Shia 974" Chiite à l'Ile de la Réunion


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Shia 974 (Chiite Réunion) - Majalis de Moulla Nissar récité au Colosse à Saint-André

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Les Majaliss

 

Majalis de Moulla Nissar récité au Colosse à Saint-André

 

Mes respectables frères et sœurs, Que la Paix soit sur vous tous !

 

        Nous nous sommes réunis, aujourd'hui, en ce lieu qui fait le charme de la ville de Saint-André, appelé le Parc du Colosse. Qui avait imaginé qu'un jour, le nom sacré de HOUSSAIN (as), le Martyr de Karbala, que la Paix et les Bénédictions soient sur lui, sera acclamé entre le ciel et la terre de ce ‘’soleil levant’’ de la Réunion, une île qui brille dans les eaux de ce vaste Océan comme une étoile dans le ciel, situé dans l'hémisphère Sud, à des milliers de kilomètres de Karbala, en Iraq, qui se trouve, par contre, dans le Nord de la planète, mais les cœurs des partisans de HOUSSAIN (as) battent avec ceux de leurs frères et sœurs  à travers le monde et, en particulier, avec ceux de leurs frères et sœurs qui vivent tout proche du Sanctuaire du Martyr de Karbala, en Iraq ?

 

        Les fidèles de HOUSSAIN (as), le Martyr de Karbala, se réjouissent de vivre dans cette belle île florissante qui forme '' le continent de la sagesse,'' où  ils respirent aisément leur Foi avec le bon vivre ensemble réunionnais,   ‘’en harmonie au sein de notre société arc-en ciel,’’ dirait Dr Selvam Chanemougame ?

 

        Nous commémorons, aujourd'hui, cette Tragédie qui a lieu le 10è jour du premier mois de Mouharram du calendrier Musulman, il y a, exactement, 1372 ans. Mouharram est ce mois, durant lequel, la guerre était interdite à l'époque pré-Islamique. Les idolâtres Arabes, peuple guerrier, ne se battaient jamais en cette période, tous les conflits, même les plus cruels, étaient interrompus, chacun s'efforçait à ne pas causer du tort à son prochain,  et leurs épées retournaient dans leurs étuis. L'Islam a repris cette Tradition héritée des Prophètes Ibrahim et Ismaïl. Mais quelle horreur ! En se prétendant Musulmans, certains ont foulé sous leurs pieds la Tradition de leurs propres ancêtres que l'Islam a instaurée, crurent bon de martyriser en ce mois sacré, de tuer sans pitié le petit-fils de leur Prophète et le Messager d'Allah qui leur a guidé et apporté la Religion, souffrant de soif et de faim depuis trois jours.

 

        Pour passer directement au triste évènement du jour, je tiendrai, chers frères et sœurs,  à vous résumer en un tableau succinct cette longue histoire, mais combien douloureuse, écrite à l’encre du sang, qui ne laisse pas insensible l'être humain, dans lequel bat un cœur, et qui ''éveille la sympathie du lecteur le plus froid,'' comme l'affirme Edward Gibbon, historien Britannique.

 

        Dans un camp, vous avez le Prophète (saww),  Hazrat Fatima (as) sa fille, Ali (as), son gendre, Hassan et Houssain (as), ses deux petits-fils. Disons que vous respirez ici la Sainteté, la miséricorde, l'indulgence, la fraternité, l'égalité, en un mot l'humanité.

 

        Dans l'autre camp, vous trouvez dissimulées l'impureté, la cruauté, la dureté du cœur,  la haine,  l'inégalité et la bestialité, derrière le voile personnifié par  Abou Soufyan, son fils Mouawyah et son petit-fils Yazid. L'arbre commence par le noyau et c'est de la graine qu'il naît. Mouawyah s'abreuvait aussi du fiel que lui faisait téter son père Abou Soufyan, l'ennemi cruel du Saint Prophète (saww).

 

        D'un côté, vous apercevez l'Islam, sa Justice, les droits de l'homme, de la femme et de l'enfant, la voie droite prêchée par le Prophète (saww) et par ses Descendants véritables que sont Ali, Hassan et Houssain (as).

 

        Et de l'autre, vous distinguez l'idolâtrie, la barbarie, l'injustice, la force du plus fort, l'oppression et les tueries menées par Abou Soufyan, son fils Mouawyah et son petit-fils Yazid. L'homme n'est qu'à l'image de ses actes et la cruche ne verse que ce qu'elle contient. La cruche de Mouawyah déversa un tyran cruel du nom de Yazid, ce cœur nourri de sang et de guerre affamé !

 

        Lorsque Yazid monta injustement au trône, succédant, donc, à son père Mouawyah qui avait usurpé le droit des Descendants du Prophète (saww) pour se proclamer Calife des Musulmans, Yazid contraignit Houssain (as) à lui témoigner le serment d'allégeance, ce que lui refusa le petit-fils cadet et bien-aimé du Saint Prophète (saww) dans les termes qui suivent, ce qui provoqua la Bataille de Karbala incitée par Yazid :

 

        '' Un homme comme moi ne saurait prêter serment d'allégeance  à quelqu'un comme Yazid.''

