleurs, pendant mois de Mouharram de l'an 7 de l’hégire, le prophète (ç)  organisa une expédition forte de 1400 hommes (dont environ deux cents cavaliers. Les Juifs étant sortis le matin de leurs maisons, furent frappés de stupeur de se trouver confrontés tout d'un coup à une si grande force) contre les juifs de Kheybar  L’armée prit la direction du nord et utilisa des voies qui séparaient toute tentation pour juifs de Kheybar de ce faire aider par leur puissant allié les Bani Ghatafân. Ils encerclèrent Kheybar de nuit et les juifs s’en rendirent compte le lendemain. A la fin, les Juifs se joignirent à leur chef Kinânah ibn Rabî ibn Aboul Haqîq. Il vivait dans la solide citadelle de Qâmoûs, considéré comme invulnérable.

 

La bataille de Kheybar fut une bataille inégale. La vallée de Kheybar était parsemée d'une dizaine de forteresses solidement construites sur des blocs de pierres et dont quelques-unes, telles que Qâmous, Qatieba, Watih et Solalim, étaient imprenables. Toute aide extérieure était presqu’impossible. Comptant sur leur nombre et sur l’avantage qu’ils avaient d’être sur leur territoire, les juifs  décidèrent de résister. Mais une fois assiégés dans leurs forteresses, ils ne purent résister longtemps et durent finalement les évacuer après une ou deux sorties. Ainsi toutes les citadelles inférieures par lesquelles les Musulmans avaient commencé leurs attaques tombèrent les unes après les autres entre leurs mains. Les portes de Kheybar étaient fermées et les soldats balançaient des flèches et des pierres. Les musulmans totalisèrent 50 blessés lors d’une seule attaque. Les juifs avaient sufisamment de vivres pour resister longtemps. Par contre, les musulmans n’avaient pas assez de provisions pour maintenir le siège plus longtemps. Le prophète (ç) (ç) pria Dieu pour qu’Il leur attribue la victoire le plus vite possible.  Et aussi longtemps qu'il campa devant la forteresse, il priait quotidiennes sur une roche dure, appelée Mansela, et en fit le tour sept fois par jour. Plus tard, une mosquée fut érigée à cet endroit, en souvenir de ce lieu d'adoration du prophète (ç) (ç) qui fera l'objet de vénération des musulmans pieux. Les compartiments de la forteresse tombaient les uns après les autres. Il restait la partie où se trouvait le chef. L’attaque sur Qâmoûs fut la tâche la plus difficile pour les musulmans. Ils ne s'étaient encore jamais attaqués à une forteresse de cette envergure. Il dura un certain temps et mit à l'épreuve l'habilité et l’endurance des musulmans, qui commencèrent à manquer de provisions. Les juifs avaient tout rasé dans les alentours avant l’arrivée des musulmans. Les juifs avaient même abattu les dattiers autour de leur forteresse.

Le prophète (ç) (ç) qui souffrait beaucoup de maux de tête, passa son étendard à Abou Bakr ibn Abou Qouhâfa et lui ordonna de mener l'assaut. Mais, il fut sévèrement repoussé par les juifs et dû battre en retraite. Le jour suivant, le prophète (ç) (ç) confia le drapeau de commandement de Oumar ibn Khattâb. Le résultat fut le même ; une débacle. De retour, les soldats attribuèrent leur défaite à leur commandant. Ils repprochèrent à Oumar son manque de courage. Oumar à son tour les traitait de lâches. Déçu par l'échec de ses plus éminents compagnons, le noble prophète (ç) (ç) dit: « Demain je remettrai mon drapeau à quelqu'un que Dieu et Son prophète (ç) aiment, un sacré fonceur redoutable qui ne tourne jamais le dos à l'adversaire. C'est par lui que le Seigneur accordera la victoire aux musulmans ».

Les compagnons du prophète (ç) (ç) était soucieux d'être signalés le lendemain comme étant « le bien-aimé de Dieu et de Son prophète (ç) ». Ils passèrent la nuit dans une grande anxiété pour savoir qui serait l'être béni. Tous attendaient impatiemment que demain arrive. Chacun essayait de se faire remarquer d’une manière ou d’une autre.. Pour attirer l'attention sur lui, Sa'd ibn Abî Waqqâç se jeta par terre, puis se leva, prétendant qu'il était tombé. Toutefois, le prophète (ç) (ç) ne semblait tenir compte d'aucune personne en particulier. Personne ne pensa à priori Ali (as) le cousin et gendre du prophète (ç) (ç). Le héros de toutes les précédentes batailles livrées par les musulmans. En effet, il souffrait vraiment d’un problème aux yeux et ne pouvait rien voir.  Certains hadiths laissent croire qu’il était absent à cette occasion et se trouvait plutôt à Médine. Toutefois, le prophète (ç) (ç) cria: « appelez-moi Ali ». Les compagnons répondirent tous d'une seule voix qu'il souffrait sérieusement de ses yeux malades. Le prophète (ç) (ç) leur ordonna de le faire venir. Salma ibn Ako l'amena en le tenant par la main. Le prophète (ç) (ç) prit la tête de Ali et la mit dans son giron. Il appliqua sa salive sur ses yeux  et immédiatement il retrouva la guêrison. Il lui confia le drapeau, sa bannière et son sabre (Dhoul fiqâr) sacrés,. Il le désigna ainsi comme l'homme que Dieu et Son prophète (ç) aiment. Le prophète (ç) lui dit : « Avance vers eux et appele-les à l’islam d’abord. Fait leur par de ce dont Dieu attend d’eux. Et je jure par Dieu si une personne est guidée par toi, cela est mieux pour elle que la possession des chameaux au pellage rouge ». Il ordonna à Ali (as) de lancer l'assaut et de combattre jusqu'à ce que les juifs acceptent de se soumettre. Ali, vêtu d'une veste écarlate sur laquelle une cuirasse d'acier était attachée, avança à la tête de ses partisans. Il escalada le rocher pierreux, situé en face de la forteresse et planta l'étendard sur son sommet. Il prit la résolution de ne reculer d'un pouce, jusqu'à ce que la citadelle tombe.  

Les juifs se mirent en route pour attaquer les assaillants. Cependant, Hârith, un héros juif qui avait réussi à repousser  les précédentes attaques, s'avança et tua plusieurs musulmans. Témoin de cela, Ali (as) avança lui-même et s'engagea dans un duel avec lui et le tua puis revint à ses lignes. Le frère de Hârith était d'une stature gigantesque et d'un corps imposant. Il représentait beaucoup pour les juifs. Couvert d'une double cotte de mailles et coiffé d'un heaume de protection autour duquel était enroulé un double turban, il avança vers les musulmans. Il avait une épée énorme et brandissait une grande lance à trois têtes fourchues et pointues. Sortant des lignes des juifs, il avança et défia ses adversaires à un combat singulier: «Comme tout Khaybar le sait, je suis Marhab, un guerrier hérissé d'armes dans une guerre furieuse et ravageuse», martela-t-il.

Excepté Ali (as), aucun musulman n'osa avancer pour l'affronter. Il sortit de la ligne musulmane pour répondre à son défi disant: «Je suis celui que sa mère a nommé Haydar. Je pèse mes ennemis dans une gigantesque balance ». Les mots de Ali (as) n'étaient pas des mots creux. Ali (as) sut par inspiration que Mahrab avait dernièrement rêvé d'un lion robuste qui le déchirait en morceaux.

Aussi rappela-t-il à Mahrab ce rêve afin de l'intimider. Les mots eurent leur effet, puisque lorsque les deux combattants s'approchèrent, Ali (as) se jeta sur lui avec fureur. Une fois proches l'un de l'autre, Mahrab fit un coup d'estoc en direction de Ali (as) avec sa lance à trois fourchons. Le héro des coalisés esquiva le coup et administra un coup avec son irrésistible cimeterre avant que son adversaire ait eu le temps de réagir. Il lui frappa un coup qui coupa son bouclier en deux, traversa son double turban, son heaume impénétrable et atteint sa tête qui se fendit en deux jusqu’à la poitrine. Il tomba sans vie par terre, et le vainqueur annonça sa victoire par son cri habituel: "Allâh-u-Akbar" (Dieu est le Plus Grand), ce qui permit à tout le monde de savoir que Ali était sorti victorieux.

Dès lors les musulmans avancèrent en masse et il y eut une mêlée. Sept parmi les plus éminents guerriers juifs, à savoir Mahrab, Antar, Rabî, Zajîj, Dâoûd, Morrah et Yâcir, tombèrent sous les coups d'épée d’Ali, et le reste de l'armée juive battit en retraite pour se réfugier dans la citadelle.

Dans le feu de l'action, un juif porta un coup sur le bras d’Ali et fit tomber son bouclier qui tomba. Un autre juif s’en empara et s'enfuit. Furieux, Ali accomplit alors des tours de prouesses surhumains. Il sauta par dessus la tranchée, s'approcha de la porte de la forteresse en fer et arracha un battant pour l'utiliser comme bouclier pendant le reste de la bataille (Abou Rafi', l'un de ceux qui en avait donné l'assaut, à la forteresse, avec Ali (as), affirme qu'après la guerre il examina la porte et qu'il essaya avec sept autres personnes de la retourner, mais sans succès). La citadelle fut finalement prise et la victoire décisive revint aux musulmans. Les juifs perdirent dans cette bataille quatre-vingt treize hommes contre dix neuf pour les musulmans.

Après la chute de la citadelle, Ali revint victorieux vers son camp. Le prophète (ç) (ç) sortit de sa tente et l'accueillit les bras ouverts. Il l'embrassa chaleureusement et baissa sa tête pour lui murmurer que ses services étaient appréciés par Allah le Très-Haut et lui-même, en tant que Son prophète (ç) (ç). Ali versa des larmes de joie en entendant ces propos. Le prophète (ç) (ç) redonna foi à ses adeptes qui avaient échoué dans les précédentes tentatives en mettant en évidence l'exemple d’Ali à qui il donna le surnom glorieux de « Le Lion de Dieu ». en effet, la loyauté d’Ali  et son héroïsme sont restés gravés dans les mémoires et continus encore à faire la fierté des belle pages d’histoire. Des services qui empêchaient Abou Qaqqâs de l’injurier lorsque Mouawiyya l’en demanda. Il dit à Mouawiyya : « j’ai entendu le prophète (ç) (ç) lui attribuer trois faveurs dont je souhaiterait en avoir ne serait-ce qu’un :

1- Le messager de Dieu fit de lui son remplaçant lors de l’expédition de Taboûk. Il dit lu dit : me laisse-tu avec les femmes et les enfants ? le messager lui dit : n’es-tu pas fier d’être pour moi ce que Hâroun était pour Moïse, sauf qu’il ne viendra plus de prophète (ç) après moi ? ».

2- Le prophète (ç) dit lors de la bataille de Kheybar : « Demain je remettrai mon drapeau à quelqu'un que Dieu et Son prophète (ç) aiment, un sacré fonceur redoutable qui ne tourne jamais le dos à l'adversaire. C'est par lui que le Seigneur accordera la victoire aux musulmans ». Chacun de nous avait souhaité être celui-là.

3- Ali fait partie de ceux que le prophète (ç) avait amené à la sceance d’imprécation avec les Chrétiens de Nahrân.

 

LE DESTIN DES JUIFS DE KHEYBAR

Après la défaite des juifs, la forteresse accepta de se rendre à condition que ses habitants fussent libres de quitter le pays en abandonnant tous leurs biens aux conquérants, et en n'emportant, pour chacun, qu'un chameau et une charge de denrées alimentaires. Tout recel d'objets de valeur était assimilé à une infraction aux conditions de l'accord, et le coupable était passible de la peine capitale. Ceux qui préféraient rester dans le pays devaient occuper leurs maisons et y résider. Ils pouvaient cultiver la terre qu'ils possédaient à titre de premier occupant (mais ils n'avaient pas le droit de posséder une propriété immobilière) à condition de payer au conquérant la moitié de la production, et ce dernier pouvait les congédier à sa guise. Il en fut ainsi jusqu’à ce que Oumar les expulse après des délits contre les musulmans. Ils allèrent tous se refugier en Syrie.

Kinânah, le chef des juifs, était soupçonné d'avoir dissimulé son trésor, lequel ne put être découvert malgré toutes les recherches soigneuses qui furent faites dans ce but. Finalement on lui demanda ce qu'il avait fait de ses récipients en or qu'il avait l'habitude de louer aux habitants de la Mecque. Il répliqua que toute sa fortune avait été dévorée par les dépenses nécessitées par son armée. On lui dit alors que sa vie serait mise en jeu contre la découverte de ce qu'il aurait caché. Il accepta le marché. Plus tard, l'un de ses amis traîtres révéla le lieu où avait été cachée une grande partie de sa fortune. Kinânah fut alors livré à la vengeance d'un Musulman nommé Mohammad B. Maslamah dont il avait mis à mort le frère, Mohmûd B. Maslamah, en jetant sur lui une meule. Le Musulman coupa sa tête d'un seul coup de cimeterre. La femme de Kinânah, Safiya,  (fille de Hoyay ibn Akhtab le chef de Bani Nadhîr) embrassa l'islam et épousa le prophète (ç) (ç).

 

FADAK

 

Après la conquête de Qâmoûs, les autres citadelles furent prises et leurs terres soumises à une taxe de cinquante pour cent de la production. Ali avait été envoyé à Fadak, une ville juive non loin de Kheybar, pour la conquérir. Mais sans qu'il use d'autre force, les habitants de la ville se soumirent et acceptèrent de céder la moitié de leur propriété au prophète (ç) (ç). Lorsque l'ange Gabriel révéla au prophète (ç) (ç) cet ordre divin qu'on trouve dans la sourate de Bani Isrâ'îl, verset 26: «Donne à celui qui est de tes proches, ainsi qu'au pauvre et au voyageur leur dû», il lui demanda qui était visé par l'énonciation: «Celui qui est de tes proches». L'ange Gabriel désigna Fatima comme propriétaire et demanda au prophète (ç) (ç) de lui donner Fadak. Ainsi le prophète (ç) (ç) accorda sa propriété de Fadak à Fatima pour sa subsistance et pour celle de ses enfants.

 La rente provenant de la vente de la production de ce domaine revenait à Fatima et ses enfants jusqu'à l'époque du calife Abou Bakr. Lequel s'empressa de le confisquer tout de suite après le décès du prophète (ç) (ç). Il demeura propriété d'Etat jusqu'à ce qu'il fût finalement restitué à Marwân par le calife Ousman en l'an 34 après hégire et il resta propriété des Omayyades jusqu'à sa restitution par Oumar ibn Abdoul Aziz à l'imam Mouhammad (ç) Bâqir ibn Ali ibn Houssein (le chef des descendants de Fatima à l'époque) en tant que propriétaire légitime et légal de Fadak. Quant à la deuxième moitié de ce territoire, il était resté en possession des juifs jusqu'à ce que le calife Oumar les eût banni en Syrie en les indemnisant.

 

 

CHAPITRE II PROPAGATION DE ‘ISLAM

 

LA BATAILLE DE MOUTAH

Le messager de Dieu entreprit l’appel universel des les accords de Houdeybiyya. Les nations telles que la Rome antique et la Perse étaient des puissances. L’empéreur de Rome voulait s’islamiser des qu’il avait u la lettre du noble prophète (ç) (ç). Mais face à la réaction de l’armée et les chrétiens il préféra se résigner.  

Après son retour du Pèlerinage ('Omrat al-Qadhâ) de la Mecque, le Prophète (ç) avait passé environ six mois à Médine lorsqu'il reçut la nouvelle de l'assassinat de son messager Hârith ibn Omayr qu'il avait envoyé porteur d'une missive dans laquelle le gouvemeur de Basrah, était invité à l'Islam. Le porteur du message avait été tué à Moutah par Chourahbil ibn Amr Ghassâni le gouverneur sous vassal romain. En principe, le meurtre d’une personne ne peut pas être une raison pour provoquer une guerre. La triste nouvelle chagrina profondément le prophète (ç) (ç) qui décida de punir le fautif afin que ses ambassadeurs soient respectés dans l'avenir. Il  rassembla une armée de trois mille hommes, au mois de Joumâdî-I de l'an 8 de l'Hégire pour défendre l’honneur de l’islam et montrer sa capacité à répondre aux provocations. Le prophète (ç) (ç) désigna Ja’far ibn Abou Talib, Zayd ibn Hârith et Abdoullah ibn Rawâha comme des commandants de cette expédition. Il leur donna l'ordre de presser le pas afin de surprendre le peuple de Moutah, de les appeler à l'islam ou de les combattre au nom du Seigneur au cas où ils refusaient d'embrasser l’islam.

Choisir trois commandants pour une pareille expédition signifiait que si Zayd venait à être tué dans la bataille, Ja'far devrait prendre le commandement, et si ce dernier venait à être tué à son tour, Abdoullah ibn Rawaha devrait le remplacer, et au cas où celui-ci tomberait lui aussi, l'armée devrait choisir quelqu'un dans ses rangs pour assumer le commandement. Cet ordre s'avérera être une prophétie.

En effet, arrivé à Moutah, Zayd fut informé que l'empereur romain Héraclius campait à Ma'ab, sur le territoire de Belqa, avec une armée forte de cent mille soldats. En fait c'était Théodorus, le frère de Héraclius, qui se trouvait à la tête d'une force formidable renforcée par les hommes que Charahbil avait recrutés chez les tribus voisines pour venir à son aide, après avoir appris la nouvelle de l'expédition musulmane. Zayd fit halte à Ma'an où les chefs de l'armée musulmane discutèrent, pendant deux jours entiers, des difficultés de leur position.

S'approchant de Mo'tah, les Musulmans se trouvèrent face-à-face avec l'ennemi. L'armée romaine prit l'offensive et la bataille fut déclenchée. Zayd conduisant en avant sa colonne, le drapeau à la main. Il  se battit courageusement jusqu'à ce qu'il fût tué. Ja'far récupéra le drapeau. Il descendit de son cheval pour montrer qu'il était décider à se battre jusqu'à la mort ou la victoire. Il conduisit ses hommes pour l’offensive, mais son corps fut rapidement couvert de blessures. Il continua à se battre vaillamment jusqu'à ce que sa main droite fût coupée. Il reprit le drapeau avec sa main gauche qui auusitôt coupée. Il tint alors l'étendard avec les restes mutilés de ses bras, mais il reçut vite un coup sur la tête et tomba raide mort. Abdoullâh ibn Rawaha redressa le drapeau, continua la bataille et connut lui aussi rapidement le même sort.

Waqidi parle de 8 martyrs, ibn Hishâm de 12 et d’autres estiment que près de 17 musulmans laissèrent leur vie dans cette bataille. L'armée musulmane élut Khâlid pour assumer le commandement. Mais les chances de remporter un succès ou même de sortir honorablement, sans vainqueur ni vaincu, s'étaient déjà affaiblies, et les hommes avaient perdu courage. Ils revinrent directement à Médine.

 

LA CONQUETE DE LA MECQUE

 

Conformément aux accords de Houdeybiyya, les uns et les autres devaient éviter de se livrer bataille pe,ndant dix ans. Le prophète (ç) profita de cette période pour étendre l’appel à l’islam vers des autres horizons. La paix régnait bien jusque -là surtout avec la chute de Kheybar.

 

VIOLATION DES ACCORDS APR LES QORAYSHITES

 

En vertu du traité de Houdaybiyya, les Bani Khouzâ'a étaient devenus alliés du prophète (ç). Les Bani Bakr, agissant sous la même règle, se proclamèrent partisans des Qorayhites. Toutes les deux tribus habitaient des vallées près de la Mecque Une vieille querelle existait déjà entre elles. Chaque partie brûlait d'envie de venger les meurtres commis par l'autre. Le traité de Houdaybiyya qui était entré en vigueur depuis bientôt deux ans stipulait que pendant les dix années à venir il ne devrait pas y avoir d'agressions de part et d'autre.

Mais certains notables des Qorayshites avaient dissimulé leurs alliés de Bani Bakr, qui attaquèrent pendant une nuit de la 8ème année hégire un campement des Bani Khouzâ'a, tuant quelques-uns. Les Khouzâ'a envoyèrent une délégation de quarante hommes au prophète (ç) (ç), lui demandant de punir les traîtres meurtriers. Le prophète (ç) ressentit cet incident comme une violation du traité de Houdaybiyya, et promit de s'occuper de leur cause comme si elle était la sienne.

Lorsque les Qorayshites apprirent la nouvelle de la délégation, ils furent excessivement alarmés et députèrent Abou Soufiyân qui se rendit auprès du prophète (ç) Mouhammad (ç) (ç) s’expliquer, remettre les choses sur la bonne voie et renouveler l'accord de paix. En arrivant à Médine, Abou Soufiyân était allé tout d'abord chez sa fille Oummou Habiba, une des femmes du prophète (ç) (ç), sur laquelle il comptait beaucoup. Mais son trébuchement commença à l'endroit même où il cherchait à réparer le tort, car à peine il voulut s'asseoir sur un tapis dans sa maison qu'elle l'expusa disant en: «C'est le lit du prophète (ç) de Dieu et il est trop sacré pour être souillé par un idolâtre impur».

Abou Soufiyân ressentit vivement l'humiliation et maudissant sa fille, il quitta les lieux pour se rendre chez le prophète (ç) à qui il donna quelques explications en vue de rétablir le traité de paix, mais le prophète (ç) (ç) ne voulait pas écouter ces explications. Abou Soufiyân ne put obtenir aucune assurance de sa part. Il sollicita ensuite l'intervention de Ali et d'Abou Bakr, mais eux aussi le renvoyèrent. Enfin il essaya d'obtenir la faveur de Fatima, la fille du prophète (ç), la suppliant de faire de son fils Hassan (ç) son protecteur. Fatima répondit que Hassan (as) était trop jeune (il avait à peine six ans) pour jouer les protecteur de qui que ce soit. Elle ajouta qu'aucune protection n'était valable contre la volonté du prophète (ç) (ç).

