Shia 974 (Chiite Réunion) - La Bibliothèque - Shia 974" Chiite à l'Ile de la Réunion

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Shia 974 ( Chiite à l'Ile de la Réunion )
La Bibliothèque

 

LA   QUESTION   DE   NIFAQ

 

ou

 

L’HYPOCRISIE

 

 

par   Ayatoullah   shahidh   MOURTOUZA   MOUTAHHARI

 

Traduit  du  Goujarati  par  Moulla    Nissarhoussen  RAJPAR

 

 

INNA  LILLAHE  VA  INNA  ELAYHE  RAJEOUNE

 

Certes, nous sommes à Dieu et à Lui nous retournerons

 

 

Je présente mes condoléances à l’Islam, aux Amis de Dieu de grand mérite, à la  Communauté musulmane et, particulièrement, au peuple combattant de l’Iran, à l’occasion de la perte irréparable du grand martyr, penseur, philosophe et juriste remarquable, feu Hadj Cheykh Mortaza Motahhari, et, en même temps , mes félicitations .

                      « Motahhari » qui était un homme rare dans les domaines de la pureté d’esprit, de la force de la foi et de la puissance de l’élocution, s’en est allé et a rejoint le séjour de l’au-delà. Mais, que les malveillants sachent que son départ ne veut pas dire que sa personnalité islamique, scientifique et philosophique soit aussi partie.

         Le terrorisme ne peut assassiner la personnalité islamique des grandes figures de l’Islam. Qu’ils sachent que, grâce au Tout-Puissant, notre nation devient, par le départ des grandes personnalités, plus décidée que jamais, dans la lutte contre la corruption, l’absolutisme et le colonialisme.

 

Notre nation a trouvé sa voie et ne cesse d’extirper les racines pourries de l’ancien régime et de ses funestes partisans.

          Le Cher Islam a grandi et s’est développé par le dévouement et le sacrifice de ses enfants. La ligne de conduite de l’Islam, depuis sa révélation à ce jour, a été fondée sur le martyr allié au courage. La guerre dans la voie de Dieu et des déshérités, a la priorité dans les programmes des activités de l’Islam.

          « Et, pourquoi, ne combattez-vous pas dans la voie de Dieu ainsi que pour la cause des faibles, hommes, femmes et enfants qui implorent : Seigneur ! Fais-nous sortir de cette Cité dont les gens sont oppresseurs et assigne-nous de Ta part un protecteur (Wali) et assigne-nous de Ta part un aide victorieux (Naçir).  »

 

(Le Saint Coran, Sourate 4, verset 75)

(Extrait du message de l’Imam KHOMEINY, donné à l’occasion de l’anniversaire du martyr Motahhari )

 

 

Le Professeur et Martyr

Hazrat Ayatoullah Shahidh  MORTEZA  MOUTAHHARI

 

Né en février 1919  et, plus précisément, le 12 Bahman 1298  suivant le calendrier iranien, dans le faubourg de Fariman, localité distante de 12 km de Meshed, au milieu d’une famille très pieuse, l’Ayatoullah Morteza MOUTAHHARI   se distingue par ses énormes connaissances scientifiques, philosophiques et religieuses et brille surtout dans l’étude de l’Islam contemporain.

             Après l’instruction primaire dans son village, il se rend, dès l’âge de 13 ans, pour des études religieuses, à Meshed où il passe quatre ans.

                A 18 ans, il vient à QUM où il approfondit durant quinze ans ses sciences islamiques. Il y fait la connaissance de l’Imam Ruhullah KHOMEINY qui joue un rôle important dans la formation scientifique et spirituelle de l’Ayatoullah Morteza Moutahhari qui en devient l’un de ses disciples les plus assidus.    

                Il reçoit, en outre, dans cette ville, le contact des éminents savants tels que : l’Ayatoullah Mirza Ali Chirazi , l’Ayatoullah  Bouroudjerdi  et l’Ayatoullah Seyed Mohammad Houssein Tabatabaï  . Il devient, lui-même,  l’un des Enseignants très réputés de l’Ecole de Théologie de Qum.

             En 1952, le Professeur Moutahhari se rend à Téhéran où ses activités prennent la forme de conférences, de cours et de publications de livres importants dans le domaine de la religion, de la philosophie et de la politique.

            Il est désigné, en 1955, comme Professeur Titulaire de la Chaire de l’Université de Téhéran, poste qu’il occupe pendant vingt deux ans. Il forme de consciencieux militants pour la cause de l’Islam.

Il publie, en l’an 1960, son livre « DASTANE RASTAN  ou  Le Mémorial des Justes » que l’UNESCO reconnaît comme le meilleur de l’année et qui a , d’ailleurs, été réédité des dizaines de fois  jusqu’à ce jour et traduit dans plusieurs langues .

En 1964, l’Imam Khomeiny lui confie la direction d’une des grandes organisations islamiques et, à partir de 1966, il dirige « Hosseinieh ERCHAD » ou Centre d’Enseignement et de Propagande Islamiques qui joue un rôle de premier ordre dans la diffusion des connaissances et des principes islamiques en Iran, sous le régime de l’ex-Chah.

             Il devient alors en 1970, le Chef de file des activités islamiques de la « Mosquée de Madjd », à Téhéran, qui est le centre des luttes révolutionnaires à l’échelle nationale. Celles-ci sont si opérantes que la Savak ou la Police politique du Chah procède à la fermeture de ces deux centres, emprisonnant leur responsable : l’Ayatoullah Morteza Moutahhari.

                       A sa sortie de prison, en 1977, la Savak lui interdit de se livrer à ses activités mais, les luttes révolutionnaires ont atteint une telle ampleur que le Chah et ses maîtres ne peuvent les endiguer.

             Enfin arrive le moment où la Révolution Islamique atteint son apogée, de sorte que rien ne peut s’y opposer. Le Professeur et Grand Penseur Moutahhari devient, en 1978, l’un des plus importants leaders du mouvement révolutionnaire qui bat son plein. Après le triomphe de la Révolution en février de l’an 1979, il est choisi comme membre du Conseil de la Révolution, puis comme son Président.

             Sa maîtrise des sciences islamiques, sa grande influence sur les milieux  de la jeunesse, de la population et des chercheurs, ses ultimes efforts dirigés en vue de la continuation de la Révolution selon la ligne tracée par l’Imam Khomeiny sont tels que l’ennemi n’a d’autre but que de l’éliminer afin de mettre fin à ses fructueuses activités. Un mercenaire, aux gages de l’ennemi, l’assassina d’une balle, le 12 Ordibehecht 1358  ou le 02 Mai 1979. Il devient, ainsi, l’un des premiers martyrs de la Révolution Islamique.

             Bien que les ennemis de l’Islam aient pu abattre cette sainte personnalité, elle demeure toujours ancrée dans les cœurs de vrais révolutionnaires, telle une lampe derrière le rideau qui illumine la salle entière.

             Ses ouvrages, plus de soixante dix volumes, sont lus avec une avidité grandissante. A vrai dire, Moutahhari n’est pas mort car, par ses écrits, il continue sa lutte en instruisant le peuple musulman. La mort a le pouvoir d’arracher le corps de l’homme mais, pas son esprit ou sa pensée.

 

 

 

Un hypocrite est comme un tronc de palmier recourbé qu’on ne peut placer nulle part lorsqu’on chaume un toit. Son propriétaire n’a d’autre choix que de le brûler , car il ne peut servir à rien d’autre .

 

-  (Le Saint Prophète H° MOHAMMAD  s.a.v.v.) –

 

 

LES   HYPOCRITES

 

         Ce sont des gens qui ont survécu au Prophète et se sont rapprochés des imams de l’erreur, qui  dirigent les gens vers l’enfer, par le mensonge et l’infamie.

         Ces imams leur  ont confié des postes de responsabilité, ils en ont fait des gouverneurs

qui décident du sort des gens , ce qui leur permet d’assouvir leurs désirs en ce monde .

         Mais les gens sont avec les rois et la fortune, sauf ceux que Dieu a protégés.

 

         Voilà le portrait de l’une des quatre catégories d’hommes.

( La Voie de l’Eloquence, H°  ALI  A° , chapitre  « qualités et défauts des hommes »  )

 

NOTE   DU   TRADUCTEUR

 

AU  NOM  d’ALLAH, LE TRES CLEMENT, LE TOUT MISERICORDIEUX

 

            Cette brochure est  la  traduction de  l’ouvrage en langue Gujrati de  JAAFARI   EDUCATION  and  WELFARE   SOCIETY  située à DANDUKA en INDE  qui porte le titre original de « MASS-   ALAE   NIFAQ , » rendu par «  La question de Nifâq ou l’Hypocrisie. »

            Elle renferme un élément important de l’exposé tenu sur le TAWHID  ou  l’Unicité de Dieu par le Professeur – Martyr et Ayatoullah Mortaza MOUTAHHARI, à l’occasion des journées de deuil du Martyr de Kerbela, H° Imam HOUSSEIN A° , assassiné  tragiquement , comme  ses dizaines de compagnons , proches et  membres de famille , sous le regard de leurs femmes, mères et enfants ,dans le désert portant ce nom, après avoir subi un calvaire douloureux et effectué un voyage pénible d’environ deux mille kilomètres qui les a conduits de Médine (en Arabie) à Kerbela (en Iraq) .

