Shia 974 (Chiite Réunion) - Rencontre Pédiatre-Religion à Saint-Denis - Déc 2012 - Shia 974" Chiite à l'Ile de la Réunion

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Shia 974 ( Chiite à l'Ile de la Réunion )
Divers articles


Rencontre avec un Pédiatre à Saint-Denis en Décembre 2012



1/ Comment percevez-vous la collaboration entre soignants et religieux pour les enfants gravement malades qui risquent de mourir ?


Avant de répondre à vos questions et, aussi, à celles que pourraient poser certaines personnes, ignorant les recommandations Islamiques, je ne leur donne pas tort, parce que, très souvent, les informations qui circulent ne sont qu'islamophobes, permettez-moi de vous définir, avant tout, le statut sacré de l'enfant en Islam.
L'enfant, qu'il soit garçon ou fille, est considéré comme un bienfait Divin, une vertu, qui mérite tous les soins depuis le premier jour de sa conception dans le ventre de sa mère. Pour éviter de vous ramener sur le plan sexuel qui n'est pas le sujet de notre entretien d'aujourd'hui, cependant, comme nous sommes tenus de parler à propos de l'enfant, surtout de ce qui touche à son domaine médical, j'oserais vous dire que l'enfant existe avant la sexualité, les préparations à la conception se font suivant des règles spécifiques, déterminées par l'Islam, propres à l'union de deux êtres, en un mot, la sexualité est liée à la Religion.  
Je vous cite quelques Traditions Prophétiques avant de venir à nos moutons :
'' Si la mort survient à une femme pendant sa grossesse ou à l'accouchement, ou encore, durant la période de l'allaitement qui dure deux ans, elle meurt martyre.''
''La femme est une fleur parmi les fleurs du Paradis, tandis qu'un bon enfant est un bouquet du Paradis.''
''Embrassez vos enfants, traitez-les avec égalité, amenez des cadeaux pour eux quand vous allez au marché, respectez-les, donnez-leur un bon prénom qui a un effet sur sa vie et, surtout, une bonne éducation.''
Parmi ces quelques Paroles et une centaine d'autres que regorgent nos livres, vous pourriez déjà constater que l'Islam a beaucoup pris soin de l'enfant et a demandé aux parents de ménager sa psychologie, son physique et sa spiritualité.
Je reviens à votre 1ère question : la Religion et, surtout, l'Existence Divine, est innée à l'homme. L'Islam proclame que l'enfant naît religieux, mais c'est son éducation, son entourage qui le rendent tel qu'il devient par la suite.
Le médecin soigne son corps et la Religion son âme. Le corps n'existe que par l'âme qui lui donne vie. Certaines études montrent que les patients qui ont la Foi guérissent mieux que ceux qui n'en ont pas.
La collaboration entre soignants et religieux pour les enfants gravement malades qui risquent de mourir n'est seulement pas souhaitable, mais elle est nécessaire, indispensable et bénéfique sur tous les plans, elle doit être étroite.
L'enfant qui a reçu une éducation religieuse considère les Représentants du Culte comme ses parents, ils sont spirituels comme ces derniers sont physiques, il a une ferme confiance en eux, il se sent soulagé, guéri, en leur présence, son espoir revit. Le malade vit mieux sa maladie avec la Croyance. Si la 1ère loi de la médecine stipule que le malade doive souffrir moins, le religieux n'apporte que sa contribution à la fonction du soignant.
Lorsque l'enfant meurt, on le confie au Prêtre pour lui donner son extrême- onction et les derniers sacrements, alors pourquoi ne pas s'adresser à lui quand il vivait ou il souffrait sur son lit de malade ou quand il luttait contre la mort ?


2/ D'après vous, quand doit-on faire appel à un représentant du culte ? Y a-t-il collaboration entre représentant du culte intra et extra hospitalier ?


Je pense que les soignants doivent proposer au patient et à ses proches la possibilité de faire venir un représentant de culte s'ils le souhaitent. Ce choix incombe au patient et à son entourage. S'ils décident de faire appel à un Prêtre de leur Foi et s'ils sollicitent un espace libre, par exemple, je crois que l'équipe médicale doit essayer de satisfaire la famille autant que faire se peut.
Oui, je considère que tout le monde doit se mobiliser autour de ce patient et qu'il y ait, bien sûr, collaboration entre représentant du culte intra et extra hospitalier.


3/ En tant que soignant, selon vous, faut-il aborder les questions de spiritualité / religion avec un enfant ? Avec sa famille ?