 

        On dit que la vérité comme l'huile vient au-dessus. Elle est déjà apparente. Le moindre rayon de vérité suffit pour éclairer les grands esprits. Je vous laisse, donc, maintenant, le soin d'étudier, à travers les déclarations de l'Imam Houssain (as), les raisons profondes de son soulèvement :

        

        '' Je ne me suis pas soulevé de gaieté de cœur, ni pour une quelconque insatisfaction personnelle, ni par subversion, ni injustement, dit-il. Je me suis soulevé pour réformer la Nation de mon grand-père, le Messager d'Allah (saww), pour commander le Bien et interdire le Mal, et pour suivre les traces de mon grand-père et de mon père . . .

 

        Par ma Religion, l'Imam ne peut être que celui qui gouverne selon le Livre d'Allah, déclare-t-il, qui établit la justice et l'équité, qui s'en tient scrupuleusement aux Prescriptions d'Allah, le Très Haut . . . .

 

        La Sounna c'est-à dire la Tradition ou la Pratique du Prophète (saww) est assassinée et l'hérésie ressuscitée, ajouta-t-il.

 

        Je ne me rendrai jamais à vous comme un soumis, cria-t-il, ni ne me résignerai jamais comme un esclave !'

 

        Mes respectables frères et sœurs, chaque bois secrète son propre suc et c'est à l'écorce qu'on reconnaît le bois. Même enduit de miel, l'arbre amer ne donne que des fruits amers. Yazid n'était pas seulement un despote tyrannique, mais un homme corrompu, il commettait de graves péchés en public et affichait ouvertement son incroyance, un ivrogne, un alcoolique, jouant de la musique et menant la vie de débauche, dépensant son temps aux jeux et aux divertissements, aux femmes, aux courses de chevaux et à la chasse.

 

        Ce qui était beaucoup plus grave, il s'opposait ouvertement au Message Divin apporté par le Prophète (saww) dont il se proclamait illégalement son calife, il s'opposait ouvertement aux fondements des Lois Divines et à l'Islam, au nom duquel il voulait gouverner pour le fouler aux pieds, le vider de tout son contenu jusqu'à même ne plus garder le nom de l'Islam.

 

        Houssain (as) n'était pas un chef révolutionnaire comme les autres. Il ne luttait pas pour le pouvoir temporel. Cette bataille n'était pas engagée entre deux personnes, mais entre deux conceptions : l'Islam et l'idolâtrie, la Justice et l'injustice, le Vrai et le faux.

 

        Du côté de Houssain (as), moins d'une centaine de personnes seulement, des hommes âgés, des jeunes et enfants compris, jusqu'à un bébé de six mois, affamés et assoiffés de trois jours, et, du côté de Yazid le cruel, plus de trente mille soldats armés jusqu'aux dents, dont la faim est apaisée par une nourriture à l'excès et la soif étanchée par les eaux du fleuve Euphrate qui sont autorisées à leurs bêtes, mais interdites aux Descendants de leur Prophète !

 

        Les hommes de Houssain (as) ne se servaient jamais des flèches, car elles pourraient blesser ou tuer les innocents, ce qui est contraire aux règles de la guerre en Islam, enseignées par son Prophète (saww), ni ne se battaient en troupes, mais tenaient un combat singulier, corps à corps, comme il a été convenu …

 

        Contrairement aux soldats de Yazid qui blessaient par leurs flèches les Partisans de Houssain (as), avant qu’ils se préparent pour la bataille,  ou le Compagnon, venu seul sur le champ de martyre qu’ils l'entouraient en masse lorsqu'ils voyaient leur défaite.

 

        Houssain (as) n'était pas comme n'importe quelle personne qui aurait été victime d'une quelconque injustice et qui se serait révoltée. Non ! Il était un Imam, un Guide, pressenti par Allah pour diriger les affaires des Musulmans selon les directives Divines et amener la paix, la justice, la plénitude, l'égalité et l'harmonie, qu'une poignée de gens avides de pouvoir et de richesses ont tué, en manipulant d'autres.

 

        L'écho du cri de refus et de défi qu'a lancé l'Imam Al Houssain (as) à la face de la puissance déviationniste des Ommayades, avant de tomber en Martyr, retentit encore dans l'univers et le sera jusqu'à la Fin du Temps, comme il a toujours retenti dans les oreilles de toutes les générations qui se sont succédées depuis son assassinat. Il n'a cessé d'agiter toutes les étapes de l'histoire, comme un tourbillon qui moissonne les tyrans, ou un volcan qui fait trembler les trônes des injustes !