            A l’aube de l’Islam, il n’existait que deux groupes à La Mecque : Les Kafirs c’est-à-dire les païens, les infidèles ou les polythéistes et Les Moamines ou les Croyants. Le troisième groupe appelé Les Mounaféquines dans le langage du Saint Quran est né à Médine, après l’arrivée du Saint Prophète dans cette Cité de Lumières et, surtout, lorsque l’Etat Islamique est établi. Le voile est levé à la suite de la victoire des Musulmans à la Bataille de Badr.

            Jusqu’ici, les Arabes avaient l’habitude de soumettre leurs problèmes à leurs prêtres ou Chefs de tribu. A présent, ils les rangeaient sous l’autorité de  H° Mohammad savv, en sa qualité de  Chef religieux et de Prophète d’Allah. Ses jugements rendus avec équité et sans parti pris étaient toujours accueillis favorablement par les groupes en conflit. Il réussit à réconcilier les tribus des Aws et des Khazraj qui étaient des ennemis redoutables les uns des autres et à rétablir la paix et l’ordre entre eux. Il était le Restaurateur de la Loi et de la Justice  à une époque où prévalaient la violence, la terreur et la haine. La balance penchait du côté de l’Envoyé d’Allah et son Autorité était reconnue par tous les habitants de Médine.

           Abdullah Ibn Obay, un homme riche et puissant, qui trouvait un grand crédit auprès des Khazrajs, l’une des deux tribus, comme celle des Aws,  descendant des Bani Qayla arabes, jalousait énormément H° Mohammad  savv , le Messager d’Allah, qui arriva à un moment où lui-même rêvait de se faire couronner  roi de Médine. Lui et ses nombreux partisans manifestaient un grand respect au Saint Prophète, semblable au baiser de Judas  mais, un feu de la convoitise couvait dans leurs cœurs. Ils ne pouvaient pas engager ouvertement une action funeste à son égard par manque d’une opinion bien définie et d’une force suffisante. Ces derniers étaient surnommés Mounaféquines ou  Hypocrites.

            Le Saint Coran a sévèrement critiqué les hypocrites. Il les a dénoncés en trente-cinq occasions. L’hypocrite dit ce qu’il ne pense pas et feint d’être ce qu’il n’est pas. En interprétant le jeu du caméléon, il constitue une grande menace pour la société islamique. Ils répandent le mal et arrêtent la marche de la vérité.

Ils n’hésitent nullement à exercer une pression économique sur les Croyants afin de les démoraliser et les égarer du droit chemin.

          L’hypocrisie signifie duplicité, double-jeu, double-personnalité qui traduit le manque de personnalité ou de dignité humaine. Elle est une source de trouble et témoigne de la noirceur d’âme, de l’éloignement d’Allah.

          Les Hypocrites n’étaient pas propres à l’époque de H° Mohammad savv seulement mais, ils ont existé de tout temps, dans chaque Communauté musulmane et notre monde actuel n’en est pas exempt. Lorsque l’Islam, dont les fondements sont la vérité et la justice, apporte la Révolution dans un pays, tous les tyrans, les oppresseurs, les corrompus voient leurs intérêts menacés. Ils agissent de façon à faire obstacle à celle-ci : la révolte, l’insurrection, l’insoumission, la guerre civile, le boycottage économique, etc ...

           Lorsque ces gens constatent que la Révolution s’avance à pas de géant et que leurs actions perdent du terrain, ils changent vite leur manière d’agir, se soumettent rapidement à la nouvelle politique mais, détruisent le fruit de l’intérieur. Les Révolutionnaires ne les reconnaissent pas. Ils s’introduisent partout et occupent souvent des postes élevés. Ils sont les premiers ennemis de l’Islam et de sa Révolution.

          Quant à la traduction, la primauté du fond sur la forme, de la clarté du texte sur ses détails est prise en considération. Des erreurs pourraient être glissées, cependant, à la réalisation de celle-ci, malgré tous les soins y apportés, pour lesquelles je demande « Istighfar » à Allah, Le Très Clément et Le Tout Miséricordieux, et présente toutes mes excuses auprès de mes chers lecteurs qui voudront bien en attirer mon attention pour éviter de les répéter dans l’avenir. Je vous en remercie du fond de  cœur et vous souhaite une bonne lecture.

 

 

Moulla Nissarhoussen RAJPAR

 

 

BHISMILLAHIR   RAHMANIR   RAHIM

 

           Al  hamdho  lillahé  Rabbhil  alamine , bhariil  khalayéké  ajmayne , vassalato  vassalamo  ala  abhdhillahé  va  rassouléhi  va  habhibhéhi  va  shafiyéhi  va  hafézé  sirréhi  va  moubhalligué  rissalatéhi,  sayyadhana  va  nabhiyyéna  va maoulana  Abhil  Kassimé ,  Aléhittayyébhinat  tahérina  al  Maassoumine .

 

Aouzo  bhillahé  minashshaytanir  rajim

 

Bhismillahir  Rahmanir  Rahim

 

           Al  mounaféquouna  val  mounaféquato  bha’azohoum  mim  bha’azine ,  ya’amorouna  bhil  mounekaré  va  yanehawna  anil  ma’aroufé  va  yakbhézouna  aydhéyahoum ,  nassoullah  fanesséyahoum ,  innal  mounaféquina  homoul  fasséquoune .

 

(Sourate Al Tawbha, Le Désaveu, verset  67)

 

« Les hommes hypocrites et les femmes hypocrites sont bien les uns des autres. Ils commandent le blâmable et interdisent le convenable et replient leurs mains. Ils oublient Dieu, eh bien, Lui aussi les oublie. Oui, ce sont eux, les hypocrites, qui sont les pervers. »

 

Pendant ces deux nuits successives, notre entretien se portera sur la question de NIFAQ  ou  l’hypocrisie. Les érudits en matière du Saint Qurân doivent pertinemment savoir que, dans le Livre Saint, le mot qui revient le plus souvent devant la vue ou qui sonne fréquemment à l’ouïe est celui de MOUNAFIQ  ou l’hypocrite.

En effet, le point le plus délicat des sujets brûlants du Saint Qurân se rapporte à la question de Mounafiq. Dans ce Livre d’Allah, deux termes traduisent le contraire du mot MOAMENINE  ou les Croyants :

 

1 /  KAFIR  (mécréant, infidèle, incroyant, païen)  ou  MOUSHRIK (idolâtre, polythéiste) ;

 

2 /  MOUNAFIQ  (hypocrite, imposteur), comme il est cité dans la Sourate Al  Ahzabh (Les Coalisés) .

 

Ya  ayyohan  nabhiyyouttakillaha  vala  toteyl  kaférina  val  monaféquine.

 

 (Sourate Al Ahzabh, Les Coalisés,  verset n°1)

 

« Oh  le  Prophète ! Crains Dieu et n’obéis ni aux mécréants, ni aux hypocrites.»

 

Lé  yoazzébhallahoul  monaféquina  val  monaféquate  val  moushréquina  val  moushréquate va yatoubhallaho  alal  moaménina  val  moaménate ; va kanallaho  gafourar  rahima .

 

(Sourate Al Ahzabh, verset 73)

 

« Afin que Dieu châtie les sournois et les sournoises (les hypocrites), les faiseurs de dieux et les faiseuses de dieux (les idolâtres) et que Dieu accueille le repentir des Croyants et des Croyantes ; et que cependant Allah reste le Pardonneur, le Miséricordieux . »

 

En les détachant des incroyants et idolâtres, le Saint Qurân range les hypocrites dans une catégorie distincte. En certains endroits du Saint Qurân, Allah, par la flèche de son courroux, fait tirer les hypocrites d’une peine plus sévère que celle des incroyants.

Le verset 145 de la Sourate Annissaa (Les Femmes) nous en fournit un exemple.

 

Innal mounaféquina  fid  dharquil  assfalé  ménannare

 

(Sourate Annissa, Les Femmes, verset 145)

 

« Oui, les hypocrites seront au plus bas du gouffre de feu. »

 

Il devient donc évident qu’au regard du Saint Qurân, les hypocrites s’annoncent pires que les incroyants et les idolâtres et appartiennent à la dernière des catégories.

Le Saint Qurân ne considère pas l’hypocrite individuellement séparé.

 

Val moaménouna  val  moaménato bhaazohoum  awliyao  bhaaz . yaamorouna  bhil maaroufé va yanehawna  anil  mounekare .

 

(Sourate Al Tawbha, verset 71)

 

« Les Croyants et les Croyantes sont amis les uns des autres. Ils commandent le convenable et interdisent le blâmable. »

 

En face des hommes de foi, Allah, au lieu de décrire les mécréants, expose les hypocrites. La force de l’union et du groupement, de même chez les hypocrites, mérite considération. Bien qu’ Allah ne se serve pas de la locution « awliya » dans ce passage, Il déclare cependant :

Bhaazohoum  mim  bhaaz :  les hommes hypocrites et les femmes hypocrites sont fortement attachés les uns des autres .