Je ne vois aucun mal à cette conversation, plutôt elle atténue la souffrance de la famille comme aussi de l'enfant malade. Un soignant peut, s'il le souhaite, aborder les questions de spiritualité avec son patient, sans entrer dans les détails, toute Religion apporte la patience et l'espérance.
Quand les médecins se lavent les mains, la guérison semble impossible, on n'attend que les dernières minutes, dans ces moments pénibles, on s'accroche à Dieu si on est croyant ou à une force puissante si on l'est pas, on demande qu'un miracle se produise, même si on n'y croit pas.
Il ressemble à ce garçon qui bat de ses ailes au milieu de l'océan, cherchant un appui, un secours, une aide céleste qui viendrait lui sauver la vie.
J'imagine que vous savez par votre métier comme le prouve aussi mon expérience que le moral joue beaucoup dans la santé, là où les remèdes n'arrivent pas, la Religion y pénètre facilement. La spiritualité forme l'homme, illumine ses idées noires, réconfort son moral, enlève son stress, raffermit sa foi et l'encourage à faire face à son destin.


4/ D'après vous, peut-on parler de la mort aux enfants ?

La question paraît difficile à première vue. A-t-on jamais demandé à l'enfant de ce qu'il pense de la mort quand il la voit venir prendre ses grands-parents ou ses proches, quand elle frappe à la porte de son voisin, quand elle le sépare de son camarade de classe, quand elle enlève son maître ou sa maîtresse préférée  ?
L'enfant vit quotidiennement la mort qui ne lui est pas étrangère, il la voit aussi à travers les films projetés à la Télé, alors pourquoi ne pas en parler avec lui pour qu'il s'habitue à celle-ci ?
L'enfant apprend à l'école que l'air, la terre, l'eau et le feu constituent les éléments de la vie, il doit savoir aussi que la mort n'est, donc, que son contraire.
Chez nous, l'enfant entend ce mot des centaines de fois dans les Sermons du Vendredi, il assiste aux funérailles, à l'enterrement, il récite les Prières destinées aux morts,  il accompagne ses parents qui viennent prier au cimetière, la mort ne semble pas un sujet qui lui ferait peur, bien qu'elle ne soit pas une chose à appeler chez soi !
Le suicide, le meurtre, les actes menant au terrorisme sont à abolir, ils sont strictement interdits par l'Islam, considérés comme de grands péchés impardonnables, ceux qui les commettent méritent les châtiments Divins, leurs âmes souffrent dans l'Au-delà, ils sont rejetés par la Communauté. L'enfant Musulman Shia (Chiite) est correctement éduqué dans cette matière et en est parfaitement conscient.
Je pense que le soignant est mal placé pour parler de la mort à l'enfant. Il ne faut pas qu'en le faisant, le malade se démoralise, il voit la mort venir.


5/ De votre point de vue, faut-il informer les enfants ? Et si oui, quelle part de décision peut avoir l'enfant dans sa prise en charge ?


Informer les enfants de ce qui leur arrive? Oui, mais en s'assurant de ne pas décourager l'enfant, en positivant les choses et en expliquant tout ce que les soignants s'efforcent de faire pour le sortir de là . . ., en lui confiant que la lumière brille au bout du tunnel. . .  
Informer les enfants qu'ils risquent de mourir? Je pense que non! Les parents n'oseront jamais prononcer le vocable de ''la mort,'' c'est impossible. Le soignant est aussi mal placé à agir dans ce sens. Plutôt, il faut soutenir l'enfant par des paroles encourageantes, pleins d'espoir et de confiance en Dieu Tout Puissant.


6/ Selon vous, quels sont les rites accompagnant la mort d'un enfant ? Comment aménager le lieu de vie d'un mourant ?


Au regard de l'Islam, le mort, en général, mérite un grand respect. Il est fortement recommandé à chaque Musulman de participer à son enterrement.
Les femmes Musulmanes peuvent y participer, si elles le veulent, mais il ne leur est pas conseillé d'aller jusqu'au cimetière.
Le lavage du corps, l'ensevelissement, la Prière du mort et son enterrement sont obligatoires à chaque Musulman et Musulmane et il faut les effectuer dans les brefs délais, mais si un groupe accomplit tous ces actes, les autres en sont exemptés. Si personne ne s'y met, tous les membres de la Communauté en sont responsables. On appelle cela : l'obligation de suffisance.
Un bébé vivant dans le ventre de sa maman décédée doit en être rapidement retiré par tous les moyens autorisés, pour sauver une vie humaine.
Un enfant décédé reçoit tous les sacrements conformes à la Loi Islamique, comme ceux qui sont réservés à un adulte  (3 lavages rituels, le linceul à 3 vêtements définis, la Prière Mortuaire obligatoire s'il est âgé de 6 ans, si non elle est facultative, et, enfin l'enterrement). Même un enfant mort-né par suite d'un adultère est béni des mêmes rites, sans aucune discrimination, comme aussi un fœtus de 4 mois ou plus et, même, de moins de 4 mois, si le corps présente des traits physiques distinctifs.
Le mort est inhumé dans sa tombe, sur son côté droit, de façon que son visage soit tourné vers la Direction de la Mecque.
La personne malade, en agonie, doit être placée de telle manière sur son lit que les plantes de ses pieds soient tournées vers la Qibla : la Direction de la Mecque.
On lui fait prononcer le ''Catéchisme'' Musulman si la santé le lui permet, si non sa visite est accompagnée de la lecture du Saint Coran.
Elle n'est jamais laissée seule, le bruit, les pleurs et les longues conversations sont à éviter près d'elle, rien ne doit gêner sa respiration.
Après le décès, bien fermer ses paupières et sa bouche, allonger ses pieds comme ses mains tout le long de son corps et le couvrir d'un tissu blanc.
Accélérer les procédures de l'inhumation après le constat de la mort.