Puis il retourna encore chez Ali, lui demandant de la conseiller dans sa mission ingrate. Ali (as) lui dit qu'il (Abou Soufiyan) ne pouvait rien de plus que proclamer de la part des Qorayshites les relations amicales qu'ils désiraient maintenir et une continuation de sa propre protection en tant que chef des Qorayshites. Abou Soufiyan se leva dans la cour du Masjid du Prophète (ç) et proclama à haute voix ce que Ali (as) lui avait demandé de proclamer, et il retourna à la Mecque pour rapporter aux Qorayshites ce qu'il avait fait.

Ces derniers le reçurent avec sarcasme et lui firent observer que sa proclamation n'était pas valable sans l'assentiment du prophète (ç). Ils dirent que Ali (as) avait fait de lui un simple jouet. Abou Soufiyan répliqua qu'il savait cela, mais qu'il ne savait pas quoi faire d'autre.

La tentative désespérée d'Abou Soufiyan de renouveler l'accord de paix confirma l'affirmation de la délégation Khouzâ'a et ne laissa aucun doute sur la culpabilité des Qorayshites. La violation des termes du traité de Houdaybiyya ayant été établie, le prophète (ç) résolut de prendre la Mecque par surprise. Il convoqua ses alliés des environs de Médine, mais sans donner aucun détail sur les raisons particulières de cette réunion. L'objectif en resta secret. Un jour Abou Bakr, entrant dans la maison de sa fille Aicha, la trouva en train de préparer les affaires du prophète (ç). L'interrogeant sur la raison de ces préparatifs, elle lui répondit qu'on projetait d'entreprendre bientôt une expédition mais dont elle ignorait la direction. Toutes les routes menant à la Mecque furent par la suite bloquées afin de prévenir la fuite d'informations sur les mouvements du prophète (ç) aux Qorayshites.

Lorsque tous les préparatifs furent presque terminés, le prophète (ç) ordonna à ses partisans de Médine d'être prêts à l'expédition en leur recommandant de garder le plus grand silence afin que le moindre indice de leur mouvement ne parvienne à la Mecque. Malgré toutes ces précautions, le secret fut quand même découvert.

En effet, Habîb ibn Balta'a, l'un des Emigrés, partisan du prophète (ç), digne de foi, et dont la famille était restée à la Mecque, écrivit une lettre à un ami resté lui aussi dans cette ville et l'envoya par une femme nommée Sara. Elle était déjà sur la route de la Mecque, lorsque le prophète (ç) apprit par voie divine l'envoi de cette lettre. Aussi dépêcha-t-il Ali (as) et Zoubayr, accompagnés par quelques autres bons cavaliers, à la poursuite de la messagère. Ils la rattrapèrent et la fouillèrent soigneusement mais sans trouver la lettre sur elle. Tous les hommes abandonnèrent la recherche et s'en retournèrent bredouilles, excepté Ali (as) qui pensa que le Messager de Dieu ne pouvait pas se tromper. Rendu furieux par cette déception, il tira son cimeterre, et le brandissant au-dessus d'elle, il jura de lui trancher la tête si elle ne donnait pas la lettre. La femme trembla de terreur, sortit la lettre des longues tresses de ses cheveux. Son contenu était le suivant: «De Habîb ibn Balta'ah aux Mecquois.  L’nvoyé de Dieu est en train de se préparer pour vous attaquer par surptise. Aux armes!»

L'auteur de la lettre ayant été découvert, fut convoqué par le prophète (ç). Il affirma qu'il était un croyant sincère, et se justifia en affirmant que sa famille était sans protection à la Mecque et qu'il avait voulu la sauver en assurant d'une façon ou d'une autre la protection de quelques Mecquois. Prenant en considération les services qu'il avait déjà rendus, le prophète (ç) accepta son repentir et lui pardonna. Les neuf premiers versets de la Sourate al-Mumtahanah furent par la suite révélés pour mettre les autres en garde de refaire la même chose.  

Le 10 Ramadan de l'an 8 de l'hégire la marche commença. Sur la route, le prophète (ç) demanda un verre plein d'eau pour rompre son jeûne en présence de tous ses hommes qui observaient, eux aussi, le rite puisqu'on était au mois du Jeûne. Son exemple fut suivi par tous à l'exception de quelques-uns dont il dit qu'ils seraient considérés comme ceux qui désobéissent à Allah et à Son prophète (ç) s'ils persistaient à observer leur jeûne.

C'était la plus grande armée que Médine eût jamais lancée dans la bataille. La force comptait, outre les Emigrés, les Ansâr, les bédouins de Ghifâr, d'Aslam, de Johaynah et d'Achja. Les Bani Mozaynah, Solaym et Khouzâ'a rejoignirent l'armée sur la route. Il y avait mille bédouins de Bani Mozaynah et mille de Bani Solaym. La force comptait en tout dix mille hommes. Le prophète (ç) avait amené avec lui deux de ses femmes Oummou Salama et Zaynab Bint Johach.

Lorsqu'ils arrivèrent à Johfa ou Dhoul Houlayfah, Abbas (l'oncle du prophète (ç)) accompagné de sa famille qui émigrait à Médine, rencontra le prophète (ç), lequel le retint pour lui tenir compagnie. Il envoya sa famille à Médine. L'armée se mit à marcher aussi rapidement que possible afin de pouvoir camper le soir du septième ou huitième jour à Marr al-Zouhrân, près de la cité sacrée, au nord-ouest de la ville. Une fois arrivée à ce point, l'armée fut autorisée, pour la première fois depuis le début du voyage, à allumer librement le feu sur les sommets de la montagne de Marr al-Zouhrân. Les hauteurs de la montagne furent ainsi rapidement embrasées avec dix mille feux, et les Mecquois qui n'avaient pas été prévenus de ce danger imminent furent frappés de terreur.

Abou Soufiyan se rendit en mission de reconnaissance auprès des musulmans. Il tomba sur Abbas qui, par sentiment de sympathie pour les habitants de sa ville, s'était écarté de l'armée dans l'espoir de rencontrer un voyageur à qui il pourrait confier la mission d'informer les Mecquois de l'approche d'une grande armée avec pour objectif leur conseiller de se rendre s'ils voulaient éviter la destruction.

Abbas ayant reconnu Abou Soufiyan à sa voix, s'approcha de lui. Celui ci demanda impatiemment à Abbas ce qui se passait sur les hauteurs de ces montagnes-là, Abbas lui dit que c'était Mouhammad (ç) qui y campait avec dix mille partisans. Il veut envahir la ville le lendemain matin. A ces nouvelles, Abou Soufiyan tomba dans un état de profond désarroi. Abbas lui conseilla alors de se soumettre immédiatement au prophète (ç). Se rendant compte qu'il n'y avait aucun espoir de pouvoir s'opposer à l'avancée de la force musulmane, il se résigna aux recommandations de Abbas, lequel le fit monter derrière lui sur son cheval, l'amena jusqu'au camp et informa le prophète (ç) de la visite de son hôte distingué. Le prophète (ç) ordonna à Abbas de le ramener le lendemain matin.

Lorsqu'Abou Soufiyan réapparut le lendemain en compagnie de Abbas, on lui demanda s'il croyait qu’il n’y a de divinité à part Dieu l’Unique. Il répondit par l'affirmative. Puis on lui demanda s'il croyait que Mouhammad (ç) était Son messager. Abou Soufiyan hésita un peu et dit qu'il avait quelques doutes là-dessus. «Malheur à toi! Lui dit Abbas. Le moment est mal choisi pour jouer les suspicieux! Atteste et professe qu'il n'y a de dieu à part Allah et que Mouhammad est Son prophète (ç), sinon ta tête sera coupée».

Abou Soufiyan s'exécuta immédiatement, et ainsi, le grand dirigeant des Qorayshites se retrouva aux pieds du prophète (ç) comme converti. En même temps. Le prophète (ç) dit : « quiconque se réfugie dans la Ka’ba ou dans maison d'Abou Soufiyan ne serait en sécurité. Les occupants des maisons dont les portes resteraient fermées ne seront pas attaqués ». Abou Soufiyan s’avança pour annoncer au gens que le prophète (ç) est en sécurité. C’était pour soumettre pacifiquement la ville sans aucun bain de sang. La Mecque fut ainsi prise sans résistance, sauf un petit nombre de personnes qui tentaient de jouer les têtus.  

 

LA GRATITUDE DU PROPHETE

Il n'est pas difficile pour le lecteur de se rappeler les positions extrêmement hostiles d'Abou Soufiyan à l'égard de l'islam et de son messager. Il avait été l’ennemi numéro un du prophète (ç). A présent, tout était sous l’autorité du prophète (ç) qui pouvait se venger de lui. Mais le messager de Dieu annonça la gratitude publique : « Je reprend les propos de mon frère Youssouf : « il dit: ‹Pas de récrimination contre vous aujourd'hui! qu'Allah vous pardonne. C'est Lui le plus Miséricordieux des Miséricordieux ». (Sourate 12 Youssouf : 92)

Non seulement le prophète pardonna à Abou Soufyân, mais il lui permit de rehausser sa position encore plus parmi son peuple en lui accordant le privilège de pouvoir donner refuge à ceux qui le lui demanderaient. Quelle autre attitude pourrait être aussi magnanime?

Avant qu'Abou Soufiyan eût quitté le camp, les forces avaient été placées en rangs. Se tenant debout à côté de Abbas, il observa chaque colonne, impressionné par le spectacle, il s'exclama, l'air étonné: «Ton neveu est un roi puissant, sans aucun doute!» Abbas répondit sur un ton de reproche qu'il était plus qu'un roi, un prophète (ç) puissant.

Ayant reconnu la vérité, Abou Soufiyan retourna vite à la Mecque où il cria à haute voix que Mouhammad était aux portes de la ville avec une grande force, que toute résistance et toute opposition étaient vouées à l'échec, que par conséquent la seule issue raisonnable était une reddition inconditionnelle, et que Mouhammad (ç) avait garanti la sécurité de ceux qui se cloîtreraient dans leurs maisons ou qui se réfugieraient dans le Sanctuaire de la Ka'ba ou dans sa propre maison. Les gens, terrifiés, n'avaient d'autre possibilité que de suivre son conseil. Aussi fuirent-ils en toutes directions pour s'enfermer chez eux ou chercher secours à la Ka'ba.

Entre-temps, l'armée avait reçu l'ordre de faire mouvement vers la Mecque. Arrivé à Thoû Towâ, près de la ville, et n'ayant rencontré jusque là aucune résistance à sa progression, le prophète (ç) fit un grand salut, sur son chameau, et accomplit la prière en signe de gratitude envers Dieu. Dans son "Life of Muhammad", page 150, W. Irving fait la relation suivante de l'entrée du Prophète (ç) dans la Mecque:

«A l'entrée de la Mecque, Mouhammad, qui ne savait pas quelle sorte de résistance il rencontrerait, avait soigneusement réparti ses forces avant de pénétrer dans la ville. Alors que le principal corps s'avançait directement, de puissants détachements progressaient sur les hauteurs, de deux côtés. 'Ali qui commandait un grand corps de cavaliers avait reçu la mission de porter le drapeau sacré qu'il devait planter sur la Montagne de Hajun et de l'y maintenir jusqu'à ce qu'il fût rejoint par le rophète (ç).

»Des ordres formels avaient été donnés à tous les généraux afin qu'ils fassent preuve de patience et qu'ils n'attaquent en aucun cas les premiers, car Mohammad désirait de tout cur plutôt gagner la Mecque par la modération et la clémence que la soumettre par la violence. Il est vrai que tous ceux qui opposèrent une résistance armée furent abattus, mais personne parmi ceux qui s'étaient rendus sans résistance ne fut inquiété. Surprenant l'un de ses Capitaines (Sa'd b. 'Obâdah) en train d'affirmer dans un excès de zèle qu'il n'y avait pas de lieu sacré le jour de la bataille, il le fit immédiatement remplacer par un Commandant plus calme. Le corps principal de l'armée avançait sans violences. Mohammad l'abandonna, faisant avancer la garde arrière. Il portait une veste écarlate et il était monté sur son chameau favori, al-Qaswa. Il continuait à avancer, mais lentement, car son mouvement était ralenti par l'immense multitude qui se pressait autour de lui. Arrivé sur la montagne de Hajun où Ali (as) avait planté l'étendard de la foi, il eut une tente dressée pour lui. Là il descendit de son chameau, ôta sa veste et enfila le turban noir et le costume de pèlerinage.

»Jetant un coup d'il en bas, sur la plaine, il aperçut avec affliction et indignation les reflets des sabres et des lances, et Khâlid, qui commandait l'aile gauche, en pleine course de carnage. Ses troupes composées d'hommes de tribus bédouines, convertis à l'Islam, étaient exaspérées par une volée de flèches lancées par l'armée de Qorayshites. Là, le guerrier furieux, fonça sur le regroupement le plus dense de l'ennemi avec sa lance et son sabre, suivi rapidement par ses troupes qui mirent les adversaires en fuite, et traversèrent pèle-mêle avec eux les portes de la Mecque. Seuls les commandements du Prophète (ç) appelant à la modération purent préserver la ville d'un massacre général».

Dans cette échauffourée, seulement vingt-huit Mecquois furent tués.

Amnestie Générale Décrétée par le Prophète (ç)

Peu après, le Prophète (ç) remonta sur son chameau et se rendit directement au Sanctuaire de la Ka'bah où il fit les salutations rituelles à la Pierre Sacrée, accomplit les sept tournées autour du Sanctuaire, et offrit les prières de dévotion. A la vue des chefs hautains et des autres Mecquois qui avaient voulu détruire sa Religion, toutes les souffrances et les blessures qu'ils lui avaient faites: leurs persécutions impitoyables, leur traitement brutal réservé à ses partisans et adeptes, les privations auxquelles ils l'avaient condamné, lui et les Hâchimites, en leur imposant le blocus et la proscription à Chi'b Abî Tâlib, les attentats à sa vie qu'ils avaient entrepris sans succès, la chasse à l'homme qu'ils avaient organisée en vue de l'assassiner et qui l'avait conduit à fuir de sa maison à la faveur de la nuit, tous ces souvenirs durent passer par sa mémoire à ce moment-là.

A présent il avait le pouvoir de se venger de tous les maux qu'on lui avait infligés. La ville était à sa merci. Mais la magnanimité, la générosité et la patience dont fit preuve le Prophète (ç) alors ne sauraient retrouver un exemple similaire dans l'histoire: «A quoi pouvez-vous vous attendre de ma part?» leur demanda-t-il. «La miséricorde! O Noble et Généreux Maître!», le supplièrent-ils. Les larmes perlèrent dans les yeux du Prophète (ç), lorsqu'il les entendit crier miséricorde. «Je vais vous parler, leur dit-il, comme Joseph parla à ses frères. Je ne vais pas vous faire de reproches aujourd'hui: Dieu vous pardonnera, car IL est Miséricordieux et Affectueux. Allez, vous êtes libres!».

Y a-t-il une attitude plus sublime? (Que la Paix éternelle soit sur Mohammad et sur sa descendance).

La Destruction des Idoles de la Ka'bah

Il y avait trois cent soixante idoles tout autour de la Ka'bah. Le Prophète (ç), pointant son bâton vers chacune d'elles, récita ce verset: «La vérité est venue, l'erreur étant périssable, a disparu». (Sourate Banî Isrâ'il, 17: 81) et les idoles tombèrent sur leur face.

Les images d'Ibrâhîm, d'Ismâ'î1 et des Anges, sous forme féminine, qui couvraient les murs de la Ka'bah, disparurent. La grande idole, appelée Hobal, considérée comme la déité de la Mecque, était fixée dans une position élevée et difficilement accessible. Pour la détruire, le Prophète (ç) incita Ali (as) à monter sur ses épaules. Ali (as) exécuta le désir du Prophète (ç), monta sur ses épaules, arracha l'idole et la jeta par terre.

Elle se brisa en éclats. Une proclamation fut faite dans les rues de la Mecque intimant l'ordre à quiconque croyait en Dieu et au Jour du Jugement de détruire toute image ou toute idole pouvant se trouver dans sa maison. Quelques personnes furent chargées de détruire les idoles dans les habitations avoisinant la Mecque.

L'Attribution des Postes relatifs à la Ka'bah

L'heure de la prière de midi étant venue, Ali (as), qui avait repris la clé du Sanctuaire à son ex-conservateur, 'Othmân Ibn Talhah Ibn 'Abd al-Dar, la donna au Prophète (ç), lequel ouvrit la porte, entra dans le Sanctuaire, et y accomplit les prières. Bilâl lança son appel à la prière du haut du toit du Sanctuaire.

Après les prières, le Prophète (ç) rendit la clé miséricordieusement à 'Othmân Ibn Talhah, lui réattribuant la garde de la clé, comme poste héréditaire et perpétuel. 'Othmân fut si touché par la justice du Prophète (ç) qu'il embrassa volontiers l'Islam sur-le-champ, alors qu'il avait refusé au début de transmettre la clé à Ali (as), afin d'empêcher le Prophète (ç) d'accéder au Sanctuaire.

Puis se tournant vers son oncle 'Abbâs, le Prophète (ç) le confirma dans son poste de fournisseur d'eau des pèlerins. Ces postes sont encore détenus par les descendants respectifs des deux personnages précités. Il confia à quelques Khozâ'ites la mission de réparer les colonnes de démarcation entourant le territoire sacré, décrétant la Ka'bah comme étant dorénavant un Sanctuaire inviolable à l'intérieur duquel il serait interdit de répandre le sang et même d'abattre un arbre.

Hommage Rendu par les Mecquois au Prophète (ç)

Le Prophète (ç) se rendit ensuite sur la colline de Çafâ et convoqua les Mecquois pour qu'ils lui présentent leur hommage et lui jurent fidélité. Ces mêmes gens qui, quelque huit ans auparavant, avaient abusé de lui, et l'avaient contraint à fuir pour sauver sa vie, semblaient maintenant honteux, la tête baissée, reconnaissant Mohammad comme leur maître, leur dirigeant, et le vrai Messager de Dieu. Tous les hommes d'abord toutes les femmes ensuite, se présentèrent et prêtèrent serment de fidélité et d'allégeance au Prophète (ç), et jurèrent de rester Musulmans sincères. Puis les hommes vinrent toucher les mains du Prophète (ç), les femmes, un morceau de vêtement couvrant sa main.

Les Personnes Proscrites

Seuls onze hommes et six femmes avaient été exclus de l'amnistie générale étendue aux Mecquois. Ils furent proscrits et le Prophète (ç) ordonna à ses compagnons de les tuer où qu'ils les trouvent. Houwayrith et Hârith, les deux ennemis invétérés de l'Islam furent exécutés par Ali (as) dès qu'ils les eut trouvés.

«Parmi les exclus de l'amnistie, il y avait un autre apostat nommé 'Abdullâh B. Sa'd (dit Ibn Abî Sarh) que Mohammad avait employé à Médine pour transcrire les passages du Coran qu'il lui dictait. (Il s'ingéniait à changer les mots dictés. Une fois son méfait découvert, il fuit de Médine comme apostat). Son frère adoptif ('Othmân B. 'Affân, qui deviendra plus tard le troisième calife) lui avait donné refuge jusqu'à ce que le calme fût restauré. Après quoi, il implora le Prophète (ç) de lui pardonner. Le Prophète (ç), peu désireux d'accorder son pardon à un si grand offenseur, resta silencieux pendant un certain temps, mais à la fin il lui fit grâce.

»Lorsque 'Abdullâh se retira, Mohammad s'adressa à ses compagnons qui étaient assis autour de lui, en leur disant: "Pourquoi aucun d'entre vous ne s'est-il levé pour lui briser le cou. Je suis resté silencieux dans l'attente d'un tel geste". "Mais tu ne nous as fait aucun signe dans ce sens", répondit l'un d'eux. "Donner des signes, c'est trahir. Il n'est pas convenable pour un Prophète (ç) d'ordonner la mort de quiconque d'une telle façon». ("Life of Mohammad" de W. Muir)

Parmi les onze hommes proscrits quatre seulement furent exécutés. Les autres avaient échappé à la peine capitale, ayant obtenu leur grâce d'une façon ou d'une autre. Quatre des femmes condamnées furent mises à mort, et les deux autres pardonnées. Avec sa magnanimité incroyable et son endurance incomparable, le Prophète (ç) gagna les curs de toute la population de la Mecque, au point qu'au cours des deux premiers jours de son arrivée, presque tous les habitants de la Mecque, renonçant à leur idolâtrie profondément enracinée, embrassèrent sa Religion et le reconnurent comme Prophète (ç) de Dieu.

La Conduite Cruelle de Khâlid

Les Banû Juthaymah, qui vivaient sur un territoire situé à un jour de marche de la Mecque, avaient déjà embrassé l'Islam, mais aucun d'eux n'était encore venu présenter ses respects au Prophète (ç) alors qu'il se trouvait tout près. Le Prophète (ç) délégua donc Khâlid avec un petit détachement pour une mission de renseignement et avec des instructions formelles l'invitant à éviter de provoquer un conflit.