En nombre, cette dernière valeur ne revêt pas une grandeur aussi considérable que celle citée antérieurement : «  bhaazohoum awliyao bhaaz  », toutefois, elle ne peut être minimisée, parce que cette signification est reprise par les autres versets du Saint Qurân. Ils sont liés d’une façon telle qu’ils se ressemblent à une graine de lentille qui, lorsqu’elle se fend, donne deux particules séparées !

Cette union proclamée par «  bhaazohoum mim bhaaz » fait ressortir un sens plus profond que celui d’une assistance. Leurs pensées et comportements se différencient entièrement de ceux des Croyants. Les hommes de foi se chargent notamment d’ordonner le bien et interdire le mal aux autres, tandis que les hypocrites, par contre, agissent dans le sens inverse. Leurs conseils, leurs enseignements et réprimandes présentent un credo bien différent. En un autre endroit dans le Qurâné Sharif, nous découvrons de cette manière :

 

Va minehoum  mane  âhadhallaha  la  in  âtâna  mine  fazléhi  la  nas sadh dha  qan na  vala  nakou  nanna  mina  ssouâléhine . Fa  lamma  âtâhoum  mine  fazléhi  bhakhilou  bhéhi  va  tavallav  vahoum  mouarézoune . Fa  aâqâbhahoum  nifaqâne fi  qoloubhéhim  ila  yavmé  yalqâvnahou  bhima akhlafoullâha  mâ  vaadhohou  va  bhima  kanou  yakzébhoune.

 

(Sourate Al Tawbha, versets 75-77)

 

« Tel d’entre eux a passé contrat avec Dieu : - s’Il nous donne, de par Sa grâce, très certainement nous ferons largesses et serons très certainement au nombre des gens de bien -

Puis, lorsqu’ Il leur donne, de par Sa grâce, ils en deviennent avares et tournent le dos, indifférents.

Hypocrisie s’ensuit donc, en leurs cœurs, jusqu’au jour où ils Le rencontrent pour avoir violé ce qu’ils avaient promis à Dieu et pour avoir pris l’habitude de mentir ! »

 

(Sourate Al Munaafiqun, Les Hypocrites, Verset 7) : « C’est eux qui disent : ne faites pas largesses à ceux qui sont auprès du Messager d’Allah, afin qu’ils se dispersent….. »

 

Houmoullazina   yaqouulouna  la  touneféquou  alaa  mane  inedha  Rassoulillahi  hattaa  yanefazzou

 

Et ceux qui lient leurs mains et s’abstiennent de largesse, lorsqu’ apparaissent les bornes des œuvres et du comportement, ils reculent ; ainsi, ils font une fausse manœuvre, nuisent à l’Islam par duperie et provoquent sa ruine.)

 

Certes, les versets concernant les hypocrites  abondent dans le Saint Qurân. Cependant, mon objectif ne me conduit pas à produire ici chacun de ceux-ci, étant donné que leur nombre est si élevé que je me trouverais dans l’impossibilité de fournir une explication suffisante en l’espace de ces deux nuits,  malgré la concision de celle-ci.

Le Saint Qurân renferme un chapitre spécifique nommé  Sourate  Al  Mounaféquoune   (Les Hypocrites) qui suit la Sourate de Vendredi .

 

Eza  jaakal  monaféquouna  kalou  nash hadho  innaka la rassouloullahé. Vallaho  yaalamo  innaka la rassoulohou.  Vallaho yash hadho  innal  monaféquina  lakazébhoune .

 

(Sourate Al Mounaféquoune, Les Hypocrites, verset n°1)

 

« Quand les hypocrites viennent à toi, ils disent : - nous attestons que tu es, certes, le Messager d’Allah - et Dieu sait que, oui, tu es, certes,  Son Messager. Et Dieu atteste que, les hypocrites sont, certes, des menteurs. »

 

 

 

Ce verset met en relief l’existence d’un groupe qui mène sa vie loin du Saint Prophète mais, feint de se montrer en parfait musulman et croyant, à chacune de ses apparitions devant lui. Quoique dans le présent verset les mots : hommes hypocrites ou femmes hypocrites ne soient pas spécifiquement évoqués, il n’empêche que le Saint Qurân fait apparaître une série de versets relatifs à ces faux jetons. Cette généralité ou l’extension de ce concept traduit la pensée du Saint Qurân où le mot Croyant étant  chaque fois perçu dans le sens des Croyants et Croyantes sans distinction, de même, dans la présente parole, les hommes hypocrites et les femmes hypocrites, sans faire de différence, forment ensemble le noyau.

Quel pourrait être l’esprit du Saint Qurân à déployer en long et en large la question de la sournoiserie et le vocable de hypocrite, sachant que rien n’apparaît à ce sujet dans les Livres Célestes précédents ? Et, là où cela existe, il se manifeste d’une façon très légère. Une des causes pourrait en être cet état de réfugié de l’homme qui, ayant vécu au plus bas de l’échelle de la vie, loin de la civilisation humaine, n’en réclame point de grands éclaircissements. Et, ce qui est longtemps dissimulé au fond du cœur finit par jaillir de la bouche.

 Plus l’homme s’avance sur la voie du progrès, plus ses pensées, ses caractères, ses bonnes et mauvaises habitudes, sa bienfaisance, sa colère, son honnêteté, etc.. , se dessinent. Toutes ces capacités ne s’appuient que sur de l’imitation. C’est aussi un aspect de l’hypocrisie.

Bref, si nous comparons notre époque à celle des Compagnons du Saint prophète, nous serions en mesure de constater que l’intensité de la force de notre hypocrisie est plus puissante que celle des gens ayant vécu au temps du Messager d’Allah.

 De fil à aiguille, si nous baptisons notre époque comme étant celle du progrès, nous serions amenés à conclure qu’elle est aussi, sans nul doute, l’ère de l’hypocrisie.

Maintenant, nous allons, tout d’abord, définir le mot NIFAQ pour, ensuite, discuter de ses vices et vertus, de ses avantages et désavantages. Dans ce cas, lorsque nous aurons saisi la cruauté de l’hypocrisie, il nous sera aisé de comprendre que, pour parer à ce danger, quelle voie devrions-nous suivre. Si Le Créateur des Univers me donne la force nécessaire, je commenterais, InchaAllah, sur l’ensemble des moyens et motifs servis sur la terre de Kerbela et qui ont donné naissance aux évènements douloureux du temps, à la Tragédie de Kerbela. Non seulement cela, mais aussi, à quel point, dans le cours de cette époque, son influence et son importance revêtaient d’enseignements.

Enfin, en se servant du dictionnaire, essayons, d’ores et déjà, de disséquer le mot NIFAQ.

 

Fa inista touata  ane tabhtaghéya nafaquane  fil arzé av soullamane fissamaaé

 

(Sourate Al Ane aame , Les Bestiaux, verset 35)

 

« Et qu’ensuite, il te serait possible de chercher un tunnel à travers la terre  ou une échelle pour le ciel. »

 

Avec l’aide de ce verset du Saint Qurân, nous nous efforcerons de descendre dans les profondeurs du glossaire.

En cette matière, suivant l’avis de ceux qui ont conçu le dictionnaire, NAFAQ signifie un chemin secret et invisible.

Le sens de NAFEQA est, dans cet ouvrage, déterminé par «un rat du désert » qui creuse son trou dans le sable pour s’échapper de ses ennemis lors d’un malheur. Cette cavité souterraine lui permet de sortir comme d’y pénétrer facilement. Il prépare aussi d’autres couloirs plus profonds sous le sable qui communiquent avec l’extérieur, à travers un rideau de terre, sans se faire apparaître. Ceci est construit pour protéger la rate, en cas d’une attaque éventuelle par des animaux féroces, dûe à ses entrées et sorties répétées et, aussi, pour permettre au rat du désert de se diriger vers l’endroit sain par cette voie cachée.

De cette façon, lorsqu’un animal envahit le trou visible de la loge du rat, celui-ci peut rompre ce mince rideau de terre en la poussant de sa tête et sauver sa vie en danger.

Les Arabes donnent à cette sorte de voie le nom de Nafeqâ c’est-à-dire un conduit tout à fait protégé et invisible.

En prévoyant l’avenir, le rat, par ses propres moyens et procédés, ainsi que pour se protéger de ses ennemis et pour lui permettre de s’échapper, crée un autre chemin qui lui donne facilement accès à sa fuite. Dans le dictionnaire, cette méthode est qualifiée comme dérivant de mounafiq.

Ce qui amène à traduire que l’hypocrite ou le Mounafiq est celui qui bâtit ou détient pour lui deux loges ou deux portes : l’une est la porte d’entrée par laquelle il pénètre dans l’Islam et l’autre secrète pour disparaître discrètement.

De même, dans ce monde matérialiste ou en cette ère atomique, les hypocrites vivent aussi bien que les Croyants et les Infidèles.

1 / Le concept du Croyant peut se présenter comme suit : il se convertit volontiers à la religion de l’Islam ; par dessus le marché, ses paroles et ses actes sont également conformes aux préceptes  de l’Islam. En un mot, son âme, son esprit et ses actes traduisent sa foi.

 2 / L’infidèle est le contraire du Croyant. Le païen ne croit ni en Dieu et son Prophète, ni au Saint  Qurân. Il nie, de par sa langue et son cœur, le Dieu de l’espérance, le Prophète et le Saint Qurân Précités. Il choisit une direction à laquelle il se cramponne fortement.