7/D'après vous, comment la mort d'un enfant s'inscrit-elle dans l'histoire familiale ? (Comment pouvez-vous répondre à la question : " pourquoi c'est arrivé ? ")


En effet, la mort de l'enfant est insupportable pour ses parents. Il n'y a pas de pire malheur que celui-ci. La douleur va en grandissant s'il est unique ou l'aîné, s'il est bébé ou jeune, s'il est passé de la vie au trépas, malade ou accidenté, etc. . . .
Je pense que Dieu fait toujours ce qu'il y a de mieux pour nous, même si notre intellect fragile ne permet pas de comprendre les raisons de certaines choses : les Voies du Seigneur sont impénétrables, dit-on.
Si c'est arrivé parce que cela devait arriver. Dieu nous éprouve, nous fait passer des tests pour mesurer notre Foi et notre confiance en Lui. La maladie et la mort font partie des épreuves de la vie. La terre est un champ de culture dont on sèmera la récolte dans l'Au-delà.
La Religion joue son grand rôle dans cette situation pénible.


8/De votre point de vue, la douleur, la souffrance ont-elle un sens ? Son traitement est-il : inutile ? Utile ? Nécessaire ?


Bien sûr que oui, la douleur a un sens. Son traitement, non seulement, est utile, mais nécessaire. L'Islam proclame que toute maladie a son remède. Dieu envoie le remède sur la terre avant qu'apparaisse la maladie.
L'Islam nous enseigne, d'abord, de prévenir en se servant de nombreux légumes et fruits dans l'alimentation, de manger modérément (1/3 nourriture, 1/3 l'eau et 1/3 vide) et, ensuite, de guérir, par les plantes et autres produits.
A titre d'information, lorsque notre 1è Imam Ali fut mortellement blessé par le coup de l'épée trempée dans du poison, on fit appel à un toubib pour venir le soigner. Son foyer était la source de la médecine, il avait la science du premier au dernier, mais il nous a donné l'exemple frappant.
L'Islam déclare que même les défunts ressentent la douleur physique bien que l'âme ait quitté le corps. C'est pourquoi il est demandé de laver et d'envelopper le corps en douceur, de ne pas être brutal en soulevant le cercueil, car il ressent chaque mouvement et chaque geste.


9/ Selon vous, la limitation de certains traitements : est-ce acceptable ?


L'Islam incite le malade à se soigner et de ne pas négliger sa santé qui est un Don Divin. La vie importe le plus. Il lui est permis de prendre, sans se soucier, pour ses traitements, des médicaments qui contiennent des matières illicites, illégales,  non permises à la consommation ordinaire.
Il lui est permis aussi de se faire greffer un organe provenant d'un animal, dont la chaire est illicite à la consommation, tels un chien ou un porc, si cela lui sauvait la vie, cet organe devenant, par la suite, la partie intégrante du corps humain, dès que la vie y est entrée, comme de se faire injecter de l'insuline, dans le traitement du diabète, bien que celle-ci soit extraite du pancréas du porc.


10/ Que pensez-vous de l'euthanasie ?


Le médecin qui, n'étant pas à même de donner la vie, ne peut pas non plus y mettre un terme. L'homme n'a pas le droit de détruire ce qu'il n'est pas capable de créer. Nul n'est habilité à avancer ou retarder l'heure de la mort qui dépend de la Volonté de Dieu.
L'Islam, par contre, encourage les soins palliatifs qui consistent à diminuer les souffrances, sans qu'elles accélèrent la mort. Si non, ce serait un suicide ralenti.


Mulla Nissarhoussen RAJPAR
  

 

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