Khâlid s'était réjoui au fond de lui-même d'avoir cette mission qui lui offrait la possibilité de venger la mort de son oncle Alfaka que les Juthaymites avaient tué en même temps que 'Abdul-Rahmân, père de 'Awf, quelques années auparavant, en pillant une caravane en provenance du Yémen. Khâlid et ses hommes se dirigèrent vers leurs demeures et firent halte à l'extérieur. Un groupe de Juthaymites prit les armes et sortit à leur rencontre, ne sachant pas s'ils étaient des amis ou des ennemis. Khâlid les saluant sur un ton arrogant, leur demanda s'ils étaient Musulmans ou infidèles. Ils répondirent d'une façon hésitante qu'ils étaient des "Musulmans".

«"Pourquoi, donc demanda Khâlid, êtes-vous sortis avec des armes à la main?" "Parce que, répondirent-ils, nous vous avons pris pour des gens de quelque tribu hostile, venus ici pour nous attaquer par surprise". Khâlid leur ordonna sèchement de déposer leurs armes. "Ils offrirent une soumission immédiate, avouèrent qu'ils étaient des convertis et déposèrent leurs armes conformément à l'ordre de Khâlid. Mais celui-ci, mû par l'ancienne inimitié et donnant avidement preuve de sa cruauté sans scrupule qui marquera sa carrière par la suite et qui lui vaudra le titre de "l'Epée de Dieu", les fit prisonniers et ordonna leur exécution». ("Life of Mohammad", p. 135 de W. Muir)

Ali (as) Énvoyé pour Réparer l'Effusion de Sang

En recevant la nouvelle de cet outrage gratuit, le Prophète (ç) fut affligé, levant les mains vers le ciel et appela Dieu à témoigner qu'il était innocent de ce que Khâlid avait fait. A son retour, Khâlid, réprimandé vertement, rejeta la responsabilité du massacre sur 'Abdul-Rahmân, mais le Prophète (ç), indigné, repoussa cette accusation, et envoya Ali (as) avec une somme d'argent pour la distribuer parmi les familles des victimes en guise de réparation de l'effusion de sang, et pour leur restituer ce que Khâlid leur avait arraché.

Le généreux Ali (as) exécuta fidèlement sa mission. S'enquérant de la perte et des souffrances subies par chaque individu, il lui paya autant d'indemnité qu'il demanda. Une fois que tout le sang répandu eut été expié, et que toutes les souffrances eurent été indemnisées, Ali (as) distribua l'argent qu'il avait porté sur lui, parmi la population, égayant chaque cur par sa bonté. Le Prophète (ç) applaudit à cette générosité, loua et remercia Ali (as). Khâlid fut blâmé et désavoué.

Le traitement cruel infligé par Khâlid aux Banû Juthaymah laissa toutefois une si mauvaise impression sur les autres tribus qui n'avaient pas encore embrassé l'Islam que les Banû Hawâzin, les Banfi Thaqîf, les Banfi Sa'd et beaucoup d'autres qui pensaient depuis un certain temps déjà à se soulever contre le pouvoir grandissant de l'Islam, voulant maintenant prévenir toute attaque contre eux, décidèrent d'attaquer eux-mêmes.

Sous le commandement de leur chef, Mâlik Ibn 'Awf, les Banû Thaqîf et les Banû Hawâzin rassemblèrent avec d'autres tribus quatre mille combattants à Awtas, une vallée située entre la Mecque et Tâ'if, afin de faire face aux forces du Prophète (ç), si elles osaient s'approcher d'eux. Ils amenèrent avec eux leurs femmes, enfants, troupeaux et bétail qui les suivaient en arrière. Dorayd, un vieux guerrier très âgé, qui les accompagnait dans sa litière, protesta contre cette démarche dangereuse, mais la jeune Mâlik ne prêta aucune attention à ses dires, pensant qu'en présence de leurs familles et pour assurer leur sécurité et préserver leur honneur, les hommes ne tourneraient pas le dos à l'ennemi et risqueraient plutôt leur propre vie en combattant vaillamment jusqu'à la victoire.

La Bataille de Honayn

Les nouvelles alarmantes en provenance de Tâ'if contraignirent le Prophète (ç) à abréger son séjour à la Mecque où il avait été occupé au règlement des affaires publiques pendant une quinzaine de jours, depuis la Conquête, le 20 Ramadhân.

Il quitta donc la Mecque, le 6 Chawwâl de l'an 8 de l'Hégire avec ses dix mille partisans qui étaient venus avec lui de Médine, ainsi que deux mille hommes de la Mecque, qui se portèrent volontaires pour combattre à ses côtés. Comme d'habitude, Ali (as) porta l'Etendard de l'Islam.

Lorsque cette imposante force de douze mille hommes, composée de différentes tribus, chacune dressant son propre drapeau en tête, se mit en marche, Abû Bakr s'exclama joyeusement: «Nous ne serons pas vaincus aujourd'hui par manque de nombre». L'armée arriva au milieu de la nuit près de la vallée de Honayn, située presque à michemin entre la Mecque et Tâ'if.

En même temps, les Banû Hawâzin et leurs alliés, conduits par Mâlik B. 'Awf, ayant avancé dans la vallée de Honayn et pris position dans un endroit sûr commandant le passage étroit qui formait l'entrée de la vallée, attendaient tranquillement l'approche de l'armée du Prophète (ç).

La Fuite des Musulmans

Tôt le matin du 10 Chawwâl, l'armée musulmane commença sa marche vers le Passage. Le Prophète (ç), monté sur sa mule blanche, Duldul, suivait la marche, à l'arrière de ses forces. La colonne la plus avancée, composée des Banî Solaymân et conduite par Khâlid, progressait à une allure mesurée vers le Passage escarpé et étroit. Lorsque les Banû Hawâzin surgirent de leur lieu d'embuscade et chargèrent la colonne de Khâlid impétueusement, celui-ci ne put soutenir le choc et sa colonne, frappée de stupeur par l'assaut, fut brisée et recula.

Le choc fut transmis d'une colonne à l'autre. Toute l'armée, paniquée, prit la fuite. Comme colonne après colonne filaient pêle-mêle devant lui, le Prophète (ç) s'écria: «Où allez-vous? Le Prophète (ç) de Dieu est ici! Revenez! Revenez!» Mais personne ne prêtait attention à ses injonctions. Les compagnons distingués du Prophète (ç), y compris 'Omar Ibn al-Khattâb, avaient pris eux aussi la fuite. Seuls quatre hommes, tous des Banî Hâchim, restèrent avec le Prophète (ç). C'étaient: 'Abbâs et son fils Fadhl, Abou Soufiyan B. Hârith et son frère Rabî'ah.

Les Sarcasmes des Mecquois

Certains des notables mecquois, rendus heureux par ce revers, ouvrirent leurs curs pour faire des remarques vindicatives contre les Musulmans. Ainsi, Abou Soufiyan Ibn Harb dit: «Ils ne s'arrêteront pas avant d'arriver au bord de la mer (dans leur fuite)». Jabala ou Kalda, le frère de Çafwân se moqua: «La magie de Mohammad a fait faillite aujourd'hui». Chaybah, un fils de 'Othmân B. Abî Talhah (tué à Ohod) jura qu'il tuerait à présent Mohammad. La confusion alla croissant.

Le Retour des Compagnons

A la fin, le prophète (ç) demanda à son oncle 'Abbâs qui tenait sa mule, de crier à haute voix: «Ô citoyens de Médine! Ô hommes de l'Arbre de Fidélité (allusion à ceux qui firent serment sous l'arbre à Houdeybiyya)! Ô vous de la Sourate al-Baqarah (leur rappelant l'hommage qu'ils avaient présenté au moment de leur conversion à l'Islam)!»

La voix de stentor de 'Abbâs, retentissant à plusieurs reprises, fut entendue par les fuyards qui y répondirent par "Labbayk" de toutes parts et amorcèrent un mouvement de retour. Environ cent hommes, tous des Ançârites, arrivèrent au Passage étroit et mirent en échec l'avance de l'ennemi. Le porte-drapeau des Banî Hawâzin, nommé 'Othmân ou Abû Jarwal, qui était un homme d'une taille et d'une stature extraordinaires, et fort bien bâti, s'avança et défia les Musulmans en combat singulier.

Ali (as) s'avança et engagea le combat contre lui. Entre-temps l'armée musulmane se ressemblait peu à peu autour du Prophète (ç). Ali (as) réussit à tuer son adversaire. A présent les deux parties étaient proches l'une de l'autre et se battaient au corps à corps. La bataille était féroce. Le Prophète (ç), qui observait le combat du haut d'une colline, prit une poignée de gravier et la lança en direction de l'ennemi en disant: «Que la ruine se saisisse d'eux!» Tout de suite ils se mirent à trembler et peu après ils prirent la fuite. Les Musulmans les suivirent de près et en tuèrent plusieurs. Les versets coraniques suivants font mention de cette bataille:

«Dieu vous a secouru de nombreux engagements et le jour de Honayn, quand vous étiez fiers de votre grand nombre, mais cela ne vous a servi d rien, et la terre, toute vaste qu'elle est vous paraissait étroite, puis vous avez tourné le dos en fuyant (c'est-à-dire que la terre vous a semblé être trop étroite dans votre fuite précipitée). Dieu fit descendre ensuite la tranquillité sur Son Prophète (ç) et sur les Croyants et IL fit descendre des soldats invisibles. IL a châtié ceux qui étaient incrédules. Telle est la rétribution des incrédules». (Sourate al-Tawbah, 9: 25-26).

Khâlid, toujours d'une cruauté frappante, fut là encore réprimandé pour avoir tué une femme.

La Défaite et la Fuite des Infidèles

La bataille fut gagnée. L'ennemi ayant perdu soixante-dix de ses meilleurs combattants, dont quarante avaient été tués par Ali (as), fuit vers son camp à Awtas. Il fut immédiatement poursuivi par un fort détachement de l'armée musulmane, commandé par Abû Amir al-Ach'arî. Abû Amir, après avoir tué plusieurs adversaires, fut tué lui-même. Son cousin, Abû Mûsâ al-Ach'arî, prit ensuite le commandement et mit l'ennemi en fuite. En fuyant vers Tâ'if celui-ci abandonna son camp qui tomba dans les mains des Musulmans. A part les six mille prisonniers de guerre - y compris les femmes et les enfants, le butin de Honayn et d'Awtas fut comme suit: quarante mille moutons et chèvres, quatre mille "okes" d'argent et vingt-quatre mille chameaux. Les prisonniers et le butin furent transférés à Je'rana, et mis à l'abri en attendant le retour de l'armée de Tâ'if vers lequel les Musulmans étaient en train de progresser.

Le Siège de Tâ'if

Tout de suite après le retour du détachement d'Awtas, le Prophète (ç) partit avec ses armées à travers Nakhlah pour Tâ'if devant lequel il mit le siège. Les Hawâzin et leurs alliés, pour prévenir le siège de Tâ'if, avaient déjà pris des mesures défensives. Le siège se prolongea au-delà de vingt-quatre jours sans produire l'effet escompté, et le Prophète (ç) ayant fait un rêve conclut que les opérations n'auraient pas de succès et se résolut à enlever le siège. Mais en recevant l'ordre de se retirer l'armée commença à grogner, ce qui amena le Prophète (ç) à l'autoriser à lancer un assaut général le lendemain. L'assaut eut lieu comme prévu et les assaillants furent repoussés après avoir subi des pertes. 'Abdullâh, un fils d'Abû Bakr, fut blessé et il mourra des suites de ses blessures quelques années plus tard. Abou Soufiyan, le Chef mecquois perdit un il par le tir d'une flèche. A la fin l'armée fît marche arrière et se retira vers Je'rana où le butin de Honayn était conservé dans l'attente d'être distribué.

La Distribution du Butin de Guerre de Honayn

Malgré le long intervalle entre la bataille de Honayn et la distribution de son butin, aucune tribu ennemie n'était revenue engager des négociations en vue de récupérer ses familles captives, comme s'y attendait le Prophète (ç). Maintenant l'armée, craignant que les tribus ne reviennent et que le Prophète (ç), avec sa nature magnanime, ne leur restitue leurs biens, se pressa autour de lui et poussa des clameurs pour que les dépouilles des récentes batailles fussent distribuées, manifestant son impatience pour le retard de cette distribution.

Exaspéré par leur attitude, le Prophète (ç) leur dit avec indignation: «M'avez-vous jamais vu faux ou malhonnête?» Et arrachant des poils du dos d'un chameau, il ajouta en élevant la voix: «Par Allâh! Je n'ai jamais détourné même l'équivalent d'un cheveu du butin, ni pris pour ma part plus que le cinquième, et même ce cinquième je l'ai dépensé pour votre bien».

Le butin fut toutefois partagé comme d'habitude, à raison de quatre cinquièmes pour l'armée et un cinquième pour le Prophète (ç). Ainsi, quatre chameaux et quarante moutons ou chèvres furent la part de chaque soldat, et trois fois plus, ainsi que quelques captifs pour chaque cavalier.

En tenant compte de l'exultation des nobles des Qorayshites de la Mecque, qui attendaient impatiemment la défaite du Prophète (ç) à Honayn, on peut douter sérieusement de leur foi malgré leur conversion à l'Islam. Pour gagner leurs curs (Sourate al-Tawbah, 9: 60) et pour les faire s'attacher plus solidement à lui et à sa Foi, le Prophète (ç) leur offrit beaucoup de cadeaux et de dons prélevés sur sa propre part (le cinquième du butin), dans le but de les convaincre qu'en se convertissant à l'Islam ils gagnaient plus et perdaient moins.

Ainsi, Abou Soufiyan obtint cent chameaux et cinquante "okes" d'argent. D'autres cadeaux, prélevés toujours sur sa part, furent distribués, selon une proportion adéquate, à Yazîd et Mu'âwiyeh fils d'Abou Soufiyan, à 'Ikrimah fils d'Abû Jahl et à son frère Hârith, à Çafwân Ibn Omayyah, à Hâkim B. Hozam, ainsi qu'à d'autres notables. Les bénéficiaires de tels dons sont connus dans l'histoire de l'Islam sous l'appellation les "Amnistiés" (Al-Tulaqâ').

«Parmi cette catégorie de convertis ainsi réconciliés figurait 'Abbas B. Marwân, un poète. Il n'était pas satisfait de sa part et exprima son mécontentement par des vers satiriques. Mohammad le surprit en train de réciter ces vers. "Prends cet homme et coupe-lui la langue", ordonna-t-il. 'Omar, toujours partisan des mesures rigoureuses, allait exécuter la sentence à la lettre et sur place. Mais Ali (as) qui avait mieux compris l'intention du Prophète (ç), conduisit 'Abbâs qui tremblait sur le lieu où était rassemblé le bétail capturé et lui ordonna d'en choisir ce qu'il voulait. "Quoi!", cria le poète joyeusement soulagé de la terreur de la mutilation. "C'est cela que le Prophète (ç) voulait me faire? Par Allâh! Je n'en prendrai rien". Mohammad persista toutefois dans sa générosité et lui envoya soixante chameaux. A partir de ce jour, le poète ne se lassera pas de chanter la libéralité du Prophète (ç)». ("Life of Mohammad", W. Irving, p. 162)

Le Mécontentement des Médinois

Les Médinois, qui avaient vécu plus que quiconque les péripéties de toutes les batailles de l'Islam, se sentirent frustrés par ce traitement de faveur accordé aux Qorayshitesites. Ils le prirent pour une marque de népotisme de la part du Prophète (ç), et d'irrespect pour les services méritoires qu'ils avaient rendus eux-mêmes pendant les années passées de la lutte. Ils grognèrent contre la préférence donnée aux Qorayshites. Abul-Fidâ' dit: «Une fois la distribution terminée, Thul Khuwayçarah critiqua franchement le Prophète (ç), lequel le qualifia d'homme dont la postérité serait constituée des dissidents (Khârijites); et c'est ce qui arriva effectivement lorsque Harqûs fils de Thul Thaddiyah, un descendant de Thul Khuwayçarah, sera le premier à prêter serment d'alliance contre le Calife Ali (as) et qu'il deviendra dissident ou Khârijite».

Les Médinois Réconciliés

S'étant rendu compte du mécontentement des Médinois, le Prophète (ç) entra sous sa tente en compagnie de Ali (as) et peu après il convoqua les notables de Médine.

Selon W. Ivring, le Prophète (ç) leur dit: «Ô vous les hommes de Médine! N'étiez-vous pas en désaccord entre vous-mêmes et n'est-ce pas moi qui vous ai apporté l'harmonie? N'étiez-vous pas dans l'erreur et n'est-ce pas moi qui vous ai mis sur le droit chemin? N'étiez-vous pas pauvres et n'est-ce pas moi qui vous ai rendus riches?» Ils reconnurent la véracité de ces propos. «Voyez-vous?» ajouta-t-il. «Lorsque je suis venu parmi vous, vous m'avez cru, alors que j'avais été stigmatisé (par les Mecquois) comme un menteur; vous m'avez protégé, alors j'étais un fugitif; et vous m'avez aidé, alors que j'étais sans secours! Croyez-vous donc que je sois inconscient de tout cela? Pensez-vous que je sois ingrat? Vous vous plaignez du fait que j'accorde à ces gens-là des cadeaux et que je ne vous en donne pas. C'est vrai, je leur donne des biens de ce monde, mais c'est pour gagner leurs curs attachés à ce monde. A vous qui êtes des hommes vrais, je vous donne moi-même! Ils retournent chez eux avec des moutons et des chameaux, mais vous, vous retournez avec le Prophète (ç) de Dieu parmi vous. Car, par Celui qui détient entre Ses mains l'âme de Mohammad, si le monde entier allait d'un côté et vous de l'autre, je resterais avec vous! Lequel donc, de vous ou d'eux, ai je récompensé le plus?»

Les Ançâr furent si touchés par ce discours du Prophète (ç) qu'ils sanglotèrent à haute voix et que leurs barbes furent mouillées par leurs larmes. Aussi s'écrièrent-ils: «Ô Messager de Dieu! Nous sommes contents de ta compagnie et satisfaits de nos parts».

Les Prisonniers de Guerre

Parmi les captifs figurait une femme âgée, nommée Chaymâ', qui affirmait qu'elle était la fille de Halîmah, la nourrice du Prophète (ç), donc la sur de lait de ce dernier. Elle fut amenée devant le Prophète (ç) qui reconnaissant en elle la fille qui le gardait et le portait lorsqu'il avait été nourrit par Halîmah chez les Banî Sa'd, tendit son manteau vers elle et la fit s'asseoir affectueusement à côté de lui. Il lui offrit de l'amener avec lui à Médine, mais elle préféra rester avec sa tribu. Elle eut alors l'autorisation de retourner chez elle, après qu'on lui eut offert de beaux cadeaux et fourni généreusement tout ce qu'il fallait pour son voyage.

Encouragée par cet excellent traitement réservé par le Prophète (ç) à une proche, une délégation de Banî Sa'd, de Banî Hawâzin et d'autres tribus vint voir le Prophète (ç), se soumit à son autorité et le pria de leur rendre leurs femmes, leurs enfants et leurs biens. «Qu'est-ce qui est le plus cher, vos familles ou vos biens?» demanda-t-il aux Hawâzin. "Nos familles» répondirent-ils. «C'est bien, dit-il. Pour autant que cela concerne 'Abbâs et moi-même, nous sommes prêts à renoncer à notre part de prisonniers; mais il faudrait convaincre les autres aussi. Venez me voir après la prière de midi et dites: Nous implorons l'Envoyé de Dieu de recommander à ses partisans de nous rendre nos femmes et nos enfants, et nous implorons ses adeptes d'intercéder auprès de lui en notre faveur». Les délégués firent ce qui leur avait été conseillé. Mohammad et 'Abbâs renoncèrent immédiatement à leur part de prisonniers de guerre, ils furent suivis alors par tous les autres.

Ali (as) Inspiré de Secrets Divins

Pendant la période où l'armée campait autour de la ville assiégée de Tâ'if, le Prophète (ç) avait envoyé un détachement sous le commandement de Ali (as) afin d'inviter les tribus habitant aux alentours de Tâ'if à embrasser l'Islam et à détruire les idoles qu'elles adoraient. Ali (as) avait eu quelques accrochages, spécialement avec le clan de Khoth'am qui lui avait résisté. Mais le chef de ce clan, Chabab, ayant été tué par Ali (as), les autres s'étaient soumis. Ayant exécuté avec succès et fidélité sa mission, il était retourné auprès du Prophète (ç), lequel en le voyant s'était écrié: "Allâh-u-Akbar" et l'avait amené seul dans son appartement sacré pour avoir avec lui une longue et confidentielle conversation. Ses compagnons éminents, et tout spécialement, 'Omar, se mirent à murmurer, se demandant pour quoi le Prophète (ç) engageait avec son cousin une si longue conversation confidentielle, sans permettre à d'autres d'y assister. Ayant reçu l'écho de ces murmures, le Prophète (ç) dit que c'était Dieu Lui-Même Qui avait inspiré à Ali (as) quelques Secrets Divins, et que c'était pour cette raison qu'il avait eu avec lui un long entretien confidentiel.

Mâlik Ibn 'Awf

L'un des chefs des Banî Hawâzin, Mâlik B. 'Awf, qui s'était enfermé dans sa citadelle à Tâ'if, avait reçu de la part du Prophète (ç) la promesse de reprendre ses biens et sa famille et d'obtenir en outre un cadeau de cent chameaux, s'il consentait à embrasser l'Islam. Il accepta l'offre et il obtint, outre ce cadeau, le commandement de tous ses hommes qui devraient se convertir à l'Islam. Après sa conversion à l'Islam, il s'avéra être un Musulman utile et enthousiaste.

Le Retour du Prophète (ç)

La distribution du butin de la guerre ayant été achevée, le Prophète (ç) fit le vu d'accomplir le Pèlerinage. Le 18 Thilqa'dah de l'an 8 de l'Hégire, vêtu de l'habit de pèlerinage, il se rendit à la Mecque et y accomplit, le Pèlerinage Mineur.