 3 / L’hypocrite est celui qui exprime ses pensées d’une façon toute différente. Ses sentiments et  ses croyances se confondent dans une même source mais, apparemment, il se présente sous une autre figure.

Certes, l’hypocrite accepte le Tawhid (l’Unicité de Dieu), par contre, son cœur est dépourvu de l’esprit de cette croyance. Il demeure le plus grand ennemi du Saint Prophète, cependant, il ne cesse de chanter ses louanges en public. De même, l’hypocrite se moque des principes religieux du Saint Qurân, pourtant, il fait figure d’un grand adorateur. Il hait H° ALI A° alors qu’en apparence, il loue l’éclat de ses grandeurs.

Il se pourvoit des mêmes rapports avec les autres personnes célèbres de l’Islam. L’hypocrite se dissimule toujours derrière le voile qu’il jette sur son visage d’infidèle. Ce moyen lui permet donc de cacher son jeu et de taire son incroyance.

H° ALI  A° avait notifié, dans ce sens, un Hadith du Saint Prophète, à Mohammad Ibné Aboubakr, qui figure dans « La Voie de l’Eloquence » ou  « Nahjul Bhalagah.» Cette lettre était rédigée au moment où il fut nommé Gouverneur de l’Egypte par l’Imam. Ce Hadith est comme suit :

Le Saint Prophète de l’Islam avait témoigné ses soucis par un attachement à sa future Communauté :

 

« Les hypocrites me causent une douleur profonde. »

 

Il ne se déclara être affligé ni par les païens, ni par les non-musulmans qui proclamaient ne vouloir adhérer à l’Islam. Toutefois, Le Messager d’Allah s’inquiétait pour ceux qui ont bu de l’eau à la source de l’Islam par attitude ostentatoire alors qu’en réalité, ils apparaissaient  ses adversaires et n’avaient véritablement pas accédé à la Religion d’Allah.

Le Hadith du Saint Prophète de l’Islam se présente de la façon suivante :

 

Inni la akhafo ala oummati moaménane vala moushrékane ammal moaméno fa yamna ohoullaho bhé imanéhi va ammal moushréko fa yakmao houllaho bhé shirkéhi vala kinni akhafo alaykum koullé mounafékil jinane alé mil lissane  yakouloma taaréfouna va yaf  al ma tounekeroune.

 

(Nahjul Bhalagah, sermon n° 27)

 

« Je ne crains pour ma nation ni un croyant ni un polythéiste. Le croyant, Dieu le protègera par sa propre foi, quant au polythéiste, il sera puni par son polythéisme.

Mais je crains pour vous tout hypocrite expert en paroles, qui proclame ce que vous savez et qui exécute ce que vous détestez. »

Les hypocrites se servent pour l’Islam d’une langue aux paroles mielleuses. Pourquoi la langue seule ?  En effet, chacune de leurs actions est, en apparence, islamique, mais de par leurs pensées, leurs promesses et leurs œuvres, ils s’orientent vers une autre direction.  

 

         La question de Nifâq constitue un problème très délicat pour l’humanité. Vous auriez certainement appris que lorsque les savants  au savoir éminent, les philosophes à l’esprit éclairé et les psychologues à la pensée ingénieuse comparent l’homme à un animal, ils suggèrent pour modèle ses hautes qualités.

Pour en citer un exemple, ils affirment que l’homme est un animal doué de la parole. Il peut donc converser, tandis que les autres mammifères et animaux ne bénéficient pas de cette faculté du langage ou peuvent seulement émettre un son. Mais, ils  ne savent jamais, comme nous, échanger des mots par la voix.

On dit aussi que l’être humain a un caractère extraordinaire. Au moment où il perçoit les sons, l’homme manifeste son étonnement. A maintes reprises, on constate encore que, pour résoudre une situation embarrassante, il lui arrive de se situer entre le marteau et l’enclume. Néanmoins, il est communément admis que les mammifères, les animaux ne s’étonnent jamais.

Lorsque l’homme se trouve perdu dans les nues de malheur, il souffre d’affreux tourments. Il perd pied et est à flot. Dans ses moments pénibles, on lui témoigne sa sympathie. Pourtant, personne n’a jamais rapporté qu’on agit de la même manière avec le règne animal.

L’être humain peut donner libre cours à sa joie et au rire. C’est l’une des caractéristiques propres à sa nature. Nombre de personnes ont noté l’action de rire chez les bestiaux mais, ce témoignage est mal fondé.

Bref, ceci ne concerne pas le sujet de notre entretien. En tout cas, je ne voulais que vous faire seulement remarquer que certains caractères dominants, propres à l’homme, sont innés et conçoivent l’essence même de sa nature. Ils n’entretiennent aucun rapport avec les traits distinctifs de l’être animal et si une infime ressemblance y existe, ils ne bénéficient nullement des mêmes conditions, ni en nombre, ni en valeur.

Je fais uniquement observer que le Nifâq subsiste chez les bêtes mais, tout juste de nom. L’animal, de par sa nature, est le même intérieurement comme de l’extérieur. Lorsqu’il écume de colère, l’ensemble de son corps s’aperçoit irrité.

A titre d’exemple, l’amour du chien pour son maître ne se manifeste pas sans les ébats de tout son corps et de son museau. Il n’est pas dans sa nature d’exécuter des gestes contraires à ce que dicte son instinct.

Pourtant, cette tendance est tissée dans la personnalité et la nature humaine. Notre vie de tous les jours nous apprend que, souvent, lorsqu’une personne, éprouvant de la colère ou de la haine pour son prochain, désire , en revanche, lui jouer un sale tour, alimentera donc avec lui des relations pleines d’amitié, de bienveillance, de tendresse et de belles paroles pour que son interlocuteur vive dans l’obscurité de sa malveillance.

« Je vous suis entièrement dévoué », lui témoignera-t-elle, avec un visage souriant et des lèvres à la forme de pétales de roses qui viennent de s’éclore. Elle se comportera d’une façon telle que celui-ci ne sentira point l’odeur de sa haine.

Dès lors, nous nous entendrons bien pour dire que l’homme est capable d’entretenir une amitié fallacieuse avec son adversaire et le rendre dupe. Si son ami est en proie à une vive irritation, il peut l’enjôler par des paroles mielleuses. Dans un objet digne d’estime, l’hypocrite y cherchera un vice.

Etudions également, à présent, l’autre face de l’hypocrite.

L’homme sournois sait dissimuler une chose ou un fait et taire ses intentions. Il ne serait pas inutile de préciser ici qu’un tel acte ne  porte  pas toujours préjudice à l’homme. Pour autant, ces faculté et caractère mêmes de l’homme lui méritent les éloges. Il peut, de la sorte, se couvrir le visage du masque de l’amour-propre, parce que ce sentiment ne vaut pas, sans cesse, pour les autres, un motif de médisance et ne s’inscrit nullement sur le tableau de l’hypocrisie.

            Par suite de ce qui précède, je porterais à votre attention quelques exemples remarquables. On entend souvent dire qu’un tel individu est bienveillant, compatissant et généreux alors qu’à y regarder de près, il ne paraît qu’un indigène. Il ne souhaite jamais que sa misère et les jours sombres de sa vie soient connus de ses prochains. Ce qui revient à dire que son amour-propre a gravi le sommet de la modération. De cette manière, il prend soin de ne laisser exhaler aucune puanteur de sa pauvreté et de sa faim. Il est, en réalité, le cœur d’or des nécessiteux. Cependant, il désire qu’aucun étranger ne vienne à découvrir son secret. C’est pourquoi, il reste dorénavant très discret. Par conséquent, les autres ne doivent pas du tout s’efforcer à lui faire rompre son silence et briser les coulisses de son existence. S’il veut garder cachées ses intentions, ceci ne signifie nullement qu’il a agi avec les gens en abusant de leur confiance.

Le Saint Qurân illustre ces vertus dans un langage glorieux :

 

Yah’ -  sabho homoul jahélo aghnéyaa ménat taaffou f

 

(Sourate Al Bakr, La Vache,  verset 273)

 

« …que l’ignorant les croit prospères car ils évitent de mendier. »

 

Les ambitions sont leurs servantes. Ces gens forment un immense trésor de la force spirituelle. Quand l’homme, cet être faible, les croise, il imagine que ceux-ci sont pourvus d’une grande richesse, quand bien même ces adorateurs de l’amour-propre passent les jours de leur vie dans une situation très rigoureuse, sans toutefois ne rien communiquer à l’oreille de leur voisin.

Pour ces personnes honorables, ces hommes pétris d’amour-propre, cette forme de vie secrète ne signifie pas de faire le bon apôtre, mais, ce sentiment de dignité de soi mérite, plutôt, les éloges de notre part.

Il arrive, de temps à autre, à l’homme de se laisser aller à la colère et c’est un caractère dominant de sa nature. Lorsqu’il ira, dans cet état emporté, rejoindre le cercle de ses camarades, chacun d’eux posera la même question : «  qu’a-t-il eu aujourd’hui ? Il semble que monsieur est irrité. »

En revanche, s’il a, auparavant, apaisé sa colère avant de revenir, d’un air souriant, vers ses amis, il n’en fera montre d’aucun indice.