 

        L'histoire de l'Islam ressemble à une porte à deux battants. Celui qui l'écrit sans se référer à Karbala lui fait injustice et la laisse inachevée comme la porte qui ne se ferme que sur un seul battant, laissant ouvert l'autre volet. Je ne l'exprime pas de moi-même, cette citation est l'interprétation de cette parole célèbre du Prophète de l'Islam qui a déclaré :

 

HOUSSAINOUM MINNI WA ANA MINAL HOUSSAIN

(Houssain est de moi et je suis de Houssain)

 

        On ne peut pas évoquer le prophète (saww) sans évoquer Houssain (as) ni se rappeler Houssain (as) sans se rappeler le Prophète (saww). Ils sont, tous les deux, liés et la Prophétie de Mouhammad (saww) reste imparfaite sans Houssain (as). On ne peut pas arracher Houssain de Mouhammad le Prophète !

 

        En sacrifiant ses Compagnons et ses proches, ses frères, ses fils et ses neveux et se sacrifiant lui-même sur l'autel de l'Islam, Houssain s'est incorporé dans l'Islam d'une telle manière qu'on ne peut séparer  ni l'un ni l'autre !

 

        Ils sont chacun l'image l'une de l'autre. Celui qui veut voir l'Islam, qu'il regarde Houssain et celui qui veut voir Houssain, qu'il regarde l'Islam ! L'Islam est Houssain et Houssain est l'Islam. La Révolution de Houssain (as) est la victoire du sang sur les armes, le triomphe de la Vérité sur le Faux, la Gloire de l’Islam sur l’idolâtrie ! Houssain (as) a connu une défaite sur le plan militaire contre Yazid, mais en vérité et, sans aucun doute, c’est lui qui est sorti victorieux. Son échec était apparent, mais sa victoire est réelle. Il a été tué, mais son Ecole est restée éternelle. Sa mort a redonné vie à l’Islam !

 

        Le soleil qui se lève le matin doit se coucher le soir. Mais Houssain est ce soleil radieux qui s'est levé une fois, sans jamais se coucher, il brillera dans l'univers jusqu'à l'éternité.

 

        Chaque personne a, dans sa vie, deux jours les plus importants : le jour où il est venu au monde, le jour de sa naissance, et le jour où il a quitté ce monde, le jour de sa mort. Mais, Houssain est cet homme qui est venu sans partir, qui est né sans mourir, qui vit encore dans cet univers et vivra éternellement.

 

        Karbala est la terre qui nous fournit les leçons précieuses de la Morale et la Morale a pour patrie la terre de Karbala qui condamne la conduite immorale.

 

        Houssain est le cri qui réveille les consciences humaines endormies.

 

        Houssain est l'appel de la justice et de l'équité dans ce monde déchiré par l'injustice et les atrocités et où la loi du plus fort fait ravage dans les cités.

 

         La justice n'est ni orientale ni occidentale, elle est universelle. Si notre monde existe c'est grâce à la Loi de la Justice qui gouverne la Création. La justice est une nécessité pour la nature, elle est le fondement de l'univers.

 

        Voyez la justice dans la succession du jour et de la nuit, dans la longue suite des saisons et à travers les mouvements des planètes qui tournent dans leurs orbites respectives, sans changer de vitesse ni de courbe, ni de parcours.

 

        Notre veine jugulaire bat le pouls plein par la commémoration de Houssain qui purifie notre âme et nous rapproche d'Allah Le Très Haut. L'homme meurt si on lui coupait sa veine jugulaire, de même notre Foi s'éteint si on nous arrachait Houssain.

 

        L'univers tout entier crie Houssain Houssain ! Karbala ignore les frontières des langues et des civilisations. Chaque époque de l'histoire, de génération en génération, crie Houssain Houssain ! Dans chaque langage et dans chaque cité, on commémore Houssain à sa manière. La commémoration de Houssain (as) sensibilise l’esprit humain. Elle constitue la lampe qui illumine et guide l’univers. Elle est l’arche qui sauve l’ensemble des hommes non pervers !

 

        Nous sommes différents par nos origines, mais Houssain nous unie tous.

 

        Ô mes frères et sœurs endeuillés et éplorés !

 

        Les flèches s’enfoncèrent dans tout le corps de Houssain (as) comme les épines dans la peau de l’hérisson, un coup de sabre frappa sa vénérable tête et un autre fendit son noble épaule, une flèche à trois têtes déchira sa poitrine bénie et le sang sacré gicla, de partout, en abondance.

 

        Houssain (as) s’effondra de son cheval, mais ne tomba pas sur le sol. Je vous décris cette scène très triste et affligeante qui brise le cœur, dans les paroles de son Descendant, l’Imam du Temps :

 

        ‘’ Que la Paix et le Salut soient sur vous, Ô mon Aïeul ! Dont le corps qui, en chutant, ne fut pas sur la selle du cheval, ni ne toucha  la terre, mais fut suspendu sur les flèches qui s’y étaient plantées ! ’’

 

        Le plus féroce des soldats, du nom de Shimr ben Dhil Jawshan, dont la peau était tachetée, s’avança vers Houssain (as) et souilla ses mains du crime le plus infâme, le plus atroce et le plus maudit. Shimr égorgea l’Imam Houssain (as) du tranchant de sa lame. . . .

 

INNA  LILLAHI  WA  INNA  ILAYHI  RAJIOUNE

 


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