'Otbah B. Osayd et Mo'az B. Jabal, que le Prophète (ç) avait nommés respectivement Gouverneur et Chef du Clergé de la Mecque lors de son départ pour Honayn, furent confirmés maintenant dans leurs fonctions. La même nuit, il retourna à Je'rana, et le lendemain matin il prit le chemin du retour à Médine.

Ibrâhîm, Fils du Prophète (ç)

Lors du retour du Prophète (ç) à Médine, Marya, la fille copte qui avait été envoyée par le Gouverneur d'Egypte au Prophète (ç), mit au monde un fils au mois de Thilhaj de l'an 8 de l'Hégire. L'enfant fut appelé Ibrâhîm, mais il ne vécut que quatorze mois.

La Prohibition de l'Alcool

En l'an 8 de l'Hégire, la consommation du vin fut formellement interdite, bien que sa désapprobation ait déjà commencé en l'an 4 de l'Hégire, à la suite de la révélation du verset coranique suivant:

«Ils t'interrogent au sujet du vin et du jeu de hasard; dis: "Ils comportent tous deux, pour les hommes, un grand péché et un avantage, mais le péché qui s y trouve est plus grand que leur utilité"». (Sourate al-Baqarah, 2: 219).

Après cette révélation, certains Musulmans renoncèrent à l'alcool, alors que d'autres continuèrent à en consommer jusqu'au jour où au cours d'une réception organisée par 'Abdul- Rahmân B. 'Awf et à laquelle assistaient beaucoup de Compagnons du Prophète (ç), l'un d'eux, après avoir mangé et bu abondamment, se mit à divaguer honteusement pendant la prière du soir. Selon al-Baydhâwî, cet incident fut à l'origine de la révélation suivante intervenue en l'an 6 de l'Hêgire:

«Ô les Croyants! N'approchez pas de la prière, alors que vous êtes ivres - attendez de savoir ce que vous dites!» (Sourate al-Nisà', 3: 43).

Cependant certains Musulmans ne s'étaient pas défaits de cette habitude jusqu'à ce qu'un autre incident survienne: l'un des plus éminents Compagnons du Prophète (ç) ayant trop bu un jour, attaqua 'Abdul-Rahmân Ibn 'Awf et lui fractura le crâne avec un maxillaire de chameau.

Le Prophète (ç) se mit en colère en apprenant cette nouvelle. Il se leva et se dirigea tout de suite, son manteau traînant par terre, vers le lieu où gémissait le Compagnon. Ramassant un objet qu'il tint dans la main, il l'en frappa jusqu'à ce que le Compagnon se soit mis à crier: «Je demande protection contre la colère de Dieu et de Son Prophète (ç)». Cet incident fut, dit-on, la cause de la révélation des versets coraniques, ordonnant une abstinence totale de la consommation d'alcool:

«Ô les croyants! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées et les flèches divinatoires sont une abomination et une uvre du Démon. Evitez-les. Peut-être serez-vous heureux. Satan veut susciter parmi vous l'hostilité et la haine au moyen du vin et du jeu de hasard. Il veut ainsi vous détourner du souvenir de Dieu et de la prière. Ne vous abstiendrez-vous donc pas? Obéissez à Dieu! Obéissez au Prophète (ç)! Prenez garde! Mais si vous vous détournez, sachez qu'il n'incombe à Notre Prophète (ç) que de transmettre le message en toute clarté». (Sourate al-Mâ'idah, 5: 90-92).

«Nous nous en abstiendrons, nous nous en abstiendrons», répliquèrent les offenseurs. ("Mustatraf", chap. 74, de Cheikh Chahâbuddin Ahmad Abchîhî).

   

  

L'EXPÉDITION DE WÂDI-L-RAMAL OU DE THÂT-AL-SALÂSIL. L'EXPÉDITION DE TABÛK.

L'ANNONCE DE LA SOURATE AL-TAWBAH. LES CHRÉTIENS DE NAJRÂN, ET D'AUTRES EVÉNEMENTS SURVENUS AU COURS DE LA NEUVIÈME ANNÉE DE L'EMIGRATION

La Soumission des Banî Thaqîf

Après la soumission et la conversion des Banî Hawâzin et de leur chef, Mâlik B. 'Awf, les Banû Thaqîf se virent entourés de toutes parts par les partisans du Prophète (ç), qui les considéraient avec mépris et les traitaient d'infidèles. Ils étaient obligés donc de s'enfermer à l'intérieur de leurs murs, étant donné que les Banû Hawâzin, en connivence avec Mâlik, maintenaient un état de guerre incessant contre eux. Ils finirent par envoyer au mois de Ramadhân de l'an 9 H., une délégation à Médine pour négocier un compromis.

Le Prophète (ç) reçut avec plaisir les délégués, qui sollicitèrent l'autorisation de leurs pratiques idolâtres, mais devant le refus du Prophète (ç) de leur faire toute concession sur ce point, ils acceptèrent finalement de se soumettre inconditionnellement en se ralliant à la nouvelle religion et en abandonnant l'idolâtrie, Abou Soufiyan B. Harb et Moghîrah, qui avaient exercé une grande influence sur la tribu furent chargés de détruire leur célèbre idole, "Al-Lât". Ils partirent en compagnie de la délégation. A leur arrivée à Tâ'if, Moghîrah fit tomber l'image par terre et confisqua ses ornements et bijoux au milieu des cris et des lamentations des femmes.

L'Expédition de Wâdi-l-Ramal ou de Thât-al-Salâsil

Au début de l'an 9 H., le Prophète (ç) reçut un renseignements selon lequel les tribus habitant Wâdi-1-Ramal projetaient un raid sur Médine et rassemblaient des hommes et des armes à cet effet. Aussi envoya-t-il Abû Bakr à la tête d'une année afin de les ramener à la raison. La vallée était entourée de collines et d'arbrisseaux épineux de tous les côtés, ce qui formait un terrain idéal pour des embuscades. Mis au courant de l'approche de cette armée, les combattants de la vallée tendirent une embuscade et attaquèrent la force musulmane avec une telle férocité que les hommes d'Abû Bakr furent obligés de battre en retraite après avoir subi de lourdes pertes. Le Prophète (ç) envoya par la suite une autre armée, sous le commandement de 'Omar laquelle ne se montra guère meilleure que la première. 'Amr Ibn al-'Âç offrit alors ses services et il fut envoyé à son tour à la tête d'une armée, mais lui non plus ne put faire mieux que de revenir bredouille à Médine.

Finalement le Prophète (ç) dépêcha Ali (as) à la tête d'une armée qui comprenait notamment Abû Bakr, 'Omar et 'Amr comme capitaines. Au début, Ali (as) prit une autre direction, et après avoir parcouru quelque distance, tourna subitement vers sa destination à travers une région rocailleuse, marchant la nuit, campant le jour pour se reposer. 'Amr, Abû Bakr et 'Omar protestèrent contre les dangers de cette route, mais Ali (as) ne prêta pas l'oreille à leurs protestations et continua sa marche en avant. Finalement un beau matin, il surprit l'ennemi, et l'armée musulmane ravagea la vallée et vengea les pertes qu'elles avaient subies lors des précédentes expéditions.

Le Prophète (ç) reçut une révélation qu'on trouve dans la sourate al-'Âdiyât, et il annonça tout de suite la victoire de Ali (as) à ses Compagnons. Lorsque Ali (as) fut de retour, victorieux, le Prophète (ç) sortit avec ses partisans pour l'accueillir. Voyant le Prophète (ç), Ali (as) descendit de son cheval. Le Prophète (ç) lui dit de remonter et l'informa que ses services étaient approuvés par Dieu et Son Prophète (ç). Ali (as) pleura de joie à l'annonce de cette nouvelle. Le Prophète (ç) ajouta: «Si je ne craignais que les gens ne t'attribuent ce que les adeptes du Christ lui ont attribué, je dirais tellement de choses sur toi que, où que tu ailles, les gens ramasseraient de la terre sous tes pieds pour y chercher la guérison».

Cette expédition est connue sous l'appellation de l'expédition de Thât al-Salâsil. Elle se déroula selon certains historiens en l'an 8 H.

L'Expédition de Tabûk

C'est au milieu de l'an 9 H. que des Nabatites, venant de Syrie et visitant les marchés de Médine, firent circuler une rumeur selon laquelle l'Empereur Romain, Héraclius préparait une armée colossale en vue de surprendre les Musulmans à Médine. Ayant appris cette nouvelle, le Prophète (ç) se résolut à affronter l'ennemi sur sa route, et donna des ordres explicites à ses hommes pour se préparer à cette expédition. La saison était très chaude et sèche. Les gens ne voulaient pas entreprendre le voyage. Ayant toutefois rassemblé une armée forte de dix mille cavaliers et de vingt mille fantassins, il nomma formellement son lieutenant Ali (as), Gouverneur de Médine et gardien de sa famille durant son absence.

Dans son livre "Life of Muhammad" p. 170, W. Irving écrit: «Mohammad nomma alors Ali (as) Gouverneur de Médine et gardien de leurs deux familles. Ali (as) accepta le dépôt à contrecur, étant accoutumé à accompagner toujours le Prophète (ç) et à partager les périls qu'il affrontait. Tous les préparatifs étant terminés, Mohammad quitta Médine (au mois de Rajab 9 H.) et commença cette importante expédition. Une partie de son armée était composée de Khazrajites et de leurs alliés, conduits par 'Abdullâh B. Obay. Cet homme, que le Prophète (ç) avait bien désigné comme le chef des Hypocrites, campa séparément avec ses partisans, pendant la nuit, à une certaine distance derrière le gros de l'armée, et lorsque celle-ci avança le matin, il resta en arrière et fit demi-tour en direction de Médine. Se rendant auprès de Ali (as) dont l'autorité dans la ville lui causait un problème ainsi qu'à ses partisans, il s'efforça de le rendre mécontent de sa position en alléguant que Mohammad l'avait laissé à Médine uniquement pour se débarrasser de son encombrement. Piqué au vif par cette suggestion, Ali (as) s'empressa de demander à Mohammad si ce que disaient 'Abdullâh et ses partisans était vrai. "Ces hommes, lui répondit-il, sont des menteurs. Ils sont le parti des hypocrites qui voudrait provoquer une sécession à Médine. Je t'ai laissé derrière afin que tu les surveilles et que tu sois le gardien de nos deux familles. Je voudrais que tu sois par rapport à moi ce que fut Aaron par rapport à Moïse, à cette différence près que tu ne peux pas être comme lui, un prophète (ç), puisque je suis le dernier des Prophète (ç)s". Ayant eu cette explication, il revint content à Médine. Beaucoup de gens ont déduit de ces propos que le Prophète (ç) désignait par là Ali (as) comme son Calife ou Successeur, en tenant compte de la signification des termes arabes utilisés pour dénommer le rapport d'Aaron à Moïse».

L'armée continuait à avancer. Le voyage était fatiguant, car l'eau se faisait rare sur la route. Et comme on était en été, la chaleur du soleil et du sable brûlant était insupportable pour la tête et les pieds des soldats. Après un voyage difficile de sept jours, l'armée arriva à la vallée fertile de Hejer où vivait jadis le peuple rebelle et impie de Thamûd qui fut détruit sous la colère divine. Elle commença à faire halte sur les pâturages verts, à puiser de l'eau dans les sources fraîches et à préparer le repas.

Mais dès que le Prophète (ç) - qui marchait habituellement à l'arrière de l'armée fut arrivé sur le lieu, il interdit aux combattants de faire halte dans cet endroit maudit et ordonna que personne ne boive de l'eau, ni n'en utilise pour l'ablution, et que la pâte qu'ils avaient pétrie pour leur pain soit donnée aux chameaux. Ils obéirent tout de suite à l'ordre et reprirent la route pour ne s'arrêter quelque part, la nuit venue, que lorsqu'ils se trouvèrent très souffrants en raison du manque d'eau.

Toutefois, le lendemain matin, à leur grande surprise, une averse abondante, survenue après la prière faite par le Prophète (ç) à cet effet, compensa la perte des puits de Hejer et ressuscita les hommes et les animaux. Quittant le lieu pour poursuivre leur marche, ils arrivèrent à Tabûk, une ville située à mi-chemin entre Médine et Damas, sur la frontière sud de l'ancien Edom, à dix étapes de Médine.

Là, ils découvrirent que la rumeur qui avait été à l'origine de cette expédition était fausse. Le Prophète (ç) donna l'ordre de faire halte à cet endroit, ne voulant pas aller plus loin. Il envoya ses capitaines avec un petit détachement pour reconnaître la région environnante et pour inviter les chefs de ce territoire et leurs peuples à l'Islam. Il resta vingt jours à Tabûk. Durant cette période, plusieurs clans juifs et chrétiens embrassèrent l'Islam et professèrent leur adhésion au Prophète (ç).

Certains offrirent de payer un tribut annuel en signe de soumission à son autorité. Donc, l'expédition n'était pas tout à fait inutile. La presque totalité du nord de la Péninsule était désormais soumise. Après les vingt jours de halte à Tabûk, le Prophète (ç) entama le chemin du retour vers Médine, qu'il atteindra au mois de Ramadhân.

Conspiration contre la Vie du Prophète (ç)

Sur le chemin de retour de Tabûk, le Prophète (ç) avait à traverser 'Aqabah Thî Fetaq. Il ordonna à ses hommes de ne pas prendre ce passage avant qu'il ne le traverse lui-même. Pendant la nuit, alors qu'il traversait 'Aqabah sur son chameau, guidé par Hothayfah B. al-Yaman qui tenait la bride à la main, et 'Ammâr Ibn Yâcir qui le poussait par derrière, un soudain éclair de lumière leur fit voir quatorze ou quinze hommes s'avancer vers eux. Hothayfah poussa un cri d'alarme et le Prophète (ç) accosta durement les intrus qui prirent la fuite. «Et ils avaient combiné ce qu'ils n'ont pas pu réaliser». (Sourate al-Tawbah, 9: 74).

«Les commentateurs nous informent que quinze hommes avaient projeté l'assassinat de Mohammad lors de son retour de Tabûk, en le poussant de son chameau vers un précipice, pendant qu'il traversait la nuit sur son chameau la plus haute partie de 'Aqabah. Mais alors qu'ils s'apprêtaient à exécuter leur dessein, Hothayfah qui suivait et conduisait le chameau du Prophète (ç), tiré par 'Ammâr B. Yâcir, ayant entendu le bruit des pas de chameaux et le cliquetis d'armes, donna l'alerte, ce qui les fit fuir» ("Sale").

Le Prophète (ç) demanda à Hothayfah s'il les avait reconnus. Il répondit par la négative. Le Prophète (ç) dit alors que ces hommes avaient projeté de l'assassiner en terrifiant son chameau afin qu'il le jette du haut de la falaise escarpée, et qu'ils resteraient des hypocrites jusqu'au dernier jour. Il donna le nom de chacun, accompagné du nom du père, tout en interdisant strictement à Hothayfah de divulguer leur secret. Hothayfah lui exprima son désir de les voir tous décapités, mais le Prophète (ç), refusant cette suggestion, dit: «Les gens vont dire que Mohammad ayant obtenu des victoires avec leur concours veut maintenant les tuer». Hothayfah fut par la suite connu sous l'appellation du "Possesseur du Secret".

Plus tard, importuné constamment par des adjurations solennelles du calife 'Omar, Hothayfah semble avoir fini par donner les noms des hypocrites. Mais étant donné que la liste comprenait d'éminents Compagnons du Prophète (ç), les historiens et les commentateurs se seraient abstenus de les rendre publics. Ibn Babawayh (al-Çadûq), un savant érudit a toutefois divulgué leurs noms que je me garde de mentionner, par décence.

La Destruction du Masjid al-Dherâr

Alors qu'on était encore à une heure de voyage de Médine, le Prophète (ç), reçut une délégation des mêmes hommes de Qobâ qui l'avaient prié, au moment de son départ pour Tabûk, de consacrer par ses prières leur masjid nouvellement construit, consécration qu'il avait différée jusqu'à son retour. Ces hommes étaient revenus voir le Prophète (ç) pour la même commission. Le Prophète (ç) ordonna qu'on détruise le bâtiment et envoya quelques-uns de ses hommes pour porter son ordre.

En fait, ce masjid avait été construit dans un dessein hostile ou sectaire comme cela ressort du récit suivant: il y avait un prêtre Khazrajite, Abû 'Amîr, qui était très versé dans l'Ecriture et savait qu'un Prophète (ç) devait apparaître. Mais ayant refusé cependant de reconnaître en Mohammad le Prophète (ç) promis et étant devenu jaloux de son influence et de son pouvoir en constante augmentation à Médine, il avait fui à la Mecque après la victoire du Prophète (ç) à Badr. Il avait rejoint les Mecquois et les avait accompagnés dans la campagne d'Ohod contre le Prophète (ç). Après le retrait des Mecquois, il avait fui vers le territoire romain.

Quelques mécontents étaient entrés en communication avec lui et l'avaient invité à se rendre à sa ville natale, Qobâ. Là, il avait suggéré de construire un masjid en vue d'y trouver un refuge et de faciliter les réunions avec ses associés pour discuter des mesures à prendre contre le Prophète (ç). Ils avaient donc construit un masjid, et pour attirer les gens du masjid original de Qobâ, ils avaient demandé au Prophète (ç) de venir le consacrer lui-même en y priant. C'était au moment où le Prophète (ç) se préparait à aller à Tabûk; c'est pourquoi le Prophète (ç) avait différé l'exaucement de leur désir jusqu'à son retour.

Entre-temps, il avait reçu la révélation suivante du Ciel: «Et ceux qui ont édifié une mosquée nuisible et impie pour semer la division entre les croyants et pour en faire un lieu d'embuscade au profit de ceux qui luttaient auparavant contre Dieu et contre son Prophète (ç), ceux-là jurent avec force: "Nous n'avons voulu que le bien!" Mais Dieu témoigne qu'ils sont menteurs». (Sourate al-Tawbah, 9: 107).

Lorsqu'ils avaient réapparu devant le Prophète (ç) pour la même raison après son retour de Tabûk, il ordonna la démolition du bâtiment.

La Mort d'Om Kulthûm

Om Kulthflm, la femme de 'Othmân B. 'Affân (qui sera plus tard le troisième calife) rendit l'âme au mois de Cha'bân 9 H.

La Mort de 'Abdullâh B. Obay, l'Hypocrite

Environ deux mois après le retour du Prophète (ç) de Tabûk, 'Abdullâh B. Obay, le chef des Hypocrites à Médine, mourut au mois de Thil-qa'dah 9 H. après une courte période de maladie. Sensibilisé par les supplications pressantes du fils de cet homme, lequel était, lui, un Musulman sincère, prêt à couper la tête de son propre père par dévotion pour le Prophète (ç), celui-ci accepta d'accomplir le service funèbre d'usage et il lui donna sa chemise pour y envelopper le corps, étant donné qu'il désirait que le corps de son père fût couvert avec un vêtement porté par le Prophète (ç).

Tout de suite après les prières sur le mort, il reçut cette révélation: «Demande pardon pour eux ou ne demande pas pardon pour eux; si tu demandes pardon pour eux soixante-dix fois, Dieu ne leur pardonnera, parce qu'ils sont absolument incrédules envers Dieu et Son Prophète (ç). Dieu ne dirige pas les pervers». (Sourate al-Tawbah, 9: 80).

Le Prophète (ç) marcha derrière le cercueil jusqu'à la tombe et assista aux funérailles. Quelque temps après, il reçut la révélation qu'on trouve dans la même Sourate al-Tawbah, verset 84, et qui lui interdit de prier sur le corps de tout hypocrite et de s'arrêter devant sa tombe.

La Conduite de 'Âyechah et de Hafçah

Les femmes du Prophète (ç) formaient deux groupes. D'une part 'Âyechah et Hafçah, respectivement les filles d'Abû Bakr et de 'Omar, et de l'autre, toutes les autres. Tirant davantage de la position de leurs pères auprès du Prophète (ç), 'Âyechah et Hafçah voulaient exercer leur influence sur leur mari, et parfois leur attitude envers le Prophète (ç) n'était pas très respectueuse. Elles lui demandaient tellement de choses qu'il ne pouvait les satisfaire. Une fois Abû Bakr et 'Omar étaient allés voir le Prophète (ç), et le voyant assis parmi elles, triste et sombre, chacun d'eux réprimanda sa fille. Une autre fois, lorsque la part du Prophète (ç) dans le butin d'une guerre fut distribuée, 'Âyechah demanda au Prophète (ç) quelque chose qu'il ne pouvait lui accorder en toute justice. Elle insista tellement pour obtenir satisfaction que le Prophète (ç) devint triste et déprimé. Ali (as) essaya de la raisonner, mais elle perdit son sang froid et lui parla avec brutalité.

Le Prophète (ç) se mit en colère et lui dit qu'il répudierait, ses femmes dès qu'il (Ali (as)) en exprimerait le désir.

Une révélation intervint, qui condamnait cette attitude des femmes du Prophète (ç): «Ô Prophète (ç)! Dis à tes épouses: "Si vous désirez la vie de ce monde et son faste, venez: je vous procurerai quelques avantages, puis je vous donnerai un généreux congé». (Sourate al-Ahzâb, 33: 28).