Le Hadith du Saint Prophète traduit les mêmes propos :

« La vie heureuse d’un Croyant et ses grands désirs ne peuvent exister sans s’éclore sur sa figure joviale tandis que le malheur et les souffrances se limitent à sa propre personne. »

Par sa résignation et sa patience démesurée, le Croyant veut frapper la société de son modèle. Malgré ses conditions d’un homme sans argent, sans soutien, ni secours, il doit, par tous les moyens, prendre soin de son amour-propre.

De la même manière, lorsqu’il s’emporte comme une soupe au lait, il ne doit pas laisser percer sa fureur afin d’éviter aux autres la souffrance de sa conduite.

Cette citation est justifiée :

 

Af sourdhah dhil af sourdhah kounadh anjoumané rà

 

« Un cœur malheureux peut rendre toute l’assemblée malheureuse  ou  bien  un cœur meurtri peut transformer le printemps en automne. »

 

Parfois, nous façonnons notre attitude contrairement à notre nature. Si nous faisons mine de devenir honnêtes, cette vertu de qualité d’un homme honorable ne s’empêchera pas de se dégager à travers les traits de notre visage. Nous faisons luire notre faciès si agréablement que nous sommes accueillis, dans la société, en hommes d’honneur.

Nonobstant, malgré tout ceci, il serait possible que notre cœur se soit vidé de la crainte d’Allah, que la fin du monde et le Jour du Jugement dernier ne nous inquiètent point, que les péchés ne produisent aucun remords en nous et que rien ne nous affecte quant aux fruits que nous feront goûter nos actes le Jour de la Rétribution. Or, en nous couvrant le visage du fard de la pureté, il nous faudra, avant tout, montrer la grande probité. Notre comportement nous conduira maintenant à ne plus plaisanter devant les gens. Les linéaments de notre visage, en forme d’arcs du globe terrestre, devront briller comme la première lueur de l’aube.

            Le manque de cette faculté ne se remarque pas chez l’homme d’aujourd’hui, c’est-à-dire, l’être humain sait naviguer en toutes circonstances, bonnes ou mauvaises, qui se présentent à lui. Bref, ce point forme l’une des caractéristiques de la nature humaine.

            L’exemple de l’homme peut se comparer à une phrase. Vous auriez certainement apprécié les vocables, les phrases et les poètes. Nombre de mots et locutions, parmi ceux-ci, fournissent une signification distincte et suffisante, c’est-à-dire, leur explication et interprétation sont claires et nettes. Lorsque l’homme lit ces termes et paroles, il saisit vite ce qu’ils veulent dire. Quantité de mots et sentences dénotent un sens profond.

            Lorsque vous goûtez les œuvres et poèmes de Sheik SAADI, la construction des vocables et phrases qui les façonnent en dégage une explication lucide. Cependant, il arrive souvent que, pour extraire le sens exact de ses poèmes débordant de l’éloquence, nous perdions les pédales. Certains de ses œuvres se présentent tels qu’ils ne sont pas du ressort du commun des mortels. Nombreux mots et vers font émerger plusieurs significations. Lorsque nous commençons à apprécier leurs qualités, ils n’offrent, à première vue, qu’un seul sens, alors qu’en les parcourant du regard à plusieurs reprises, des flots de significations en découlent devant nous.

            L’exemple de l’humanitaire qui éclaire les lanternes de la personne humaine coïncide aussi à celui des mots et phrases. Cette disposition réelle de l’homme ordonne les mots et leurs sens de par son idéal. Nous serions donc en état de déclarer, en toute confiance, que le mot NIFAQ admet pour contraires : clairvoyance et honnêteté. L’Islam réclame la clairvoyance, l’intrépidité et l’honnêteté de la part d’un vrai musulman. Aucune puanteur de l’hypocrisie ne doit se dégager des poèmes relatifs aux invocations,  aux récits sincères et à l’authenticité de l’Islam.

            Chaque parole doit rayonner par son style limpide car toute sorte d’hypocrisie contient une espèce de fourberie et d’amalgame. Nous nous  servons généralement d’un langage équivoque - nous jouons sur les mots -  à la place des propos creux de vérité. Cependant, l’hypocrisie et la tartufferie paraissent, de temps à autre, sculptées dans le choix des mots ou bien, par les comportements et relations , ressemblent , d’ordinaire, au paon qui criaille pendant qu’il  fait la roue.

            L’homme, dans la réalité de sa vie quotidienne, se distingue de son ombre qu’il s’évertue de grossir. Il acquiert l’estime de tous au sein de la société et s’affiche comme un personnage de l’âme noble, mais, il n’est ni l’homme du monde, ni le grand homme, en revanche, c’est un homme de pur fantasme. Un célèbre proverbe circule chez nous : « êtes-vous le même que ce que vous dites ? »

Examinons maintenant l’action violente du NIFAQ. Nous n’avons nullement l’intention de démontrer l’inexactitude du caractère rigoureux de l’incroyance et de l’hypocrisie pour conclure, par la suite, que la véhémence du NIFAQ  est plus forte que celle du KOUFR.

            Nous ne pouvons jamais faire l’unanimité sur ces deux points car l’incroyance a donné naissance à l’hypocrisie et l’hypocrisie forme une épée à double tranchant de l’incroyance.

            Notre vénérable tâche, en ce moment, nous conduira à briser l’idole de l’incroyance et à exhiber devant le monde la vraie figure de la mère de l’hypocrisie : « regardez et sachez que : combien sont les personnes dont elle a ébranlé le minaret de foi et combien sont les individus qu’elle a propulsés dans les ténèbres de l’ignorance ? »

            Les avis ne divergent pas au sujet de H° ALI A° qui incarne le parfait modèle et le fidèle compagnon du Saint Prophète de l’Islam. H° ALI A° est le portrait vivant des comportements et de la Sunna du Saint Prophète de l’Islam. Cependant, lorsque nous portons notre regard sur la vie sacrée du Saint Prophète, nous découvrons  dans quelle mesure le Messager d’Allah fit progresser de manière rapide son idéal islamique et réduisit ses ennemis un à un au pied du mur de l’Islam.

            En revanche, quand H° ALI A° dut faire front à ses ennemis farouches, il eut à souffrir le martyr car ce sont les mêmes serpents qu’il avait chauffés en son sein qui lui crachèrent le venin. Le Saint Prophète de l’Islam les  combattit comme il écrasa aussi, dès qu’ils poussaient, tous les propagateurs d’idées hypocrites de son époque ou bien ils passaient eux-mêmes dans l’autre monde.

            Alors que, dès l’aube de son Califat officiel, H° ALI A° se trouva en lutte, d’une manière directe ou indirecte, contre les Mounaféquines. Le Messager d’Allah et Abou Soufiyan dirigeaient les combats face à face.

            Quel Abou Soufiyan ? Il est le premier infidèle déclaré. Son incroyance brûlait comme le soleil de midi. Il s’opposait ouvertement à la profession de foi formulée par LA ILAHA ILLALLAH. Par ailleurs, il ne cessait de lancer, à cor et à cri, entre ciel et terre, les appels de « vive Ouloul et Houboul ! » C’est une vérité toute nue qu’Abou Soufiyan s’est avéré incapable de démolir cette déclaration de foi exprimée par  « La ilaha Illallah,» malgré sa vie passée auprès de Ouloul et Houboul (ces idoles en terre) : quel extraordinaire attrait rempli de la grâce du salut de

« La ilaha Illallah » et quelle sale doctrine d’Abou Soufiyan !

            Nonobstant, le Gouverneur de Damas représente le cliché (l’épreuve négative) de l’image d’Abou Soufiyan. Il est le produit des vœux d’Abou Soufiyan. Il s’efforce d’acquérir la confiance des gens en s’offrant à leur vue comme le modèle et le disciple du Saint Qurân. Pris d’une sorte de délire causé par l’ivresse de l’orgueil, il se fit valoir, en une certaine occasion, d’être le protecteur de TAWHID ou l’Unicité de Dieu, le sauveur de « La ilaha Illallah » ainsi que le défenseur de l’Islam et du Saint Qurân. C’est pourquoi, peut-être, lorsqu’il livra bataille contre H° ALI A°, il prit  La Parole du Saint Qurân pour son cri de guerre :

 

Va mane kotéla mazloumane fakadh ja alena lé valiyéhi soultanane fala yous rif fil katlé , innahou kana manessoura

 

(Sourate Bani Israïl , Le Voyage Nocturne,  verset 33)

 

« …Quiconque est tué injustement, alors Nous donnons autorité à son représentant ; - que celui-ci ne commette donc pas d’excès dans le meurtre !- certes, il sera secouru. »

 

          A l’intérieur du petit morceau formé par  va mane kotéla mazloumane  du verset précité sur lequel Le Gouverneur de Damas s’est appuyé, il faudra un regard d’aigle et non un esprit obstiné pour y percer le sens masqué de « Ouloul et Houboul ». La preuve en demeure très apparente et,ce, au moment où Le Saint Qurân fut porté haut sur le bout piquant et aigu de la lance.

          Vous n’auriez jamais entendu dire qu’Abou Soufiyane ait accroché le Saint Qurân sur la pointe de la sagaie ? c’est-à-dire que cette forme de vilain jeu et de sale idéal n’avait  pas surgi, à l’époque, pour obstruer la voie du Saint Prophète et que  personne n’avait fait grimper Le Saint Qurân sur le sommet du dard et crié devant sa Sainte Autorité : venez ! Le Qurân s’installe au milieu, entre vous et nous .

           Tout ceci figure en noir sur blanc sur les pages de l’histoire. Lorsque notre Maître, Mawla H° ALI  Ibné Abitalib A° envoya un message dans sa correspondance à Moaviyah :

« Nous sommes aussi des Musulmans et, autant, vous êtes des Musulmans. Pourquoi donc ces deux groupes ont-ils la soif du sang ? Le Livre d’Allah existe parmi nous comme il l’est aussi au centre de vous. Venez ! pourquoi ne cherchons-nous pas notre chemin à la lumière du Saint Qurân et ne soumettons-nous pas à ce que nous affirme Le Saint Qurân ? »

           Le Gouverneur de Damas foula pourtant aux pieds ces nobles vœux de H° ALI A°. Il appert donc, de par son attitude, qu’il n’avait aucun rapport avec Le Saint Qurân. Mais, lorsqu’il sentit venir la défaite, il constata vite que la bataille va brusquement prendre une mauvaise tournure. Il  changea de couleur comme un serpent qui se mue et fit accrocher le Saint Quran sur les pointes des lances.

          Jaydan écrit (dans sa note) que le nombre de Qurân qui furent haussés sur les sommets des lances, s’élevait à cinq cents car, à l’ère des Compagnons du Saint Prophète, Le Qurân s’écrivait à la main, cette pratique étant courante dans la tradition de l’époque.

           Finalement, cette astuce du Dirigeant de Damas tourna en sa faveur. Lorsque les hommes de l’armée de H° ALI A° virent Les Qurâné Majid sur les pics des dards, ils déposèrent leurs armes et déclarèrent ouvertement : nous ne nous battrons pas contre Le Qurân !

Il vous revient, donc, d’en tirer la conclusion que, dans des circonstances pareilles, la foi et la finesse d’esprit ne sont-elles pas nécessaires ?

          Au moment où cette supercherie était en train d’être mise au point par le  Maître de Damas, H° ALI A° s’adressa aux hommes de ses forces : « Ces gens qui ont élevé le Quran sur la pointe de la lance se tiennent debout en face de vous ; combattez-les (tuez-les), car cette démonstration du Qurân va elle-même à l’encontre du Qurân ! »

-   Ô  ALI ! répondirent-ils, voulez-vous que nous allions lutter contre Le Qurân par vos dires ? Réfléchissez-vous ! Nous ne prendrons jamais les armes contre Le Qurân. Jusqu’à maintenant, nous nous sommes battus sur la voie du Qurân, mais, comme Le Qurân lui-même s’installe aujourd’hui en face de nous, il nous devient complètement impossible de déclarer la guerre au Qurân. Cette bataille demeure sans cesse interdite ( Haram ) .

-   Eh bien, vous ne désirez pas que le combat soit engagé mais, pour la moindre des choses, n’empêchez pas ceux qui sont convaincus à se battre ! déclara H° ALI A°.

            Malgré cela, ils  transgressèrent l’ordre de H° ALI A° et se mirent à chanter l’unique chanson : «le combat s’avère à présent absolument Harâm pour nous, sa continuation devient d’ores et déjà Harâm. Ordonnez à Maliké Achtar d’arrêter les combats et de rentrer sur-le-champ. »

            La Parole historique du Prince des Croyants, H° ALI A° s’est rendue très célèbre :

Il répétait souvent que : «  Le Messager d’Allah fut contraint de combattre pour la Révélation et moi, je serai astreint à défendre son Interprétation par les armes. » Sa tâche s’annonçait dès lors difficile.

            Le vénérable Prophète d’Allah combattait pour la Révélation. Que signifie cette expression ? Lorsque Le Saint Envoyé d’Allah se trouvait en friction avec ses adversaires ou se préparait pour une bataille, un verset se révélait pour éclairer le chemin et les musulmans se contentaient de consentir à cette parole divine  communiquée pour un événement déterminé. C’est pourquoi, les musulmans, considérant que cette circonstance définissait leur noble exploit, acquiesçaient, sans hésitation, aux combats et ne tombaient jamais dans les méandres du doute.

Venons à comprendre maintenant le sens de cette locution : H° ALI A° combattait pour l’interprétation. Le verset du Qurân demeure la Parole du Qurân. Mais, le verset concerné fut révélé où, quand, pourquoi, pour quelle raison, ce temps était déjà révolu.

Nul verset ne sera communiqué en cette occasion périlleuse. Si tel était le cas, il incombait à H° ALI A° de dénicher un chemin, à partir des Saintes Paroles du Qurân, par leur exégète et interprétation herméneutique.

D’une manière appropriée, il était du devoir de H° ALI A° d’extraire le sens obscur des textes du Saint Qurân et de se jeter sur le champ de bataille dès que le combat s’avérait nécessaire.

En faisant référence aux propos tenus par H° ALI A°, suivant lesquels, après avoir examiné le Texte, je dois prendre les armes, cela signifie que la situation du moment écoulé et celle dans laquelle je m’apprête à combattre l’ennemi ne se ressemblent pas par leur aspect extérieur, cependant, leur esprit, leur sens des mots, et leurs modèles ont des traits communs. Ce qui se présente à la vue n’est qu’à l’exemple du Saint Qurân. La description de la scène visible n’est que celle des saints versets du Qurân.

Néanmoins, leur esprit, le mystère de leur esprit, tout son corps et ses membres bâtissent le Koufr ou l’infidélité.

         H° ALI A° veut spécifier par ce moyen que je dois affronter le Nifâq ou l’hypocrisie et que la pierre d’achoppement de ma tâche sublime et de mon devoir sacré survient de l’hypocrisie et du conflit direct ou indirect avec les hypocrites.

 

 

LES   ARMES   DE   L’HYPOCRITE

 

Lorsque l’homme vit sa vie à l’intérieur d’une sphère ou au milieu d’une société distinctes, possédant leurs propres statuts qui doivent être respectés, il ne plaisante pas à les désobéir puisqu’il sait très bien qu’il en sera exclu dès qu’il violera ses règlements. Il adhère volontiers à la constitution de l’Association. Néanmoins, la communauté veille à ce qu’il ne soit pas surpris dans son sommeil.

                              Nous venons de découvrir, d’une part, que Le Saint Prophète de l’Islam, profondément affecté par l’atrocité de l’hypocrisie, exprime ses souffrances tandis que, d’autre part, l’ignorance de son peuple et l’incapacité de celui-ci à trouver une véritable solution adéquate à son problème le préoccupent énormément.

                 Il accuse ses profondes craintes et inquiétudes à propos de deux questions : la sournoiserie des hypocrites et le manque de savoir et de compréhension de sa communauté à laquelle il s’adresse par ces mots en poussant d’intenses soupirs :

 

Inni la akhafo ala oummati moaménane vala moushrékane vala kinna akhafo alaïkum koulla  monafékine  al janane  alémilissane :

 

« Je n’éprouve pas de la peine  pour ma communauté de la part des fidèles et des polythéistes, en revanche, le langage, la technique et les manières des hypocrites ne me laissent pas sans ennuis. »

 

En un autre endroit, les perles de son affection pour son peuple ignare se répandent comme suit :

 

Inni la akhafo ala oummatil  fakar vala kinna akhafo alaïhim saouti  tadhbhir :

 

« Je ne redoute pas la famine et la pauvreté de ma communauté mais, à quel moment s’effaceront les ténèbres de son ignorance, cette pensée me rend anxieux. »

 

            Mon peuple vit sous le seuil de la pauvreté. Je ne m’en soucie pas, c’est-à-dire, le fil de la vie de mon peuple ne sera pas cassé à cause de la misère, mais, ce qui me suscite un grand chagrin est la pauvreté originelle. Il s’agit de faire naître la compréhension. Si l’argent le charme, on le lui donnera. Mais, que dire, dans le cas où il n’a plus la mainmise sur ses ressources naturelles ou bien celles-ci sont disséminées ? Par exemple, les Etats Musulmans actuels possèdent d’immenses réserves en pétrole qu’ils exploitent abondamment dans leurs pays. Mais, qu’en sera-t-il, du moment où les stocks de ces richesses seront épuisés ?

 

La akhafo  ala oummatil  fakar  vala kinna akhafo alaïhim saouti tadhbhir

 

            Lorsque ces deux dangers sont jetés sur le tapis c’est-à-dire que, d’un côté, l’hypocrite et l’infidèle se distinguent par la finesse de leur esprit, les charmes extérieurs et la duperie et que, de l’autre côté, s’offre le peuple sans science et sans savoir, dans une telle situation, que ces hypocrites rusés ne fassent donc pas de ces fidèles sans instruction leur cible ! Ce double nœud a donné naissance aux évènements déchirants de Kerbela.