Certaines femmes du Prophète (ç) s'abaissèrent même au niveau de femmes communes et n'hésitèrent pas à adopter envers leur mari des attitudes qui le mettaient dans le tourment. Voici quelques exemples de leurs comportements:

a) Zaynab Bint Johach, l'une des femmes du Prophète (ç) avait reçu un peu de miel de bonne qualité comme cadeau. Lorsque le Prophète (ç) se rendit chez elle, elle lui pivpara un breuvage dont on disait qu'il l'affectionnait. Comme la dilution du miel dans l'eau demandait un certain temps, le Prophète (ç) avait été obligé de rester plus longtemps que prévu chez elle. Ceci suscita la jalousie de 'Âyechah qui après avoir consulté les membres de son clan trouva un moyen d'obtenir la disgrâce de Zaynab. Ainsi, lorsque le Prophète (ç) vint chez elle, elle lui laissa entendre qu'une odeur désagréable de "Maghâfîr" (une substance de mauvaise odeur) émanait de sa bouche. Il fut incommodé par sa remarque et répliqua qu'il n'avait pas mangé de "Maghâfir" mais qu'il avait bu seulement un breuvage à base de miel. Elle dit alors que les abeilles avaient sucé le jus de la fleur de Maghâfîr qui avait abouti au miel. La quittant pour se rendre chez Hafçah, celle-ci lui répéta la même chose. Le lendemain, lorsque Zaynab lui offrit ce même breuvage, il refusa de le boire.

b) Presque à la même époque, il était arrivé un jour que Hafçah était allée chez son père et qu'en son absence le Prophète (ç) se trouva avec Marya dans les appartements de Hafçah. Entre-temps, Hafçah était rentrée chez elle, et ayant vu Marya dans sa maison avec le Prophète (ç), elle devint frénétique et se mit dans une violente colère. Pour la calmer, le Prophète (ç) lui offrit d'abandonner définitivement Marya.

c) Le troisième exemple est un abus de confiance et une divulgation de secret dont s'était rendue coupable Hafçah vis-à-vis du Prophète (ç). Le Prophète (ç) avait l'habitude de présager les événements et de relater les troubles qui interviendraient après sa mort. Un jour, il dit à Hafçah que ce serait une bonne nouvelle pour elle de savoir qu'après sa mort c'est Abû Bakr qui assumerait le Califat et qu'après la mort de celui-ci c'est son père 'Omar, qui lui succéderait. Hafçah sursauta à cette prédiction mais elle retint vite son émotion. Le Prophète (ç) lui interdit formellement de divulguer le secret. Elle accepta volontiers, mais dès que le Prophète (ç) fut parti, elle se rendit chez 'Âyechah. Elle la félicita d'abord de s'être débarrassée de sa rivale, Marya, et elle continua à parler jusqu'à ce qu'elle mentionnât le secret contre l'ordre du Prophète (ç). Après ces incidents, le Prophète (ç) reçut les Révélations suivantes:

«Ô Prophète (ç)! Pourquoi interdis-tu ce que Dieu a rendu licite (c'est-à-dire l'abandon de Marya) en cherchant d satisfaire tes épouses? Dieu est Celui Qui pardonne. IL est Clément. Dieu vous a autorisés à vous libérer de vos serments, Dieu est votre Maître! IL est le Connaisseur, le Sage. Lorsque le Prophète (ç) confia un secret (sur le Califat) à l'une de ses épouses (Hafçah), et qu'elle le communiqua d une autre ( 'Âyecheh) et que Dieu en informa le Prophète (ç) (de la divulgation du secret), celui-ci en dévoila une partie et garda l'autre cachée. Lorsqu'il l'eut avertie (Hafçah) de son indiscrétion, elle dit: "Qui donc t'as mis au courant?" Il répondit: "Celui Qui sait tout et Qui est bien informé m'en a avisé". (Il vaudrait mieux) "Si toutes les deux (Hafçah et 'Âyechah), vous revenez à Dieu, étant donné que vos curs ont déjà dévié (de la droiture), mais si vous vous soutenez mutuellement contre le Prophète (ç), sachez que Dieu est son Maître et qu'il a pour soutien Gabriel et l'homme juste (Ali (as)) parmi les Croyants et même les anges. Il se peut que, s'il vous (Hafçah et 'Âyechah) répudie, son Seigneur lui donne en échange des épouses meilleures que vous, soumises à Dieu, croyantes, pieuses, repentantes, adoratrices, pratiquant le jeûne; qu'elles aient été déjà mariées ou qu'elles soient vierges». (Sourate al-Tahrîm, 66: 1-5).

Ces versets constituent une véritable menace de répudiation adressée aux femmes du Prophète (ç), et on a tendance à croire que le Prophète (ç) eût dû répudier effectivement ses femmes inconcevables mais que s'il ne l'a pas fait, c'est par compassion, sachant qu'une fois répudiées, leur vie aurait été ruinée, car elles n'auraient jamais pu se remarier avec un Musulman.

Le Prophète (ç) Se Sépare de ses Femmes pendant un Mois

Le Prophète (ç) ayant été ainsi informé de l'attitude de 'Âyechah et de Hafçah, fut attristé et de mauvaise humeur. Il jura de se séparer par conséquent, pendant un mois, de ses femmes et s'enferma dans un appartement isolé de son Masjid désignant Rabah, l'un de ses serviteurs, pour veiller à la porte pour empêcher toute intrusion. Une rumeur se répandit dans la ville laissant entendre que le Prophète (ç) avait répudié ses femmes.

Toutes les autres femmes devinrent très tristes en entendant cette nouvelle. 'Omar fut très inquiet à propos de sa fille, Hafçah, qui était la cause de tous ces troubles. Aussi tenta-t-il à plusieurs reprises de s'approcher du Prophète (ç), mais le surveillant ne lui permit pas de le faire. Finalement, un jour, 'Omar trouva un moyen de se faire admettre, en parlant à haute voix au portier (pour que le Prophète (ç) puisse l'entendre) pour qu'il demande au Prophète (ç) la permission d'entrer et l'informant en même temps qu'il ne recommanderait pas un pardon pour Hafçah et qu'il était prêt à la tuer carrément si le Prophète (ç) en exprimait le désir.

Le Prophète (ç) entendit la voix et ordonna au portier de laisser entrer 'Omar. Ayant obtenu audience, 'Omar évoqua des sujets qui firent rire le Prophète (ç). A la fin, constatant que le Prophète (ç) était de bonne humeur, 'Omar lui demanda s'il avait vraiment répudié ses femmes. Le Prophète (ç) lui ayant répondu par la négative, 'Omar sortit pour annoncer publiquement la nouvelle.

Un mois s'étant écoulé, le Prophète (ç) reprit contact avec ses femmes. En le revoyant, 'Âyechah fit remarquer que sa séparation avait duré seulement vingt-neuf jours et non un mois comme il l'avait juré. La réponse qu'elle reçut était que le mois consistait en vingt-neuf jours seulement.

L'Annonce de la Sourate al-Tawbah

La plupart des pèlerins du Pèlerinage annuel de la Mecque étaient des païens qui mélangeaient des pratiques idolâtres avec les rites sacré. Jusqu'ici le Prophète (ç) s'absentait de ces cérémonies, et se contentait, pendant les années précédentes, du Pèlerinage Mineur.

La saison sacrée de l'an 9 H. était maintenant proche. Le Prophète (ç) avait reçu à cette époque une Révélation interdisant aux idolâtres d'accomplir le Pèlerinage après cette année, (voir les premiers versets de la Sourate al-Tawbah). Aussi, députa-t-il Abû Bakr au Pèlerinage de la Mecque afin qu'il promulgue la révélation aux pèlerins. Trois cents Musulmans accompagnèrent Abû Bakr et vingt chameaux lui furent donnés afin qu'ils soient sacrifiés pour le Prophète (ç).

Peu après le départ d'Abû Bakr, le Prophète (ç) reçut un Commandement de Dieu, et se conformant à ce Commandement, il dépêcha Ali (as) sur son plus rapide chameau, al-Ghadhbah en lui donnant l'instruction de rattraper la caravane et reprendre le Livre (les versets de la Sourate al-Tawbah) à Abû Bakr et de le signifier lui-même aux pèlerins à la Mecque.

Ali (as) atteignit la caravane à Araj et, récupérant d'Abû Bakr le Livre, il se rendit à la Mecque, alors qu'Abû Bakr retournait démoralisé à Médine et demandait au Prophète (ç) si le fait de lui avoir retiré la mission de convoyer la Révélation aux gens était vraiment un Commandement de Dieu. Le Prophète (ç) répondit qu'il avait reçu une révélation en ce sens que personne d'autre que lui-même ou un membre de sa famille ne devait communiquer la révélation (selon Hichami), ou (selon al-Tirmithî et al-Nasâ'î) que personne d'autre que lui-même ou Ali (as) ne devait la communiquer.

Arrivé à la Mecque, Ali (as) lut à haute voix vers la fin du pèlerinage, le grand jour du sacrifice, aux larges masses de pèlerins, les passages du Coran. Ayant terminé la lecture, il poursuivit: «J'ai reçu l'ordre de vous expliquer que:

1. Personne ne devra dorénavant faire les tournées autour de la Maison Sacrée, tout nu;

2. Tout traité conclu avec le Prophète (ç) restera valable jusqu'à son terme. C'est-à-dire que quatre mois de liberté sont accordés à tout le monde; passé ce délai, toute obligation incombant au Prophète (ç) prendra fin;

3. Aucun incroyant n'entrera au Paradis;

4. Les pèlerins idolâtres ne devront pas venir au pèlerinage après cette année.

L'Année des Délégations

Vers la fin de l'an 9 de l'Hégire, des représentants de toutes les régions d'Arabie affluèrent sans interruption vers le Prophète (ç) à Médine, pour professer l'Islam et déclarer l'adhésion de leurs tribus au Prophète (ç) (Sourate al-Naçr). La plupart des princes et chefs d'Oman, de Bahrein, de Yamama et de Bahra firent connaître par lettres et représentants leur soumission au Prophète (ç) et leur conversion à sa Foi.

Le Prophète (ç) reçut les représentants avec une gentillesse marquée, s'entretint avec eux dans un esprit large et les reconduisit avec de beaux cadeaux et des provisions abondantes pour leur voyage de retour. Il envoya avec eux ses hommes afin d'apprendre aux gens le Coran et les doctrines de la Foi, et de collecter les impôts publics. L'un des membres de la délégation des Banî Hanîfah, une branche chrétienne des Banî Bakr, qui habitait à Yamama, représentait "Musaylamah l'imposteur" celui-là même qui se proclamera prophète (ç) plus tard. Les délégations furent si nombreuses cette année-là que la neuvième année de l'Hégire est connue comme "l'année des Délégations". Cet état de choses continua jusqu'à l'année suivante.

Les Chrétiens de Najrân

Cependant les Chrétiens de Najrân restèrent à l'écart et ne suivirent pas l'exemple des autres populations. Le Prophète (ç) leur envoya alors une lettre, les appelant à sa Foi. En réponse, ils sélectionnèrent quatorze hommes - des Evêques et des Prêtres - parmi eux et les dépêchèrent auprès du Prophète (ç) à Médine pour s'informer sur lui et sur sa Religion et pour se faire une idée de ses mérites.

Arrivés à Médine, ces hommes habillés élégamment de soie et ornés de bagues en or à leurs doigts saluèrent le Prophète (ç), mais celui-ci se détourna d'eux et ne répondit pas à leur salutation. Ils quittèrent le Masjid, et se plaignant de cet accueil froid, ils demandèrent à 'Othmân et à 'Abdul-Rahmân B. 'Awf de leur conseiller ce qu'il convenait de faire. Ces derniers les conduisirent chez Ali (as) qui leur conseilla d'ôter leurs vêtements de soie et leurs bagues en or, et de retourner ensuite chez le Prophète (ç). Ils s'exécutèrent et furent reçus par le Prophète (ç) aimablement.

Ils eurent l'occasion de participer à une conférence dont le sujet concernait entièrement la Seconde personne de la Trinité, à propos de laquelle ils citèrent des passages des Evangiles, auxquels le Prophète (ç) répondit en leur expliquant que Jésus-Christ n'était qu'un Prophète (ç). Ils prirent congé du Prophète (ç) en promettant de revenir après avoir étudié ses arguments. Entre-temps, le Prophète (ç) reçut la Révélation suivante:

«En effet, il en est de Jésus comme d'Adam auprès de Dieu: Dieu l'a créé de terre, puis il lui a dit: "Sois", et il fut». (Sourate Âle 'Imrân, 3: 59).

«Si quelqu'un te contredit après ce que tu as reçu en fait de science, dit: "Venez! Appelons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes, nous-mêmes et vous-mêmes: nous ferons alors une exécration réciproque en appelant une malédiction de Dieu sur les menteurs".» (Sourate Âle 'Imrân, 3: 61).

Lorsqu'ils réapparurent devant le Prophète (ç), il les informa du Décret de Dieu, lequel fut admis comme un moyen de mettre fin à la discussion. On convint de la date et du lieu, un endroit ouvert, à l'extérieur de la ville, le 24 Thilhajj. Entre- temps, ils méditèrent attentivement sur les risques qu'ils encouraient et arrivèrent à la conclusion unanime d'éviter l'appel de la malédiction de Dieu. Cependant, ils conservèrent le rendez-vous. Le Prophète (ç), amenant avec lui Hassan (as) et Houssein (as) pour ses fils, Fatima (as), sa fille bien-aimée, pour ses femmes, et Ali (as), son lieutenant dévoué et son fils adoptif, pour "nous-mêmes", accomplissant ainsi l'Ordre du Ciel, se présenta sur le lieu du rendez-vous.

Une grande partie des Musulmans affirment que ce sont seulement ces membres de la Maison du Prophète (ç), - composant sa famille permanente ou invariable - que le Prophète (ç) aimait beaucoup et qui étaient distingués du reste de la Ummah pour avoir été déclarés purifiés (sans péchés ni fautes) par Allâh dans la Révélation contenue dans le Verset 33 de la Sourate al-Ahzâb.

Remarque: Le pronom personnel de cette partie du verset, du genre masculin (deuxième personne, masculin, pluriel: "'ankoum" = de vous) désigne: Ali (as), Hassan (as) et Houssein (as), alors que celui du genre féminin (pluriel) employé dans la première partie de ce Verset, s'adresse aux épouses.

Dans son Çahîh, Muslim, citant Sa'd Ibn Abî Waqqâç, note que lorsque le verset "Appelons nos fils et vos fils, etc... " (Sourate Âle 'Imrân, 3: 61) fut révélé, le Messager de Dieu convoqua Ali (as), Fatima (as), Hassan (as) et Houssein (as), et dit: «Ô mon Dieu! Ce sont ma famille». ("History of Califat", p. 173, la traduction anglaise de Major Jarret de "Târîkh al-Kholafâ'" d'al-Suyûtî)

L'apparition solennelle de cette constellation sainte intimida l'Archevêque et ses hommes. Le verdict de l'Ordalie les faisait trembler, car ils craignaient la terrible punition s'ils avaient tort. Aussi firent-ils part de leur désir de ne pas encourir un tel risque. Le Prophète (ç) leur donna alors le choix entre embrasser l'Islam ou porter les armes contre lui. Ils dirent qu'ils étaient prêts à payer un tribut annuel sous forme de deux mille cottes de mailles, d'une valeur d'environ quarante dirhams chacune. Sous ces conditions, le Prophète (ç) leur permit avec bienveillance de retourner chez eux.

L'histoire nous apprend l'existence de nombreuses ordalies similaires, qui furent familières aux peuples orientaux pendant des siècles avant et après cette époque.

En choisissant Fatima (as) pour l'accompagner dans cette mission, le Prophète (ç) montra aux gens qu'elle était la seule femme qui avait l'exclusivité de lui appartenir, et qu'aucune de ses épouses ne pouvait être choisie en vue de l'exécution du Commandement, et en amenant Ali (as), il entendait spécifier qu'à part Ali (as), personne d'autre parmi ses proches ou Compagnons ne saurait tenir lieu de l'Ame (le soi-même) du Prophète (ç), dont fait mention le Commandement de Dieu. Et amenant avec lui les enfants Hassan (as) et Houssein (as), le Prophète (ç) précisa aux gens explicitement qu'ils étaient ses fils, comme il avait déjà déclaré que Dieu avait décrété que ses descendants en ligne directe seraient issus de Ali (as) et de Fatima (as) et non pas directement de lui-même.

En résumé, il montra pratiquement aux gens que lui-même, Ali (as), Fatima (as), Hassan (as) et Houssein (as) étaient les seules personnes qui soient à même de tenir la promesse de l'Ordalie, étant donné qu'ils formaient une partie intégrante d'une seule et même Lumière Céleste, et dont les appels à Dieu étaient susceptibles d'être instantanément exaucés.

 

Tentative d'Empoisonnement du Prophète (ç)

Alors que le Prophète (ç) se trouvait à Khaybar, les Juifs attentèrent à sa vie en préparant un agneau assaisonné avec un poison mortel, qu'ils lui envoyèrent comme cadeau au moment où on lui servait le dîner. Acceptant avec gratitude le cadeau, le Prophète (ç) en prit l'épaule (la partie qu'il aimait le plus) pour lui-même, et coupa une autre portion qu'il donna à Bichr qui était assis à côté de lui et qui fit de même en la passant à son voisin, et ainsi de suite.

Dès que le Prophète (ç) mangea une bouchée de la viande, il y sentit un goût anormal et la cracha tout de suite en disant qu'elle était empoisonnée. Entre-temps, Bichr avait déjà avalé son morceau et mourut sur-le-champ. La confusion fut totale. A la suite d'une enquête faite à ce propos, il apparut que l'agneau avait été cuit par une femme captive, appelée Zaynab, une nièce de Marhab, le grand guerrier tué par Ali (as).

Elle fut convoquée et interrogée à ce sujet. Elle avoua son crime et le justifia comme une vengeance pour la perte de son père, de son frère, de son mari et d'autres proches, ainsi que pour la dévastation causée à son pays par les conquérants. Elle dit qu'elle pensait dans son for intérieur que si Mohammad était un vrai Prophète (ç), il découvrirait le mal avant qu'il ne l'atteigne, et que s'il n'était qu'un simple imposteur, il tomberait victime de sa vengeance, et les Juifs seraient débarrassés d'un tyran. Elle finit par être condamnée à mort.

L'Arrivée de Ja'far

Alors que le Prophète (ç) se trouvait encore à Khaybar, Ja'far, le frère de Ali (as), de retour de son exil en Abyssinie, vint en compagnie de sa femme et de cinq autres exilés, à la rencontre du Prophète (ç). Ils arrivèrent à Khaybar le jour même de sa conquête. Le Prophète (ç) était très heureux d'accueillir son cousin après une si longue séparation, et déclara joyeusement qu'il ne savait lequel des deux événements - l'arrivée de Ja'far ou la conquête de Khaybar - le ravissait le plus.

Il proposa que les nouveaux arrivants fussent considérés comme faisant partie des hommes qui avaient participé à l'expédition. L'armée accepta avec grande joie cette proposition, ce qui permit aux exilés de prendre part aux butins de la guerre.

Abû Horayrah

Un jeune homme, qui avait l'air d'un mendiant, apparut devant le Prophète (ç) à Khaybar et embrassa l'Islam. Il s'appelait Abû Horayrah. Depuis, il ne retourna plus jamais chez lui. Il partit avec le Prophète (ç) lors de son retour à Médine où il logea avec les gens de Suffa, c'est-à-dire les hommes qui vivaient dans les chambres contiguës au grand Masjid du Prophète (ç), réservées aux pauvres. Jusqu'au décès du Prophète (ç) il resta toujours avec lui.

Par la suite, il devint le favori des califes et plus tard il sera un courtisan de Mu'âwiyeh qui finira par le nommer Gouverneur. Pour la majorité des Musulmans sunnites il est considéré comme une grande autorité, parce qu'on dit qu'il ne rapporta pas moins de cinq mille trois cent soixante-quatorze hadiths qu'il affirma avoir entendus du Prophète (ç) et mémorisés durant la période de quatre ans qu'il avait passée avec lui. En cela Abû Horayrah surclasserait tous les autres Compagnons qui avaient vécu avec le Prophète (ç) pendant presque toute la période de sa mission, mais sans pour autant pouvoir mémoriser même mille hadiths!

Le Prophète (ç) à Wâdî al-Qorâ

Après la conquête de Khaybar, le Prophète (ç) se dirigea vers Wâdî al-Qorâ (ou Wâdil-Qorâ) et mis en état de siège cette ville juive, laquelle après avoir résisté pendant un ou deux jours et eu onze tués, se rendit. Les Juifs de Taymah se soumirent eux aussi.

Une fois les Juifs de Khaybar et de ses banlieues subjugués, l'autorité du Prophète (ç) fut établie sur toutes les tribus juives installées au nord de Médine, et la source de troubles fut ainsi tarie.

Le Retour du Soleil pour les Prières de Ali (as)

L'incident suivant, intervenu à cette époque, mérite d'être noté: lors de sa marche vers Wâdî al-Qorâ, venant de Khaybar, le Prophète (ç) fit halte à Sabha. Alors qu'il se reposait sous sa tente, la tête posée dans le giron de Ali (as), il tomba soudain dans un état de réception de révélations. Ali (as) resta immobile jusqu'à ce que le Prophète (ç) se réveillât en lui demandant s'il avait accompli ses prières de l'après-midi. Le soleil s'était déjà couché. Ali (as) répondant par la négative, le Prophète (ç) pria Dieu pour faire revenir le soleil et permettre à Ali (as), ainsi, d'accomplir à temps ses prières. Le soleil réapparut sur-le-champ à l'horizon, dans toutes sa brillance et resta assez longtemps pour que Ali (as) eût le temps nécessaire pour terminer ses prières, avant de se coucher à nouveau.

Om Habîbah

Le Prophète (ç) retourna à Médine au mois de Jumâdî-II où il offrit une dot de quatre cents dinars à Om Habîbah (fille d'Abou Soufiyan) pour parfaire son mariage avec elle, contracté auparavant par le roi d'Abyssinie. Elle était âgée alors de plus de trente ans.