            Le peuple était inculte et inintelligent, c’est pourquoi, il est devenu la proie d’affreux malheurs de la part d’Ibné Ziad et de sa horde. H° Imam Houssen A° et nos autres Saints Imams A° ont déclaré non sans raison que : « je jure par Allah ! Qu’un enseignement doit être tiré de ce récit moralisateur. Si nos convictions nous dictent que ceux qui ont tué H° I° Houssen A°  à Kerbela avaient la foi en TAWHID ou l’Unicité de Dieu, cette opinion est erronée. Je jure par Le Maître de la Kaaba qu’ils n’avaient pas confiance en Dieu, qu’ils ne croyaient pas au Saint Prophète de l’Islam et qu’ils ne se fiaient nullement au Saint Qurân. Ils n’étaient que des païens et des impies. »

            Je traite de la force de leur union. Je ne fais pas allusion à un seul individu. Nous serions en défaut si nous n’en examinons qu’une seule face. Ainsi, nous serions pris dans l’engrenage des ténèbres de l’ignorance et ne pourrions acquérir aucune leçon de ces évènements et circonstances évoqués. Si un doute venait à se former dans notre pensée à propos de la nature d’être païen de l’Imam ALI A° et de sa descendance, ceci ne dénonce donc que le désastre de notre esprit.

           Si les gens de Damas se trouvaient en face, il se peut que ces évènements ne fussent pas arrivés car les habitants de cette Cité témoignaient de la confiance envers Dieu et Son Messager (Rassoul), par contre, ils ignoraient H° ALI A° et ses Descendants. Les Koufis connaissaient pratiquement ces derniers parce qu’ils avaient témoigné, par ces paroles, au sujet de l’Imam Houssen A° : « Lorsque Janabé Mouslim, le Représentant de l’Imam Houssen A°, fut accueilli à Koufa et que celui-ci lut solennellement la lettre de l’Imam Houssen A°, ses habitants se mirent à pleurer à chaudes larmes comme si une averse se déversait du ciel. Les Koufis continuaient à répandre des pleurs  tandis qu’ils déclaraient en même temps que ce courrier vient de notre Chef et Maître, l’Imam Houssen A°. Il est le message de l’Imam. »

           L’armée des hypocrites qui mena un combat acharné contre l’Imam Houssen A° à Kerbela était composée de ceux qui avaient auparavant versé des larmes de crocodile pendant la lecture du texte de l’Imam Houssen A°.

            Ce sont des enseignements de l’histoire. Je vais livrer à votre attention un Hadith relatif à l’Imam Houssen A° qui vous rendra sans doute ébahi. Le Hadith de l’Imam A° relate :

H° Imam Zaïnoul Abédine A° déclare qu’un jour, j’ai rencontré Abdullah Ibné Abbas. Abdullah est le fils glorieux de H° Abbas A°, le Porte-Etendard (Alamdhar). Les rapporteurs de Hadith ont noté ce récit de cette manière :

Une fois, le regard sacré de l’Imam se porta sur cet enfant. Il fit revivre à H° Sayyadhé Sajjad A° les atrocités de Kerbela, la journée du deuil cruel d’Achoura, ainsi que la grande probité de son oncle, H° Abbas A° et les vénérables yeux de sa Sainteté se mirent à fondre en larmes qui déchirèrent le cœur. L’imam s’exprima en ces termes : « quelques évènements très douloureux étaient survenus du vivant du Saint Prophète de l’Islam. En premier lieu vient la tragédie d’OHOD où l’oncle de l’Envoyé de Dieu, H° HAMZA, devint martyr. La deuxième occasion est celle où le fils de son oncle fut tué. Ensuite, dit-il….Mais, quel autre jour put être le plus malheureux qui perça profondément le cœur du Saint Prophète de l’Islam, à l’exception de l’Achoura de l’Imam Houssen Ibné Ali A° ? L’Imam A°  continua : trente mille soldats se réunirent pour tuer le vénérable fils du Saint Prophète.

            Trente mille guerriers se rassemblèrent pour assassiner l’auguste héritier du Saint Prophète et ils sortirent satisfaits en faisant souffrir le martyr à l’Imam A°. Chacun voulait acquérir la joie d’Allah  et s’approcher de Lui en tuant H° Imam Houssen A°. Ce témoignage émane de l’Imam Sayyadé Sajjad A°. Si cette conspiration n’était pas fécondée auparavant, le rejeton de Saad n’aurait jamais crié de cette manière pour soulever ses combattants le jour d’Achoura :

 

Ya  khaïlillahir kabhi  va bhil  jannati  abh  shari

 

« Ô l’armée d’Allah, levez-vous et embarquez-vous ! Le Paradis est votre récompense ! »

 

            Lorsque l’homme devient stupide, il se replie de cette manière. Un groupuscule d’hypocrites s’empara d’une multitude de musulmans. Et, ces Musulmans qui furent dissuadés par celui-ci étaient des ignorants. Alors, les hypocrites, en faisant tendre un guêpier à cette armée de Musulmans, lui ont donné l’ordre de sortir le glaive contre le digne fils adoré du Saint Prophète de l’Islam.

            De chaque mot et de chaque phrase de l’hypocrite découle la bave de la sournoiserie qui réussit à souiller et à profaner les corps des masses ordinaires.

            Abdullah Ibné Ziad, en se tournant vers Janabé Mouslim, (à Dieu ne plaise !) lui tint un discours aux propos très amers : «  ô l’incrédule et le libertin ! Je sais fort bien et, de plus, j’ai appris, en m’informant que vous êtes ce même Mouslim qui s’adonnait aux boissons alcooliques à Médina ! »

Faute de la sève de l’éthique, pas un seul Koufi ne s’est levé pour répliquer : « ô Abdullah ! Cette calomnie de soûlerie que tu colles sur ce saint homme, ne sens-tu pas des épines piquer ta langue ? Par quel argument le couvres-tu de cette accusation injuste ? En as-tu réellement des témoins ? On doit t’appliquer la loi selon le Code de l’Islam, parce que tu es en train de proférer des obscénités envers cet auguste personne qu’est Janabé Mouslim A° ! »

            Nonobstant, ce tyran franchit la barre de l’éthique religieuse en articulant ces mots : « ô le mécréant ! Tu étais venu ici pour disséminer la force de l’union des musulmans, n’est-ce pas ? Tu étais donc venu pour mettre en morceaux l’harmonie des musulmans ! »

            Janabé Mouslim a riposté en lui rivant son clou : « ô l’apostat ! Tu es toi-même le libertin. Nous sommes à coup sûr venus pour instaurer l’union entre les musulmans alors que tu exploites le narcissisme de ces musulmans. Tu fais périr les innocents et ne cesse de piller les finances publiques des musulmans. En accusant injustement les gens, vous les massacrez. »

           En somme, Janabé Mouslim devint victime de l’ignorance de ces soi-disant nobles Koufis et, dans l’atmosphère perfide de Koufa, fut contraint de descendre sur le champ de bataille de ce peuple ignare. Lorsqu’il fut encerclé et ramené devant le palais résidentiel, son regard d’un homme assoiffé se tourna vers un vase plein d’eau : «  donnez-moi ce récipient,  dit-il.

-   Mouslim veut boire de l’eau, demanda l’un d’eux.

-   O Mouslim ! que vous servira-t-il de vous humecter le gosier maintenant ? Dans peu de temps, vous goûterez à la coupe de la mort. (A Dieu ne plaise !) vous allez bientôt imbiber vos lèvres de l’eau de l’enfer car vous avez ourdi un complot contre votre imam du temps, vous avez tramé une subversion contre les recommandations divines et les lois révélées par Allah ! »

Ces mots étaient, pour Janabé Mouslim, plus insupportables que des coups de hache.

Bref, l’Imam Houssen A° est bien au courant de ce que je viens d’affirmer et y prête l’oreille pour entendre.

L’Imam Houssen A° a gravé, le jour d’Achoura, une parole mémorable faisant l’époque dont la lecture, cent mille fois répétée, ne fatigue jamais. En réfléchissant et méditant sur cette sentence, mon âme devient le phare de la révolution.

 

Tabh bha lakoum  ayyohal  jama até  va tar  hà

 

« Que périsse votre communauté et qu’elle tombe en ruine ! »

 

           A la fin, l’Imam prononça les derniers mots : « Ô les Koufis ! Nous sommes venus ici suite à votre invitation. » Et, ajouta-t-il ensuite : « vous avez enflammé ce feu contre nous, celui que nous avions allumé pour nos ennemis et les vôtres. De même, les épées que nous avions posées dans vos mains ne sont autres que celles par lesquelles vous vous réjouissez de nous tuer, » c’est-à-dire, vous désirez m’assassiner par le glaive de l’Islam.

           Sans nul doute, lorsque l’homme contemple ces écrits dorés, il devient clair comme le jour que les coups atroces qui pleuvaient sur le corps saint de Abu Abdillah-Al-Houssein étaient très profonds et ne pouvaient jamais être cicatrisés. Il était Zohar (l’heure de midi). Les évènements tragiques d’Achoura n’étaient, en grande partie, débutés qu’après le Salat du Zohar (la Prière de midi) et  la majeure partie des Compagnons fut tuée après Zohar. Il va sans dire que leur déclenchement était déjà entamé au début du Zohar.

            Les vaillants soldats de Kerbela qui furent les premiers à se rendre  sur le champ de bataille pendant la première attaque burent à la coupe du martyr tout au début du Zohar. Il se peut que leur nombre ne soit pas élevé comme il a été cité auparavant. Cependant, il est une vérité irréfutable que certains des Compagnons, les enfants de Bani Hachim et H° Imam Houssein A° ne se couvrirent de la couronne du martyr qu’après Zohar et développeront la splendeur du Paradis jusqu’à la fin du temps.