'Umrat al-Qadhâ' du Prophète (ç)

Après son retour de Khaybar, le Prophète (ç) passa quatre ou cinq mois à Médine avant qu'arriva le moment de l'accomplissement de 'Umrat al-Qadhâ', c'est-à-dire la visite de la Mecque en vue d'accomplir les rites de la 'Umrah ou Pèlerinage mineur dont il avait été privé l'année précédente. Accompagné d'environ deux mille adeptes, dont tous ceux qui étaient revenus avec lui sans succès de Houdeybiyya l'année précédente, le Prophète (ç) se dirigea vers la Mecque, au mois de Thilqadah de l'an 7 de l'hégire.

Les Qorayshites, ayant appris son arrivée prochaine, se retirèrent de la ville vers les collines avoisinantes, conformément l'accord conclu avec lui l'année précédente. Le Prophète (ç) entra donc dans la Mecque avec ses adeptes, sans aucun problème. Ils s'approchèrent de la Ka'bah, en firent le tour sept fois, embrassèrent le Hajar al-Aswad, puis se dirigèrent vers Çafâ et Marwah où ils firent le sacrifice, et une fois leurs cheveux coupés, ils terminèrent les cérémonies de 'Umrah.

Le jour suivant, le Prophète (ç) entra dans la Ka'bah et demanda à Bilâl (l'Africain) de monter sur la Maison sacrée pour réciter avec sa haute voix mélodieuse l'Appel à la Prière de Midi: tous les Musulmans se rassemblèrent et la Prière fut conduite par le Prophète (ç) entre les murs du Sanctuaire. Ce fut la première Grande Assemblée Musulmane à l'intérieur de l'enceinte de la Ka'bah.

Maymûnah

Le prophète (ç) resta à la Mecque trois jours au cours desquels il fut fiancé à Maymûnah sur la recommandation de son oncle 'Abbâs. Elle était veuve et âgée de cinquante et un ans. Elle vivait avec sa sur Om al-Fadhl, la femme de 'Abbâs. Elle avait une autre sur, Asmâ' Bint 'Umays, qui était la femme de Ja'far (le frère de Ali (as)), et une troisième, s'appelant Salma, mariée à Hamzah. Ainsi trois surs avaient été déjà mariées avec des hommes d'une seule et même famille. Le quatrième jour, le Prophète (ç) quitta la Mecque, fit halte le soir à Sarif (à environ treize kilomètres de la Mecque) où il consomma le mariage

    

  

L'EXPÉDITION DE MO'TAH.

LA CONQUÊTE DE LA MECQUE.

LA BATAILLE DE HONAYN ET D'AUTRES EVÉNEMENTS IMPORTANTS SE TERMINANT AVEC LA HUITIÈME ANNÉE DE L'EMIGRATION

La Conversion de Khâlid Ibn al-Walîd et de 'Amr Ibn al-'Âç

Etant donné que Maymûnah appartenait aux hauts cercles de la noblesse mecquoise, à la fois par naissance et par liens familiaux, le Prophète (ç) s'était attendu à la croissance de son influence par son mariage avec elle, et avait donc accepté volontiers la proposition de son oncle 'Abbâs, et il ne fut pas déçu. Une autre sur de Maymûnah était mariée à Moghîrah, un chef parmi les nobles de la Mecque (mais il était un infidèle exécrable, comme y fait allusion le Coran (Sourate al-Muddathir, versets 11-26).

C'est après le mariage de sa cousine Maymûnah avec le Prophète (ç), que Khâlid fils de Walîd se repentit, la huitième année de l'Emigration, et entra dans la nouvelle religion. Ces deux hommes avaient été jusque là des opposants résolus du Prophète (ç) et de sa foi. Khâlid avait pris une part active contre le Prophète (ç) dans la bataille d'Ohod, et dirigé sans succès plusieurs tentatives pour briser la ligne de retranchement des Musulmans dans la Bataille du Fossé. 'Amr Ibn al-'Âç avait souvent usé de ses talents poétiques en défaveur et au détriment du Prophète (ç). Chacun de ces deux hommes deviendra une figure de proue de l'histoire de l'Islam.

La Chaire

Jusqu'ici, le Prophète (ç) prononçait ses sermons en s'appuyant sur un tronc de palmier enfoncé dans le sol du Masjid. Au cours de la huitième année de l'Hégire, une chaire à trois marches fut préparée pour cet usage. Désormais, pour faire ses sermons, il s'asseyait sur la marche supérieure de la chaire et posait ses pieds sur la marche inférieure. Lorsqu'Abû Bakr accéda au califat, il s'assit sur la marche moyenne, plaçant ses pieds sur la première marche. Quand 'Omar lui succéda, il s'assit sur la première marche en mettant ses pieds sur le sol. Son successeur, 'Othmân suivit pendant six ans l'exemple de son prédécesseur, mais par la suite, il remonta de deux marches pour s'asseoir sur la marche supérieure que le Prophète (ç) avait l'habitude d'utiliser. Mu'âwiyeh rehaussa la chaire de trois étages supplémentaires pour en compter désormais six, et il se plaçait sur la marche supérieure.

 

  

LE PÈLERINAGE D'ADIEU DU PROPHÈTE (Ç).

SON SERMON A GHADIR KHUM.

LA SIGNIFICATION D'AHL-UL-BAYT EXPLIQUÉE

L'an dix de l'Hégire commença avec l'arrivée de nouveaux ambassadeurs. Diverses tribus de la côte du Yémen, de Hadhramawt, et de la côte du Sud, envoyèrent des délégations pour signifier leur soumission au Prophète (ç) et leur adhésion à sa Foi. Deux chefs de Banî Kindah, de Hadhramawt, en l'occurrence al-Ach'ath et Walîd offrirent leur propre allégeance et embrassèrent l'Islam. Ce même Ach'ath rejoindra plus tard la rébellion qui éclatera après la mort du Prophète (ç), et résistera avec acharnement à l'adversaire qui aura finalement besoin de renforts. Il finira toutefois par être fait prisonnier, non sans difficulté, et envoyé au calife, Abû Bakr, lequel lui pardonnera - malgré les protestations de 'Omar - après qu'il lui aura renouvelé son allégeance, et lui offrira sa sur, Um Farwah en mariage. Par la suite il deviendra Khârijite en se rebellant contre Ali (as). Ses fils, Mohammad et Ishâq, se feront remarquer dans l'armée que Yazîd enverra à Karbalâ' pour perpétrer le massacre de Houssein (as) Ibn Ali (as).

Les Fonctions Missionnaires de Ali (as) au Yémen

Au mois de Rabî' II, de l'an dix de l'Hégire, Khâlid B. Walîd fut envoyé par le Prophète (ç) pour propager l'Islam parmi le peuple du Yémen. Mais au lieu de rapports de satisfaction à propos de son séjour de six mois dans ce pays, des plaintes contre lui parvinrent en grand nombre à Médine.

Le Prophète (ç) demanda alors à Ali (as) de partir avec trois cents hommes pour remplacer Khâlid. Le jeune héros exprima modestement ses réserves sur cette mission auprès de gens beaucoup plus âgés que lui et plus versés dans l'Ecriture.

Le Prophète (ç) mit alors sa main sur la poitrine de Ali (as), leva les yeux vers le ciel et pria: «Ô Dieu! Délie la langue de Ali (as) et guide son cur». Puis il donna pour la guidance de Ali (as), en tant que juge, cette règle: «Lorsque deux parties se présentent devant toi, ne prononce jamais un jugement en faveur de l'un sans avoir tout d'abord entendu l'autre». Ensuite, arrangeant avec ses mains la coiffure de Ali (as) et lui remettant en mains propres l'Etendard de la Foi, le Prophète (ç) lui fit ses adieux. Ali (as) partit donc pour le Yémen où il lut la lettre du Prophète (ç) aux gens, fit des sermons selon la dictée du Prophète (ç) et prêcha les doctrines de l'Islam aux masses. Le résultat fut un grand succès: en un jour toute la tribu de Hamadânî embrassa l'Islam. ("Al-Kâmil" d'Ibn Athîr, vol. II)

Ali (as) fit un rapport sur le succès de sa mission au Prophète (ç), lequel, dès la réception de cette grande nouvelle, se prosterna, le front contre le sol, par révérence pour Dieu et Lui exprima sa gratitude. D'autres tribus suivirent, l'une après l'autre, l'exemple des Hamadânî. Certains chefs firent hommage et prêtèrent serment d'allégeance pour leurs sujets. Ali (as) faisait quotidiennement un rapport sur les progrès de sa mission. Puis, sur ordre du Prophète (ç), il partit pour Najrân, y collecta les impôts dus et se dirigea ensuite vers la Mecque pour rejoindre le Prophète (ç) dans son dernier Pèlerinage, au mois de Thilhaj 10 H.

Pour accomplir leur vu, quelque deux cents personnes de Yémen arrivèrent à Médine, au début de l'an 11 de l'Hégire, (l'année commence au mois de Moharram) pour présenter personnellement leur allégeance au Prophète (ç) et ce fut la dernière délégation reçue par lui.

Le Pèlerinage d'Adieu du Prophète (ç)

Etant donné que la période du Pèlerinage annuel s'approchait, le Prophète (ç) commença à faire les préparatifs en vue de son Pèlerinage à la Mecque. Il invita les gens de toutes les régions de la Péninsule à se joindre à lui afin qu'ils se familiarisent avec l'accomplissement correct des différents rites ayant trait aux cérémonies sacrées. Depuis son émigration à Médine, ce serait le premier et le dernier Hajj (Pèlerinage à la Mecque) du Prophète (ç). Cinq jours avant le début du mois de Thilhaj, le mois du Pèlerinage, le Prophète (ç) se dirigea vers la Mecque, suivi de plus de cent mille pèlerins. Toutes ses femmes, ainsi que sa fille bien-aimée, Fatima (as), la femme de Ali (as), l'accompagnèrent. Au cours de ce voyage, Abû Bakr eut un fils de sa femme Asmâ' Bint Wahab. Il fut appelé Mohammad.

Le Prophète (ç) arriva à la Mecque le dimanche 4 Thilhaj de l'an 10 H. Tout de suite après son arrivée, Ali (as), qui revenait du Yémen à la tête de ses hommes, rejoignit le Prophète (ç), lequel sembla très heureux de le revoir, et lui demanda, en l'embrassant quel vu pour le Pèlerinage il avait fait. Ali (as) répondit: «J'ai fait le vu d'accomplir le même Pèlerinage que le Prophète (ç) quoi qu'il arrive, et j'ai amené trente-quatre chameaux pour le sacrifice». Le Prophète (ç) s'écria joyeusement: "Allâh-u-Akbar" (Dieu est le plus grand), et dit qu'il en avait amené soixante-six. Et d'ajouter qu'il (Ali (as)) serait son partenaire dans tous les rites du Pèlerinage et dans le sacrifice. Ainsi, Ali (as) accomplit donc le Grand Pèlerinage avec le Prophète (ç).

Etant donné que les différences, cérémonies devaient constituer des modèles à suivre dans l'avenir, le Prophète (ç) observa rigoureusement chaque rite, soit conformément aux Révélations faites à cet égard, soit selon l'usage patriarcal. Ainsi, lorsqu'on amena les chameaux à offrir en sacrifice, lui et Ali (as) se mirent à abattre conjointement les cent chameaux qu'ils avaient apportés. Et quand on prépara un repas avec la viande des chameaux sacrifiés, le Prophète (ç) s'assit avec seulement Ali (as), et personne d'autre, pour le partager.

Les cérémonies du Pèlerinage prirent fin avec le rasage des chevaux et le coupage des ongles après le sacrifice des animaux. L'habit du Pèlerinage fut alors ôté et une proclamation fut faite par Ali (as), monté sur la mule du Prophète (ç), Duldul, levant les restrictions du Pèlerinage.

A la clôture du Pèlerinage, le Prophète (ç) informa le Calendrier, abolissant l'intercalation trisannuelle et faisant l'année purement lunaire, consistant en douze mois lunaires, ce qui permit de fixer le mois du Pèlerinage selon les saisons changeants de l'année lunaire.

Le Sermon de Ghadîr Khum

Faisant ses adieux à sa ville natale, le Prophète (ç) quitta la Mecque pour Médine le 14 Thilhaj. Sur la route, le 18 Thilhaj, il ordonna qu'on fasse halte à Ghadîr Khum, une région aride aux abords de la vallée de Johfa, à trois étapes de Médine, après avoir reçu la révélation suivante:

«Ô Prophète (ç)! Fais connaître ce qui t'a été révélé par ton Seigneur. Si tu ne le fais pas, tu n'auras pas fait connaître Son Message. Dieu te protégera contre les hommes; Dieu ne dirige pas le peuple incrédule». (Sourate al-Mâ'idah, 5: 67).

On affirme que le Prophète (ç) avait déjà reçu l'ordre de proclamer Ali (as) son successeur et avait remis à une occasion plus appropriée l'annonce de cette nomination pour éviter qu'elle soit mal prise.

A présent, ayant reçu ce Commandement, il décida de l'annoncer sans aucun retard. Aussi fit-il halte sur le lieu même où il reçut le rappel. Le terrain étant déblayé, une chaire fut formée de selles de chevaux, et Bilâl, le Muezzin, s écria à haute voix: «Hayya 'Alâ Khayr-il-'Amal» (Ô gens, accourez à la meilleure des actions).

Et une fois les gens rassemblés autour de la chaire, le Prophète (ç) se leva prenant à sa droite Ali, dont le turban noir à deux bouts suspendus sur ses épaules avait été arrangé par le Prophète (ç) lui-même. Le Prophète (ç) loua tout d'abord Dieu, puis s'adressant à la foule, il dit: «Vous croyez qu'il n'y a de dieu que Dieu, que Mohammad est Son Messager et Son Prophète (ç), que le Paradis et l'Enfer sont des vérités, que la mort et la Résurrection sont certaines, n'est-ce pas?»

Ils répondirent tous «Oui, nous le croyons». Il les informa alors qu'il serait rappelé bientôt par son Seigneur, puis il prononça cette adjuration:

«Je vous laisse deux grands préceptes dont chacun dépasse 1'autre par sa grandeur: ce sont le Saint Coran et ma sainte progéniture (dont les membres inéchangeables sont: 'Ali, Fdtimah, Hassan et Hussayn). Prenez garde dans votre conduite envers eux après ma disparition. Ils ne se sépareront pas 1'un de l'autre jusqu'à ce qu'ils reviennent auprès de moi, au Ciel, à la Fontaine de Kawthar».

Et d'ajouter:

«Dieu est mon Gardien et je suis le gardien de tous les croyants».

Ali (as) Déclaré Successeur du Prophète (ç)

Ce disant, il prit la main de Ali (as) dans sa main, et la levant haut, il s'écria:

«Celui dont je suis le maître, 'Ali aussi est son maître. Que Dieu soutienne ceux qui viennent en aide à 'Ali et qu'IL soit l'ennemi de ceux qui deviennent les ennemis de 'Ali».

Ayant répété cette proclamation trois fois, il descendit de la plate-forme dressée et fit asseoir Ali (as) dans sa tente où les gens vinrent le féliciter. 'Omar Ibn al-Khattâb fut le premier à congratuler Ali (as) et à le reconnaître comme le "Tuteur de tous les croyants".

Après les hommes, toutes les femmes du Prophète (ç) ainsi que les autres dames vinrent féliciter Ali (as). A la fin de cette cérémonie d'installation, le célèbre verset suivant du Coran fut révélé au Prophète (ç):

«Aujourd'hui, j'ai perfectionné votre religion et j'ai parachevé Ma Grâce sur vous; j'agrée l'Islam comme étant votre Religion». (Sourate al-Mâ'idah, 5: 3). Le prophète (ç) se prosterna en signe de gratitude.

La Signification d'Ahl-ul-Bayt Expliquée

L'expression "ma progéniture" mentionnée dans l'Adjuration signifie les saintes personnes désignées par le verset coranique suivant:

«(Ô Prophète (ç)!) Je ne vous demande aucun salaire pour cela, si ce n'est votre affection envers mes proches» (Sourate al-Chûrâ, 42: 23).

A la révélation de ce verset on avait demandé au Prophète (ç) de nommer les personnes dont l'amour était commandé. Il nomma: Ali (as), Fatima (as), Hassan (as), Houssein (as). Les gens le soupçonnèrent alors d'avoir nommé ses chers proches afin qu'ils soient considérés avec la crainte et le respect dus après sa mort.

C'est à propos de la fidélité, de l'amour et l'obéissance envers ces personnes-là que les gens seront interrogés le Jour du Jugement, lorsqu'il sera demandé à chacun comment il s'est conduit envers elles, comment il a défendu leur cause et comment il a soutenu leurs intérêts.

Ce sont les personnages déclarés purifiés et exempts de toute impureté. Lorsque le verset coranique: «Ô vous, les Gens de la Maison! Dieu veut seulement éloigner de vous la souillure et vous purifier totalement». (Sourate al-Ahzâb, 33: 33) fut révélé au Prophète (ç), il se mit sous un manteau avec Ali (as), Fatima (as), Hassan et Hussayn, et déclara que sa Maison (Famille) consistait en ces personnes seulement.

Um Salma, sa femme, dans la maison de laquelle la révélation était descendue, lui demanda d'être incluse dans le groupe sous le manteau, mais elle essuya un refus poli. Depuis ce jour-là ledit groupe reçut le surnom d'Açhdb al-Kisb.

Ce sont ces personnes que le Prophète (ç) compara au Bateau de Noé, dans lequel ceux qui avaient embarqué furent sauvés, alors que ceux qui avaient cherché secours ailleurs que dans ce Bateau furent noyés.

Ces personnes faisaient partie intégrante de la Lumière Céleste dont fut créé le Prophète (ç).

Ce sont ces personnes pour les actions vertueuses desquelles Mohammad fut félicité par Allah, et en louange desquelles la sourate al-Dahr fut révélée. Rien d'étonnant donc à ce que le Prophète (ç) ait mis dans la même balance ces personnalités dépouillées de fautes et de pêchés et le Livre de Dieu - le Coran - et qu'il ait déclaré les deux Poids aussi lourds l'un que l'autre. Ali (as) était le seul homme qui pouvait prétendre à une connaissance minutieuse du Coran.

Il proclama tout haut qu'il invitait tout un chacun à lui demander quand, où et à quelle occasion chaque verset du Coran avait été révélé au Prophète (ç), et la fameuse déclaration: «Je suis la Cité du Savoir, Ali (as) en est la Porte» ne peut que confirmer cette affirmation de Ali (as).

Il en était de même pour Hassan (as), al- Hussayn et Fatima (as).

Ce sont ces personnes pieuses qui étaient souvent accompagnées par les anges.

Bien que le Prophète (ç) eût informé solennellement les gens que la désignation de Ali (as) comme "Le Gardien de tous les croyants", était faite sur Commandement de Dieu, les gens continuèrent à le soupçonner d'avoir attribué à Ali (as) cette haute position sans avoir reçu un ordre de Dieu dans ce sens.

Un incident survenu quelque temps après que le Prophète (ç) eut fait l'Adjuration mérite d'être mentionné: un homme nommé Hârith B. No'mân Fihrî (ou Nadhr B. Hârith selon un autre hadith) refusa de croire le Prophète (ç) et le soupçonna d'avoir fait la proclamation par affection et amour pour Ali (as). Il alla même jusqu'à invoquer sérieusement la descente de la colère du Ciel sur lui-même, si ces soupçons n'étaient pas fondés, prière qui fut rapidement exaucée, lorsqu'une pierre tomba sur sa tête, le tuant sur-le-champ.

Conclusion en Faveur de Ali (as) Tirée de la Parole du Prophète (ç)

Le lecteur se rappelle sans doute les précédentes occasions lors desquelles le Prophète (ç) déclara Ali (as) son successeur, tout d'abord le jour où il se proclama publiquement Messager de Dieu en disant: «Ô fils de 'Abdul-Muttalib! Dieu n'a jamais envoyé un Messager sans qu'IL ait désigné en même temps son frère, son héritier et son successeur parmi ses proches parents»; et ensuite lorsqu'il déclara que Ali (as) «est à lui ce que Harûn fut à Mûsâ».

Ces propos du Prophète (ç) n'étaient pas une simple opinion personnelle qu'il exprimait, comme en témoignent ces versets coraniques: «Il ne parle pas selon son désir; mais exprime les Commandements qui lui sont révélés». (Sourate al-Najm, 53: 3-4).

Cela signifie que lesdits propos étaient conformes aux Commandements de Dieu. Et cette dernière déclaration faite devant des milliers de gens était conforme aux précédentes déclarations, qui n'avaient jamais été retirées ni abrogées pendant une période d'une vingtaine d'années.

Se fondant sur ce qui précède, une grande partie des Musulmans considéra Ali (as) comme étant sans aucun doute le successeur choisi et désigné du Prophète (ç) depuis le début de sa mission prophétique. A cette dernière occasion, il eut la distinction d'être pour les Musulmans ce que le Prophète (ç) était pour eux: à savoir que Ali (as) devait être traité en remplaçant (successeur) du Prophète (ç) après sa mort. Chah Hassan Jaisi, un mystique sunnite a bien expliqué la signification du terme "Mawlâ" dans sa stance qui peut se traduire ainsi:

«Vous courez ça et là pour chercher le sens de "Mawlâ". Eh bien! Ali (as) est "Mawlâ" dans le même sens que le Prophète (ç) est "Mawlâ».

    

  

QUELQUES IMPOSTEURS.

LA DERNIÈRE MALADIE DU PROPHÈTE (Ç), SA DERNIÈRE PRIÈRE ET SON DERNIER SERMON DANS SON MASJID.

LA MORT DU PROPHÈTE (Ç) ET SES FUNÉRAILLES.

La Distribution du Yémen

Bazhân, le Gouverneur du Yémen, étant décédé, le Prophète (ç) répartit, en l'an onze (en tenant compte que l'année commence au mois de Moharram) les nombreuses provinces Hamdân, Marab, Najrân - qui étaient jusqu'alors unies sous l'autorité de Bazhân, entre les différents gouverneurs de ce pays. Chahr eut l'autorisation de détenir le gouvernement de Çan'â' et du territoire environnant.

Aswad, l'Imposteur

Aswad, un notable riche et influent, rallia à sa cause les nobles qui étaient insatisfaits de la répartition du Prophète (ç) et qui avaient chassé ses fonctionnaires, lesquels fuirent et cherchèrent refuge chez les tribus amies les plus proches. Puis il put soumettre la province de Najrân. S'étant assuré ainsi un grand nombre de partisans, Aswad se proclama prophète (ç) et marcha sur Çan'â', où il défit l'armée de Chahr, tuant ce dernier et prenant sa veuve comme épouse.

De vagues nouvelles d'Aswad parvinrent au Prophète (ç), lequel envoya des lettres à ses fonctionnaires pour qu'ils déposent le prétendant. Toutefois Aswad était en train de hâter lui-même sa fin en traitant avec mépris ses officiers à la bravoure desquels il devait pourtant son succès. La veuve de Chahr, devenue sa femme, guettait elle aussi l'occasion de venger son ex-mari. Les fonctionnaires du Prophète (ç) engagèrent des négociations avec les gens mécontents, et il en résulta que l'imposteur Aswad fut tué la veille du décès du Prophète (ç) à Médine.

Musaylamah, l'Imposteur

A peu près à la même époque, Musaylamah, un chef de Banî Hanîfah, se proclama prophète (ç) à Yamâmah, il trompait les gens et leur récitait des versets en affirmant qu'ils lui avaient été révélés par le Ciel. Cependant aucun de ces versets ne mérite d'être cité ici. Mais cela ne l'empêchait pas de prétendre même qu'il était capable de produire des miracles. L'un de ses miracles consistait à transformer un uf en un flacon très étroit. La rumeur de cette imposture parvint à Médine, d'où le Prophète (ç) lui envoya une lettre lui rappelant son serment d'allégeance et lui ordonnant d'adhérer sincèrement à l'Islam. Musaylamah, dans sa réponse à cette lettre, tendait à affirmer que lui aussi était Prophète (ç) comme Mohammad et il lui demandait donc de partager la terre avec lui.

Le Prophète (ç), après réception de cette réponse insolente, lui écrivit: «J'ai reçu ta lettre avec ses mensonges et inventions contre Dieu. En réalité la terre appartient à Dieu. IL en fait hériter qui IL veut parmi Ses serviteurs. Que la paix soit sur celui qui suit le Droit Chemin».

La rébellion de Musaylamah sera étouffée à l'époque du calife Abû Bakr.

Tulayhah l'Imposteur

Un autre imposteur nommé Tulayhah un chef de Bani Asad, se proclama lui aussi prophète (ç), à Najd. C'était un guerrier d'une certaine renommée. Après la mort du Prophète (ç), il se révolta ouvertement contre l'Islam. Il fut défait et soumis à l'époque du calife 'Omar.

L'Ordre de l'Expédition vers la Syrie

Vers la mi-Çafar de l'an 12 (calculé en tenant compte qu'il commence au mois de Moharram) un lundi, le Prophète (ç) ordonna à ses partisans de faire de rapides préparatifs en vue d'une expédition contre les habitants de Mota, sur le territoire romain, pour venger les courageux soldats musulmans qui y étaient tombés en martyrs, dans une récente escarmouche. Le lendemain (mardi), il désigna un homme, nommé Osâmah, pour le commandement de l'armée. Osâmah était le fils de Zayd, l'esclave affranchi du Prophète (ç), tué à Mota, et il n'avait que dix-sept ou dix-huit ans. Le Prophète (ç) demanda à Osâmah de se dépêcher afin qu'aucune information sur cette expédition ne parvienne à l'ennemi et que la surprise fût totale. «Surprends-le, lui dit-il et si le Seigneur t'accorde la victoire, reviens ici sans délai».

Le mercredi, une violente attaque de mal de tête et de fièvre s'empara du Prophète (ç), mais le lendemain matin (jeudi), il se trouva suffisamment rétabli pour préparer un drapeau de ses propres mains, et il le remit à Osâmah, comme drapeau de l'armée. Le camp fut ensuite installé à Jorf, à cinq kilomètres de Médine, sur la route de la Syrie. Le Prophète (ç) ordonna à tous ses partisans à Médine, sans excepter ni même Abû Bakr, ni 'Omar, de le joindre tout de suite. Seul Ali (as), à qui il avait demandé de rester avec lui, en était excepté.

Prédiction concernant 'Âyechah

La maladie du Prophète (ç) s'aggravait entre-temps. Malgré cela, pendant quelques jours de sa maladie, il maintint son habitude de se rendre dans les maisons de ses femmes à tour de rôle.

Un jour, alors qu'il franchissait la porte de 'Âyechah, il entendit un gémissement: «Ma tête! Aïe, ma tête!». Il entra et dit: «'Âyechah! C'est plutôt à moi de crier: "Ma tête! Ma tête!", et non à toi». Mais elle continua à crier: «Ma tête! Ma tête!». Puis, dans un effort de tendresse, il lui dit: «Ne désirerais-tu pas, Ô 'Âyechah, mourir pendant que je suis encore vivant, afin que je puisse t'envelopper dans un drap, prier sur toi et te déposer dans la tombe?» Là, 'Âyechah dit malicieusement: «En fait, je peux te comprendre! Tu veux vivre avec une autre femme à ma place, après tout ce que tu viens de dire». Le Prophète (ç) sourit à la plaisanterie de 'Âyechah, avec la triste compagnie d'une douleur aiguë dans sa tête, et partit pour l'appartement de Maymûnah.

Selon un autre récit; 'Âyechah dit: «Chaque fois que le Prophète (ç) passait devant ma porte, il avait l'habitude de me dire quelques mots. Maintenant, il passe depuis deux jours sans prononcer un seul mot. Aussi ai je demandé à ma bonne de mettre mon oreiller à la porte. J'y pose ma tête bandée, et lorsque le Prophète (ç) passe par là, il entend mes gémissements et entre pour me parler comme il le faisait précédemment».

Hélas! 'Âyechah n'avait pas pu comprendre la situation. Elle aurait dû trembler en pensant à son sort ainsi prédit indirectement par le Prophète (ç). Elle savait qu'il n'était pas d'assez bonne humeur pour prononcer de tels mots par plaisanterie, et que la situation ne prêtait pas à une telle plaisanterie sinistre avec sa femme bien-aimée qui était encore jeune alors qu'il avait atteint, lui, l'âge avancé de soixante-trois ans, pas du tout inconscient des prémonitions de sa fin, et souffrant gravement de maux de tête et de fièvre. La prédiction se réalisera quelques quarante ans plus tard, lorsque, à l'époque de Mo'âwiyeh, 'Âyechah sera enterrée vivante. Elle n'aura pour elle ni toilette mortuaire, ni drap pour l'envelopper, ni cercueil, ni prière sur son âme.

Dans son "History of Saracens" (p. 375), Simon Ockley, citant une note de Price, écrit: «Selon un récit, 'Âyechah fut assassinée sous le gouvernement de Mu'âwiyeh», et de donner ces détails concernant cette affaire:

«'Âyechah ayant résolument et avec affront refusé de prêter allégeance à Yazîd, Mu'âwiyeh la convoqua pour un entretien. Il avait fait préparer un puits ou un trou très profond dans la partie de la pièce réservée à sa réception, et il en fit couvrir l'orifice avec des branches et des nattes de paille. Une chaise fut placée au-dessus de l'endroit fatal. Lorsque 'Âyechah fut conduite à son siège, elle s'enfonça dans une nuit éternelle. L'orifice du trou fut immédiatement rebouché avec des pierres et du mortier».

Ainsi, 'Âyechah fut enterrée sans faste tout comme elle s'était mariée sans faste.

La Dernière Maladie du Prophète (ç)

La fièvre du Prophète (ç) revint à la charge dans la maison de Maymûnah, en s'aggravant et avec des accès occasionnels d'évanouissement. Toutes ses femmes et tous ses parents se rassemblèrent pour le voir. On lui conseilla de ne plus se déranger pour rendre visite à tour de rôle à toutes ses femmes, comme il le désirait, et de rester tranquille dans un même endroit pendant sa maladie. La maison de 'Âyechah fut proposée et admise à ce propos, d'une façon unanime. Le Prophète (ç), la tête bandée et les vêtements mis hâtivement autour de son corps, fut conduit à la demeure de 'Âyechah, soutenu par al-Fadhl, le fils d'al-'Abbâs d'un côté, par Ali (as) son cousin et fils adoptif de l'autre. Selon le récit fait par 'Âyechah, celle-ci affirme que le Prophète (ç) était soutenu d'un côté par al-Fadhl, de l'autre par une autre personne. Elle répugnait à citer le nom de Ali (as), en raison du sentiment d'inimitié qu'elle éprouvait pour lui.

'Âyechah Espionne les Mouvements du Prophète (ç)

Une nuit, alors qu'il se trouvait dans la maison de 'Âyechah, le Prophète (ç) se leva doucement de son lit et sortit dehors. 'Âyechah pensa qu'il allait chez une autre femme et le suivit à pas de loup jusqu'à ce qu'il arrivât au cimetière de Baqî' où il pria pour le pardon de ceux qui y reposaient. Avant qu'il ne retournât, elle se hâta vers sa maison, où tout de suite après le Prophète (ç) arriva. Il devina ce qu'elle avait fait et l'interrogea. 'Âyechah n'avait d'autre solution que d'avouer. Il lui dit: «Tu m'as soupçonné d'être allé chez une autre femme alors que je me suis rendu au cimetière par obéissance au Commandement d'Allâh».

Selon un autre récit, le Prophète (ç) fut suivi par Borayah, la bonne, envoyée par 'Âyechah pour surveiller le Prophète (ç). Selon une troisième version de ce fait, c'est Abû Râfi', le serviteur du Prophète (ç) qui l'accompagna. Un quatrième récit affirme que c'est Abû Muwayhebah qui alla avec lui.

Hâter l'Expédition vers la Syrie

Bien que la maladie du Prophète (ç) s'aggravât de jour en jour, elle ne le confina toutefois pas totalement à la maison. Il maintint l'habitude d'aller chaque jour au Masjid par la porte de son appartement donnant sur la cour, pour diriger la prière. Une semaine après avoir appelé ses hommes à préparer l'expédition vers la Syrie, il s'aperçut qu'ils ne s'empressaient pas d'aller au camp de rassemblement à Jorf.

Il était en colère d'entendre les gens dire: «Il choisit un adolescent pour commander le chef des Muhâjirin». Un jour, après la prière, il s'assit sur la chaire, la tête toujours bandée avec une serviette, et s'adressa ainsi à l'assistance: «Ô vous les hommes! Qu'est-ce que cela veut dire? On dit que certains d'entre vous grognent contre le fait que j'aie nommé Osâmah pour le commandement de l'expédition vers la Syrie. Si vous me reprochez maintenant cette nomination, désormais vous me blâmerez aussi pour la nomination de son père, Zayd. Je voudrais que vous le traitiez bien, car il est l'un des meilleurs d'entre vous. Maudit soit celui qui s'abstient de rejoindre l'armée». Il demanda ensuite que l'expédition fasse mouvement le plus tôt possible, et quittant la chaire, il rentra chez lui.

Avertissement aux Muhâjirîn et aux Ançâr

Un autre jour, toujours après la prière, il dit à l'assemblée: «Le Seigneur a donné à Son serviteur le choix de continuer dans cette vie, alors qu'elle est pour lui ténèbres. Quant à moi, j'ai choisi l'autre vie. Tous les autres Prophète (ç)s moururent avant moi. Vous ne devriez pas vous attendre à ce que je vive éternellement».

Après un moment de silence, il poursuivit: «Vous les Ançâr! Traitez bien ceux à qui vous avez donné refuge. Et vous les Muhdjirîn! Les Ançàr me sont sûrement chers, car c'est parmi eux que j'ai trouvé refuge. Honorez-les donc et traitez-les bien».

Puis, il récita la Sourate al-'Açr: «Par le temps! Oui, l'homme est en perdition, sauf ceux qui croient; ceux qui accomplissent des uvres bonnes; ceux qui se recommandent mutuellement la Vérité, ceux qui se recommandent mutuellement la patience», et le verset 24 de la Sourate Mohammad: «Que peut-on attendre de vous, si vous déteniez l'autorité, sinon semer la corruption sur la terre et rompre vos liens de parenté». Il mit ainsi en garde ses Compagnons contre leurs desseins malicieux.

De l'Or Destiné à l'Aumône

Un jour, le Prophète (ç) interrogea 'Âyechah sur l'or qu'il lui avait confié pour qu'elle le gardât. Il s'agissait de sept dinars, le reliquat d'une somme qu'il avait reçue pour la distribuer comme aumône. 'Âyechah ayant répondu qu'elle l'avait chez elle, il lui demanda de le distribuer parmi les pauvres. Puis il tomba dans un état de semi inconscience. Peu après, lorsqu'il reprit connaissance, il demanda encore à 'Âyechah d'offrir l'or en charité. Il réitéra sa demande une troisième fois mais vainement. A la fin il lui reprit l'argent et le confia à Ali (as) qui le distribua tout de suite aux familles pauvres.

Le Prophète (ç) Empêché de Transcrire sa Volonté

Le Jeudi précédant sa mort, et alors que beaucoup de ses principaux Compagnons étaient présents dans la chambre, le Prophète (ç), étendu sur son lit, demanda qu'on lui apportât ce qu'il fallait pour écrire quelque chose: «Apportez-moi du papier et de l'encre afin que je puisse consigner pour vous un document qui vous évitera de retomber dans l'erreur».

'Omar s'interposa immédiatement ainsi: «L'homme est en délire. Le Livre de Dieu nous suffit».

Quelques-uns parmi l'assistance dirent qu'il fallait apporter le nécessaire pour écrire; d'autres se rangèrent du côté de 'Omar. La discussion s'anima et des voix s'élevèrent très haut pour contrarier le Prophète (ç). Les dames derrière les rideaux voulurent fournir le matériel de l'écriture mais 'Omar les rabroua: «Silence! dit-il. Vous êtes comme les femmes de l'histoire de Joseph. Lorsque votre maître tombe malade, vous fondez en larmes et dès qu'il va un peu mieux, vous vous mettez à faire des taquineries».

Ayant entendu ces propos, le Prophète (ç) dit: «Ne les grondez pas: elles valent sûrement beaucoup mieux que vous cependant». Maintenant quelques personnes se mirent à demander au Prophète (ç) ce qu'il désirait enregistrer.

Mais le Prophète (ç) récita sur un ton de colère le verset 2 de la sourate al-Hujurât («Ô vous les croyants! N'élevez pas la voix au-dessus de celle du Prophète (ç). Ne lui adressez pas la parole d voix haute, comme vous le faites entre vous, de crainte que vos uvres ne soient vaines, sans que vous vous en doutiez»). Et dit: «Allez-vous en! Laissez-moi seul! Car ma condition présente est meilleure que celle à laquelle vous m'appelez».

Après avoir marqué une pause, il poursuivit: «Mais faites attention aux trois injonctions suivantes: un, chassez tout Infidèle de la Péninsule; deux, recevez avec hospitalité les délégations et offrez-leur le repas avec largesse, de la même façon que je le faisais». Quant à la troisième injonction, on dit qu'elle a été oubliée par le narrateur ou que sa mention a été omise.

Ibn 'Abbâs se lamenta sur l'irréparable perte subie par les Musulmans ce Jeudi, par suite de l'empêchement du Prophète (ç) d'écrire ce qu'il voulait pour la guidance de ses adeptes. Se rappelant cet événement, il pleura jusqu'à ce que ses joues et sa barbe fussent mouillées par ses lamies.

La maladie du Prophète (ç) s'aggravait chaque jour un peu plus et il en était très conscient. L'expédition de Syrie le préoccupait cependant sérieusement. Il continua à dire à ceux qui l'entouraient: «Envoyez rapidement l'armée d'Osâmah».

Abû Bakr Conduit la Prière

C'est un fait admis que jusqu'au soir du Jeudi précédant son décès, le Prophète (ç) continua à aller au Masjid pour diriger les prières à toutes les occasions. Mais la nuit de ce Jeudi-là, on dit qu'il ne put présider à la congrégation.

Il y a beaucoup de hadiths qui affirment que c'est Abû Bakr qui conduisit la prière de nuit ce jour-là. On dit qu'à dix-sept reprises, le Prophète (ç) recommençant à faire la prière de la nuit du Jeudi précédant sa mort, et ne pouvant pas présider à la congrégation au Masjid, commanda à Abû Bakr de diriger la prière. Il est admis également que le matin du jour de sa mort, le Prophète (ç) alla au Masjid, s'assit à côté d'Abû Bakr qui présida à l'assemblée et que lorsque les prières prirent fin, le Prophète (ç) fit un sermon du haut de la chaire avec une voix si puissante que sa portée dépassa de très loin les portes extérieures du Masjid.

Voici une tradition concernant ce fait:

«A l'heure de la prière de nuit du Jeudi, le Prophète (ç) donna l'ordre de demander à Abû Bakr de diriger les prières: 'Âyechah dit alors: "Ô Prophète (ç)! Abû Bakr a le cur fragile. Ordonne plutôt que 'Omar dirige les prières". Le Prophète (ç) consentit à cette demande, mais 'Omar en recevant l'ordre du prophète (ç) objecta qu'il ne pouvait pas remplacer Abû Bakr tant qu'il était présent. Finalement ce fut Abû Bakr qui dirigea les prières. Dans l'intervalle, le Prophète (ç) se sentant suffisamment rétabli, vint au Masjid. Abû Bakr ayant vu le Prophète (ç) arriver, s'apprêta à regagner sa place dans l'assemblée, pour laisser le lieu libre pour le Prophète (ç). Mais ce dernier le retint par ses vêtements et lui ordonna de rester là où il était et il prit place à côté de lui, et se mit à réciter alors qu'Abû Bakr dirigeait la prière».

Ibn Khaldûn dit qu'à dix-sept reprises le Prophète (ç) dirigea de la même manière les prières d'Abû Bakr en étant assis à côté de lui alors que la congrégation était dirigée par ce dernier.

Selon une autre tradition, le Prophète (ç) avait ordonné à 'Abdullâh Ibn Zam'ah de demander aux membres de la congrégation de lire eux-mêmes les récitations des prières: Alors que 'Abdullâh se dirigeait vers le Masjid, 'Omar fut le premier à le rencontrer. Aussi lui demanda-t-il de diriger les prières. 'Omar se mit alors debout et de sa voix puissante il commença à réciter la formule préparatoire à la prière, "Allâhu Akbar". Le Prophète (ç) entendant la voix de 'Omar depuis son appartement s'écria: «Non! Non! Ne laissez personne d'autre qu'Abû Bakr diriger les prières». 'Omar se retira et désapprouva la conduite de Zam'ah. Celui-ci reconnut alors que le Prophète (ç) ne lui avait nommé aucune personne en particulier pour conduire les prières.

Une troisième tradition affirme: Lorsque l'heure de la prière en assemblée fut arrivée, le Prophète (ç) demanda de l'eau pour faire ses ablutions. Mais essayant de se lever, ses forces le trahirent au point qu'il commanda qu'Abû Bakr récite les prières dans la congrégation. Et ayant donné cet ordre, il s'évanouit. Dès qu'il reprit connaissance, il demanda si Abû Bakr avait bien reçu son ordre. 'Âyechah répondit qu'Abû Bakr avait le cur tendre, qu'il pleurerait et que les gens entendraient difficilement sa voix; bref, que 'Omar conviendrait mieux, s'il recevait l'ordre de diriger les prières. Mais le Prophète (ç) réitéra l'ordre qu'Abû Bakr récite les prières à la congrégation. 'Âyechah recommanda encore 'Omar pour cette tâche, mais le Prophète (ç) voulait que personne d'autre qu'Abû Bakr ne fasse les récitations. Ensuite, sur l'insistance de 'Âyechah, on exhorta le Prophète (ç) à autoriser 'Omar à présider à la congrégation. Contrarié et irrité, le Prophète (ç) s'exclama: «Vraiment vous êtes pareils aux femmes stupides de l'histoire de Joseph! Faites exécuter tout de suite l'ordre que j'ai donné». L'ordre fut donné et Abû Bakr se mit à réciter le Takbîr. Dans l'intervalle, le Prophète (ç) ayant récupéré ses forces, était venu au Masjid, soutenu par Ali (as) et 'Abbâs. Lorsqu'Abû Bakr entendit le bruissement des vêtements du Prophète (ç), il s'apprêta à revenir en arrière pour se ranger parmi la congrégation, mais le Prophète (ç) lui ordonna de rester à sa place et il s'assit à côté de lui. Ainsi, dans la prière, Abû Bakr fut dirigé par le Prophète (ç) et la congrégation par Abû Bakr.

Selon une tradition, Hafçah avait donné l'ordre à Bilâl de faire en sorte que son père ('Omar) dirigeât les prières publiques. A la suite de quoi, Mohammad la réprimanda et dit: «Elle est comme les femmes de l'histoire de Joseph». Et d'ajouter: «Dis à Abû Bakr de diriger les prières, car vraiment, si je n'en fais pas mon député, les gens ne lui obéiront pas». (K. Wâqidî, p. 145, cité par W. Muir, op. cit.,vol. IV, p. 266).