            Vous auriez, de nombreuses fois, entendu qu’un des Compagnons de l’Imam Houssein A° se présenta devant l’Imam et demanda respectueusement :

« Maître, l’heure du Namazé Zohar (du Salat du midi) a sonné. Notre désir est d’accomplir notre Prière derrière notre Imam. »

            L’Imam se réjouit en écoutant ces mots qui  sortaient de la bouche de son Compagnon et lui dit :

« Qu’Allah vous compte parmi ceux qui font le Salat ! »

            Lorsque les préparatifs de la Prière de Zohar eurent lieu, des mots pleins de fiel plurent comme des flèches en provenance de l’armée ennemie :

« Ce Salat ne vous rapportera rien. Ledit votre Salat ne sera pas agréé. Et, pourquoi donc l’accomplissez-vous ? (A Dieu ne plaise !) De toute façon, vous méritez l’enfer ! »

            Sur ces entrefaites, l’un des Compagnons de l’Imam répliqua :

« Soubh hanallah ! Si la Prière du fils du Saint Prophète et de notre Imam, plus cher que notre âme, sera rejetée, est- ce-que la vôtre sera-t-elle acceptée ? Est- ce-que vos Prières, celles du fils de Zyad, de Yazid le fils indigne de Moaviyah, des soûlards, des favoris de chiens, des valets, seront-elles acceptées ? »

            Allaho Akbar ! (Allah est Le Plus Grand !) Combien et avec quelle audace l’Imam Houssein A° et ses Compagnons ont-ils exécuté la Prière de KHAUF dans le désert de Kerbela ?

            Le Salat Al Khauf ou La Prière du Danger est ainsi appelé par sa méthode. Dans cette pratique, le Namaz accompli au moment de la bataille se nomme le Namazé Khauf. Même le voyageur, dans les moments forts de la guerre, doit remplir les deux seuls Rakates de la Prière.

            A cet endroit, l’Imam aussi se charge d’une responsabilité. L’Imam est censé observer une légère patience dans une Rakate. Des fois, cette prorogation peut durer jusqu’à une heure car, au moment où une partie des soldats se dressent pour former la muraille contre les tirs provenant de l’armée adverse, l’autre partie accomplit la Prière. La première fraction qui effectua le Salat derrière l’Imam terminera rapidement sa seconde Rakate après la Rakate préliminaire de l’Imam pour pouvoir aller succéder à ses camarades de garde. Pendant ce laps de temps, l’Imam devra prolonger la durée de sa Prière afin de permettre à l’autre tranche qui s’était constituée, pour ces adorateurs, comme une forteresse contre l’armée des ennemis, de venir achever leur Salat.

            L’Imam Houssein A°  paracheva le Salat de cette manière. Une courte distance séparait seulement le lieu de la Prière de l’Imam du champ de bataille. Je dirai même que l’Imam Houssein A° s’acquitta de la Prière sur le champ d’honneur. Seuls deux ou trois Compagnons de l’Imam A° vinrent et se dressèrent devant lui comme un rempart.

            Effectivement, une grande distance devait s’étaler entre les campements des soldats et le terrain des combats, un espace de 2 à 3 km environ. Le soldat traversait donc le chemin qui menait du lieu des combats jusqu’à son campement où, après avoir accompli le Salat, revenait sur le champ de bataille.

            C’est une organisation préconisée par l’Islam. Le Salat et le Jihad constituent les points capitaux de l’Islam. Cependant, l’écart entre le lieu de la Prière de l’Imam Houssein A° et celui où se livrait la bataille n’était pas énorme.

            L’Imam Houssein A° ne possédait pas plus de trente à quarante hommes et ils étaient, en outre, tous retenus à lutter contre les ennemis, comme si chacun des soldats se tenant debout et alignés sur le champ de bataille ressemblait, à lui seul, à un mur fortifié. Dans cette situation, ils ne souhaitaient pas non plus de manquer à leur devoir d’accomplir la Prière. Pourtant, l’ennemi clamait à leur sujet (à Dieu ne plaise !) que : « votre Salat n’est pas reconnu ! »

            L’Imam Houssein A° était en train de procéder à sa Prière. Et, pendant tout ce moment d’adoration, les ennemis tiraient en masse  leurs arcs en direction de l’Imam. Deux ou trois partisans de l’Imam A° formaient, de par leurs corps, une muraille protectrice devant l’Imam et accueillaient sur leur poitrine la pluie torrentielle des flèches qui se déversait en provenance de l’armée ennemie. Non seulement sur leur poitrine, mais, parfois,  ils les retenaient aussi sur leurs bras ou, quelquefois, ils livraient leurs propres têtes à ces armes.

            Lorsqu’à présent, Mawla (notre Maître) venait d’achever sa Prière de deux Rakates, le corps de l’un de ses deux disciples appelé SAÏD Ibné ABDULLAH était déjà criblé de flèches et il s’écroula. L’Imam s’approcha de lui et Saïd fixa son regard sur le visage sacré de l’Imam, puis, dit-il :

« Ô mon Maître ! Ai-je rempli mes fonctions avec fidélité ?  Ai-je satisfait à mes obligations de manière correcte ? »

            Un historien a souligné qu’effectivement, le Salat que l’Imam Houssein A° avait accompli, le jour d’Achoura, était  d’une solennité et d’une dévotion telles que celui-ci ne signifiait pas le Salat mais, une recherche de l’Ascension. A cette heure, dire seulement une fois « Allaho Akbar » était meilleur que toutes les Prières du monde ! Prononcer « Soubhanallah » valait un Roukou (la génuflexion) ; le Sajda (la prosternation) et le Tashahoud (les deux attestations) reflétaient  dans la seule expression de « Iyyakà na’ abhoudhou va  iyyakà nassetaïne . »

            Tous ces actes de dévotion hissaient à l’extrême limite des connaissances. Toutefois, savez-vous combien de Roukous l’Imam A° a-t-il encore exécutés, le jour d’Achoura, en plus des Prières ? Et, aussi, combien de Sajdas  a-t-il réalisés ? L’ultime Prière de l’Imam A° laissera sur les pages de l’histoire un souvenir indélébile.

            A ce moment très triste, où lorsque du haut de son cheval l’Imam A° vint sur le sol, son front ne touchait pas le sable mais, sa joue droite qui y était posée. A cette occasion, sa langue sacrée ne récitait pas « Soubh hana rabbhéyal aala va bhé hamdhéhi » mais, l’Imam psalmodiait :

 

Bhismillhé va bhillahé va ala millaté rassouloullah  s.a.v.v. va aléhittahérine

 

« Ô Allah ! Fais-nous comprendre la foi authentique de la sainte religion de l’Islam et le salut de ses pratiques ! Forme-nous des véritables fidèles de l’Islam ! Ô Dieu ! Eloigne-nous de toute sorte d’hypocrisie et caractères à double jeu ! Donne-nous un esprit clairvoyant qui nous fournit la force nécessaire pour nous protéger de tous genres d’hypocrisie et de la double personne ! Ô Allah ! Affermis chaque musulman où qu’il vive dans ce monde ! Précipite ses ennemis dans l’abîme du déshonneur ! Pardonne tous nos morts et accorde-nous le salut ! »

 

 

ALHAMDHOULILLAHI  RABBHIL  AALAMINE

 

L e  Sermon  de l’Imam    A L I   A°    à propos  des  hypocrites :

 

            «  Ô gens ! Je vous encourage à la piété et je vous mets en garde contre les hypocrites qui son égarés et qui égarent les autres. Leur voie est fausse et trompeuse. A chaque moment, ils portent une nouvelle couleur et changent d’apparence. Ils vous exploitent à leur propre avantage. Ils vous attaquent toujours par surprise. Leurs cœurs sont malades, bien que leur apparence extérieure soit enchanteresse. Leur approche est subreptice. Ils envient la fortune des autres et leur créent des troubles. Ils détruisent les espoirs, et, c’est à cause d’eux, que beaucoup de gens sont ruinés. Ils prétendent être les amis des autres et versent les larmes de crocodile sur leurs malheurs. Ils font l’éloge des autres dans l’espoir d’être complimentés en retour par eux. S’ils sollicitent quelque chose, ils insistent pour l’avoir. S’ils cherchent querelle à quelqu’un, ils le calomnient. Ils prononcent un mauvais jugement, inventent des mensonges pour aller à l’encontre de toute vérité et posent des pièges sur le chemin de tout investigateur. Ils ont désigné un bourreau pour chaque homme vivant. Pour atteindre leurs fins vicieuses, ils ont fait des clés pour ouvrir toute porte et des lampes pour allumer une lumière dans toute nuit noire, afin de pouvoir désorganiser les plans des autres et gagner une popularité à leur propre bénéfice. Lorsqu’ils parlent, ils trompent. Lorsqu’ils expliquent, ils stupéfient. Ils tendent un piège aux gens pour les faire coopérer avec eux et, ensuite, ils leur ferment toute porte de sortie.  »

 

( Philosophie de L’ISLAM , par Behechti & Bâhonar  , page 261 )

 

 

 

 

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