«On dit qu'Abû Bakr dirigea les prières pendant trois jours avant le décès du Prophète (ç). Selon une autre tradition, il dirigea les prières à dix-sept occasions, ce qui équivaudrait à trois jours et une partie du quatrième». (K. Wâqidî, p. 145, cité par W. Muir, vol. IV, p. 264).

Il ressort des différentes traditions précitées que le Prophète (ç) sortit jusqu'au dernier jour de sa vie au Masjid et dirigea lui-même les prières. Il est raisonnable aussi de penser, que le Prophète (ç) ayant déjà donné l'ordre à Abû Bakr de partir avec l'armée de Osâmah et invoqué la malédiction contre qui conque négligerait d'exécuter l'ordre de rejoindre l'armée n'eût pas pu en même temps lui donner l'ordre de présider aux Prières Publiques à Médine - ce qui aurait supposé qu'Abû Bakr se fût trouvé à Médine, contrairement à son ordre précédent qu'il ne retira pas jusqu'à sa mort.

On dit que le droit de présider à une prière publique était toujours reconnu comme le signe manifeste du chef du pouvoir séculier. Si Abû Bakr avait été vraiment désigné pour présider aux Prières Publiques, les Ançâr qu'on prétend s'être rassemblés à Saqîfah pour choisir un Calife alors que le corps du Prophète (ç) n'avait encore été ni lavé ni enseveli, n'auraient pas osé entreprendre si hâtivement cette initiative en infraction avec un si récent ordre du Prophète (ç), négligeant à ce point le fait que la prétendue désignation d'Abû Bakr pour diriger les prières aurait signifié qu'il avait été investi de l'Autorité Suprême.

Une grande partie des Musulmans infèrent donc d'une manière probante que l'imamat d'Abû Bakr fut imaginé après coup afin de justifier son accession au Pouvoir Suprême après la mort du Prophète (ç).

Un autre jour, le Prophète (ç) s'adressa au peuple, après les prières, dans les termes suivants:

«Frères! Si j'ai causé injustement à quiconque d'entre vous un mal, je soumets mes épaules d sa vengeance. Si j'ai calomnié la réputation de quiconque d'entre vous, qu'il vienne relever mes fautes devant l'assemblée. Si je dois quoi que ce soit à quiconque, qu'il s'avance pour me réclamer son dû, le peu que je possède servira d m'acquitter. Je préfère subir un affront dans ce monde plutôt que dans l'autre». Et le Prophète (ç) d'ajouter: «Je n'ai rendu légal que ce que Dieu avait rendu légal, et je n'ai interdit que ce que Dieu avait prohibé».

Un homme sortit des rangs de l'assistance et réclama trois dirhams qui lui furent payés tout de suite. Après quoi, le Prophète (ç) rentra à la maison.

Dans la nuit du Samedi, la maladie du Prophète (ç) prit un tournant sérieux, et la fièvre, dit-on, ne diminua pas jusqu'au Dimanche soir. Dimanche, Osâmah sortit de son camp pour recevoir les bénédictions du Prophète (ç) avant son départ pour la Syrie, mais au moment de sa visite le Prophète (ç) était inconscient et évanoui. Osâmah lui parla, mais le Prophète (ç) ne lui répondit que par un mouvement de la main qu'Osâmah prit entre les siennes. Puis baisant la main et le front du Prophète (ç), Osâmah retourna à son camp.

La Dernière Prière et le Dernier Sermon du Prophète (ç) dans son Masjid

Tôt le lundi matin (le jour de Sa mort), le Prophète (ç), toujours la tête bandée, sortit au Masjid, soutenu par deux hommes. Après les prières, il fit un court sermon, d'une voix qu'on entendait au-delà des portes extérieures du Masjid, lequel était inhabituellement rempli par les gens anxieux qui étaient venus s'enquérir de son état après la crise de la nuit précédente.

Dans son sermon, le Prophète (ç) dit que les esprits malfaisants étaient proches et que la plus noire partie d'une nuit noire et tempétueuse s'approchait. A la fin du sermon, Abû Bakr dit: «Ô Prophète (ç)! Par la Grâce de Dieu, tu es mieux aujourd'hui!».

Osâmah était lui aussi présent, pour recevoir les bénédictions du Prophète (ç) qui lui dit: «Dépêche-toi avec ton armée; que la bénédiction de Dieu soit avec toi». Osâmah retourna au camp et donna l'ordre du départ le même jour. Abû Bakr revint chez lui à al-Souh.

La Mort du Prophète (ç)

Le Prophète (ç) regagna sa maison et, exténué, se jeta sur son lit. Ses forces le lâchèrent rapidement. Il appela toutes ses femmes près de lui et leur donna les instructions nécessaires en leur ordonnant de rester tranquilles dans leurs maisons et de ne pas se montrer dans un état de l'Epoque de l'Ignorance (Sourate al-Ahzâb, 33: 33).

Fatima (as), sa fille bien-aimée pleurait. Il l'appela, la fit asseoir à côté de lui et chuchota quelques mots dans son oreille. Elle fondit en larmes. Le Prophète (ç) glissa encore quelques mots dans son oreille et essuya ses larmes avec ses mains. Elle parut alors réconfortée et sourit.

Puis il appela Hassan (as) et Houssein (as), ses deux fils chéris qu'il n'avait cessé de caresser dans son giron depuis des années, voulant les embrasser pour la dernière fois. Hassan (as) posa son visage sur celui du Prophète (ç) et Houssein (as) se jeta sur sa poitrine. Chacun d'eux se mit à sangloter et à crier avec une telle amertume que toute l'assistance vit leurs larmes perler dans leurs yeux. Le Prophète (ç) les étreignit et les embrassa avec beaucoup d'affection et ordonna à toutes les personnes présentes de les traiter, ainsi que leur mère avec grand amour et respect, exactement comme il les traitait lui-même (le Prophète (ç) avait l'habitude de se lever et de faire un ou deux pas en direction de Fatima (as) chaque fois qu'il la voyait venir vers lui. Il l'accueillait toujours avec une joie manifeste. Puis baisant sa main, il la faisait asseoir à sa propre place).

Ensuite, il appela Ali (as) qui prit place près du lit. Le Prophète (ç) lui ordonna de rendre la somme qu'il avait empruntée à un certain Juif pour couvrir les frais de l'expédition d'Osâmah, et lui enjoignit d'endurer avec patience et résignation les troubles auxquels il serait confronté après sa mort. Il lui demanda de rester patiemment sur son droit chemin menant à l'autre monde, lorsqu'il constaterait que les gens se trouveraient sur celui menant vers le monde d'ici-bas.

Le Prophète (ç) prit la tête de Ali (as) sous son manteau qui les couvrit tous deux, et ce jusqu'à ce que Ali (as) ait sorti sa tête pour annoncer la mort du Messager de Dieu.

Ibn Sa'd et al-Hâkim ont noté que le Prophète (ç) avait rendu le dernier soupir, sa tête dans le giron de Ali (as) ("Madârij al-Nubuwwah").

Les derniers mots prononcés par le Prophète (ç), selon Ali (as) furent: «La compagnie bénie dans le Ciel. Les prières», après quoi il s'est étiré doucement, et puis tout a été fini. Que la paix éternelle soit sur lui et sur les membres de sa famille qui se sont sacrifiés pour la cause de l'Islam et qui nous ont dirigés sur le droit chemin.

Fatima (as), se frappant le visage et se lamentant d'amertume rejoignit les autres femmes qui gémissaient bruyamment.

C'était à peine midi passé, le Lundi 2 Rabî' I de l'an onze (calculé en commençant par le mois de Moharram), que le Prophète (ç) rendit l'âme, à l'âge de soixante-trois ans. Les autres dates de la mort du Prophète (ç), signalées par d'autres sources sont le 28 Çafar et le 12 Rabî' I.

Le jour de son décès retenu unanimement est cependant un lundi.

Selon une tradition, avant la mort du Prophète (ç), quelqu'un avait demandé la permission de lui rendre visite, alors qu'il se trouvait dans un état d'inconscience. Fatima (as) répondit au visiteur que le moment ne convenait pas à une telle intrusion. Sans prêter attention à la réponse, le visiteur avait demandé encore la permission de se rendre auprès du Prophète (ç), et Fatima (as) lui répondit de la même façon. Il réitéra sa demande une troisième fois sur un ton si horrible que Fatima (as) en fut terrifiée.

Jibrîl (l'Ange Gabriel) qui était descendu en ce moment-là pour visiter le Prophète (ç) dit à ce dernier: «Ô Prophète (ç)! C'est l'ange de la Mort. Il te demande la permission d'entrer. Jamais auparavant, il n'a demandé la permission à aucun homme, et jamais par la suite il ne fera preuve d'une telle sollicitude envers aucun autre».

Le Prophète (ç) demanda alors à Fatima (as) de le laisser entrer.

L'ange de la Mort entra et s'arrêtant devant le Prophète (ç), dit: «Ô Prophète (ç) du Seigneur! Dieu m'a envoyé à toi et m'a donné l'ordre d'agir selon ton désir. Ordonne-moi d'arracher ton âme, je le ferai; ou bien ordonne-moi de la laisser, et je t'obéirai».

Alors, Jibrîl s'interposa: «Ô Ahmad! Le Seigneur te désire (auprès de Lui)». «Vas-y donc, dit le Prophète (ç) à l'ange de la Mort, et fais ton travail». Jibrîl fit ses adieux au Prophète (ç) dans ces termes: «Que la paix soit sur toi, Ô Prophète (ç) du Seigneur! Ma descente sur terre se termine avec toi». Le Prophète (ç) en décida ainsi et un gémissement de voix céleste s'éleva du convoi funèbre invisible.

La nouvelle de la mort du Prophète (ç) se répandit vite dans toute la ville de Médine et les gens affluèrent vers le Masjid de toutes parts pour savoir la vérité. Abû Bakr se trouvait dans sa maison, à al-Sonh dans la banlieue de Médine. 'Âyechah envoya Salim B. Abid pour le chercher tout de suite.

'Omar Joue une Scène Bizarre

Entre-temps une scène bizarre se jouait dans le Masjid. En effet, à peine après la mort du Prophète (ç), 'Omar entra dans l'appartement du Prophète (ç) et enlevant le drap qui couvrait son corps, regarda fixement les traits du Prophète (ç), lequel semblait tombé dans un sommeil paisible.

Remettant doucement la couverture sur le corps, il s'exclama: «Le Prophète (ç) n'est pas mort, il est parti auprès de Son Seigneur, comme l'avait fait avant lui Mûsâ, pour s'absenter pendant quarante jours. Il retournera parmi nous encore». Brandissant son épée, il s'écria: «Je couperai la tête de quiconque oserait dire que le Prophète (ç) est mort».

Alors que 'Omar haranguait les gens de cette façon, Abû Bakr apparut. Il écouta 'Omar pendant un moment, puis emprunta la porte de l'appartement de 'Âyechah, où il enleva à son tour le drap couvrant le corps du Prophète (ç), se pencha sur lui et l'embrassa sur le front. Puis en posant la tête sur ses mains, il la leva légèrement et scruta les traits du visage minutieusement. Puis, reposant la tête doucement sur l'oreiller, il s'exclama: «Oui, doux tu étais dans la vie et doux tu es dans la mort. Hélas mon maître! Tu es effectivement mort».

Recouvrant le corps, il s'avança et se dirigea tout de suite vers l'endroit où 'Omar brandissait son épée et haranguait les gens. «Calme-toi 'Omar! Assieds-toi!» s'écria-t-il. Mais 'Omar ne l'écouta pas. Il se tourna alors vers l'assistance et dit: «Avez-vous déjà oublié le verset coranique qui avait été révélé au Prophète (ç) après le jour d'Ohod: «Mohammad n'est qu'un Prophète (ç); des prophète (ç)s sont morts avant lui. Retourneriez-vous sur vos pas, s'il mourait ou s'il était tué?» (Sourate Âle 'Imrân, 3: 144). Et ignorez-vous l'autre verset coranique révélé au Prophète (ç): «Tu vas sûrement mourir, (Ô Mohammad) et eux aussi vont mourir». (Sourate al-Zomar, 39: 30)».

Et Abû Bakr de poursuivre: «Que celui qui adore Mohammad sache que Mohammad est vraiment mort, mais que celui qui adore Dieu sache que Dieu est immortel: IL est vivant et ne meurt pas».

La vérité étant à présent connue, l'assistance se mit à pleurer à chaudes larmes. On eût dit que les gens n'avaient jamais eu connaissance auparavant de ces versets coraniques, puisqu'on dut les leur répéter. 'Omar lui-même, en les entendant fut frappé d'horreur. Plus tard il dira qu'ayant entendu Abû Bakr réciter lesdits versets, il se mit à trembler et s'écroula, et qu'il sut après avec certitude que le Prophète (ç) était vraiment mort.

Om Aymân avait envoyé un messager à son fils Osâmah à Jorf pour l'informer de la condition critique du Prophète (ç). Osâmah avait déjà donné l'ordre à l'armée de se mettre immédiatement en marche et son pied était sur l'étrier lorsque le messager de sa mère arriva. Abasourdi par la nouvelle, Osâmah dispersa l'armée et retourna à Médine précédé par Boraydah B. al-Haçib, son porte-drapeau qui se dirigea directement vers le Masjid où il planta l'étendard à la porte de la maison dans laquelle le Prophète (ç) était étendu mort.

Peu après ces péripéties, dans l'après-midi, un ami vint précipitamment vers Abû Bakr et 'Omar au Masjid pour les informer que plusieurs notables de Médine s'étaient réunis dans Saqîfah Banî Sâ'idah et qu'ils étaient en train d'élire comme dirigeant Sa'd B. 'Obâdah. «Si vous voulez détenir l'Autorité Suprême, vous n'avez pas un moment à perdre, et vous devez arriver là-bas avant que l'affaire soit réglée et que l'opposition devienne dangereuse», leur dit-il. Ayant entendu cette nouvelle, Abû Bakr et 'Omar accoururent à Saqîfah en compagnie d'Abû 'Obaydah et de plusieurs autres personnes.

Le Lavage Rituel et l'Enterrement du Prophète (ç)

Entre-temps, Ali (as), ignorant ce qui se tramait à l'extérieur était occupé, à l'intérieur de la maison, à la préparation du lavage du corps du Prophète (ç), en compagnie de 'Abbâs et de ses deux fils, Fadhl et Qutham, ainsi que d'Osâmah et Çâleh ou Charqân.

Ayant fermé la porte de l'appartement et arraché un rideau d'un drap de tissu du Yémen, ils y mirent le corps pour le laver. Ali (as) était la seule personne désignée par le Prophète (ç) pour laver son corps (comme il l'avait d'ailleurs prédit lorsqu'il avait donné le premier bain à Ali (as) au moment de sa naissance) puisqu'il avait dit que tout personne autre que Ali (as) qui regarderait sa nudité serait aveugle sur-le-champ.

Ainsi Ali (as) lava le corps et les autres l'aidèrent. Après le lavage du corps, ils l'amenèrent dehors et ils le revêtirent des vêtements dans lesquels il était mort. Deux draps de beau tissu blanc furent enroulés autour du vêtement et au-dessus de tout cela fut posé un drap de tissu rayé du Yémen. Puis vint le moment de la prière sur le corps. Tout d'abord les proches parents, suivis par les Partisans et les Compagnons du Prophète (ç), entrèrent dans la maison par groupes de dix personnes à la fois, et prièrent sur lui. Le corps resta ainsi jusqu'au moment de l'enterrement.

Les gens tombèrent en désaccord quant au lieu d'enterrement du Prophète (ç). La question fut tranchée par Ali (as) qui affirma avoir entendu le Prophète (ç) dire que là où un Prophète (ç) meurt il doit être enterré.

A Médine, il y avait deux fossoyeurs, Abû 'Obaydah al-Jarrâh qui creusait les tombes des Mecquois et Abû Talhah Zayd B. Sâhel qui creusait les tombes des Médinois. 'Abbâs envoya un homme pour les chercher tous les deux. Abû 'Obaydah n'était pas chez lui, étant donné qu'il se trouvait avec Abû Bakr et 'Omar à Saqîfah, occupé aux questions du Califat (la succession du Prophète (ç)); donc on ne pouvait pas faire appel à ses services. Abû Talhah vint et creusa le tombeau du Prophète (ç).

L'enterrement eut lieu le mardi dans la nuit, ou le mercredi, tôt le matin. Le corps fut descendu dans le tombeau par les mêmes proches parents qui l'avaient lavé et transporté dehors. Ali (as) fut la dernière personne à quitter l'intérieur du tombeau. Le Lahad, ou la voûte, une fois refermé, le tombeau fut rempli de terre arrosée d'un peu d'eau. Les gens quittèrent alors la tombe et se dirigèrent vers la maison de Fatima (as) pour la consoler dans son deuil.

'Âyechah continua à vivre dans la chambre contiguë à celle qui abritait le tombeau.

 

 

    MANQUE DE MATURITE DE LA SOCIETE ISLAMIQUE AU MOMENT DU DECES DU PROPHETE

 

Après l’hégire et son installation à Médine, le prophète profita de la liberté qu’offraient les circonstances pour mettre sur pied une société islamique digne de nom. La communauté islamique put ainsi évoluer politiquement et s’imposa comme une force redoutable dans la péninsule arabique. Le prophète avait accompli sa mission avant sa mort. Il avait transmis à l’humanité l’intégralité du message dont il était porteur. Mais cette communauté était minée par des gangrènes dont les plus graves sont ;

1- Grâce à ses enseignements, le prophète avait pu réunir les tribus arabes auparavant éparpillées sous la bannière de la « foi ». Il avait fait d’eux des frères en religion. Il put former un gouvernement islamique avec ce beau monde dont il mena la destiné jusqu’au dernier souffle. Médine, la capitale de cette nation était gérée tantôt directement sous la direction de la révélation, tantôt par un système de consultation en cas d’absence d’une révélation coranique sur le problème. Chacun était libre de proposer son avis et ses critiques. C’était pour les Arabes une première de vivre sous ce genre de régime. Cette puissance politique avait été acquise grâce à la présence d’un guide capable et divinement assisté. Le système « Communauté et Imamat » que le prophète avait mis en place par décrét divin devait permettre à maintenir ce cap après le prophète (ç).

2- Le culte de l’idolâtrie avait presqu’été effacé dans la péninsule arabique avant la mort du prophète (ç). Qunad bien même aucune percée extérieure n’eut lieu, le prophète avait réussi à porter très loin le message islamique avec les ambassadeurs qu’il avait envoyé partout. Après la conquete de la Mecque presque toute l’Arabie était islamisée. En tout cas, une soumission totale face au gouvernement islamique régnait. La foi ne s’était pas encore encrée dans les cœurs. En effet, le messager de Dieu n’avait pas eu l’occasion d’envoyer des enseignants et des animateurs culturels pour implanter la culture islamique dans les habitudes. Beaucoup d’entre eux n’avait pas vu le prophète ne serait-ce qu’une fois. Seuls leurs chefs avaient des rencontres avec le messager de Dieu. Le risque de revenir aux habitudes obscurantiste d’avant était flagrant. Une raison de plus pour montrer que la nécessité d’un guide puissant et compétent après le prophète s’imposait pour qu’avec l’étendu de ses connaissances et de sa foi, l’islam puisse prendre vraiment place dans les habitudes.

3- En dépit du démantèlement  des hypocrites après la mort de leur chef Abdoullah ibn Oubey, certains membres de ce groupe agissaient individuellement dans Médine et ses alentours. Ils étaient toujours à la rechercher d’une opportunité pour frapper l’islam. En plus des hypocrites qu’on peut présenter comme un ennemi interne, des ennemis extérieurs tels que la Rome et la Perse guettaient l’islam d’un œil méfiant. Le prophète avait à l’esprit ce triangle dangereux et méditait profondément comment faire pour les rendre moins nuisibles. Tel est l’autre argument qui exigeait que le prophète nomme à la tête de la communauté quelqu’un qui maintiendra l’unité et accroîtra la puissance de la nation.

4- Le système tribal en vogue dans la péninsule arabique paraissait indestructible. C’est avec beaucoup d’efforts et de persévérance que le prophète parvint à changer les choses dans cette société grâce au « mot de l’unicité » et à « l’unicité du mot ». Les tribus s’unirent, le sang qui culait dans les veines était nourrit par l’unité dans la foi et la fraternité. C’était le fruit des actions du saint Coran. Mais l’histoire montre que le spectre de l’ignorance et de l’obscurantisme régnait encore dans les esprits.

5- Le prophète était à la fois le guide spirituelle et politique de Médine après l’hégire. Il assumait consécutivement ces deux responsabilités. Les musulmans suivaient ses allocutions, priaient derrière lui et s’inspiraient de sans valeur spirituelle qu’ils appréciaient beaucoup. Ils recueillaient l’eau qui tombait pendant qu’il faisait les ablutions pour en tirer bénédiction. Ces mêmes musulmans se présentaient sur le champ de bataille sous son commandement. Ils tuaient et se faisaient tuer en guise de loyauté pour lui. Ils le représentaient auprès des ennemis pour des négociations. Raison pour laquelle son remplaçant ne devait pas seulement s’occuper des affaires politiques et sociales. Au contraire, il aurait fallu qu’en plus de la direction politique et sociale, le successeur du prophète soit aussi une source de recours pour les problèmes d’ordre religieux. C’est-à-dire qu’il fallait quelqu’un qui avait une large connaissance en matière de religion.         

 

Proposé par Mountazir JIVAN pour https://shia974.fr

 

 

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